Avec "The Gentlemen", Guy Ritchie abandonne les grosses productions pour revenir à ce qu'il fait de mieux : la comédie de gangsters britannique, virtuose et irrévérencieuse. Le résultat est un pur régal, un film jubilatoire qui prouve que la formule, loin d'être usée, reste d'une efficacité redoutable.
Pour cela, Guy Ritchie nous propose un scénario malin, une intrigue à multiples rebondissements, narrée de façon non linéaire, passant d'un personnage à l'autre, du passé au présent, pour mieux brouiller les pistes et apporter du rythme, mais toujours de manière cohérente. Le spectateur est invité à un jeu de dupes narré par un détective privé véreux, et cette mise en abyme rend l'ensemble aussi ludique qu'imprévisible. Certes, cette complexité narrative demande une attention de tous les instants pour ne pas perdre le fil, mais c'est précisément ce qui rend le visionnage si stimulant et amusant.
L'intrigue est servie par une galerie de personnages savoureux, et l'interprétation est excellente. Le casting cinq étoiles est visiblement ravi de se prêter au jeu : Matthew McConaughey est impérial en baron de la drogue qui veut se ranger, mais les mentions spéciales reviennent à un Hugh Grant méconnaissable et hilarant, et à un Colin Farrell parfait en entraîneur de boxe à la loyauté sans faille. Chaque acteur apporte sa pierre à cet édifice de dialogues percutants et d'humour noir typiquement britannique.
Visuellement, l'univers créé est très stylé et apporte une belle touche au film. De l'esthétique des costumes à la bande-son énergique, tout participe à créer une ambiance "cool" et parfaitement maîtrisée. On pourra dire que Guy Ritchie recycle un style qui a fait son succès il y a vingt ans, mais quand la formule est aussi savoureuse et maîtrisée, ce n'est plus une redite, c'est une signature.
"The Gentlemen" est un pur concentré du talent de son réalisateur : c'est intelligent, drôle, brutal et incroyablement divertissant. Un retour aux sources qui est une véritable réussite.