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A l'inverse de la quasi totalité de la critique, je me suis copieusement ennuyé lors de la projection du dernier film de Céline Sciamma.
Il m'a semblé que dès les premières minutes la totalité du programme proposé par le film était exposé aux yeux de tous : claustration, attente, apparition divine de l'élue, séduction, approches, passage à l'acte, conventions qui empêchent, spoiler: rencontre fortuite ultérieure
. Tout, absolument tout, est prévisible dans ce film : que ce soit dans sa forme (oh, les belles images de la nature qui émoustille les sens) que dans ce qu'il raconte.
Les clichés s'enchaînent (les quatre saisons, la côte bretonne au coucher du soleil, Adèle en robe de mariée / fantôme) et finissent par constituer un brouet à l'eau de rose déjà vu mille fois, incapable de générer la moindre émotion, échouant là où d'autres ont brillamment réussi (j'ai souvent pensé à Bright star de Jane Campion). Les dialogues m'ont parus par ailleurs très artificiels, et la prestation d'Adèle Haenel, dans sa zone de confort à la mine boudeuse-séductrice, ne m'a pas convaincu.
Au final, j'ai souvent l'impression que les bonnes opinions sur ce film sont de principe, opposant presque d'un point de vue moral (ou politique) la vision d'une femme sur un couple lesbien au fameux male gaze à l'oeuvre dans La vie d'Adèle. Je préfère pour ma part mille fois l'impression extraordinaire de vie brute que dégageait le film de Kechiche à l'exercice de style froid et désincarné que propose Sciamma.
Il m'a semblé que dès les premières minutes la totalité du programme proposé par le film était exposé aux yeux de tous : claustration, attente, apparition divine de l'élue, séduction, approches, passage à l'acte, conventions qui empêchent, spoiler: rencontre fortuite ultérieure
. Tout, absolument tout, est prévisible dans ce film : que ce soit dans sa forme (oh, les belles images de la nature qui émoustille les sens) que dans ce qu'il raconte.
Les clichés s'enchaînent (les quatre saisons, la côte bretonne au coucher du soleil, Adèle en robe de mariée / fantôme) et finissent par constituer un brouet à l'eau de rose déjà vu mille fois, incapable de générer la moindre émotion, échouant là où d'autres ont brillamment réussi (j'ai souvent pensé à Bright star de Jane Campion). Les dialogues m'ont parus par ailleurs très artificiels, et la prestation d'Adèle Haenel, dans sa zone de confort à la mine boudeuse-séductrice, ne m'a pas convaincu.
Au final, j'ai souvent l'impression que les bonnes opinions sur ce film sont de principe, opposant presque d'un point de vue moral (ou politique) la vision d'une femme sur un couple lesbien au fameux male gaze à l'oeuvre dans La vie d'Adèle. Je préfère pour ma part mille fois l'impression extraordinaire de vie brute que dégageait le film de Kechiche à l'exercice de style froid et désincarné que propose Sciamma.
Si, pour une raison quelconque, il fallait abandonner Portrait de la jeune fille en feu au milieu de la projection, le sentiment serait mitigé : celui d'avoir vu la moitié d'un film très beau mais hiératique et un peu froid. Heureusement, la deuxième heure du nouveau long-métrage de Céline Sciamma est autrement plus forte et émouvante, atteignant même des sommets que l'on n'espérait pas de la part de la cinéaste, au vu de ses oeuvres antérieures. Est-ce l'évocation, d'une époque lointaine (la deuxième partie du XIXe siècle) ? Toujours est-il que la réalisatrice s'est sentie libre de céder à la passion romanesque et de vaincre sa pudeur naturelle. Mais tout d'abord, d'un point de vue pictural, en intérieur ou à l'extérieur, dans la lumière chatoyante éclairant les plages bretonnes, Portrait d'une jeune fille en feu est une splendeur, chaque plan composé comme un tableau de maître. Peindre ou faire l'amour, tel est au fond le fin mot de cette histoire où les sentiments retenus éclatent enfin comme une floraison sublime. Plusieurs scènes touchent au plus haut point, par leur esthétisme et leur souffle passionnel : celle de la fête, de l'avortement et, plus tard, dans un musée. Mais au-delà de l'intimité de ses deux personnages principaux, le film parle avec une grande acuité et justesse de la création artistique et de la place (confinée) de la femme dans la société. Sans être militant, le film est effectivement féministe avec son quatuor d'actrices qui laisse les hommes hors champ. Adèle Haenel est magnifique mais la révélation est sans conteste Noémie Merlant, absolument renversante. La complicité de ce duo nous offre des moments bouleversants d'où l'ironie et l'humour ne sont d'ailleurs pas absents, à travers des dialogues joliment troussés. Portrait d'une jeune fille en feu est non seulement le meilleur long-métrage de Céline Sciamma mais aussi l'un des meilleurs films français de l'année, haut la main.
Depuis 2007 et "La naissance des pieuvres", Céline Sciamma réalise un film tous les 4 ans, environ. "Portrait de la jeune fille en feu" est donc son 4ème long métrage. C’est aussi le premier à être apparu en compétition dans la sélection officielle du Festival de Cannes. C’était cette année et il s’est vu décerner le Prix du scénario alors que beaucoup voyaient plutôt le duo de comédiennes Noémie Merlant et Adèle Haenel obtenir conjointement le Prix d’interprétation féminine. Dans ce film, Céline Sciamma continue son observation du monde féminin, bien aidée par deux comédiennes en état de grâce et par une excellente directrice de la photo. Il est dommage, toutefois, que le film s’essouffle dans sa deuxième moitié.
Celine Sciamma fait un double portrait de sa muse Adèle Haenel. Celui peint par Marianne la peintre venue faire le portrait d'Héloïse et celui d'Héloïse peint par Céline Sciamma. On est dans un film de facture classique avec beaucoup de clairs-obscurs, d'éclairage à la bougie. Céline Sciamma évite l'écueil du film en costumes avec débauche de costumes. Il y a quelques jolies trouvailles comme celles des deux enfants, le petit à coté de Sophie, et l'enfant peint à coté d'Héloïse dont on ne manquera pas de remarquer qu'il s'agit d'un coucou de la réalisatrice. Il y a un point de vue féminin qui irrigue tout le film, film dans lequel on ne voit quasiment pas d'hommes même pour une fête paysanne. Il y a aussi deux soucis, l'un est sa longueur excessive, l'autre est un excès d'esthétisme au détriment de toute émotion : au fond on reste extérieur à ces deux personnages.
Vu en avant première le 23 aout. Rythme tres lent, la passion met du temps à s'installer. J'étais parti pour mettre 2, mais la fin plutôt "belle" me fait mettre la moyenne. Il faut malgré tout être motivé pour voir ce film.
Un pari risqué que ce film en costumes minimaliste (un lieu unique, quatre personnages, des décors presque nus) avec Adèle Haenel en jeune fille fraîchement sortie du couvent. Le résultat fonctionne bien, grâce à une très belle photographie, quelques plans magnifiques, des dialogues très bien écrits et surtout une Haenel surprenante de nuance. Il y a quand même quelques longueurs (ça ne mérite clairement pas deux heures), quelque chose de statique dans la réalisation et un peu de lourdeur dans la façon de souligner la symbolique du regard par des références appuyées et peu originales au mythe d'Orphée. Heureusement, les moments de drôlerie sauvent le film de sa propre froideur et on ressort avec quelques belles scènes en tête, comme ce magnifique chant nocturne et féminin autour d'un feu.
Un superbe film d'amour caché qui explore la sensualité à travers une réflexion sur la relation de l'artiste à son sujet.
Le Portrait de la jeune fille en feu est bien réalisé, mais trop maniéré par bien des aspects. Entre autres, le scénario se révèle plutôt convenu et manque de piment. Par contre, Céline Sciamma montre ce dont elle est capable avec l’utilisation de la musique, si rare dans le long-métrage...
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