Swallow
Note moyenne
3,7
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94 critiques spectateurs

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Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 septembre 2021
Les influences du cinéma féministe touchent intensément le corps des femmes et pour son premier envol, Carlo Mirabella-Davis aura toutes les raisons de bluffer son audience. Entre le désir de rendre hommage à sa grand-mère, condamné à rester au foyer, il arme son récit d’une fresque pittoresque de la société qui surexploite le moindre détail jusqu’à la vie d’une femme. On la rétrograde au rang de procréatrice, mais on en oublie souvent la dualité derrière. Le rapport à l’homme est fastidieux pour celui qui cherche à explorer les dilemmes moraux d’une jeune femme contemporaine. Au-delà des mœurs, le réalisateur cherche avant tout à bâtir une sorte d’allégorie et d’éloge sur un statut que nul autre ne peut se substituer. Si la femme dépend désespérément de sa moitié, cette dernière de reste pas moins indépendante dans ce qu’elle peut bien assimiler, au sens propre comme au sens figuré.

Aux côtés de Hunter (Haley Bennett), nous épluchons le zeste de sa vie monotone et sans inspiration. Elle ne constitue pas l’objet d’une réussite sociale et son genre de l’aide pas à assumer l’autonomie financière. Les faits sont subtilement rappelés, car dans les pays où le capitalisme ne finit pas traverser notre foyer, il reste peu d’issues afin de trouver satisfaction. Pour Hunter, c’est le cas et elle s’en rend bien compte, car elle oscille entre deux mondes sans pouvoir choisir sa voie. Elle se découvre alors rapidement une quête dont elle assume les risques, au détriment de son entourage. Il y a d’abord une question de compulsions chez la femme enceinte, puis celle de sa motivation pour la liberté, rimant avec la réussite personnelle, voire universelle, en extrapolant et en étant un peu plus ouvert d’esprit. Le patriarcat constitue donc une barrière qui l’empêche de s’épanouir et sa prison dorée, en apparence, la conditionne à des tâches ménagères, amplifiant ainsi une détresse mentale.

C’est alors que la maladie de Pica intervient. L’ingestion d’objets non comestibles et surtout dangereux, pour les êtres vivants en général, ramène Hunter à son stade primitif, à savoir celui d’un enfant. Elle devra donc tutoyer un traumatisme lié à son passé et dont elle est elle-même sa propre cicatrice. Cet enjeu justifie bien des choses dans son comportement, car il est évident que dans ces actes quasi-masochistes, elle suit une véritable thérapie. En voie de guérison, elle finit par atteindre l’âme des hommes, dont celui de son mari, manipulateur et sournois, comme sa famille. Mais la galerie de personnages masculins ne se résume pas à cette pensée pessimiste, car il y a de l’espoir et il y a le pardon. En embrassant certaines vérités, l’enfantement qu’elle prépare devient un acte de courage qu’elle répète et dans la plus folle des douleurs, mais rien d’assez fort pour détruire ou empoisonner son intégrité.

“Swallow” révèle donc un nouveau portrait de la femme sur un écran suffisamment large pour qu’on s’immerge tous auprès des victimes de notre époque. De plus, le film soulève également une question de légitimité très intéressante, bien que dans la démarche tout ne soit pas aussi parfait. L’intrigue sait prendre son temps sur une première partie glaçante, mais captivante, avant de nous expédier dans une révolution qui cherche la tension, sans jamais la palper. Passé ce temps, le film renoue avec les saveurs dont on nous a donné les nuances un peu plus tôt, puis on dégage toute la morale sur une nouvelle génération, qui a décidé d'éprouver les règles de la société et sur une autre qui libérera la femme jusqu’à son ascension spirituelle, vis-à-vis des hommes négligents.
I'm A Rocket Man

390 abonnés 3 775 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 octobre 2025
Youpi... pour être honnête, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en me mettant devant ce film car j'avais peur du truc tordu & étrange mais pas du tout et au final j'ai beaucoup beaucoup aimé ça... mais faut dire aussi que c'est vraiment drôle et dérangeant de voir cette pauvre fille, fragile et malheureuse, se mettre à avaler toutes sortes d'affaires pour se faire du mal (ou du bien je ne sais pas trop -_-) Le scénario est bon, les acteurs convaincants et plus le film avance et plus on est gêné et horrifié par le calvaire de la pauvre fille et de sa famille qui n'est pas nette nette non plus... bref un bon thriller sur un thème disons... qui change -_-
Jérémie
Jérémie

179 abonnés 847 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 16 juin 2020
Un synopsis et une bande-annonce prometteurs. Et c'est tout !
Pas vraiment un drame, pas un thriller, Swallow n'est pas vraiment un film non plus. C'est un amas de plans qui s'enchaînent, insipides, longs et lourds, où il ne se passe rien.
Un film profondément creux, aux dialogues absents, qui aux quelques moments où il pourrait nous emporter, retombe dans son rythme mou.

Pas de réelle histoire ni de vrai divertissement. La morale du film, suggérée et évidente, n'est pas transcendante.
Les personnages secondaires, plutôt travaillés, apparaissent et disparaissent du film comme par enchantement. L'aveu d'un scénario mal écrit ?

Un seul point positif, le rôle d'Hunter, bien interprété.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 avril 2022
Superbe illustration de comment une symptomatologie psychiatrique vient dire en place d'un au-delà des conduites, du comportement manifeste. L'argent ne contrôle pas tout. Seule l'héroïne est digne de respect. Elle incarne la déviance, la folie, elle s'avère la seule pourvue du courage d'affronter la réalité, quand bien même celle-ci relève de l'innommable, de l'indicible, du condamnable. La maladie de Pica ne saurait se résumer à un trouble alimentaire. Nous avons une mise en perspective ici, qui illustre la complexité d'un désordre orificiel. Remarquable hommage au féminisme dans ce film.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 février 2020
Maquillée et coiffée comme une poupée, Hunter est l’épouse d’un bellâtre homme d’affaire issu d’une famille très aisée. Son existence parait parfaite : magnifique maison, vie sociale bien remplie, opulence matérielle,… Mais son mari est peu présent et elle se doit de lui être reconnaissante de lui avoir permis d’accéder à tout ce confort matériel ; de fait, elle ne s’anime que lorsque son marie rentre ; hors de ces moments elle est seule et semble hors du temps. Pire, au fil du récit, on note qu’elle est dépossédée de son identité ; elle est une chose, un bel objet que l’on expose et dont la fonction essentielle est de donner naissance à l’héritier. Donc dès qu’elle apprend sa grossesse quelque chose se casse en elle ou plutôt la vacuité de son existence lui saute aux yeux comme son passé remonte à la surface. Le syndrome de Pica dont elle se met à souffrir n’est qu’un artifice thriller du film. Très vite, on cerne que ce film est un brûlot contre le patriarcat et un plaidoyer pour la liberté de la femme à disposer d’elle-même. Et de s’affranchir des rôles dans lesquels la société souhaite les enfermer. Subjuguer par une direction artistique hyper soignée ; mais passé le côté arty très ciné indé’ US, un scénario marqué par un manque de nuance et de subtilité plombe l’atmosphère et le propos. Surtout que dans ce film scindé en deux ; tout le mystère de la première partie s’effondre dans un dernier tiers très terre à terre. Maitrise formelle et la composition bluffante de Haley Bennett sont les deux atouts majeurs d’un premier film bancal auréolé du Prix spécial du cinéma américain à Deauville.
tout-un-cinema.blogspot.com
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 juin 2022
Premier long-métrage à la mise en scène propre et efficace, Swallow nous embarque dans la sinistre vie de Hunter, femme au foyer cantonnée par son successfull de mari à un rôle de décoratrice intérieur de leur sublime maison contemporaine avec vue sur l’Hudson et… de génitrice de leurs enfants. Comme pour se prouver à elle-même qu’elle est bel(le) et bien en vie, la jeune femme va développer un pica, maladie qui la pousse à avaler toutes sortes d’objets domestiques, jusqu’à la punaise, l’épingle ou la pile. Dans la seconde partie du film, qui prend une tournure insoupçonnée, Hunter spoiler: va s’émanciper de sa prison dorée et tenter d’exorciser un lourd secret qu’elle traînait depuis sa naissance.
Parfois un peu trop simpliste dans sa description des rapports entre les différents personnages, Swallow n’en est pas moins un film à l’atmosphère singulière, qui délivre un message toujours utile sur le processus d’aliénation des femmes dans certains foyers d’apparence modèle.
zorro50
zorro50

128 abonnés 254 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 janvier 2020
Un film vraiment dérangeant : c’est un film de qualité et avec un sujet original, bien interprété, bien filmé, un film absolument irréprochable, cependant, les scènes à répétition d’ingérence injustifiée sont franchement dégoûtantes, voire même gerbantes, et l’on est vite trop mal à l’aise pour supporter cela
Stéphane C
Stéphane C

75 abonnés 389 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2020
Plutôt mitigé au départ par ce film à la réalisation froide et aseptisée mais dont la dernière partie se révèle être très bouleversante. C'est un film assez inspiré qui puise sa source dans de multiples références, notamment dans le supens hitchcockien, l'expressivité des femmes au bord du désespoir de Cassavetes et aussi l'obsession organique et psychique de Cronenberg... Haley Bennett est lumineuse...

cinéman
cinéman

49 abonnés 926 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 janvier 2025
Sur un sujet atypique via une pathologie dont j'ignorais l'existence (pica ou le fait d'avaler des objets ou substances impropres à la consommation), on a un film qui captive, moins par sa mise en scène (quoique superbe avec se décors luxueux et sa satire du patriarcat) que par l'excellent jeu de l'actrice principale. On pourrait un instant la croire folle mais tout s'explique vers la fin. Ce n'est pas un chef d'œuvre, mais c'est agréable, original et joliment filmé.
Jean-Jacques FERNANDEZ
Jean-Jacques FERNANDEZ

40 abonnés 260 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 décembre 2020
Un sujet inédit pour moi au cinéma traité avec beaucoup de justesse. Une réalisation pleine de finesse et pertinente jusqu'au dernier plan du générique de fin.J' y retrouve certaines empreintes du cinéma ibérique. L'actrice principale (Haley Bennett) incarne parfaitement son personnage , troublante , fascinante et touchante à la fois , on se sent complètement immergé dans son histoire. Et le réalisateur américain (Carlo Mirabella-Davis) nous capte de bout en bout pour nous emmener là où il le souhaitait. Un film à voir sans hésiter.
Ultimevegeta
Ultimevegeta

31 abonnés 97 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2021
Film poignant. Le sujet traité est la maladie du "Pica" une maladie peu connue mais qui est vraiment dangereuse et triste pour les gens qui en sont atteints. les acteurs jouent très bien surtout Haley Bennett qui joue à la perfection. Un film que j'ai beaucoup aimé. 4/5.
Ufuk K

617 abonnés 1 721 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 janvier 2020
" swallow" présente l'an dernier au festival de deauville est un film américain indépendant original. En effet avant d'avoir assisté à cette projection, je ne connaissais pas ce trouble alimentaire du comportement le pica. Nous allons suivre l'histoire d'une femme ( Hayley Bennett) qui a développé ce trouble alimentaire dans une histoire mystérieuse parfois captivante dommage que l'ensemble soit parfois flou et brouillon.
mat niro

462 abonnés 2 157 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 août 2020
Que ce film est dur à visionner devant cette souffrance de l'héroïne. Celle-ci souffre du Pica, une maladie que j'ai découverte et qui consiste à ingérer divers objets. Autant le dire, cela donne des scènes très dures à "digérer" , surtout devant la dégradation de l'état psychologique d'Hunter ( Haley Bennet). Et pourtant, ce "Swallow" est porté par le jeu d'une actrice magnifique, spoiler: et l'on a envie de la consoler devant la goujaterie de son mari et l'omniprésence de ses beaux-parents
. Un film très original mais assez déstabilisant. A voir quand même!
Gfa Cro
Gfa Cro

59 abonnés 576 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 janvier 2020
Vu et avis le 20200128

Bien fait, intelligent et intéressant.


J avais remarqué ce film et ne pensais pas aller le voir. Il y a 20 ans de cela, je pouvais regarder des films durs sans apprehension (dans ma peau, under the skin, ...), maintenant, il y a tellement de choix de film que j évite un certains nombre de sujet de film. J au vu swallow par hasard, sur un coup de tête par rapport au rose de l affiche, sans réaliser quel film c est.

C est une tres bonne surprise. Oui, le film a une certaine âpreté du fait de son sujet (pica), mais le film évolue sur de nombreux thèmes et est bien plus digeste que je ne le craignais. J ai eu l heureuse surprise de constater que le film ne surfe que peu sur la technique on montre des choses étranges pour faire comprendre que le personnage est étrange, fait des choses étranges.


J ai l impression que souvent les films nous disent en gros : pour vous expliquer quelque chose qui semble étrange, je vous montre cette chose et vous comprendrez son étrangeté en constatant que vous ne la comprenez pas. Ici, Pica est montré par son aspect obsessionnel et impulsif plus que par le fait que c est anormal de faire cela. D ailleurs, le fait que Hunter soit capable d expliquer les sensations qu elle éprouve, le gout des objets, montre bien que le film s intéresse plus a son sens pour Hunter que l aspect étonnant pour nous spectateur qui n avons pas cette experience.

Le fait que le film insiste plus sur l aspect irrepressible de pica n est surement pas flagrant pour la plupart des spectateurs. C est regrettable car c est à ce moment là que le film fait preuve d une maitrise exceptionnelle par de superbes jeux de regard vers l objet à ingérer, par la fascination de l idée "qu est ce que cela ferait si je l avale ?".

Assez longtemps, j ai cru que le film cherchait a illustrer le besoin d insérer de l imperfection dans la perfection. Que le film cherchait le "kintsugi". Que la vie de hunter était trop réglée pour elle et qu elle avait besoin d y insérer un espace qui lui est propre pour pouvoir y vivre. Le film propose une interpretation bien plus psychologisante. Elle m a beaucoup intéressé, probablement avec la surprise et du fait que je n y aurais probablement pas pensé même avec du temps. Mais du coup, je trouve que le film insiste un tout petit peu trop sur le psychologique. L infirmier sous le lit qui parle de sécurité comme par hasard, ou erwin qui est capable d expliquer ce que ressent hunter alors qu il parle de son cas et réussit probablement a exorciser pica de hunter en l expliquant . On se sent special, on est soi, on decide, ...

Je tiens a insister sur le fait que le film montre très bien que Hunter est intelligente et sensible. Tout au long du film, Hunter perçois le dérèglement de sa vie alors que les autres ne s en doutent meme pas, on la voit tiquer souvent aux maladresses des autres et comme ils ne s en aperçoivent pas, qu ils n ont pas de consideration pour elle, elle accumule les deceptions, cela la mine et l enferme dans son univers intérieur.

Dommage que le film donne finalement une explication un peu trop simpliste au final de ce qu il raconte. Ce qu elle raconte au psychologue est la clé de tout, elle dit que cela n a pas d importance mais comme par hasard, a partir du moment ou elle le dit, le film s évertue a montrer que tout s explique a cette aulne. La fin est un poil trop simpliste mais cela a l avantage néanmoins de dire que des choses apparemment complexes peuvent parfois être bien plus simples qu elles ne paraissent.
Ana B.
Ana B.

29 abonnés 18 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juillet 2020
Hunter est une jeune femme qui a "tout" pour être heureuse, étant mariée à un riche jeune homme bientôt à la tête de l'entreprise familiale florissante, une chance pour elle qui auparavant n'était que " vendeuse" selon les paroles de la mère de ce dernier.
Dès le début le film plante le décor en nous exposant la vie extérieurement favorisée de cette jeune femme qui pourtant ressemble plus à un cauchemar vide de sens ou elle se voit peu à peu démunie de tout ce qui peut la définir, l'épanouir, la libérer.
Seule, noyée dans son temps libre, à errer dans sa cage dorée Hunter se perd elle même et tente de se retrouver.
En tant que spectateur on ne peut qu'être déconcerté mais aussi profondément touché par les actions de cette jeune femme qui tente désespérément de retrouver un possible contrôle sur elle même, sur sa vie et cela même à travers de choses qui peuvent lui être fatales.
Un film qui est vraiment original de par son sujet, beau de par sa photographie, sa profondeur et qui met en lumière des préoccupations récurrentes de notre société sous un angle assez inédit.
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