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Un visiteur
1,5
Publiée le 13 août 2010
Il est à voir car il est bien filmé... un joli cadre spatial, bien cadré sur les différents indices et ce que veut amener à voir au spectateur le réalisateur. Cela dit, l'histoire n'a finalement que très peu d'intérêt puisque le coupable est reconnaissable cinq minutes après l'annonce du meurtre! Le climat du film, du au jeu des acteurs peut-être, est un peu ennuyant et lourd. Les réactions des personnages sont soit pathétiques soit manquantes de tact. Il est pourtant écrit sur l'affiche du film : "Un suspense exceptionnel"...
Un polar familial sympa mais inabouti doté d’un casting séduisant, dans lequel Chabrol s’attaque delà dès son 3e film à la bourgeoisie provinciale et à son masque de respectabilité.
La bonne humeur de Belmondo ne suffit pas à sauver ce drame de la pauvreté du scénario malgré une réalisation ensoleillée, mais de l'ombre apparait au fil des minutes. Jusqu'au twist peu convaincant.
Tout commence par des images d’une maison dans laquelle une femme a semble-t-il été assassinée. Puis, le film fait un retour en arrière pour présenter les personnages de l’histoire en l’occurrence la famille Marcoux, bourgeois vivant dans le sud de la France. Le père, Henri, a une liaison avec une artiste, Leda. Sa femme, Thérèse, est au courant et vit mal la situation d’autant qu’Henri a prévu de quitter le domicile conjugal pour vivre avec sa maîtresse. La fille Marcoux, Elisabeth, est fiancée à un jeune homme excentrique, Laszlo, qui n’est pas du goût de sa mère et de son frère, Richard, tous deux très proches. La première partie du film décrit les moments avant le drame, l’occasion de se pencher sur les caractères et comportements des différents personnages. Cela permet de bien cerner les personnalités. C’est aussi l’occasion d’assister à des dialogues intéressants, parfois intenses (je pense par exemple à la scène de la dispute entre les époux Marcoux). C’est l’occasion également de faire la connaissance du personnage de Laszlo, interprété par Jean-Paul Belmondo, il occupe l’écran dès qu’il est à l’image. Certes, il a un personnage extravagant, qu’on entend et qu’on voit, mais il a beaucoup de charisme, déjà, malgré tout. C’est un plaisir de le voir. Son opposition au personnage de la mère, bourgeoise pour qui le plus important est l’image qu’on renvoie à la société, très à cheval sur la politesse et le savoir vivre, est très amusante. La deuxième partie présente les moments après le meurtre et devient un film policier avec enquête, mobile, soupçons… C’est plus classique mais on reste en haleine car, les personnalités des personnages ayant été creusées dans la première partie, on est curieux d’avoir le fin mot de l’histoire (même s’il manque un peu de surprise). J’ai en tout cas passé un agréable moment.
Par sa modernité de ton et d'interprétation (et parce qu'il est en couleur), ce récit chabrolien de turpitudes bourgeoises tranche, à son avantage, avec les drames bourgeois d'une autre école (celle de la "qualité française"). Claude Chabrol ne réalise pas ici un chef-d'oeuvre de la Nouvelle vague mais son ironie et son audace dans les portraits, la force et l'âpreté de certaines séquences, concourent pour faire d'"A double tour" un drame satirique détonnant. L'action se passe pour l'essentiel dans une maison bourgeoise. Le père de famille, le notable Marcoux, vit une passion désormais sans partage avec Léda, une jeune voisine étrangère; le fils lorgne sur la bonne et la fille s'est entiché d'un aventurier a priori frivole (Belmondo, déjà désinvolte et talentueux); tandis que la pathétique maîtresse de maison (excellente Madeleine Robinson) tente à tout prix de sauver les apparences. Elle personnalise, d'une certaine façon, la bourgeoisie de province comme la voit et la verra toujours Chabrol, soucieuse de respectabilité et des convenances, enfermant sa famille dans le conformisme social et moral de sa classe. Le drame à venir spoiler: -le meurtre de Léda qui incarne, elle, par sa liberté et sa séduction, un contre-modèle de la bourgeoisie- stigmatisera les frustrations du bourgeois et les choix plus ou moins légitimes que chacun fait pour échapper aux obligations de son milieu. Avec au passage cette scène superbe, d'une rare violence morale où spoiler: l'époux déverse en des qualificatifs haineux tout son mépris et son désamour au visage de sa femme . La résolution de l'intrigue etspoiler: la découverte de l'assassin de Léda comptent manifestement moins que la démonstration satirique de Chabrol que d'aucuns trouveront caricaturale mais dont les autres appécieront les métaphores intelligentes, la nouveauté et sa parfaite et précise mise en scène.
Un pur drame: Rien d'autre! Cela aurait pu se transformer en enquête policière, mais le réalisateur n'en a pas décidé ainsi. On se cantonnera donc à cela. C'est donc une histoire simple et dramatique. A réserver aux adeptes de ce genre de film
La mise en scène est d'une grande qualité et les actions s'enchainement parfaitement. Les acteurs sont plutôt convaincants, le mari surtout, mais autrement, le film en lui-même et son histoire n'ont rien d'exceptionnels.
« À double tour » est le troisième long métrage réalisé par Claude Chabrol en 1959, son premier en couleur, avec Madeleine Robinson, Jean-Paul Belmondo, Jacques Dacqmine, André Jocelyn et Antonella Aldine dans les rôles principaux. Avec « À double tour », Claude Chabrol démarre sa série de la critique de la bourgeoisie. A travers ce thriller passionnel, Claude Chabrol utilise le meurtre comme un révélateur des mensonges et des névroses cachés derrière la façade respectueuse de la haute société. Il présente les événements selon le point de vue de différents personnages par l'usage du flashback. Bon film.