Derniers Avis : Portrait de la jeune fille en feu - Page 7
Portrait de la jeune fille en feu
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TUTUR29
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2,5
Publiée le 8 septembre 2021
Portrait de la jeune fille en feu m'a vraiment mitigé. D'un côté, je trouve que le rythme est bien trop lent et qu'il ne se passe pas assez de choses, ce qui donne un air vraiment soporifique au film. Les dialogues eux aussi sont un peu pompeux (même si c'est aussi le langage de l'époque qui veut ça). Mais pour autant, il y a quelque chose d'indescriptible entre Marianne et Heloise qui se crée tout au long du film et qui est passionnant à suivre, notamment grâce aux super jeu des actrices. Bref, je suis très partagé, un film à la fois touchant, ennuyant et hypnotisant. C'est bizarre.
Vraiment très ennuyeux. Il ne se passe absolument rien, des discussions inintéressantes... des scènes qui vont de la maison à la plage, puis de la plage à la maison... la mère, la fille, la bonne, la peintre... bref, passez votre chemin !
Les actrices sont remarquables et il y a une certaine simplicité dans la mise en scène qui met en avant cette histoire complexe d une relation entre femmes impossible à leur époque. J ai trouvé que c est cette même s'implique nuis au film notamment pour faire passer l émotion, même si l intensité est progressivement gérée.
Je n'ai pas pu terminer ce film portant acclamé. Les premières images m'ont rapidement pensé à la "Leçon de piano" mais en raté .... Et pourtant dieu que j'aime Adel Haenel mais elle n'a pas suffit pour me tenir en haleine ...
Le film est long mais agréable à regarder : les décors et les costumes sont très beaux. Cela fait du bien d'avoir un film bien écrit, sans grossièreté. Mais les scènes vont trop vite et manquent d'émotion. D'autre part la diction des dialogues gagnerait à être plus fluide, moins théâtrale (surtout chez Adèle Haenel).
Le film ne raconte pas grand chose. A part l'évolution du portrait, les scènes sont malheureusement interchangeables les unes des autres. Et il en est de même de leur relation : on ne la voit pas vraiment évoluer. Elles en apprennent + l'une sur l'autre, certes, mais elles ne partagent pas qqch de fort (spoiler: à part leur séparation prochaine ). spoiler: Seule évolution : Héloïse apprend que Marianne est peintre. Oui, mais le spectateur le sait.
Le film manque d'enjeu, tout simplement. On sait qu'il y a eu un drame, mais c'est du passé. spoiler: Au début du film on sait que Héloïse et Marianne ne sont plus ensemble, donc c'est vrai que les dés sont jetés. Mais peut-être un peu de suspens aurait été le bienvenu : spoiler: par exemple pourquoi ne pas même envisager qu'elles s'échappent ensemble ? Pourquoi ne pas même envisager de braver les interdits, les codes sociaux ? Ou peut-être aurait-il fallu ne pas révéler au spectateur que Héloïse sortait du couvent pour se marier.
L'histoire de la servante n'était pas nécessaire et sert juste à combler le film.
Un film trop contemplatif, qui manque d'enjeu et de musique aussi, pour accompagner les scènes (à part à la toute fin).
Un film toutefois qui a le mérite d'exister : cela fait une représentation lesbienne de plus mais ce n'est pas assez pouvoir faire un bon film.
CHEF D'ŒUVRE. Ce sont les premiers mots qui me sont venus à la bouche en touchant la scène finale. Ce film représente pour moi un tout premier coup de cœur cinématographique. Je n'ai jamais été autant bouleversée par la délicatesse d'une histoire d'amour, par des plans de Bretagne tout simplement magnifiques, ressemblant pas moins que l'autre à de tableaux. Un vrai régal pour les pupilles, tant par les paysages que les actrices. C'est un don de génie dont nous fait part la réalisatrice Céline Sciamma et la talentueuse Adèle Haenel. Lorsqu'on dit qu'un film peut changer une vie, Portrait en est le parfait exemple. Il continue de m'habiter chaque jour. Tout comme un amour du passé continue de nous habiter au présent. "Ne regrette rien, souviens-toi".
Ça m'a rappelé le sketch des Inconnus sur Le Doutage, un film français d'une certaine Mylénie de Gouinaloux que Bernard Campan présente ainsi : "Et je rappelle pour les âmes sensibles que ce film est exclusivement interprété par des femmes". Les Inconnus ont toujours été prémonitoires. À se demander si Céline Sciamma ne s'est pas contentée de les parodier.
The portrait of the girl on fire est un film texturé qui aiguise nos sens, la vue par le regard qu'on nous invite a porter sur le modèle et l'ouïe par de beaux dialogues très bien interprétés. L'ambiance est réussi. L'intérêt s'émousse cependant cause de certaines longueurs.
Alors que je ne suis pas fan des films d'auteur, j'ai adoré celui-ci. Une esthétique impeccable, l'image est sublime. Il n'y a pas de musique mais c'est pour mieux rendre tous ces bruits que le cinéma oublie bien souvent de nous faire entendre: le crépitement du feu, le bruit de la pluie, de la mer... Le film met un peu de temps à démarrer mais ça vaut vraiment le coup de s'accrocher. La première chose que je me suis dite en sortant de la salle de ciné: "c'est la plus belle histoire d'amour que j'aie jamais vue." Je l'ai revu trois fois depuis.
Ce film comporte de bons passages, comme celui où se noue une complicité féminine entre les deux héroïnes et leur jeune domestique, bien que cela semble assez improbable dans la société du 18ème siècle. Mais il est plombé par des dialogues ampoulés, le manque de rythme et une mise en scène souvent théâtral. On sent les bonnes intentions dans l'air du temps : féminisme, défense du droit à l'avortement et de l'homosexualité, mais on n'éprouve parfois une impression d'anachronisme, d'autant que la psychologie des personnages est peu développée. Surtout, c'est très, très lent et on s'ennuie parfois.
Que les amateurs de film d'époque soient prévenus, "Portrait de la jeune fille en feu" est avant tout une histoire d'amour, tournée dans des décors très sobres et avec peu de costumes, s'il on excepte les dernière minutes qui ont sans doute englouti une grande partie du budgets vêtements... Mais cela n'empêche pas Céline Sciamma de nous livrer une œuvre graphique et très sensuelle. A travers cette histoire de peintre qui se fait passer pour une dame de compagnie, pour pouvoir espionner sa modèle qui refuse de poser avant un mariage forcé, le film pose diverses réflexions et degrés de lecture. Condition de la femme dans un monde où les hommes sont physiquement absents, mais où leur influence est omniprésente. Relation entre l'art d'observer et de peindre, et les sentiments que l'on essaie de décrypter dans son modèle pour le "mettre à nu"... et qui finissent par trahir les nôtres. De nombreux éléments intéressants, au milieu d'une histoire d'amour sincère et intense, portée par deux actrices subtiles et impliquées (les seconds rôles n'étant pas en reste !). Mais la force du film doit beaucoup à sa mise en scène de grande qualité. Céline Sciamma construit ses plans comme des tableaux intimes, très bien découpés, avec des éclairages intérieurs intimistes (l'influence de "Barry Lyndon" n'est jamais loin !) et des couleurs très soignées. Devant ce régal graphique, on pardonnera quelques rares touches un peu balourdes. Si bien que "Portrait de la jeune fille en feu" est une belle histoire d'amour et une réflexion pertinente sur la peinture, emballées dans une oeuvre graphique de choix.
Si l’idée d’un film analysant le rapport d’un artiste à son modèle n’est pas neuve, Céline Sciamma est la première depuis longtemps à sortir des sentiers-battus du film dédié à la création, déjà, rien qu’en esquivant la dualité du genre puisque l’une comme l’autre sont des femmes : inutile de se voiler la face, dans l’écrasante majorité des cas, on se retrouve dans le cas de figure du créateur et de sa muse. Elle parvient également à écarter la règle tacite d’un créateur forcément actif et d’une modèle au corps passif, nécessairement soumise au regard et au désir de l’artiste, écartée de l’acte créateur dont elle est pourtant la source. D’ailleurs, l’astuce romanesque qui souligne les choix de cette fiction est aussi simple qu’intéressante : le modèle ignore (dans un premier temps) qu’elle en est un. la peintre Marianne est chargée de réaliser le portrait de la jeune Héloïse en vue de l’envoyer à l’homme qu’elle doit épouser...et Héloïse refusant de poser comme elle refuse silencieusement cette union de convenance, Marianne doit se faire passer pour une dame de compagnie et créer l’oeuvre sur base de ses souvenirs. Le ‘Portrait de la jeune fille en feu’ saisit ainsi des regards furtifs, des gestes significatifs, des attitudes inconscientes, qui constituent autant de prémices, justement, à un changement dans les regards, les gestes et les attitudes de ces deux jeunes femmes qui se mentent l’une à l’autre et se mentent surtout à elles-mêmes. Qu’on se le dise, il ne s’agit pas d’un film historique, quand bien même Sciamma a situé l’intrigue au 18ème siècle, et à peine plus d’un film sur l’art et la création. Ce n’est pas non plus quelque chose qui brille par ses développements inattendus : s’il est sentimental, il ne retrouve rien du marivaudage et de ses ruses. C’est un film qui repose sur peu mais dans lequel rien ne semble de trop : la moindre image, le moindre soupir, le moindre haussement de ton contribuent à l’édification d’un édifice fiévreux et romanesque, romantique et sensuel, d’une telle clarté dans les intentions et d’une telle pureté dans son portrait de femmes amoureuses que la réalisatrice n’a jamais besoin de forcer le trait pour relier la condition féminine du siècle des Lumières à des problématiques plus contemporaines.
Ce qu'on remarque du film en premier, c'est sa photographie, qui a fait tant d'éloges ; la vision qu'elle donne de l'île bretonne, de l'isolement qu'elle procure d'une société qu'on sent déjà effervescente (us et costumes obligent), puis les portraits qu'elle offre et où elle se fait le contrepoint admirablement contemporain du troisième art, celui qui lui tient lieu d'ancêtre : la peinture. Nous voilà entrés dans son univers.
La vacuité enchanteresse du film promet tout, mais surtout elle délivre un calme immense et entier où tout peut naître de la simplicité. La tristesse, par exemple, et l'intimité, qui doucement montent puis se mêlent, entrelaçant des femmes dans un éther qui dissout les barrières sociales sans jamais croquer d'utopie, car Sciamma s'intéresse à l'essentiel. Ces femmes complices, égales, forgées par une existence jamais survalorisée, en compagnie desquelles l'art ne connaît plus de muse, mais vibre pourtant de la passion qu'on prêtait à leur beauté inspirante.
Quand je parle de vacuité, c'est loin d'être péjoratif : c'est que l'œuvre est conçue comme un souvenir, avec ses moments forts qui résonnent dans une enveloppe creuse mais non moins émouvante : au contraire, elle n'en a que plus de place et n'en est que mieux chérie. Je lis (avec la fierté que ne pouvait que causer la confirmation que je comprends un travail que j'admire) que c'est effectivement ce que la réalisatrice cherchait à concevoir : un souvenir, un écho plus fidèle à l'émotion vraie, semble-t-il, que le moment-même où l'on en faisait l'expérience.
Cet écho, non content de fonctionner, ne lui est pas que personnel : il émane, se propage, et finalement convainc : l'essentiel peut s'exprimer encore avec justesse.