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Pierre Phdb
24 abonnés
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4,0
Publiée le 2 février 2025
Un film qui par sa forme fait penser au films de Costa-Gavras des grandes années vouloir restitué ces couleurs d'antan est ce vraiment un bien en 2024? Le fond est lui beaucoup plus intéressant, pas centré sur l'opposant politique dont les actions, l'engagement politique sont a peine évoqués mais sur les conséquence sur sa famille de son arrestation, de sa disparition. C'est a cause de cet angle d'attaque que ce film doit être vu.
Le film en lui-même est beau, transmet super bien la vie à Rio dont on devient nostalgique, la façon dont la dictature frappe toujours alors qu'on ne s'y attend pas, les non-dits... La femme au cœur du film est un modèle, une force. L'actrice magistrale. Quelques longueurs qu'on pardonne aisément, qui se justifient sûrement
Rarement je me suis autant ennuyé ! Le film est interminable avec beaucoup de vide. De l’histoire politique on n’a que quelques ellipses. Certes le spectateur est (censé) être intelligent. Ca ne dispense pas de scénario et dialogue. Il y a quelques scènes réussies mais noyées dans du vide. Pour la réalisation la couleur vaguement sepia parce qu’on est dans les 70’s, les films super8 pour faire mi-archives /mi-famille (les deux thèmes abordés qui ne se rencontrent que peu) er les mouvements de caméra ampoulés font de l’ensemble quelque chose de froid et parfois pénible à regarder. Et on souligne les poncifs progressistes avec la bonne, la defense des autochtones etc… reste l’actrice principale, la bande son, les scènes de prison et de plage. Ca ne dissipe pas l’ennui , ca empeche juste de partir ou de s’endormir.
« Je suis toujours là » distille une véritable intimité. Des temps heureux, aux temps d’angoisse, puis au temps de lutte, de mémoire - il est toujours là - et indescriptiblement nous fusionnons avec cette famille. Sortir de ce film demande un sasse de retour. Il y a comme un poids émotionnel qui nous accompagne dont il faut se libérer. C’est à ce moment que nous mesurons toute l’intensité cinématographique que nous venons de vivre. Cette intimité prend certainement racine dans le vécu. D’abord dans le récit tiré du roman du propre fils de Ruben Paiva. Ensuite, dans l’impact de cette histoire familiale qui incarne l’Histoire du Brésil. Enfin parce que Walter Salles a connu intimement cette famille. Il était de ces amis qui partageaient les fêtes et le lieu. Il est certain qu’il aimait l’ambiance de ce foyer, ambiance qu’il s’est attaché à nous faire partager avec beaucoup de subtilité et de brio. Dès l’ouverture, nous sommes plongés dans l’ambivalence de l’époque : une femme nage dans une eau limpide, paradisiaque. - Douceur de vivre à la brésilienne. Elle lève les yeux un peu angoissée. Un hélicoptère de l’armée la survole. - Réalisme brésilien. La tonalité du film est posé. L’utilisation sporadique du 8mm est une idée géniale. On a l’impression de participer chez des amis au visionnage d’un vieux film de vacances familiale. L’imperfection du grain, sur une bande son musicale judicieuse, nous rapproche de l’époque et du vécu. Le casting est sans fausse note. Quant à Fernanda Torres, elle est remarquable. Tout à la fois. Belle, sensible et solide. Perdue et combattante, profondément maternelle. Classieuse et accessible. Éperdument triste mais arborant le sourire comme l’étendard politique de la résistance. Certainement l’oscar de la meilleure actrice malgré la concurrence certaine de Karla Sofia Gascon de « Emilia Perez ». « Je suis toujours là » est un film sur l’irrémédiable absence d’une présence physique, sur la présence prégnante d’une absence, sur une nécessité mémorielle, une ode à la résilience qui ne vire jamais au sentimentalisme bon marché.
Au travers d’un drame familial, “Je suis toujours là” nous éclaire sur les horreurs de la dictature militaire dans le Brésil des années 70. La réalisation est exceptionnelle. La photo, la lumière, la composition. Chaque plan est travaillé avec une grande précisons et les interprètes sont à la hauteur de l’écrin. Dommage que cette excellence ne se maintienne pas jusqu’au bout. En effet la partie finale est un peu bâclée et pas franchement nécessaire. Heureusement pas au point de nous faire oublier la majorité extrêmement réussie et bouleversante.
Un film sans faute qui alterne parfaitement entre le confort joyeux d’une famille de cinq enfants à Rio de Janeiro au bord de la plage en 1970 et la brutalité de la dictature militaire. La prise de vue est précise, on rit des mimiques du jeune garçon, des blagues du père et, aussitôt, on est tendu et inquiet d’un bruit lointain de camions de militaires. Le montage est sublime et nous transporte, sans nous perdre, du passé au présent , tout en nous plaçant dans la probabilité d’un futur triste… Et l’héroïne, mère courage d’une force intérieure qui nous subjugue, est superbement jouée, toute les émotions sont perceptibles… mais retenues et tellement convaincantes… On pourra revoir ce film plusieurs fois et pendant quelques décennies.. c’est un chef d’œuvre !
Une grosse claque. La récompense de la meilleure actrice aux Golden Globes et sa nomination pour l’Oscars de la meilleure actrice est totalement mérité pour Fernanda Torres.
Le film est tellement touchant. Une mère de famille qui doit rester forte face à la dictature Brésilienne qui s'attaque à sa famille. En plus c'est une histoire vraie, de quoi réaliser qu'ils ont fait un excellent film.
Du réalisateur Walter Salles, je ne me souviens n’avoir vu que sa pieuse - et piteuse ! -adaptation du chef d’œuvre de Kérouac, Sur la Route (2012), bof bof... Le sujet de Je suis toujours là, la disparition d’un gentil militant de gauche dans le Brésil des années noires sous la botte de militaires peu regardant sur les droits humains, est forcément consensuel et attire en principe l’empathie du public. Le scénario reste assez simpliste et se focalise sur la famille du militant, restée longtemps dans l’expectative sur le sort du mari et père d’une famille nombreuse. Il est difficile de ne pas être ému par ces images d’un bonheur brutalement interrompu et des conséquences de ce drame sur le destin de cette famille. Pour autant, le traitement cinématographique reste chronologique et didactique et ne décolle que rarement pour exposer un minimum de contexte nécessaire pour le spectateur éloigné des péripéties politiques de ce pays. Ce n’est pas l’école de Costa-Gavras ni de Ridley Scott pour ne prendre que deux exemples.
Cette fresque familiale dont le cœur se situe dans le Brésil des années 1970 met en parallèle la brutalité d'un régime dictatorial avec la force de la famille Paira, qui parvient à rester durablement soudée et confiante dans l'espoir de retrouver le père enlevé par les autorités et de lui faire justice. Le personnage joué par Fernanda Torres, très émouvante, est remarquable de force contenue et de résilience. Un film déchirant car filmé à la hauteur de cette famille pour laquelle l'horreur survient au cœur d'un paradis : Une maison face à la plage, une famille unie et aimante, et un quotidien bouleversée par un crime d'Etat qui ne laisse que des questions.
Un film magistral pour démontrer la mécanique puissante de destruction menée par une dictature : faire disparaître l’opposant … et transformer son absence en torture… et c’est aux familles pour survivre de se décider à faire leur deuil … Magnifiquement interprété.
Magnifique film sur une famille fracturée par la junte militaire brésilienne début 70 par la séquestration et la disparition du père. Un bonheur éclaté que l'on suit au cours des années 70-90 et 2010 mais où perdure cette union familial. Un film percutant, haletant et touchant dans son entièreté. Une œuvre coup de poing basée sur un histoire réelle.
Excellent film. Instructif, émouvant. Une histoire qui mérite d'être connue sur une dictature au Brésil qui a pris le pouvoir en vertu d'une doctrine de sécurité nationale, soutenue par les milieux conservateurs, avec restriction des libertés individuelles, désinformation...
Walter Salles signe avec "Je suis toujours là" un film d’une intensité rare, où la beauté formelle contraste avec la tragédie intime qu’il raconte. Fernanda Torres y livre une performance bouleversante, incarnant avec justesse une femme broyée par la dictature brésilienne des années 70. Un grand film politique, nécessaire et profondément émouvant.
Très beau film brésilien sur la dictature (une calamité qui a duré 21 ans : de 1964 à 1985 !) et basé sur l’histoire d’un ancien député, qui est arrêté et disparaît. Sa famille obtiendra un certificat de décès en 1995, soit plus de 30 ans après son arrestation ! Le film est particulièrement poignant et intelligent. Il décrit la vie de famille et le bonheur à Rio malgré la dictature puis le malheur qui s’abat. Comment les enfants (ils sont 5 dont 2 grandes adolescentes) vont épauler leur mère. Une femme dont la vie était assez délicieusement orientée sur l’éducation des enfants, l’amour de son mari et les sorties tellement carioca et qui, à la suite de cette arrestation (elle-même est détenue pendant 12 jours) reprendra ses études et deviendra une avocate reconnue, spécialisée dans le droit des minorités. C’est un vrai reportage qui nous plonge dans un univers insouciant puis dans l’horreur de l’arbitraire.
Film qui porte sur une période noire du Brésil avec la dictature et le recours aux basses méthodes de la torture et de la terreur. La première partie est très bonne avec du rythme, de la musique, de belles images du Brésil. La partie relatant la mise sous surveillance de cette famille parfaite est bien mais on commence à s'interroger sur la motivation du film. La dernière partie est longue, pesante, redondante et s'oriente vers le combat de cette famille privilégiée, bourgeoise, admirable dans l'adversité mais sans doute trop parfaite, ce qui efface alors toute la dimension de l'oppression d'un peuple tout entier pour ne se focaliser que sur le combat de cette femme pour son mari. C'est dommage.