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3,5
Publiée le 12 mars 2025
« On condamne les autres à une torture mentale éternelle. » Rio de Janeiro, 1971, la situation politique est très tendue, mais Rubens Paiva et sa femme Eunice tentent de mener une vie de famille aussi paisible que possible avec leurs enfants. Il fait beau, ils habitent à côté de la plage et reçoivent souvent des amis, mais cette petite chronique d'une famille brésilienne aisée tourne vite au cauchemar lorsque Rubens est enlevé pour répondre à des questions. Les questions, c'est Eunice qui va les poser pour découvrir ce qui est arrivé à son mari. Le début d'un très long combat pour la vérité. Inspiré de la véritable histoire des Paiva, "Ainda Estou Aqui" est à la fois un bel hommage à cette femme résiliente et digne qui s'est battue pour la vérité et un devoir de mémoire envers toutes les victimes de la dictature militaire. À l'image d'Eunice, le film de Walter Salles est d'une grande dignité. C'est l'humanité qui triomphe sur la barbarie et cette sobriété rend l'histoire parfois très émouvante. Je dis parfois parce que le récit est décousu à certains moments, ce qui fait un peu retomber le soufflé pour citer ce plat que la famille semble apprécier. Même si la vérité arrive assez vite, les recherches ne sont pas vraiment poussées. Tout est vraiment axé sur Eunice et la famille, ce qui est bien, mais on a parfois envie d'en voir plus sur le reste. Bref, c'est tout de même un bon et un important film.
Frustrant. Le film a absolument tout pour être excellent mais il est beaucoup trop long. Certes, on peut faire un parallèle avec l’attente du personnage principal qui espère jusqu’à sa mort la justice mais franchement, c’est trop. C’est vraiment dommage : le casting est bon (il faut vraiment saluer la prestation de l’actrice principale qui est absolument excellente), le sujet est très intéressant, les plans sont bien mais tout est un peu gâché par plusieurs longueur… le rythme du film est trop irrégulier.
Comment ne pas être ulcéré face à l'horreur des vies broyées par la dictature. c'est un bon film, certes de facture assez classique mais l'actrice principale est époustouflante.
Je suis toujours là un film profondément touchant, où mémoire, identité et transmission familiale s’entrelacent. L’idée de la persistance de la mémoire au-delà de la mort, mais aussi ses failles, notamment avec la menace omniprésente de l’Alzheimer et du temps.
Le film s’ouvre sur une séquence d’eau qui marque immédiatement le ton : Eunice est immobile dans l’eau, personne ne la dérange, les enfants préférant rentrer déranger leur père, figure centrale et animé de la famille. Mais plus tard, c’est la mère qui devient une figure centrale et nage désormais dans cette même eau où elle avait pour habitude de ne pas bouger et de ne pas être dérangé et pourtant sa fille l’appelle, le père n’étant plus là, c’est à elle de porter les responsabilités de la famille et de répondre à leurs demandes. À la toute fin du film, en 1994, cette fois ci c’est la plus jeune des filles qui nage symbole d’une transmission mémorielle et d’un oubli qui n’aura pas lieu malgré le début de maladie d’Eunice.
L’une des histoires les plus marquantes est celle de Marcelo, filmé de manière inhabituelle, notamment à travers ses pieds et son amour pour le foot, enfant agité, sa mère le prévient dès la première scène de faire attention en traversant mais c’est sans doute par sa négligence à traverser une route, qu’il devenu handicapé, un événement qui change à jamais sa relation à la mémoire, puisqu’il se lance dans l’écriture de livre notamment pour raconter l’histoire de son père.
Le petit-fils d’Eunice joue un rôle symbolique bien que moindre : il ressemble étonnamment à Rubens, son grand père, comme une réincarnation physique et spirituelle. Cet écho visuel devient une façon subtile pour le film de rappeler que, même face à l’érosion des souvenirs, la mémoire trouve des moyens de se perpétuer à travers les générations, Eunice ne pouvant s’arrêter de fixer son petit fils comme si malgré la maladie il lui rappelait quelque chose, quelqu’un…
L’utilisation du Super 8 et des photos de famille ajoute une touche nostalgique, presque tactile, au film. Ces fragments visuels capturent des moments éphémères et réactivent des souvenirs, à la fois pour les personnages et pour les spectateurs qui en fin de récit, ne peut que se rappeler de la belle vie qu’on lui a montré au début du film sans une certaine nostalgie pour ce qui ne reviendra pas, ce qui ne reviendront pas.
Enfin, la menace de l’Alzheimer, donne un poids émotionnel au film. La maladie agit comme un contrepoint cruel à cette quête de mémoire perpétuée. Elle rappelle que, malgré tous nos efforts, certaines choses s’effacent inévitablement. Les enfants ne rappelant plus quand tel ou tel photo a été prise et cela même sans maladie, le temps simplement entraîne l’oubli.
En conclusion, Rubens est toujours là, dans les souvenirs de sa famille, dans les vidéos et photo de sa fille, dans les reportages qui retracent la dictature brésilienne. Eunice qui avait l’habitude de tout ranger, de tout trier, de tout dater et cela depuis le début du film avec son mari à parmi une continuité mémorielle qui même lorsque les vivants ne seront plus là, se perpétuera et sera « toujours là »
Rubens est toujours là, symbole d’un Brésil passé mais qu’il ne faut pour autant pas oublier, pour ne pas recommencer.
Un chef-d'œuvre avec une histoire captivante, réelle et bouleversante sur une période historique. Bonnes performances, notamment de la part de l'actrice primée Fernanda Torres. Cela vaut la peine d'être regardé.
Un sujet peu vu au cinéma en France sur l'époque de la dictature militaire au Brésil. Le film se concentre, et de belle manière, sur la façon dont une famille affronte l'arrestation et disparition d'un père, les menaces et combats auxquels ils font face. Avec beaucoup de subtilités. Un magnifique film.
Un incroyable portrait d’une femme et d’une famille face à la dictature. Toutes les images respirent la joie, l’amour et la beauté et viennent contraster avec l’horreur du propos. J’ai adoré.
Ce portrait de famille brisé séduit, par sa dimension de fresque et - surtout - par le jeu tout en underplaying de Fernanda Torres. Du reste, je n'ai pas été ému à la hauteur du bouche-à-oreille, faute d'une musique trop présente.
Excellent film, probablement l'un des meilleurs de l'automne, pour ne pas dire de l'année. L'histoire vraie d'une femme issue d'un milieu très privilégié, qui va devoir prendre sa vie en main afin d'assurer seule l'avenir de sa famille. Une histoire de résilience et de dignité qui donne beaucoup de force et de courage.
C'est un film qui retrace l'histoire de Ruben Paiva, ex-député de gauche enlevé par la dictature militaire en 1971.
Le film se place du côté de cette famille brésilienne meurtrie par la disparition du père et, plus particulièrement, du point de vue d'Eunice, la mère.
On suit cette famille soudée, le couple marié depuis 18 ans et toujours aussi amoureux avec leurs 5 enfants. C'est une famille aisée qui aime partager des moments conviviaux ensemble en riant et étant complices. Mais ils sont vite rattrapés par les évènements politiques et historiques qui vont les faire basculer dans l'horreur de la dictature.
J'ai été embarquée par cette histoire et le récit m'a beaucoup émue. Le fait que ce soit une histoire vraie y a beaucoup contribué, surtout qu'à la fin on peut voir les photos réelles de cette période.
C'est là qu'on se rend compte que la reconstitution de cette époque est remarquable !!
Cette mère courage est incroyable et je comprends pourquoi Fernanda Torres a reçu le Golden Globes de la meilleure actrice pour ce rôle !! Elle incarne avec force et authenticité cette femme et porte le film à bout de bras. On suit l'évolution de ce personnage qui s'endurcit au fil du récit mais qui n'arrêtera jamais de protéger ses enfants et de chercher son mari.
En revanche, j'ai trouvé le film un peu trop long... J'avoue que j'ai décroché sur la fin quand il y a des bonds dans le temps. Le final est nécessaire pour boucler la boucle mais je ne sais pas si c'était pertinent de passer autant de temps sur leur vie d'après. Surtout que ça n'apporte rien à l'histoire et on n'en sait pas davantage sur l'évolution des personnages....
Malgré ce petit bémol, c'est un film coup de poing et nécessaire qu'il ne faut surtout pas louper !!