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Jmartine
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3,5
Publiée le 3 septembre 2019
Reconnaissons-le d’emblée, jusqu’à présent le cinéma d’Arnaud Desplechin ne m’avait pas réellement convaincu …Que ce soient Les Fantômes d’Ismaël ou Trois souvenirs de ma jeunesse, j’avais trouvé les scénarios, abracadabrantesques, artificiels. à réserver aux inconditionnels que je n’étais pas…Avec Roubaix une lumière, Arnaud Desplechin change de registre et tient un scénario solide qu’il maitrise parfaitement, et qu’il a tourné dans sa ville d’origine, une ville sinistrée depuis la crise du textile, l’une des plus pauvres de France…Dans la première partie du film on suit le quotidien du commissariat de la ville, au grés des urgences dans un environnement de misère sociale et humaine, puis à la suite de la découverte du meurtre d’une vieille femme dans l’un des quartier les plus défavorisée de la ville, on entre dans le vif de l’enquête et au resserrement du filet sur deux suspectes, voisines de la victime, toxicomanes, alcooliques et amantes.. Arnaud Desplechin s’est inspiré d’un fait divers qui s’est déroulé à Roubaix quelques années auparavant, en 2002…et qui avait fait l’objet d’un documentaire de Mosco Boucault diffusé sur France 3 en avril 2008…Roubaix, une lumière est un film noir, d’autant qu’il a été tourné aux alentours de Noël, le plus souvent de nuit ou dans des décors sombres …Le film outre son réalisme du quotidien d’un commissariat, doit beaucoup à l’interprétation de Roschdy Zem, le commissaire Daoud, issu de la seconde génération de l’immigration maghrébine, qui est resté dans sa ville alors que toute sa famille est retournée au bled…il est à la fois viril et bienveillant , lumineux, profondément humain…face à lui deux jeunes femme, deux amantes, déglinguées, superbement interprétées par Léa Seydoux et Sarah Forestier…la caméra implacablement les filme au plus près, ne cachant rien des stigmates de la misère et de leur marginalité… Peu à peu, l'étau se resserre autour des deux femmes, de moins en moins capables de faire front ensemble…Sara Forestier, en animal terrorisé, accrochant ses mots, empêtrée dans son fragile système de défense, est ainsi particulièrement poignante. Léa Seydoux donne l’impression de mieux se maitriser…Cette partie du film est quasi fascinante, et le jeu déployé par ce duo d'actrices est tout simplement époustouflant tant il nous permet de toucher leur détresse….Roubaix, une lumière, est un film prenant qui nous tient en haleine pendant près de deux heures..
Adaptation cinématographique d’un documentaire sorti en 2008, Roubaix, une lumière nous embarque dans la ville natale du réalisateur en y imposant une atmosphère cafardeuse. Porté par des acteurs magistraux (Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier), ce polar du nord nous plonge dans une ambiance de film noir à la fois désespérée et fascinante. Une dernière demi-heure hélas répétitive et trop longue.
Comme la plupart de ceux qui ont pris le temps de partager leur regard sur le film, et le cinéma en général, de Desplechin, je ne peux qu'admirer son talent. Oui ce film est plus lent que beaucoup de polars. Pas de hurlement, de coup de théâtre, de poursuite toutes sirènes hurlantes, de cascade et d'effets spéciaux. Mais la peinture minutieuse d'une enquête policière tentant de parvenir à la manifestation de la vérité laisse à chacun la possibilité de s'intéresser à la détresse de ces êtres à la dérive dans une société qui les exclut. Permettre à chaque comédien de se sublimer ainsi relève du prodige. Mention particulière à la composition de Sara Forestier.
Une claque! Roschdy Zem est grandiose, juste, sombre, extraordinaire, investi, imprégné, bref, il porte le film. J’ai adoré malgré le fait qu’en principe je n’aime pas les films sombres .
Avec « Roubaix, une lumière », Arnaud Desplechin dépeint le portrait d’un commissaire de police (Roschdy Zem, dont le rôle lui vaudra le César du meilleur acteur en 2020). La première partie de ce long-métrage se rapproche du documentaire avec une série d’enquêtes permettant d’illustrer la misère sociale du Nord. La seconde partie, inspirée d’un fait réel, s’intéresse à un couple (Léa Seydoux et Sara Forestier) coupable d’un homicide. Malheureusement, l’histoire se concentre trop sur les interrogatoires de ces deux jeunes femmes sans développer une approche psychologique. Bref, on reste dans le fait divers bien glauque.
Si on passe sur toutes les invraissemblances liées au scénario (niveau France3 en pire), et il n'y a que ça car totalement américanisé autour de l'enquête principale, un numéro d'acteurs certes convaincants si on est en première année de cours niveau scolaire, une manière de filmer un Roubaix fantasmé, nostalgique, reconstitué par l'imaginaire de l'auteur qui se croit du temps de Zola, et bien il est possible de regarder ce film sans trop se poser de question car un peu facile. Qui produit et distribue Desplechin, car ce film, s'il n'était imposé ne passerait que sur France3 un dimanche après midi et les critiques seraient virulentes ? Dire qu'il fût sélectionné aux Césars est un indicateur du niveau de bassesse où est le cinéma français.
Un super film désarmant par la prestation incroyable des acteurs. Ce thriller nous donne mal au ventre tellement les interrogatoires sont bien menés. Roschdy Zem joue son rôle de flic à la perfection. Un polar que je recommande car il ne laisse pas indifférent. On ne referme pas la porte de ce film en sortant du cinéma.
J'ai une sensibilité particulière pour les films qui mélangent tragédie sociale et film noir/polar. À partir de ce postulat, « Roubaix, une lumière » ne pouvait que m'impressionner. Arnaud Desplechin offre à Roschdy Zem l'un de ses meilleurs rôles, dans un film qui transcende le genre policier pour explorer les profondeurs de l'âme humaine. Le jeu d'acteur est remarquable, avec une performance magnétique de Roschdy Zem et une Léa Seydoux surprenante. Mention spéciale à Sara Forestier qui incarne une « amoureuse », comme cité dans le film, mais surtout une jeune femme sous emprise. Le réalisme du film est souligné par une mise en scène soignée et des dialogues poignants. Malgré quelques longueurs, c'est un film captivant, porté par des acteurs formidables. À voir absolument pour ceux qui apprécient un cinéma engagé et émotionnellement intense, dans un univers où misère affective côtoie misère sociale. Et c’est bon de voir une police qui n’incarne ni des cow-boys ni des névrosés. WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU (TOME 1) et LE CIMETIERE DES SQUAWS (TOME 2) (Amazon Kindle).
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5,0
Publiée le 24 août 2020
Le commissaire Yacoub Daoud connaît sa communauté multiculturelle. En fait il était lui-même l'un de ces migrants autrefois mais il appelle maintenant le nord de la France : chez lui. Nous le suivons à travers ses journées chargées au travail alors qu'il enquête sur une disparition, un incendie criminel et un meurtre avec des résultats inattendus. Le réalisateur Arnaud Desplechin fait des drames sérieux légèrement provocants avec beaucoup de dialogue. Il avait eu des résultats mitigés au fil des ans. Son film Les Fantomes d'Ismael était un désordre déroutant selon mois. Ici il cède la place à un film de flic intelligent où le réalisme frappe un point amer. C'est ainsi qu'on faisait des films de police procéduraux dans les années 80 mais à la place de Roschdy Zem vous auriez Lino Ventura. En parlant de Roschdy Zem c'est l'un des acteurs français modernes les plus polyvalents qui a une présence unique dans l'action, la comédie ou le drame sérieux. Lui et Lea Seydoux qui joue l'une des filles mêlées à l'enquête sur le meurtre font avancer le film offrant intensité et réalisme. Le film est radicalement différent de ce à quoi nous sommes habitués dans les drames policiers en provenance des États-Unis et c'est peut-être l'une des bonnes raisons de l'essayer...
"Roubaix, une misère"... Ou plutôt des misères. Misère du scénario, misère de l'histoire, misère de la direction d'acteurs, misère..., misère..., misère ad nauseam. Mais de lumière, point. Final.
De l'humanité qui fait du bien, de là à imaginer que cela peut être réaliste...Peu importe, c'est un film, un beau film dont on est content quand on sort de la salle.
Un fait divers banal rendu fascinant par le jeu des acteurs. Enormes performances de Léa Seydoux et surtout Sarah Forestier. Chaque personnage est bien travaillé, sculpté... Le film est cependant peut être encore un peu trop esthétique, cela pourrait être encore plus brut, plus épuré. Cela reste tout de même un chef d'oeuvre
Le scénario commence d’abord par picorer à droite et à gauche dans le travail policier au sein d’une ville devenue glauque, sur fond de désindustrialisation et de la misère sociale qui s’est en suivie. Puis, au gré du travail d’enquête du quotidien (petite délinquance, escroquerie à l’assurance, fugue, puis plus grave avec un viol), la narration recentre les acteurs principaux sur un fait divers sordide : le crime dont une vieille dame a été victime. Tout ce qu’il y avait avant c’était pour le cadre, l’ambiance, le contexte. Et à partir de là, c’est du grand, du très grand cinéma policier digne des meilleures réalisations du genre. Le réalisateur révèle dans les secrets de tournage avoir comme référence Hitchcock. S’il force ici le spectateur à s’interroger longuement et se remettre en question au fil de l’enquête, il ne joue pourtant pas tellement sur le suspens ou l’inattendu. Il y a par contre du Simenon (pour l’intrigue) et du Depardon (pour la manière de montrer et de décrire). Du vrai cinéma de qualité, avec des acteurs et actrices (des rôles principaux aux rôles dits secondaires) interprétant parfaitement leur personnage avec un réalisme surprenant. Ce n’est plus du cinéma, c’est du témoignage, de la démonstration. A voir et même à revoir.
Toujours passionnant, un réalisateur qui filme une ville et des lieux qu'il connait bien. Roubaix, ville de son enfance, passe sous l'oeil vigilant d'Arnaud Despleschin. Celui-ci a réalisé un film de situations, d'ambiance, un film humaniste où- titre fort bien choisi- au milieu de la misère, d'un quotidien sans perspective, on cherchait la bonté et la beauté. Roschdy Zem réalise une superbe performance, il comprend ces gens parce qu'il les a toujours cotoyé, les nombreuses sous-intrigues sont passionnantes. Il semble en mission, celle d'apaiser les ames au prix de dialogue, de la vérité donnant à ces faits divers un coté mystique. A coté de lui, le duo Forestier-Seidoux compose un couple criant de vérité... Hélas, quand le film s'enfonce dans une enquète sordide, le film dévisse véritablement, perd la justesse de son ton et livre un final laborieux, là ou il aurait du être le point d'orgue de l'histoire. Vraiment dommage tant pendant plus d'une heure, on frolait le chef d'oeuvre