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Kristen Stewart lance le Mermaid Summer dans un fracas à la Charlie XCX rose-orangé et bleu. Mais comme s'il expliquait pas mal de choses, un gros logo Chanel vient clôturer un générique en split screen pensé comme une double page de magazine.
La très certainement citoyenne honorifique de Cannes donne vie à son appétit cinématographique vorace dans une mise en scène inspirée mais sans limites, et perd malheureusement en subtilité. On soupçonne un soutien financier et artistique alloué par un statut industriel dont d'autres n'ont pu jouir pour faire passer leurs visions les plus folles pour un premier film, et pourtant pour le meilleur, les obligeant à une retenue stratégique. Ses interviews cannoises témoignent d'ailleurs de ce désir d'aller aussi loin que possible, aussi proche des corps que permis.
Amusant aussi de voir une actrice qui s'est battue avec conviction et talent dans le cinéma indie US et international pour se défaire de son rôle de jolie vampire amoureuse, trouver tous les prétextes possibles pour faire couler le sang (et autres fluides) de ses personnages.
Imogen Poots se voit offerte une visibilité méritée, elle qui, bien avant Margot Robbie dans Babylon, n'a jamais reculé devant les rôles physiques et mentaux exigeants, de se donner corps, âme, mental. Thora Burch brille dans ses apparitions trop rares en sœur tout aussi traumatisée, forcée à laisser derrière elle sa plus jeune sœur dans un foyer incestueux. Seule erreur de casting ou de stylisme : ce père, méchant stéréotypé.
Enfin, sur le plan scénaristique, cette ex-nageuse aux milles vies comme autant de débâcles, devient-elle écrivain parce qu'aucune autre voie n'est possible ? On tombe dans le cliché d'une histoire "comment je suis devenue écrivain" alors qu'on était dans un tout autre élément. Le reste est pensé comme une ambitieuse Odysée.
Plusieurs parallèles issus du cinéma d'auteur, limite expérimental, viennent forcément en tête, Terrence Malik, Gaspard Noé... Mais c'est au récent The Outrun que je pense : lui qui mêlait aussi les éléments naturels, la métaphore de l'immersion aquatique et un montage fracturé pour illustrer une vie à reconstruire mais en restant concentré et cohérent, et artistiquement contenu, sans perdre du tout en substance(s).
The Chronology of Water est un objet important dans l'histoire de Kristen Stewart, du cinéma de femmes au cinéma, à Cannes, leur rôle dans l'industrie, leur place à l'image, et fort conscient de ça, mais non sans défauts. Je pense les avoir tous relevés mais malgré tout : Vive Kristen réalisatrice. Elle est dans son élément.
La très certainement citoyenne honorifique de Cannes donne vie à son appétit cinématographique vorace dans une mise en scène inspirée mais sans limites, et perd malheureusement en subtilité. On soupçonne un soutien financier et artistique alloué par un statut industriel dont d'autres n'ont pu jouir pour faire passer leurs visions les plus folles pour un premier film, et pourtant pour le meilleur, les obligeant à une retenue stratégique. Ses interviews cannoises témoignent d'ailleurs de ce désir d'aller aussi loin que possible, aussi proche des corps que permis.
Amusant aussi de voir une actrice qui s'est battue avec conviction et talent dans le cinéma indie US et international pour se défaire de son rôle de jolie vampire amoureuse, trouver tous les prétextes possibles pour faire couler le sang (et autres fluides) de ses personnages.
Imogen Poots se voit offerte une visibilité méritée, elle qui, bien avant Margot Robbie dans Babylon, n'a jamais reculé devant les rôles physiques et mentaux exigeants, de se donner corps, âme, mental. Thora Burch brille dans ses apparitions trop rares en sœur tout aussi traumatisée, forcée à laisser derrière elle sa plus jeune sœur dans un foyer incestueux. Seule erreur de casting ou de stylisme : ce père, méchant stéréotypé.
Enfin, sur le plan scénaristique, cette ex-nageuse aux milles vies comme autant de débâcles, devient-elle écrivain parce qu'aucune autre voie n'est possible ? On tombe dans le cliché d'une histoire "comment je suis devenue écrivain" alors qu'on était dans un tout autre élément. Le reste est pensé comme une ambitieuse Odysée.
Plusieurs parallèles issus du cinéma d'auteur, limite expérimental, viennent forcément en tête, Terrence Malik, Gaspard Noé... Mais c'est au récent The Outrun que je pense : lui qui mêlait aussi les éléments naturels, la métaphore de l'immersion aquatique et un montage fracturé pour illustrer une vie à reconstruire mais en restant concentré et cohérent, et artistiquement contenu, sans perdre du tout en substance(s).
The Chronology of Water est un objet important dans l'histoire de Kristen Stewart, du cinéma de femmes au cinéma, à Cannes, leur rôle dans l'industrie, leur place à l'image, et fort conscient de ça, mais non sans défauts. Je pense les avoir tous relevés mais malgré tout : Vive Kristen réalisatrice. Elle est dans son élément.
vu lors des reprises de Cannes ce weekend à l'UGC Gobelins Paris.
un film sensible, au bord de l'expérimental, qui n'assume pas pleinement son geste jusqu'au bout, mais d'une sincérité indéniable.
un film sensible, au bord de l'expérimental, qui n'assume pas pleinement son geste jusqu'au bout, mais d'une sincérité indéniable.
Œuvre atypique et singulière. Elle risque de laisser pas mal de monde sur le bord de la route. Imogen Poot est divine.
Pour son premier long-métrage en tant que réalisatrice, Kristen Stewart choisit l’adaptation de "The Chronology Of Water" de Lidia Yuknavitch. Le film est brut, douloureux, souvent éprouvant, mais aussi traversé de fulgurances étranges, dérangeantes, parfois belles. Ce récit de survie intime est une tentative sincère, habitée, mais inégale. Le montage, éclaté, syncopé, cherche la forme du chaos intérieur. Le spectateur est happé dans un flux tendu, saturé de sons, les bruitages sont omniprésents, agressifs, presque physiques. Très vite, une tension s’installe : on sent que quelque chose va mal tourner, et ce sentiment, plutôt que de lâcher prise, s’étire, s’épuise. On attend sans hâte le pire arriver. Le film ose aussi renverser certains rapports de violence, notamment conjugale. Ici, c’est la femme qui frappe, qui humilie, qui détruit, et l’homme, lui, reste là, désarmé. Il y a cette phrase, glaçante : « Je ne supporte pas sa gentillesse. » Tout est dit. Stewart filme cette noirceur avec un regard frontal, sans chercher l’excuse ou l’effet. Mais la deuxième moitié du film perd de sa force. On aurait aimé que Stewart coupe plus tôt, laisse place au silence, à une respiration. Reste un film radical, inconfortable, audacieux. Pas totalement réussi, mais impossible à ignorer.
A première vue et dès ses images inaugurales, The Chronology of Water semble épouser in extenso, ou presque, toutes les caractéristiques du premier long métrage à visées auteuristes, tendance doloriste. Un récit fragmenté, un maelström d'images parfois subliminales, une voix off, de lourds traumas d'enfance, des abus de substances diverses : n'en jetez plus, l'arrière-cour est pleine. Et en tant que vecteur commun, l'eau fait parfaitement l'affaire, symbole parfait pour laver dans des profondeurs chlorées un mal-être qui s'écoule comme une plaie d'hémophile. D'accord, mais derrière ce maniérisme évident, l'on éprouve pourtant une certaine fascination pour la paradoxale recherche d'authenticité qui finit par s'imposer, peu ou prou, dans cet ensemble narratif pourtant bien peu étanche. L'envie d'exprimer une rage de filmer transparaît dans la mise en scène qui se veut radicale de Kristen Stewart, à la fois provocante et pudique, et ne demandez pas comment elle y parvient, de temps à autre. Si le flot du film avait été quelque peu régulé, voire domestiqué, il est certain que le résultat n'aurait pas été aussi marquant, en dépit des défauts ou plutôt des tics déjà énoncés. Dans ce bain à remous, Imogen Poots fait mieux que surnager, sa performance est presque de l'ordre du miracle.
Il y a de la violence dans ce film mais aussi bien plus. Les acteurs sont excellents, la deuxième partie et surtout la fin est très bien trouvée
Vu en avant-première, The Chronology of Water m’a marqué par la puissance de ses sujets, à la fois poignants et tristement fréquents dans notre société.
L’actrice principale livre une performance remarquable, et la réalisation de Kristen Stewart est très réussie, surtout pour un premier long métrage.
Malheureusement, le film souffre de quelques longueurs qui ralentissent le rythme.
Malgré cela, ce premier essai promet de belles choses pour l’avenir de Kristen Stewart réalisatrice.
L’actrice principale livre une performance remarquable, et la réalisation de Kristen Stewart est très réussie, surtout pour un premier long métrage.
Malheureusement, le film souffre de quelques longueurs qui ralentissent le rythme.
Malgré cela, ce premier essai promet de belles choses pour l’avenir de Kristen Stewart réalisatrice.
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