Portrait de la jeune fille en feu
Note moyenne
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405 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 septembre 2020
Un beau film de femmes qui prend le temps sans qu'on ne s'ennuie une seconde ; le rythme de vie et l'attente du XVIIIe siècle n'ont rien à voir avec 2020 et la réalisatrice traîne sur un regard, le pli d'une robe, la mer pour notre plus grand plaisir. C'est une belle histoire d'amour charnel ou d'amour tout court. Même si elle prend le chemin de l'homosexualité, l'histoire reste l'éternel drame de l'amour impossible, amour rendu impossible par des traditions familales copiées sur une société rigide.
Je regrette simplement d'être restée devant ce film avec mon regard "sociologique" et de ne pas avoir été émue par ces destins pourtant tragiques. Pourquoi ? Je ne sais pas, peut-être trop de retenue dans les dialogues...
missouf
missouf

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5,0
Publiée le 7 septembre 2020
Ce film a un avantage très appréciable : ce n’est pas un tract politique, contrairement à de nombreux films qui estiment que des revendications militantes suffisent à faire un film. « Portrait de la jeune fille en feu » est un poème : Céline Sciamma manie les émotions avec beaucoup de subtilité. Les scènes sont émouvantes, mais jamais larmoyantes ; elles sont innovantes, mais toujours pertinentes. La recette du scénario, entre amour, femmes et création artistique, est parfaitement équilibrée. De plus, le jeu de Noémie Merlant, entre douceur et détermination, sert admirablement bien ce mélange. Autant que celui d’Adèle Haenel, dont l’évolution du jeu est remarquable : sa froideur et son insolence initiales s’effacent peu à peu pour laisser place à un personnage ardent.
Tarte aux lettres
Tarte aux lettres

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3,5
Publiée le 6 septembre 2020
En 1770, Marianne doit réaliser le portrait d’Héloïse, fraîchement sortie du couvent et qui s’apprête à se marier à un comte qu’elle n’a jamais rencontré. Celle-ci refusant de poser, Marianne doit rivaliser d’ingéniosité pour capturer son image et se fait passer pour sa demoiselle de compagnie. Un jeu s’instaure alors entre les deux jeunes femmes : Héloïse vit, et Marianne regarde.

Si ce film de Céline Sciamma se centre autour du tableau d’Héloïse, on peut également parler d’art au niveau de la réalisation. Le portrait qui est brossé des protagonistes a une forte dimension picturale. La photographie et les jeux de lumières peignent les plages bretonnes, le feu et la mer sous des couleurs à la fois chaudes et froides, dans un clair-obscur parfait. On assiste à une harmonie des teintes, dont les nuances sont feutrées et l’aspect, épuré. L’éclairage se limite souvent à celui du soleil, d’une bougie ou de la cheminée. La beauté est instrumentalisée pour représenter l’amour naissant entre les deux femmes. Les personnages sont eux-mêmes dépeints tout en délicatesse. De chaque image à l’apparente simplicité se dégage une aura de sensibilité et de mystère. Les gros plans effectués sur les visages, les regards échangés entre les amantes permettent de faire ressortir toute la palette d’émotions par lesquelles elles passent. On assiste à une sublimation des corps qui font penser à ceux sur les estampes du 18ème siècle ou sur les portraits de Georges de La Tour.

Par ailleurs, la musique apparaît comme un autre instrument d’expression artistique dans ce film et ce, alors qu’elle n’intervient que trois minutes en une heure cinquante-neuf. Elle survient tout d’abord lors d’une scène sur la plage, autour du feu. Le chant en latin tient alors presque d’une incantation païenne à la nature qu’on réciterait en chœur. Puis, à deux moments distincts, ce sont les accords des Quatre Saisons de Vivaldi qui s’élèvent. Céline Sciamma arrive à apporter de la fraîcheur artistique à ce morceau utilisé à toutes les sauces aujourd’hui, notamment dans des publicités de voiture. Elle restitue son sens originel, évoquant le grondement du tonnerre, le déferlement du vent. A part ces quelques moments de grâce qui émaillent ce film, celui-ci est majoritairement rythmé par des paroles et des bruits ambiants. Ils constituent à eux seuls une véritable musique. Les dialogues sont très littéraires et s’apparentent presque à des répliques de théâtre. Les silences sont également omniprésents et ont un poids significatif. Tout se joue dans les respirations, le frottement d’un crayon sur la toile, le bruit des vagues ou le crépitement du feu. Chaque froissement de tissu est rendu substantiel.


En bref, l’art, sous des formes variées, occupe une place primordiale dans ce film. A ce titre, on peut parler d’une dimension méta-artistique. L’intérêt du Portrait d’une jeune fille en feu ne réside pas dans son scénario, somme toute assez prévisible : on assiste au bourgeonnement du sentiment amoureux, à sa cristallisation stendhalienne puis à l’inévitable séparation des deux héroïnes. Tout son charme se trouve dans leur retranscription par les lumières, les couleurs et le son. La mise en scène sublime cette histoire d’amour et l’inexorabilité de sa fin et lui confère grâce et poésie.

L’aspect artistique de ce film ne se limite cependant pas à sa visée esthétique. Il devient également performatif : il permet d’acquérir une puissance d’action. Par la peinture, les deux jeunes femmes reprennent momentanément le contrôle sur le image et leur destin. Lorsque Héloïse critique le premier portrait que Marianne a esquissé d’elle, elle dit ne pas s’y reconnaître. Il faudra alors plusieurs jours de travail à la peintre pour arriver à rendre justice à la beauté et à l’impétuosité de son amante. Elles se réapproprient la forme du portrait pour transcender les normes sociales de l’époque qui privilégient la douceur féminine à la fougue de la future mariée. Ce moyen d’expression leur permet de s’extirper du carcan masculin et patriarcal dans lequel elles sont enfermées. En ce sens, on peut qualifier ce film de profondément féminisme. Il exclut un male gaze majoritairement de mise dans les films d’époque. Malgré l’ubiquité de l’érotisme dans Le portrait d’une jeune fille en feu, le corps des femmes n’est jamais objectifié. On note également une quasi absence de personnages masculins. C’est en ce sens qu’on peut parler d’une véritable réécriture des codes cinématographiques traditionnels. L’interprétation du mythe d’Orphée et d’Eurydice faite par les protagonistes, en marge avec celle admise de nos jours, se fait le parfait exemple de cette idée. Si Orphée se retourne vers Eurydice, ce serait parce qu’il désire la perdre. Son amour s’exprime par le renoncement. A l’image des deux amantes à la fin du film, il délaisse la présence physique de l’être aimé au profit du trésor de son souvenir.
SothaSil
SothaSil

15 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2020
Ce Portrait de la jeune fille en feu n'est pas le meilleur film de Céline Sciamma. Il y a quelques longueurs, et Adèle Haenel est un peu en retrait par rapport à Noémie Merlant, et même par rapport à Luàna Bajrami, touchante dans son rôle. Ceci dit, le film reste très bon. La photographie est magnifique et rappelle l'ambiance de certains tableaux hollandais. L'histoire d'amour impossible n'est pas très originale, mais des thématiques féministes viennent s'y greffer pour délivrer un message fort. La scène du feu avec la musique de Para One et Arthur Simonini était puissante et inoubliable. A voir.
joevebulle
joevebulle

4 abonnés 528 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 août 2020
Céline Sciamma nou s offre un film poétique tout en douceur. La photographie est magnifique façon tableau 18° et les 2 actrices Noémie Merlant et Adèle Haenel nous font comprendre, à travers leur histoire d'amour, l'importance de la relation entre le modèle et le peintre sur le résultat final. Il y a quelques scènes splendides comme celle du feu.
Le scénario est simple mais ne tombe jamais dans la mièvrerie. Un film à voir ... calmement.
Ozomatli
Ozomatli

44 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 août 2020
Magnifique, subtil dans la forme dans le fond (même si la deuxième moitié l'est un peu moins quand on "rentre" dans le vif du sujet), les images sont belles, les actrices irradient totalement chaque plan et on est transporté dans cette belle et mélancolique histoire.
La scène de fin est dantesque dans tout ce quelle a à la fois d'intimiste et de grandiose.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 août 2020
C’est le 18e siècle l’une est peintre mais ne peut choisir ses sujets à volonté, l’autre est tout juste sortie de couvent pour épouser un homme qu’elle ne connaît pas, la première va devoir faire le portrait de la seconde, la découvrir, lever une forme de voile qu’elle semble porter. Drame en costume qui se veut très actuel, ce portrait de la jeune fille en feu est selon moi un film sur le difficulté des l’émancipation féminine et la frustration qu’elle engendre. Une frustration qui empêche ses personnages de s’épanouir de s’accomplir dans leurs vies respectives. C’est aussi un film sur la passion naissante, le désir qui monte cet aspect est traité avec une grande pudeur et ne manque cependant pas d’intensité. Il parle aussi du souvenir de l’amour de ce qu il laisse dans chaque individu. En revanche pour un film qui a comme thème la peinture je ne l’ai pas trouvé assez beau, j’ai trouvé qu’il manquait de qualité picturale, que l’on puisse faire pause et que l’on ai l’impression de voir un tableau de maître. Il connaît quelques longueurs, car il laisse trop deviner où il va et comment tout ceci va se conclure. J’ai aussi trouvé qu’il manquait un peu d’émotions, il fait comprendre la frustration et ce que ressentent ses personnages mais n’est pas arrivé à me les transmettre. J’ai trouvé ça bien mais pas extraordinaire.
Ykarpathakis157

6 192 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 août 2020
Une grande partie est visuellement saisissante, beaucoup de scènes sont composées de manière satisfaisante et lorsque nous voyons la peinture appliquée sur la toile cela retient notre intérêt pendant un certain temps. Bien que pas assez longtemps pour justifier la durée de ces scènes. Cela me rappelle des films comme Black Swan et Le Patient Anglais qui étaient tout aussi incohérents, statiques et mal avisés mais qui ont obtenu d'excellentes critiques en s'adressant au public louant implicitement le spectateur avec des références culturelles de haut vol. Dans le cas du Portrait de la jeune fille en feu, les touches culturelles sont le mythe Orfeo et les Quatre saisons de Vivaldi. Fait intéressant tous ces films promettent une expérience érotique mais échouent à la livrer car aucun des personnages ne ressemble à de vrais êtres humains. Il y a une discussion sur Orfeo dans laquelle l'un des personnages principaux déclare fatalement qu'Orfeo s'est retourné vers Euridice parce qu'il était dans l'âme un artiste pas un amoureux. C'est ce film en un mot une déclaration simulée et profonde qui devient de plus en plus dénuée de sens à mesure que vous y réfléchissez...
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 avril 2025
L'histoire d'un amour impossible au 18ème siècle entre une jeune peintre et son modèle, future épouse. Un film d'une grande sensibilité et délicatesse, beau comme un tableau, sublimé par l'interprétation d'Adèle Haenel et Noémie Merlant. 3,75
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 août 2020
Grâce aux immanquables de l’été, j’ai vu « Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma sorti en septembre 2019.
Le pitch (comme on dit de nos jours) est connu et expliqué dans la bande annonce. Noémie Merlant incarne donc Marianne, une jeune parisienne peintre comme son père, et Adèle Haenel est Héloïse, une jeune aristocrate récemment sortie du couvent des Bénédictines pour en quelque sorte remplacer sa sœur qui s’est suicidée par refus d’un mariage arrangé avec un riche Milanais. Les 2 comédiennes sont dirigées avec une grande maîtrise et si certains peuvent reprocher une lenteur à ce film de 2 h 02, c’est bien parce qu’il faut du temps pour que la relation entre les 2 jeunes femmes évolue. L’histoire s’enrichit d’une interprétation du mythe d’Orphée et d’Eurydice et à l’inverse de la vie « banale » de la jeune servante (Luàna Bajrami) qui doit avorter. La date de l’histoire n’est pas clairement précisée (fin du XVIIIème) et le lieu en huis-clos avec la mer non plus comme pour rendre cette histoire universelle.
Les décors, les costumes et la lumière de ce film sont sublimes et les 3 scènes finales sont très réussies : une Héloïse/Eurydice en robe de mariée qui apparaît en vision lorsque Marianne quitte le manoir ; un tableau d’Héloïse avec son petit garçon mais avec à la main un livre entrouvert à la page 28 et Héloïse en plan serré à un concert où la musique de Vivaldi l’a fait à la fois pleurer et sourire, elle qui n’était habituée qu’aux chants religieux et avait demandé à Marianne ce qu’était la musique ! Coup de chapeau également pour la scène du jeu de cartes entre les 3 jeunes femmes et la réunion des femmes du village autour d’un feu et de "Fuggire non posso", une ballade polyphonique particulièrement envoûtante.
Un sujet certes singulier voire militant mais un film remarquablement bien fait méritant les 5 prix reçus.
clacla
clacla

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 juillet 2020
Je vole en regardant ce film. Un chef d'œuvre. Le meilleur film français de tous les temps. J'arrive pas à le croire qu'il soit si incroyable
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 juillet 2020
Ce film c'est d'abord la rencontre de deux âmes bien avant l'histoire d'amour physique entre deux femmes. Les décors sont épurés, les silences sont marqués, les regards intenses et les Femmes sont présentes. Merci pour ce magnifique film !
Seb A
Seb A

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 juillet 2020
Un film beaucoup trop scolaire porté par un sujet pourtant intéressant (et probablement tendance).

Mademoiselle de Park Chan Wook est infiniment plus beau dans son esthétique et intéressant dans son écriture.

Le film de Sciamma est attendu. Sans surprise dans son récit ni son traitement, une immense déception.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 6 juillet 2020
À bout de souffle avant d'avoir commencé. Faussement flamboyant. Froid comme les braises restées dans la cheminée. Seul mes yeux fatigués m'ont brulés.
SamuelOTook
SamuelOTook

3 abonnés 48 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 juin 2020
Magnifique film tant dans son/ses cadres (nature, intérieurs à la flamme, peinture) que dans son histoire (l'amour). J'ai du mal à y trouver des fausses note, voire des défauts, peut-être quelques répliquesde la première partie pas assez articulées dans un style trop contemporains (en particulier de l'Héloïse d'Adèle Haehnel). Mais, d'une manière générale, la partition des actrices est superbe, et par une phrase, un geste, une respiration, un regard, elles nous mènent à l'émotion finalement.
Là où certains voient un film scolaire ou artificiel, moi, je vois une grande maîtrise technique (on a déjà parlé de ces plans très joliment composés), mais également narrative. Les détails s'assemblent bien pour faire sens : on voit peu à peu monter l'émoi des personnages. Les fins (avec les différents adieux et retrouvailles) font culminer l'émotion -j 'en ai eu les larmes aux yeux. Bravo pour ce film.
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