Le titre du film aurait plutôt dû être "L'enfer est pavé de bonnes intention".
Le duo de réalisateur a réussi à nous montrer un film touchant sur l'autisme et cette association qui tente d'accompagner ces personnes avec le peu de moyens qu'elle a. Comme pour Intouchable, on est en empathie pour les personnes handicapées portées à l'écran, c'est très chargé émotionnellement, on rit, on pleure. Bref c'est du super cinéma-émotion, c'est scénarisé et mis en scène avec un immense talent.
Pourtant ce qu'on voit à l'écran c'est exactement tout ce qu'il ne faut pas faire avec des personnes autistes.
Les personnes autistes n'aiment généralement pas le contact physique. Le nombre de câlins, d'accolade, de vas-y-que-je-te-touche-l'épaule-pour-te-dire-un-truc, qu'on peut voir dans ce film, c'est hallucinant.
Les personnes autistes sont très sensibles au bruit ? Eh bien on va leur organiser une activité dans un gymnase avec autre groupe à côté. C'est bruyant, ça résonne, pour un autiste c'est l'enfer. Et après on s'étonne qu'ils aient des troubles du comportement ?
Les personnes autistes ont besoin de s'isoler ? Pas de problème, on va les faire dormir dans un appartement bondé à raison de 2 ou 3 par chambre !
Les personnes autistes ont besoin d'avoir un environnement structuré autour d'elle ? Il y a du foutoir partout dans ce film, l'appartement, le local de l'association, l'organisation, etc. Bref, tout parait désordonné.
Comme je le disais au début, c'est très touchant. Pourtant ce qui est porté à l'écran c'est ni plus ni moins qu'une situation de maltraitance. Ce que le spectateur trouvera touchant c'est une situation que la personne autiste vivra comme un enfer.
Ce film illustre magnifiquement l'expression "l'enfer est pavé de bonnes intention". On voit bien que les intentions des deux éducateurs sont bonnes, qu'ils ne veulent pas du mal. Mais ils sont tellement mal renseignés qu'ils le font n'importe comment, ils sont dans leurs représentations de ce qu'est un sentiment d'humanité à l'égard des autres, sans s'intéresser une minute au fonctionnement de l'autre, sans se soucier une minute de savoir si leurs gestes, leurs attentions, puissent être gênants pour l'autre.