Je suis toujours là
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selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mars 2025
Le régime autoritaire on est dans un pays relativement "libre" comparé à des voisins plus meurtriers comme le Chili et l'Argentine. spoiler: Ainsi, les premières minutes nous montre un pays où semble respirer le bonheur, une immersion idyllique dans l'année 70 sous le soleil de Rio de Janeiro au sein d'une famille bourgeoise très privilégiée. On devine alors que la violence qui va frapper la famille va être autant une surprise qu'un état de choc auquel seul le père ex-député comprend. Le visage de l'épouse/Fernanda Torres quand elle regarde partir son mari sans savoir que c'est la dernière fois est déchirant. Magnifique reconstitution d'époque, décors et costumes on s'y croit sans soucis avec une belle utilisation des images d'archives mais aussi de la caméra familiale qui accentue l'immersion. La tension, la peur, l'angoisse envahit la famille avec cette mère courage qui tente de faire bonne figue avec entre autre cette séance photo des journalistes. Puis arrive cette césure dans le récit, l'ellipse qu'on regrette a posteriori.
Le film aurait eu 16 voir 17/20 sans cette prolongation superflue et maladroite... SPOILERS cliquez pour en savoir plus !...
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2025
Rubens Paiva, sa femme et ses cinq enfants coulent des jours heureux à Rio de Janeiro. Mais le Brésil est gouverné depuis 1964 par une dictature militaire et l’ancien député, revenu à la vie civile, est étroitement surveillé par la police, qui le suspecte de soutenir l’opposition en exil. Un matin, des hommes l’interpellent à son domicile. Commence pour son épouse, qui passe elle aussi douze jours dans les geôles de la police militaire, une longue attente traumatisante.

Voici un film remarquable sur une famille brisée par la dictature militaire au Brésil (1964-1985). Les faits sont anciens ; mais la mémoire en reste vive. Le succès de ce film au Brésil où il a fait trois millions d’entrées, en témoigne. C’est qu’à la différence de l’Argentine et du Chili, les crimes commis par la dictature ont été amnistiés au Brésil et toutes les tentatives pour mettre en place une Commission Vérité par les gouvernements de gauche de Lula et de Dilma Rousseff ont échoué.

Né en 1956, Walter Salles est sans doute l’un des plus grands réalisateurs brésiliens contemporains. Il doit sa célébrité à "Central do Brasil", lauréat de l’Ours d’or 1998 et du Golden Globe du meilleur film en langue étrangère. Fernanda Montenegro y tenait le rôle principal. L’actrice aujourd’hui nonagénaire fait une courte apparition dans l’épilogue de "Je suis toujours là". Et c’est sa fille Fernanda Torres qui y joue le rôle de l’épouse de Rubens Paiva.

L’interprétation de Fernanda Torres vient de lui valoir le Golden Globe de la meilleure actrice. Elle décrochera peut-être le 2 mars – si cette date est maintenue – l’Oscar. Elle le mériterait amplement. Elle est en effet magistrale dans un rôle tout en nuances. Elle joue à la perfection ce rôle à fleur de peau : celui d’une épouse, rongée d’inquiétude après la disparation de son mari et celui d’une mère désormais seule responsable de l’éducation de ses cinq jeunes enfants et soucieuse avant tout de prendre sur elle un traumatisme dont elle ne veut pas les charger.

On ne peut que follement s’attacher à cette nombreuse fratrie, même s’il faut au spectateur un moment pour s’y reconnaître : l’aînée Vera, la frondeuse Eliana, la charmante Nalu, la timide Beatriz et Marcelo le seul garçon de ce bruyant gynécée. Le bonheur sans nuage de cette famille nombreuse, qui vit au bord de l’une des plus belles plages du monde, à une époque où l’avenue Atlantica se traversait nu-pieds et où on pouvait quitter sa maison sans un tour de clé, se heurte brutalement à la réalité violente de la dictature, aux arrestations arbitraires, aux disparitions inexpliquées.

On ne peut qu’être ému par ce film, par son rythme ample (il dure plus de deux heures), par la grandeur d’âme des personnages qu’il décrit. Tout nous y élève ; rien de mesquin ou de petit ne nous y rabaisse. Seul défaut peut-être : une fin à tiroirs avec deux postfaces en 1996 et en 2014 dont Walter Salles aurait pu faire l’économie.
Isabelle K.
Isabelle K.

4 abonnés 91 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 janvier 2025
C’est la dictature au Brésil. Années 70’. La maison de la famille de l’ex-député Rubens Paiva se situe en face de la plage. Les parents et leurs cinq enfants vivent des jours idylliques et insouciants, entre eux, entre amis. Dans cette famille unie, l’aînée part bientôt à Londres. Elle représente le premier arrachement. Les uns sans les autres. L’unique fils, entre quatre filles, s’éprend d’un chien abandonné dont on se doute dès le départ que l’animal va jouer un rôle initiatique et tragique. Mais même quand on sait, on ne sait rien. Le tragique n’est jamais là où l’on tourne le regard, bien pire que nos pires soupçons.


Pour ma part, si je savais qu’il s’agissait d’une histoire vraie, j’ignorais que le fils l’avait écrite et que Walter Salles s’était inspiré de son livre. Pourtant, ce fils est empli d’émotions et de sensibilité, il observe davantage que ses sœurs, moins frontalement, il sait les choses d’instinct, il se tait, toujours d’humeur égale, mais il emmagasine pour ne rien oublier.


Un soir, au creux de ce bonheur familial à l’accent chantant, le député Rubens est convoqué pour une déposition à la caserne militaire. Le lendemain, sa femme et leur plus grande fille (depuis que l’aînée vit à Londres) sont menottées et encagoulées pour interrogatoire musclé. L’heure est à l’arbitraire politique, à l’emprisonnement, au mensonge, à la torture et au silence. La mère et la fille réapparaissent dans leur maison mais quid du père. Des rumeurs circulent : sévices, mort.


L’épouse et ses cinq enfants vont devoir reconsidérer leur existence à Rio où, en l’absence du père, la vie n’est plus tenable financièrement et trop exposée aux surveillances, aux trahisons. La mère rapatrie sa fille de Londres, vend tout ce qu’elle peut, choisit de déménager à Sao Paulo et de s’inscrire en fac de droit. Elle n’en oublie jamais d’être mère, et aussi père. Sa quête : obtenir le certificat de décès de son époux. Elle devient une avocate humaniste, au service des autochtones.


Fernanda Torres porte le film avec sobriété et détermination. De joyeuse, virevoltante et amoureuse, elle devient rude, austère, elle n’est plus jamais complaisante, mais toujours digne et équitable. Après les avoir élevés, c'est au tour de ses enfants de la porter. C’est à ce genre de films que l’on comprend la valeur d’une famille : la solidarité, l’élan, quand l'un défaille, l'autre prend le relais.


« Je suis toujours là » est un film dans le film, par le prisme de l’aînée, inséparable de sa caméra super 8. C’est aussi un patchwork de photographies des jours heureux, pattes d'eph' et maillots de bains.


Lorsqu’on est d’origine étrangère, on n'ignore rien de l’exil, de la souffrance morale et physique, des injustices et de la résilience mais on n’imagine jamais vraiment ce qu’ont subit (ou subissent) d’autres, que notre peuple ancestral, sous d’autres despotismes. Ce film nous permet de s’y confronter et on ne peut que compatir avec émotion. Le film est déchirant mais au bout du compte, Eunice Paiva obtient justice et reconnaissance. Ne jamais abdiquer pour faire éclater la vérité, tel est le combat le plus nécessaire d'une vie sous emprise dictatoriale, pour soi et les siens, et pour les autres, les générations suivantes, pour ne jamais oublier.
PL06
PL06

15 abonnés 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2025
Inspiré de la biographie d’Eunice Paiva, écrite par son fils Marcello, qui a lui-même participé au scénario. Le film a de ce fait une odeur de vécu, ce qui en fait sa force.

C’est un film dépaysant qui nous emmène au Brésil il y a un demi-siècle, dans une famille de la bourgeoisie brésilienne engagée politiquement et socialement. La pellicule 35 mm nous transporte instantanément 50 ans en arrière, avec son grain et style de lumières particuliers. Des insertions en super 8, remuantes et souvent floutées, racontent également à leur manière le passé heureux de cette famille brésilienne.

Dictature oubliée (1964-1985), le régime militaire brésilien provoqua la mort ou la disparition de 434 personnes au moins, et l’exil de plus de 10 000 personnes. Un régime de terreur révélé ici de façon intéressante, dans un scénario au long cours où la caméra adopte le point de vue d’Eunice – dont le jeu est époustouflant - pour dresser un portrait de famille séduisant et chaleureux. Un regard idéalisé sûrement, qui ce faisant contrebalance une narration qui tourne au thriller dans ses deux premiers tiers : ambiance paranoïaque dans laquelle elle et sa famille ont été plongés soudainement. Où l’on apprend par exemple que des corps étaient largués en mer et enterrés dans des fosses communes… Où l’on voit comment une solidarité discrète se mettait en place.

Où l’on voit surtout comment la destinée d’Eunice a été bousculée et grandie de fait. Son mari était engagé politiquement, devenu résistant discret par obligation, elle aura hérité en quelque sorte de sa vocation de combattant pour la justice. Devenue avocate et défenseure des droits des indigènes, « elle est toujours là » des années plus tard et obtiendra l’acte de décès de son mari au bout de 25 ans. Des crimes qui n’ont jamais été jugés du fait d’une loi d’amnistie. Un film utile dans le contexte géopolitique actuel.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2025
Comme toujours avec ce genre de thriller politique, il faut dans un premier temps s'accrocher pour bien en saisir les tenants et les aboutissants, pour comprendre qui est qui, les fonctions de chacun, leurs intentions, leur passé...

Mais l'on comprend rapidement que la focale du film se situera principalement ailleurs : sur la personnalité de cette mère de famille dont le mari est enlevé et sur sa façon de gérer sa vie et celles de ses enfants, après sa disparition, tout en se battant pour faire éclater la vérité.

Le récit collectif et politique reste toutefois toujours présent en arrière-plan, et témoigne de manière glaçante de cette page noire de l'histoire brésilienne et des dérives du régime dictatorial en place à l'époque.

Lauréate surprise du Golden Globe de la Meilleure Actrice dans un Drame il y a deux semaines, Fernanda Torres n'a pas volé son prix. De tous les plans, elle habite et transcende ce personnage de femme et mère courage qui garde la tête haute avec beaucoup de dignité.

À l'image de son héroïne, solide en toutes circonstances, la force du film est de ne pas trop en faire et, même si le propos est dur, de ne jamais tomber dans le pathos...

... Jusqu'à une dernière partie qui se déroule en 2014 et qui était vraiment dispensable. Elle vient faire tomber le film dans les codes classiques et redondants du biopic et n'apporte pas grand chose au récit, en faisant même perdre de la force à l'ensemble. Elle permet toutefois de mettre en scène la maman de l'actrice principale, Fernanda Montenegro, star du cinéma brésilien déjà nommée aux Oscars, qui vient ici incarner le personnage joué par sa fille à plus de 80 ans.

Enfin, même si le procédé a déjà maintes fois été utilisé à la fin des biopics (pas plus tard que dans le très raté Lee Miller), terminer le film par de vraies photos du député est ici assez vertigineux et bouleversant.

Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 janvier 2025
Un vrai film de cinoche sans cinéma, un tissage de tendresse et de tensions constantes qui nous tiennent 2h15 sans répit alors que pourtant on sait l’inéluctable annoncé d’emblée : Brésil 1970, Dictature militaire
Toute en retenue, Fernanda Torres y est formidable de charisme et d’élégance
bernardet
bernardet

7 abonnés 5 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 janvier 2025
La dictature et sa méthode, la disparition d’opposant.
« le jardin des Finzi-Contini » à Rio en 1971 en plus tangible tant la concordance avec notre temps émeut aux larmes
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 227 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2025
Superbe portrait d'une femme confrontée à la dictature de son pays. Walter Salles en revenant en Amérique du Sud retrouve son allant d'antan. Le scénario, basé sur une histoire vraie, et fort et prenant. Les acteurs sont tous impeccables, notamment l'actrice principale qui donne à son personnage vie avec force, sobriété et dignité.
lacroix p
lacroix p

33 abonnés 189 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 janvier 2025
Thriller…film politique…ah bon ? À part les 30 minutes de garde à vue qui activent la tension absente depuis le début du film, la suite retombe autour du huis clos familial. Rien sur le contexte politique qui reste inconnu du spectateur français Lambda. Et c’est comme cela jusque la fin. On reste sur sa faim
Anne Laure Bonnet
Anne Laure Bonnet

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 janvier 2025
Film très abouti. Esthétique sublime. Difficile de retenir ses larmes face à ce drame de l’histoire brésilienne
Boulanger_bernard
Boulanger_bernard

21 abonnés 91 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2025
Vraiment un très bon film,les images de bonheur sont petits à petits sous tensions,on devine qu'un malheur va se produire mais quand?
Un très bon moment de cinéma avc des acteurs et actrices jeunes et plus vieux de grand talent.
Très belle découverte de cette histoire inspirée de faits réels.
Christine
Christine

11 abonnés 17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 janvier 2025
Années 70 au Brésil sous la dictature militaire , une famille de 5 enfants vivant à Rio au bord de la mer. Famille chic, progressiste , parents intelligents , bienveillants .. dans cette maison on reçoit des amis, on joue avec les voisins , on rit , tout y est : l’amour , la joie , la musique , la culture , on en envie d’y être .. d’être avec eux .. on ressent physiquement ce bonheur si bien incarné par des acteurs touchants et attachants ..
Mais dans ce bonheur si puissant, on sent également que cela ne peut pas durer , qu’il va se passer quelque chose , on a peur .. le réalisateur nous tient en haleine il fait durer ce bonheur le plus longtemps possible .. jusqu’au moment où tout bascule .. et je ne dirai presque plus rien pour laisser un peu de suspense même si l’histoire est une histoire vraie . Walter Salles nous raconte l’histoire d’une famille tributaire de la brutalité aléatoire de la dictature militaire dans les années 70 au Brésil , de la disparition du jour au lendemain d’un membre de la famille aux tortures les Plus abominables ..
C’est ici un tres beau portrait d’une femme courage, qui fait preuve de résilience pour affronter l’épreuve … qui se bat pour ne pas oublier
Beau , passionnant.
On en sort différent
À voir …
Jeanlucchichery
Jeanlucchichery

30 abonnés 119 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 janvier 2025
Ce film retrace la vie au temps de la dictature au Brésil.
Un député est enlevé et sa famille reste très longtemps sans nouvelles.
S femme loin de baisser les bras en fera le combat de sa vie et n'aura cesse que l' EtatBbrésilien reconnaisse son enlèvement et sa torture.
Bien réalisé et très bien joué.
Un film poignant qui mérite d'être vu.++++++
Renato Albuquerque Mello
Renato Albuquerque Mello

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2025
Avec beaucoup de subtilité, Walter Salles révèle un événement important de la Dictature militaire, l'arrestation et la disparition de l'ancien député Rubens Paiva et comment sa femme, Eunice Paiva, a dû se réinventer pour élever ses 5 enfants, en utilisant son sourire et sa délicatesse comme arme de résistance. Excellente interprétation de Fernanda Torres, qui avec des gestes retenus parvient à transmettre toute la douleur intérieure de son personnage.
Thierry de Clermont-Tonnerre
Thierry de Clermont-Tonnerre

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2025
Certainement le plus grand film de Walter Salles, son plus personnel également.
Un film important et bouleversant qui touche en plein coeur
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