Derniers Avis : Portrait de la jeune fille en feu - Page 19
Portrait de la jeune fille en feu
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fredtcd
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4,0
Publiée le 10 octobre 2019
Quand on peint soi-même on peut mieux comprendre certaines scènes du film. Ici on ne retient pas les dialogues, on se souvient de cette douceur, de cet amour qui nait et qui durera toujours entre ces deux femmes.
Certes, le film est une belle romance avec deux actrices magnifiques, mais de là à crier au chef-d'oeuvre, il y a un pas que je ne franchirai pas. Noémie Merlant et sa muse Adèle Haenel sont parfaitement mises en scène par la réalisatrice Céline Sciamma. La tension sexuelle est palpable dès la première rencontre et cette passion secrète va naître progressivement. Cependant, cette œuvre est comme le tableau, longue à se dessiner, et l'ennui guette le spectateur, sauvé par une fin magnifique. Un film agréable mais pas génial à mon goût.
C.Sciamma signe là une ode à l'art de peindre autant qu'une peinture de moeurs de la fin du 18° siècle. Le contexte socio-politique dans lequel évoluent les femmes de ce quasi huis-clos est à peine évoqué, mais leur solidarité discrète est très présente et donne à chaque personnage une belle force, qu'il s'agisse de la peintre Marianne et de son modèle Héloïse (issues des couches sociales privilégiées) ou de leur servante, d'extraction plus modeste. La photo est splendide autant que la lumière, et pour qui donne de l'importance à l'image les deux heures passent très vite. La naissance d'un amour fugace, fulgurance- parenthèse vouée à la séparation, prend d'autant plus de poids que le temps est d'emblée compté mais elle est très belle et empreinte de respect mutuel, sans aucun voyeurisme chez Sciamma, malgré une sensualité très présente et hautement photogénique. C'est une belle rencontre qui laisse des traces, et un long plaisir des yeux.
Film magnifique, émouvant et sensuel. Photographie et mise en scène remarquablement sobres et esthétiques; un régal de précision, un tempo lent qui met en valeur, dans des paysages magnifiques, la naissance de la relation entre deux femmes (deux actrices au sommet de leur art). J'ai beaucoup apprécié la finesse des scènes finales : l'exposition et le concert; il n'était pas évident de trouver une sortie de cette qualité à ce très beau film.
Un film envoûtant beau comme un tableau de Wermer, l'image des femmes au travail, sérieuses, seules, se suffisant à elles-mêmes ... un charme lent et infini qui s'installe ... et qui vous retourne avec une bonne claque
Très belle mise en scène ( une photographie magnifique), des comédiennes impeccables pour un film qui croit en son romanesque jusqu'au bout et lui permet de l'emporter, malgré quelques petites lenteurs au milieu qu'on lui pardonne. Beau.
Un film en costume (1770), même s’il est parfois dévêtu.
La qualité de la photo est très soignée, à la juste mesure de la trame de l’histoire, la peinture d’un portrait ; Noémie Merlant -la peintre- est notamment très bien filmée, assez expressive.
Le scénario est original et pourrait être séduisant, pour autant on a du mal à s’intéresser à l’histoire, à y croire.
Le film raconte une histoire d’amour entre deux femmes, mais il est plus militant lesbianiste/féministe que sensuel. Parti pris artificiel, les hommes sont absents de l’image, sauf quelques rameurs vus de dos au début du film et un porte-faix à la fin, mais ils sont évoqués en négatif : le fiancé que l’une des deux héroïnes cherche à fuir, le vil engrosseur d’une soubrette obligée d’avorter (scène inutile à l’histoire si ce n’est au propos militant du film)…
On peut regretter que Céline Sciamma n’ait pas choisi une ambiance (éclairages notamment) de huis-clos où elle aurait pu nous faire partager l’intimité de ses deux personnages principaux. Une scène nocturne éclairée à la chandelle évoquant la peinture flamande nous fait espérer entrer dans cet univers plus chaleureux mais nenni, ça n’est qu’un plan furtif…
Les scènes sur la plage -dont une ne semble pas ‘’raccord’’-, même si elles sont belles, nous éloignent encore d’un univers intime…
Assez bizarrement, j’ai regretté de ne pas ‘’vivre’’ un décor comparable à celui dans lequel Raja Amari avait placé son film ‘’Les Secrets’’.
Un film contemplatif où le temps semble à peu trop long. Contrairement à certain film, cette longueur ne donne pas plus de force aux sentiments grandissants de ces deux jeunes femmes sue leur milieu sépare mais qui malgré tout vont être attirées l'une vers l'autre.
Ni trop, ni trop peu, en finesse, l'élégance des références sans surcharge, subtil et sans élitisme, une histoire d'amour absolu, qu'importe le genre, universel, juste. Emotions, émotions.
Le vif intérêt que je porte à la peinture me destinait forcément à voir ce film qui place en son cœur l'histoire d'une femme peintre du XVIIIe et de son modèle. Ce film à l'esthétique recherchée par un travail sur les lumières en extérieur (paysages sauvages, mer houleuse et falaises abruptes) et en intérieur (éclairage à la bougie tel un tableau de Georges De Latour ) se distingue par de jolies trouvailles de mise en scène et le jeu tout en finesse de l'ensemble de ses actrices (Adèle Haenal et Noémie Merlant en tête). Certes, le rythme est lent mais monte en puissance. Beaucoup de retenue au début: des regards lancés à la dérobée par le peintre à son modèle pour en saisir les formes, les mouvements, les gestes et l'expression dans les moindres détails, des échanges cousus de dentelle entre elles marqués par des silences. La naissance du désir et puis le lâcher-prise des 2 protagonistes. Un film que je qualifierais de très sensoriel: pas de musique au départ mais le bruit des vagues et du vent sur la plage, des pas résonnants dans l'escalier, l'accent sur les voix des interprètes, une scène de chant qui vient à point nommé comme un moment de grâce, un cadrage très serré sur les visages lors d'un jeu de cartes virevoltant, une scène finale avec les 4 saisons de Vivaldi pleine d'émotions. Un film de femme sur les femmes qui souligne leur extrême modernité pour l'époque, elles qui détournent les codes sociaux et bravent les interdits pour exercer un brin de leur liberté d'esprit et de corps. Le cinéma de Céline Sciamma s'est inspiré, sans doute, de Jane Campion et n'est pas sans rappeler La leçon de piano, l'un de mes films préférés. J'ai été étonnée de voir peu de spectateurs dans la salle et c'est bien dommage qu'une œuvre aussi belle et touchante que "Portrait de la jeune fille en feu" n'attire pas plus car, à mon humble avis, célébrer la beauté et la liberté fait toujours du bien à l'âme, surtout à l'heure actuelle.
Un film lumineux, à la fois beau et intelligent, romantique et politique. Je n'avais pas été aussi touchée à la fin d'une projection au cinéma depuis longtemps... Courez le voir!
Deux très belles actrices avec beaucoup de présence, une vraie belle idée de départ mais... il est quand même dommage qu'un film sur la libération de la femme soit aussi peu libéré. Une mise en scene très statique, théâtrale et un montage très découpé nous empêchent de ressentir quoi que ça soit pour les deux protagonistes. Beaucoup de belles idées sont gachées par une mise en scene qui manque de vision - le moment d'avortement pourrait être une scene forte avec la présence d'un bébé juste à coté de la servante sauf que le bébé parait être juste posé la pour la mise en scene, la scene avec des femmes des chantes pourrait être bien mieux intégrée et surtout mener quelque part mais elle est coupé très vite pour s'enchainer avec une scene qui se passe le jour suivant... Au final une expérience mitigé entre curiosité et l'ennuie.