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Johann W.
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4,5
Publiée le 7 juillet 2020
Dialogues merveilleusement écrit. Un charme fou chez tous les acteurs, surtout la jeune Pauline. Film romantique qui reste toujours intelligent (à part peut-être le monologue d'Arielle Dombasle, toujours artificielle, affectée et précieuse, mais ça passe car tout le reste est parfait, acteurs, mise en scène, dialogues, décor). Cela n'est pas réaliste, car c'est du Rohmer, mais on ne peut qu'être sensible à l'universalité humaniste d'un tel film.
Le problème avec le cinéma de Rohmer, c'est qu'il s'agence toujours pour filmer les mêmes personnages, les mêmes sentiments d'un film à l'autre, mais en changeant le cadre (et à la rigueur le titre), pour dissimuler le "truc". Et moi qui ne suis pas encore allé très loin dans la filmographie de ce réalisateur, j'ai eu l'impression d'avoir déjà vu "Pauline à la plage", tant il ressemble à ses autres films, dans le traitement, dans l'histoire, le montage... Et encore, si son style est agréable, la mise en scène est plutôt plate, et le acteurs sont pas tops. Le film en lui-même n'est pas mauvais, mais je sens déjà que j'ai fait le tour de l'œuvre de Rohmer.
Rarement un film aura autant oscillé entre l'action de grâce et l'exhibition de l'abjection la plus totale. Le "Tout à fait d'accord" final d'Amanda Langlet le confirme explicitement- je ne sais aucun autre film qui aura montré si exactement à quel point on peut "capter" non pas l'Amour et ses fastes, mais l'amour à la petite semaine qui vide ses participants de leur substance, et l'admettre, avec commisération et une part de condescendance. Rarement un film pervers aura été aussi charmant. Ephébophilie et misogynie y font bon ménage, le plus irradiant étant ce principe de Rohmer selon qui son spectateur est aussi hypocrite (ou libre de tout jugement, ce qui revient au même) que lui. Ceux que ne rebutent pas les attouchements sur mineure y trouveront leur compte. Un mot sur le casting masculin, mis en valeur même si (ce "même si" qui rend abordables tous les Rohmer à condition d'être masculin) ce n'est pas à sa gloire: Atkine est brillant dans son rôle de salaud trop superficiel pour être touché, bête à plaisir démoralisée, Greggory n'est pas à sa gloire, Perceval sans Blanchefleur (et il n'est ni Lucchini ni Dussollier, d'où deviner la déroute prévisible de son personnage). Finalement, le seul personnage auquel on pourrait s'identifier, le brillant et hélas sacrifié Simon De La Brosse, est castré par la fin du film. Seule expression de la pureté à laquelle Rohmer tenait tant, il est clairement démantibulé et personne ne s'en inquiète. Affreuse prémonition. Au final, un film qui dépend de l'humeur ou des gardes-fous de son spectateur.
Deuxième des Comédie et Proverbes, Pauline à la Plage se voit auréolé d'un succès international en recevant l'Ours d'argent à Berlin en 1983. Film de plage, chassé-croisé théâtral entre six personnages - 3 filles, 3 garçons, récit d'initiation, réflexion morale et philosophique sur les liaisons amoureuses, Pauline à la Plage est tout cela à la fois, fort d'un scénario très dense et très écrit (pléonasme pour Rohmer?).
La trouvaille la plus astucieuse du film est peut-être de jouer habilement sur l'aspect comédie qui vire à la tragédie, un jeu qui devient sérieux à la manière du Musset d'Il ne faut jurer de rien ou des Caprices de Marianne où une simple blague, un pari s'avère avoir des conséquences graves sur ceux qui l'exécutent. Ici, justement, la marchande de bonbons toute nue aperçue par Pierre dans la chambre d'Henri et le quiproquo qui s'ensuit a des effets comiques (notamment en raison de la figure grotesque de la marchande de bonbons, interprétée par Rosette) tout en laissant apparaître en filigrane des séquelles plus sérieuses: Pauline et Sylvain risquent de se brouiller, puisque Henri, cet ethnologue volage lié à Marion, a fait croire à tout le monde que c'était Sylvain qui était avec Rosette. Certes, ce qui se passe entre Pauline et Sylvain peut être considéré comme une simple amourette sans conséquences... Oui, mais... Et si Pauline était traumatisée à vie par cette première expérience sentimentale ratée (elle n'était qu'une fois amoureuse d'un garçon auparavant: "un vieux... il avait 12 ans, j'en avais 6: c'était très vieux pour moi!"), et si l'inconséquent se muait en conséquent?
Après un prologue quelque peu longuet et des tergiversations sur l'amour et ses mille petits désagréments tout à fait rohmériennes, Pauline à la Plage se concentre sur son vrai sujet: la frontière vacillante entre la gaudriole sans conséquences et l'histoire d'amour tragique. Et puis sinon? Eh bien tant par la sobriété imparable de la photo de Nestor Almendros, que par les dialogues ciselés et que ces acteurs "rohmériens" semblent se mettre en bouche avec un plaisir communicatif, le film convainc. Cependant il trouve également ses limites dans son aspect trop conceptuel et trop rigide (puisque basé sur un concept: la frontière brouillée entre le léger et le sérieux).
Ok, c'est une étude sur les différents états de l'amour (cristallisation, fidélité, jalousie, infidélité...), mais les situations sont très artificielles (on se connaît depuis 10 secondes, mais je t'autorise déjà à me caresser...), la logorrhée est fastidieuse (au moins, Woody Allen est drôle). Arielle Dombasle qui déclame son texte finit d'achever la chose. Heureusement, Pauline, avec sa maturité (incroyable) relève un peu le tout. Le film a pu être considéré comme un chef d’œuvre, mais avec le regard d'aujourd'hui (surtout post me too), c'est juste un film soporifique et sans intérêt.
Rohmer arrive remarquablement à retenir le spectateur avec son marivaudage moderne et les situations plutôt banales qu'il transcende. J’ai apprécié Amanda Anglet dans le rôle de Pauline, un peu moins Barbie Dombasle.
Un film léger qui a peu d'ambition sur les plans du scénario et de la mise en scène. Même les acteurs ont du mal à convaincre. Mais agréable à voir avant l'été.
Pauline à la plage appartient à un autre cycle, nommé "comédies et proverbes" contenant six films et que "La femme de l'aviateur" avait initié. Pauline à la plage est à une place charnière, placé exactement à la troisième place. Au premier abord, Pauline à la plage est une réflexion modeste sur l'amour des adultes manquant de spontanéité, de probité, de confiance et perpétuellement ennuyé par les caprices de l'un des deux partis; et sur l'amour des enfants qui est franc et direct, disparaissant dès que les adultes s'en mêlent. On en tire une conclusion, plus ou moins juste, que les adolescents jugent avec plus de justesse leurs sentiments profonds. Ce discours est moins profond que ce qui nous est généralement livré par Rohmer. En effet, il se consacre avec plus d'aisance à la description de caractères totalement hétérogènes, en passant de l'amoureux courtois -qui donne à la citation du début tout son sens- à l'ethnologue libertin pour finir avec la femme rêvant de l'amour tout feu tout flamme mais qui tombe dans les bras du premier inconnu qu'elle croise. L'amour, ce sentiment noble mais, hélas, indissociable de sentiments plus néfastes comme la jalousie ou l'égocentrisme, s'achève dans ce film sur une note d'espoir. A un amour perdu, en succède un autre qui ne demande qu'à naître.
Dialogues et histoire profonds et réfléchis. Mais aucun des acteurs ne donne un souffle suffisant au film, auquel s'ajoute le poids des années qui rendent l'héroïne très éloignée des adolescents actuels et le côté étriqué des vacances sur la cote Atlantique.
Jai trouvé ce film, lent avec parfois des dialogues interminables. Arielle Dombasle est canon, une vraie sirè belles plages m'ont rafraîchit mais cela reste plat. .
Le casting de Marion est ce qu'il y a de plus comique dans le film. Il devait y avoir deux caméras lors des candidatures, une pour le visage et une pour les fesses. Dans toute la première moitié du film, ses fesses figuraient d'avantage au premier plan que son visage, ainsi son corps est d'avantage l'objet de l'attention que son âme, et c'est tout le propos de cette tragédie qui a comme thématique : le conflit entre la chair et l'esprit, entre le désir et l'amour.
Une fois de plus chez Rohmer, le spectateur est invité à participer aux réflexions de l'auteur au moyen du réalisme. Le réalisme est cette fois ci utilisé pour dialoguer avec nous, ce qui n'est pas habituel chez Rohmer. Il est dommage à mon goût, que l'esthétisme ne soit pas poussé d'avantage, le scénario s'y prêtait.
Il est intéressant d'utiliser, non pas le protagoniste (Marion) en tant que héros, mais bien le contradicteur raisonnable (Pauline). Cette intention très audacieuse traduit le fait que l'auteur assume pleinement son point de vue et le place en pied d'estale, de sorte qu'on ne puisse regarder ce film sans assimiler ce que l'auteur a à dire.. En quelque sorte il impose sa morale sur le libertinage, ce qui à l'époque à dû être très contesté notamment dans ses propres rangs. Ce film est une autocritique, peut-être pas une critique de Rohmer envers Rohmer, mais peut-être une critique, un affront de Rohmer envers le courant de son siècle. Rohmer semble à cette période revenir dans l'immortalité séculière des valeurs de loyauté et de fidélités (explicitement énoncé par Pauline).
Une réflexion puissante dont la mise en scène n'est malheureusement pas à la hauteur..
Ce film est surtout l'histoire de ce genre de vieux monsieur qu'était Rohmer; ceux avec qui tout le monde est gentil (forcément, puisqu'ils payent.) La ravissante oie qu'est Pauline ne reçoit aucune critique de sa part tout le long, comme prévu, alors que le salop de service semble recevoir toutes ses grâces: il semble de fait que le réalisateur se venge de la jeunesse de cet amoureux éperdu qu'est Pierre, qui lui est en fait la nemesis du film. Esthétisant, faux, ce long-métrage aux dialogues d'abord trop longs ne touche pas et peine extrêmement de son calme plat.
Marion n'étant elle-même qu'une sorte de statue immuable sans personnalité - de plus roulant en Mini Austin - un peu bête et cocue à la fin. Ce film enfin, contrairement à son aspect lisse et à ses causeries peaufinés, navigue vers les pires banalités sans que rien n'advienne pour contrarier le synopsis. De même, le semblant de vraie vie que suscite la marchande de bonbons est réduit au rôle qu'apporterait une ignorante béotienne - une bonne de chambre de l'ancien temps, je dirais d'ailleurs...
L'intérêt de l'ensemble demeure donc plutôt limité, à part, de manière évidente, la séquence du bal qui cloture l'achèvement du Ier acte. Dommage car cet épisode est encore le plus mature des événements de "Pauline à la plage."
Pas le plus subjugant des Rohmer, même s’il peint les personnages de façon très réaliste. La jeune femme crédule, qui veut croire à sa liberté et à l’amour avec un grand A. Le goujat séducteur. Le garçon fidèle mais insupportable de jalousie et donc impossible à aimer. Et la petite Pauline qui observe tout ça. On a tous connu « dans la vraie vie » ces personnages. On est mal à l’aise avec Henry. Avec ses chemises rouges et son peignoir de vampire, il n’inspire pas confiance. Il se révèle infidèle, hypocrite, manipulateur, lâche, pervers. Il a beaucoup de torts moraux sans être non plus un grand méchant. Finalement, c’est simplement un homme qui est abordé par une très belle femme, ne l’aime pas plus que ça, lui ment un peu. Il ne brille pas de sympathie sans être non plus infréquentable spoiler: (sauf la dernière scène avec Pauline qui est plus dérangeante).
Arielle Dombasle pourrait passer pour la pauvre idiote, mais on n’a pas non plus envie de la plaindre d’être tombée dans les griffes d’Henry. Elle s’est après tout jetée sur lui sans raison, et surtout plus bizarre, tente de pousser son ancien amant dans les bras de sa cousine de quinze ans. Enfin Pierre, beau gosse fidèle, qui a le sens de la responsabilité, ne nous touche pas tellement non plus. Il est puéril dans ses rapports avec Henry, toujours renfrogné, il nous agace. La seule que nous aimons bien, c’est Pauline. Elle a trouvé un garçon de son âge qu’elle aime bien, et même si les adultes ne semblent pas approuver sa fréquentation, leur relation est plutôt saine. Pas de passion entre eux, mais de la camaraderie. Et le seul problème qu’ils rencontrent leur vient des adultes. Tout de même un tableau plutôt pessimiste de l’amour. On ne peut pas forcer les gens à aimer (et même une cour trop assidue est contre-productive, cf Pierre), mais le coup de foudre n’est pas non plus un bon révélateur. Alors, peut-on savoir quand on aime ? Aime-t-on vraiment des caractères, ou aime-t-on par un jeu de séduction, si l’autre s’est laissé désirer ? Des questions qu’on se pose tous, mais je ne suis pas sûre que Rohmer nous ait apporté un éclairage particulier dans ce film.
Film très beau où il ne se passe que très peu de chose au final. Eric Rohmer nous immisce parfaitement dans les péripéties d'un groupe d'amis en vacances. On est là plongé dans un film très intimiste, très sobre mais qui se regarde avec passion. J'adhère complètement au style Eric Rohmer et ce long métrage me donne envie d'encore plus me plonger dans sa filmographie. C'est la démonstration parfaite que l'on peut faire des films avec pas grand chose. Pas besoin des effets spéciaux d'Avengers pour pondre quelque chose de très agréable.