Né à New-York, Carlo Mirabella-Davis a passé sa jeunesse à East Meredith, dans l’upstate New-York. Une jeunesse au cours de laquelle Carlo a très tôt demandé à ses parents la permission de passer du temps à « imaginer », rituel qui a débouché sur le goût de raconter des histoires. Alors qu’il avait 14 ans, Carlo a fait l’acquisition d’une caméra Super 8 avec sa sœur et un ami d’enfance. De la réalisation de petits films dont les acteurs étaient des voisins ou des membres de sa famille à un premier long métrage obtenant le Prix Spécial du 45ème anniversaire du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2019 et très bien accueilli dans de nombreux autres festivals, le pas est très grand. Carlo Mirabella-Davis l’a franchi avec succès, en passant par la réalisation de quelques court-métrages.
Pour des raisons liées à un positionnement fallacieux du film, "Swallow" risque de décevoir une certaine catégorie de spectateurs et, au contraire, d’être une bonne surprise pour une autre catégorie, à condition, toutefois, qu’ils aillent le voir. En effet, "Swallow" a été sélectionné dans un certain nombre de festivals spécialisés dans l’horreur et le fantastique et le risque est grand de le voir estampillé dans l’un ou l’autre de ces genres cinématographiques. Cela risque d’attirer des adeptes de ces genres qui, sans doute, ressortiront déçus et de repousser celles et ceux que ces genres n’intéressent pas. Il est donc important de savoir que "Swallow" n’est ni un film d’horreur ni un film fantastique mais bien un drame très réaliste et très touchant, au féminisme assumé, réalisé par un jeune cinéaste new-yorkais très prometteur.
PRIX MISE EN SCENE (Festival Film Muret) attribué par le jury jeune ou j'étais...):
Scénario original, jamais vu, touchant. Mise en scène hors du commun, belles couleurs, plans et cadrages très bien réalisés, le sujet est très bien amené. L'actrice est formidable aussi. Usage du silence réussi, beau film sur cette femme mal a l'aise dans cette famille bourgeoise et gênée par son origine (naissance due à un viol) qui va se rendre compte de qui elle est vraiment. Magnifique film Bravo.
Vu à l'Étrange festival : une véritable pépite ! Les stéréotypes américains sur la famille en prennent un sacré coup. Comment une femme en apparence si parfaite révèle des troubles et doit fouiller dans son passé pour les résoudre. L'aspect psychologique est très bien traité.
Hunter a tout pour elle. Un mari aimant et riche, une maison magnifique dont elle s’occupe avec soin et elle vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Mais voilà Hunter s’inquiète de ne pas être à la hauteur, de ne pas être aussi parfaite que son mari le voudrait et elle commence une petite habitude aussi dangereuse qu’étrange: elle avale des objets, une pile, une bille, un mini tournevis et même de la terre. Quand sa belle famille s’en rend compte à la suite d’une échographie, Hunter est mise sous surveillance, elle se rend chez une psychiatre à qui elle confie de manière assez désinvolte un trauma de son enfance. La psychiatre est persuadée que cet événement est la cause de son trouble alors que pour Hunter, ingérer ces objets lui donne l’impression de contrôler sa vie. Jusqu’où ira la compulsion d’Hunter? À la photographie et au décor ultra élégants qui montre une vie sans débordement s’oppose le graphisme et les images assez crues des pulsions d’ingurgitation de Hunter. Plus Hunter tente de soigner son apparence et celle de son foyer plus les objets ingurgités deviennent dangereux et plus le sang tache. Le réalisateur s’attaque à un sujet peu connue mais qu’il épluche progressivement avec minutie.
Un trouble du comportement alimentaire peu connu mais mis en avant dans ce film, celui d'ingérer des substances non comestibles (pile, terre, papier...) et qui bien sûr, peut devenir mortel pour le malade. C'est le cas d'Hunter, jeune femme qui semble atteinte par cette maladie depuis qu'elle est enceinte, révélateur de traumatismes passés. L'héroïne est convaincante et nous entraîne dans sa vie qui ne semble pas aussi parfaite qu'elle en a l'air. Intriguant.