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Dans le tumulte des années 1970, où le soleil de Rio de Janeiro semblait briller d'une intensité trompeuse, Walter Salles nous convit à une danse mélancolique avec "Je suis toujours là". Ce film, tel un poème visuel, dépeint la saga des Paiva, une famille dont le quotidien est bouleversé par les ombres oppresantes de la dictature militaire brésilienne.
La demeure des Paiva, baignée par les embrun de l'Atlantique, résonne des rires et des confidences jusqu'à ce que le patriarche, Rubens (incarné par Selton Mello), soit arraché aux siens par les sbires du régime. Cette disparition soudaine laisse un vide abyssal, que sa femme Eunice, interprétée avec une grâce poignante par Fernanda Torres, tente de combler en se lançant dans une quête désespérée de vérité.
Fernanda Torres, telle une prêtresse moderne, insuffle à Eunice une force tranquille, mêlant vulnérabilité et détermination. Son regard, miroir d'une âme tourmentée, capte l'essence même de la résilience face à l'injustice. À ses côtés, Fernanda Montenegro, légende vivante du cinéma brésilien, incarne une Eunice âgée, portant le poids des années et des souvenirs avec une dignité inébranlable. Le duo Torres-Montenegro offre une symphonie d'émotions, où chaque note raconte une histoire de douleur, d'espoir et de courage.
La mise en scène de Salles, telle une toile impressioniste, juxtapose les couleurs vives de la vie familiale aux teintes sombres de la répression politique. Les scènes de bonheur domestique, filmées avec une chaleur enveloppante, contrastent brutalement avec les moments d'angoisse et de désespoir, créant une tension palpable qui hante le spectateur bien après le générique de fin.
La musique, véritable protagoniste silencieux, accompagne cette odyssée émotionnelle avec une délicatesse envoûtante. Les mélodies, tantôt douces, tantôt déchirantes, servent de fil conducteur, reliant les fragments d'un histoire fragmentée par la douleur.
"Je suis toujours là" n'est pas seulement une chronique historique ; c'est une méditation sur la mémoire, la perte et la persévérance. Salles, en maître conteur, nous rappelle avec une pointe d'ironi que, même dans les moments les plus sombres, l'esprit humain possède une lumière intérieure indomptable. Et tandis que les vagues continuent de caresser les rivages de Rio, l'écho des Paiva résonne, nous murmurant que, malgré tout, ils sont toujours là. Bravo !!