Buffet Froid
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CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 89 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 juin 2026
Buffet Froid nous abandonne dans le givre d'une tour vide, au cœur d'un Paris dont la vie semble s'être retirée. Blier n'a pas étalé l'absurde sur une histoire : l'absurde est le moteur, le sang qui circule sous chaque plan. On nous présente l'assassin de notre femme et l'on répond « enchanté » ; un inconnu agonise dans le métro, un couteau planté dans le ventre, et l'on reste poliment à son chevet avant de rentrer dîner. Le meurtre n'est plus un drame, juste une banalité de salon. Tout se joue dans cet écart vertigineux entre l'horreur des gestes et l'indifférence qui les accueille, et c'est ce calme de marbre qui fait rire à l'instant même où il glace.

Le décor achève le travail. La Défense en chantier, le béton nu, les tours désertes : un Paris mental, peint au gris et cadré au cordeau. Et c'est ce réalisme clinique offre un sol dur à la folie des dialogues, qui sans lui s'envolerait dans le ridicule. Rien d'étonnant, d'ailleurs : Bertrand Blier a écrit le film en deux semaines, d'un seul trait, d'après un rêve qui le hantait, celui d'être traqué puis arrêté par la police. De là vient ce Paris de cauchemar dont on ne se réveille jamais. Des êtres s'entassent dans la même tour sans plus savoir se tendre la main. On annonce un meurtre comme on commenterait la pluie. Le film épouse cette idée jusque dans sa forme : pas d'enquête, pas de résolution, pas d'arc, rien que des fragments. Un monde sans liens ne sait plus tisser la moindre histoire. Le casting, lui, touche au sublime : Depardieu et sa lourdeur d'homme égaré qui leste le film comme une ancre, Jean Carmet bouleversant en étrangleur pleurnichard terrifié par sa propre ombre, Bernard Blier en flic blasé qui débite l'horreur avec un flegme de guichetier. Son « ça me fait chier la nature, tout est vert » est vraiment culte. Voir Bertrand diriger son père, pour la dernière fois, ajoute une charge presque œdipienne.

Reste que la mécanique finit par s'essouffler : ce procédé qui retourne tout sens dessus dessous éblouit d'abord, puis lasse, et j'ai bien failli décrocher dans une seconde moitié moins tendue que la première. Œuvre brillante et bancale, mais d'une cohérence absolue avec elle-même. J'ai perçu un film qui sent la mort de bout en bout et ne laisse qu'une seule trace : celle d'un monde où l'on pourrait s'effacer sans que personne, jamais, ne s'en aperçoive.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 mai 2026
Bertrand Blier décédé en 2025 a été pendant une grosse quinzaine d’années considéré comme le chef de file du cinéma intellectuel français. Réalisateur, scénariste, il occupe alors la place bien à part de l’iconoclaste qui innove tout en bousculant toutes les convenances et qui surtout ne respecte rien. Digne fils de son père et héritier post-moderne de Michel Audiard, l’ex-jeune assistant-réalisateur s’accomplit pleinement dans l’après-mai 68 où avec ses deux compagnons d’armes Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, il s’empare goulûment de la libération des mœurs dont il semble nous promettre dans « Les Valseuses » (1974) suivi de « Préparez vos mouchoirs » (1978) qu’elle est loin d’être achevée. Débarquant dans une France qui s’encanaille timidement avec l’arrivée du cinéma pornographique dans les salles traditionnelles tout d’abord puis dans d’autres spécialisées, le cinéma de Bertrand Blier est en totale phase avec son époque.
« Les Valseuses » sera un énorme succès populaire et surtout un phénomène de société précédant de quelques mois le raz-de-marée « Emmanuelle » de Just Jaeckin. Bertrand Blier et ses deux complices deviennent alors incontournables. Quatre ans plus tard, « Préparez vos mouchoirs » qui une nouvelle fois interroge le plaisir de la femme vu par le regard d’un homme est couronné de l’Oscar du meilleur film étranger. Bertrand Blier est désormais à son sommet de popularité. Ses outrances narratives portées par des dialogues souvent vulgaires font mouche car on l’a dit plus haut parfaitement dans l’humeur du moment mais aussi savamment écrits et déclamés avec brio par les deux nouvelles coqueluches que sont Depardieu et Dewaere.
C’est à ce moment que sans doute mu par la fièvre créative qui l’habite encore, Blier se laisse porter par un rêve récurrent qui l’obsède dans lequel il se voit poursuivi par des policiers sans raison explicite. Avec Gérard Depardieu en tête, il rédige en deux semaines le scénario de ce qui sera son chef d’œuvre intemporel avec « Buffet froid ». Comédie noire, macabre et grinçante mais aussi petit joyau de l’absurde souvent comparé dans sa folie narrative au « Charme discret de la bourgeoisie » du grand Luis Bunuel sorti sur les écrans sept ans plus tôt (une influence revendiquée par Bertrand Blier), « Buffet froid » demeure encore aujourd’hui un objet unique, certains diront non identifié au sein du cinéma français.
Bertrand Blier qui lui-même avoue ne jamais avoir réellement compris comment il avait pu enfanter une telle bizarrerie regrette de n’avoir jamais su emprunter à nouveau un tel chemin créatif même s’il a souvent tenté par la suite de s’en approcher sans jamais en retranscrire la même noirceur ou la même atmosphère glaciale et désenchantée. On ne peut qu’être d’accord avec lui car après avoir vu « Buffet froid » lors de sa sortie, le revoir près de cinquante ans plus tard intrigue toujours autant même si avec le recul d’une filmographie désormais achevée on peut y détecter certaines obsessions et marottes narratives annonciatrices d’un déclin qui voit aujourd’hui le réalisateur un peu déclassé et même relativement oublié.
Le thème récurrent de Blier est celui du rapport entre l’homme et la femme abordé majoritairement sous l’angle de la sexualité qui détermine un rapport de domination alternatif indépassable qui fait penser que jamais homme et femme ne pourront réellement se comprendre. Face à cette interrogation vieille comme le monde, Bertrand Blier n’est en réalité pas très loin de Michel Audiard qui à l’image de Depardieu avec Bertrand Blier avait trouvé en Blier père un de ses meilleurs « diseurs ». Ne voulant jamais s’abaisser à se frotter au film de genre qui lui aurait peut-être permis de se ressourcer, le réalisateur encore installé sur son piédestal va figer sa création dans un mode narratif déstructuré et nonsensique un peu répétitif devenu progressivement sans saveur, ne parvenant plus à tirer le meilleur des prestigieux acteurs de toutes générations se bousculant pour évoluer devant une caméra qui n’a plus désormais grand-chose de sulfureux. Des scénarios le plus souvent désincarnés et parfois abscons montrent un Bertrand Blier un peu amer de ne jamais avoir pu renouveler le coup de génie de « Buffet froid » qui sera certes suivi de quelques réussites comme « Beau-père », « La femme de mon pote » ou « Tenue de soirée » mais surtout d’une dizaine de films sans souffle pour autant d’échecs publics à force d’être ennuyeux.
« Buffet froid » est lui bizarrement parfaitement cohérent et même prémonitoire d’une France à venir qui ne semble pas rassurer son réalisateur. Huit ans plus tôt « Le Chat » de Pierre Granier-Deferre, adaptation d’un roman de Georges Simenon expose le drame d’un couple de retraités à la dérive dans un Courbevoie en pleine démolition juste avant de devenir le quartier de La Défense, exactement là où « Buffet froid » va déployer son nihilisme sans retour. C’est dans les tours immenses qui ont remplacé le petit pavillon de Jean (Jean Gabin) et de Clémence (Simone Signoret) Bouin qu’évoluera le trio infernal formé par Gérard Depardieu, Bernard Blier et Jean Carmet.
spoiler: Une immense tour dont Alphonse Tram (Gérard Depardieu) et l’inspecteur Morvandiau (Bernard Blier) sont les seuls occupants
. Une métaphore utilisée à dessein pour rappeler que dans ce type d’habitat déshumanisé où cohabitent jusqu’à mille personnes, l’anonymat et la solitude sont la triste règle. spoiler: Dans la scène d’ouverture grandiose qui donne d’emblée le la, un Alphonse Tram chevelu trainant sa forte carrure dans un pardessus qu’il ne quittera plus et un petit comptable fatigué (Michel Serrault) sont seuls présents dans une station RER déserte. Les deux hommes qui symbolisent le nouveau et l’ancien monde n’ont pas grand-chose à se dire même si le plus jeune veut à toute force engager un dialogue qui sera forcément de sourds. Le premier cadavre n’est pas loin !

En à peine trois minutes le spectateur médusé comprend qu’il est invité à un drôle de voyage. spoiler: Dès lors le non-sens devient la règle, les personnages faisant systématiquement le contraire de ce qui semble être le bon sens. Cette règle non dite semble aller de soi pour tout ce qui va suivre
. Blier dont on sait qu’il n’était pas un optimiste forcené voulait peut-être nous indiquer que bientôt les règles bien établies n’auraient plus cours, chacun obéissant à son propre instinct.
Les scènes toutes décalées s’enchaînent écrites de main de maître par un Bertrand Blier sur le fil du rasoir qui savait toutefois qu’avec son père, Gérard Depardieu, Jean Carmet, Michel Serrault, Geneviève Page et Jean Rougerie à ses côtés, il ne risquait pas grand chose, ces six-là ayant démontré par ailleurs que l’étrangeté et le pas de côté faisaient partie de leur univers. Quelques années plus tard Blier dira : « Ce genre de dialogues, il n’y a que des monstres sacrés qui peuvent les interpréter. Autrement cela perd tout son sens. Mais il y a peu de monstres sacrés en France, alors quand on les tient, on ne les lâche plus ». Dans ce désordre narratif qui se conclut dans une campagne guère plus rassurante, Blier décidemment en état de grâce réussit en introduisant la toute jeune Carole Bouquet (qui venait juste d’œuvrer chez Luis Bunuel cité plus haut) à livrer une fin cohérente à cette accumulation de cadavres. Un film à voir pour apprécier tout le talent sans doute un peu gâché par la suite de Bertrand Blier.
Nicolas Métrich
Nicolas Métrich

41 abonnés 738 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mai 2026
Un bon film d'humour noir de 1979 .
Un grand classique du cinéma Français .

Ce film a beaucoup d'humour noir , sur les meurtres ( D'où le titre du film ) , mais nous ne sommes pas éclaté de rire , ça fait juste rire un peu , et parfois sourire , sinon j'aurais mis une meilleure note que 3 étoiles et demi .

Mais le scénario , l'histoire du film est bien , avec de l'humour noir , du suspens et de l'émotion , donc on ne s'ennuie pas , en voyant ce film ( D'où la note de 3 étoiles et demi ) .

Un bon casting , avec Gérard Depardieu , Jean Carmet et Bernard Blier , qui est le père du réalisateur de ce film , Bertrand Blier , et également une courte apparition de Michel Serrault , d'à peine 5 minutes , dans la scène d'ouverture du film .

Ce film a eu la nomination de la meilleure photographie , des meilleurs décors et du meilleure montage , et a eu la récompense du meilleur scénario , au festival des Césars de 1980 .

Les informations suivantes , je le sais , en ayant regardé l'entretien avec le réalisateur du film , Bertrand Blier , en bonus du DVD :

Bertrand Blier a écrit le scénario du film , en seulement 2 semaines , en s'inspirant des cauchemars qu'ils fesaient souvent , lorsqu'il avait dans les 30 ans : Il rêvais qu'il était poursuivi , par la police .

Comme le réalisateur Américain James Cameron , qui a écrit le scénario du film " Terminator 1 " , en peu de temps , en s'inspirant d'un cauchemar qu'il avait fait : Il avait rêvé que des robots humanoïdes attaquaient les êtres humains .

Le scénario , qu'il a mis le moins de temps à écrire dans sa carrière , a pourtant reçu la récompense du meilleur scénario , pour ce film , à la cérémonie des Césars , de 1980 .

Il a eu du mal à trouver le financement , l'argent , en allant voir plusieurs producteurs , qu'ils lui ont tous dit : Ce film , va gâcher ton talent de réalisateur , Bertrand Blier ayant une réputation de réalisateur de grand talent , avec les films , qu'il a réalisé , avant d'écrire ce film .

Seul un producteur , Alain Sarde , a rigoler, en lisant le scénario , et aimé le scénario , mais ce qui a fini de convaincre ce producteur de financer ce film , c'est le film que Bertrand Blier , a réalisé " Préparez vos mouchoirs " , qui a obtenu la récompense du meilleur film étranger , à la 51 éme cérémonie des Oscars , aux États-Unis , 2 ans après la sortie du film , en France .

Cette récompense a fini par convaincre Alain Sarde , de produire le film , avec sa boîte de production " Sara films " , qu'il a créer 4 ans plus tôt en 1975 , et il a convaincu même , Antenne 2 de co - produire le film , avec lui .

Mais hélas , ce film n'a pas eu beaucoup de succès à sa sortie en 1979 , il n'a pas rapporté beaucoup d'argent .
Les gens étaient choqués par cet humour noir , certains ont même demandé à être remboursé !

Mais quelques années après ce film a été considéré comme un film culte , comme un grand classique du cinéma Français .

A noter pour la scène d'ouverture , c'est d'abord un acteur pas trés connu , un ami du réalisateur " Bertrand Blier " qui a eu le rôle " Jacques Crispel "
Mais à la fin de la première journée de tournage , Bertrand Blier , s'est aperçu , que Jacques Crispel était quand même un bon acteur , mais quelque chose n'allait pas dans cette scène du film , avec cet acteur .
Alors , le deuxième jour , il abandonna temporairement , cette scène d'ouverture du film , et les jours suivants , tourna les autres scènes du film .

En milieu du tournage du film , le réalisateur Bertrand Blier , voulu tourner la scène d'ouverture du film , avec un acteur trés connu , un monstre du cinéma , comme les trois acteurs principaux du film .
Il voulait Michel Serrault , celui çi accepta , dés qu'il lu le scénario du film , même si il ne fesait qu'une courte apparition , au début du film , d'à peine 5 minutes .
surfnblue
surfnblue

85 abonnés 1 854 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 mai 2026
Bof, un film loufoque, mais c'est du Blier aussi. De bons acteurs qui surjouent comme dans une pièce de théatre. De bons dialogues, amusants. Le couteau comme fil rouge. Carole Bouquet est jeune comme Depardieu. On reconnait le lac du Castillon.
Guillaume.G
Guillaume.G

7 abonnés 830 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 mars 2026
Buffet Froid de Bertrand Blier est à la fois un film sombre et un classique des films policiers. Ce film est sans doute l’un des meilleurs films avec Gérard Depardieu. À chaque visionnage ce film est un vrai régale pour les yeux et les histoires grâce a son histoire et sa façon d’être tourné
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 739 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 février 2026
Entre comédie absurde et situation irréaliste, Buffet Froid est un grand film français encore aujourd'hui. Le ton, le langage, l'aura dégagé, montre un talent indéniable. Bertand Blier joue avec les dialogues avec excellence, avec des constructions de cadres magnifiques. Je ne parle même pas de la direction des acteurs. Un trio exceptionnel, iconique et parfait : Depardieu est extraordinaire ; le père Blier est monstrueux et Jean Carmet est méconnaissable

Grand grand film
Chaoui del Gado
Chaoui del Gado

5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 octobre 2025
Mon film préféré. Dans une entrevue le réalisateur disait comment une fois l'idée obtenue, il ne restait qu'à dérouler comme une pelote. L'idée est que le bien est le mal, tel que se trame la famille Adams. Cynique, caustique et hilarant, les orgues se déploient dans un urbanisme nocturne et intime. Victimes et coupables dansent et se confondent. Le meurtre y devient grandiose et ridicule. Merci Bernard.
Lucas Bachelier
Lucas Bachelier

4 abonnés 1 352 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juillet 2025
Un film noir atypique avec un humour noir bien dosé. Le ton absurde et le style décalé apportent une fraîcheur intéressante, même si certaines scènes peuvent paraître un peu inégales. Une expérience cinématographique originale qui mérite le détour.
Yetcha

1 081 abonnés 4 735 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2025
J'adore. Des comédiens énormes, des situations totalement wtf, des dialogues aux petits oignons. C'est vrai que la froideur de l'image et de la colorimétrie peut repousser, mais je trouve que ça apporte justement un plus dans l'ambiance décalée de ce film. Content d'avoir enfin vu ce film iconique.
Vador Mir

304 abonnés 999 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juin 2025
Délicieusement surréaliste, le meilleur du cinéma français, drôle et bien joué, avec des acteurs qui s'amusent.
Lilali_111
Lilali_111

5 abonnés 356 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juin 2025
Comme souvent avec Blier, on est dans de l’absurde. Après on aime ou on aime pas, ça dépend des personnes. Pour ce film Buffet Froid, on tourne autour du crime et des meurtres avec une volonté de les présenter comme un acte anodin. Du coup, on enchaîne les rencontres impromptues avec des meurtriers tous liés les uns avec les autres. L’idée de base est bonne. Ce film n’est pas mauvais et reste facile à suivre. Mais voilà, à aucun moment, je ne me suis sentie embarquée dans cette histoire. Comme s’il manquait un ingrédient pour en faire un film décalé culte. On s’installe dans une routine des rencontres de meurtriers et au final tout est dans la même ligne. Il faut vraiment attendre la fin pour avoir un peu de changement même si on a à nouveau une impression de linéarité.
SociN
SociN

13 abonnés 636 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 12 mars 2025
Certes, le film se veut surréaliste, burlesque, critiquant la solitude des grands ensembles, les acteurs (quel casting !) sont excellents dans leurs rôles. Mais au final, le film ne mène nulle part et on s'ennuie ferme.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 mars 2025
Si le film repose sur la musique à froid des répliques (invoquant le meilleur des dialogues d’Henri Jeanson ou d’Aurenche & Bost) et que son héritage auprès de Dupieux est sans conteste, y a quelque chose d’un peu fané dans l’esprit (non sans charme).
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 février 2025
Bien qu'ayant été un échec commercial à sa sortie, "Buffet froid" (1979) a depuis acquis le statut de film culte. Ce qui est amplement mérité, car cet OVNI cinématographique est une grande réussite et il s'agit probablement du meilleur film de Bertrand Blier. Les trois meurtriers (Gérard Depardieu, Bernard Blier et Jean Carmet, tous trois excellents) évoluent dans un décor urbain nocturne et dépeuplé, un désert froid et sans âme symbolisant la déshumanisation de notre société post-moderne. L'humour noir des dialogues et des situations évoque celui d'Alfred Jarry et des auteurs surréalistes. Polar déjanté au parfum onirique et parfois poétique, "Buffet froid" est une œuvre unique en son genre et fait partie des trésors du cinéma français _ qui hélas est devenu ce que l'on sait. Un bémol toutefois : la dernière partie du film (celle se déroulant à la campagne) m'a semblé beaucoup moins réussie que le reste.
Dik ap Prale
Dik ap Prale

296 abonnés 3 072 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 février 2025
introspection individuelle de meurtrier décomplexée dans une satire sociale encore unique en son genre. Buffet Froid reste une œuvre des plus moderne avec un casting dément.
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