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Alexineptgn
14 critiques
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4,0
Publiée le 11 juillet 2025
Beau film historique inspiré d’une histoire vraie où l’on observe les conséquences terribles de la dictature brésilienne sur la famille de Rubens et Eunice Paiva. Récit politique bien monté qui plonge le spectateur (particulièrement pendant 30mn à la caserne) dans une violence oppressante. Fernanda Torres est juste, mesurée. En revanche, la fin traîne en longueur inutilement.
Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes : Pour découvrir ma critique vidéo complète, copier/coller "cinéma sans fard + je suis toujours là" sur YouTube ! Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun !
Dans le tumulte des années 1970, où le soleil de Rio de Janeiro semblait briller d'une intensité trompeuse, Walter Salles nous convit à une danse mélancolique avec "Je suis toujours là". Ce film, tel un poème visuel, dépeint la saga des Paiva, une famille dont le quotidien est bouleversé par les ombres oppresantes de la dictature militaire brésilienne. La demeure des Paiva, baignée par les embrun de l'Atlantique, résonne des rires et des confidences jusqu'à ce que le patriarche, Rubens (incarné par Selton Mello), soit arraché aux siens par les sbires du régime. Cette disparition soudaine laisse un vide abyssal, que sa femme Eunice, interprétée avec une grâce poignante par Fernanda Torres, tente de combler en se lançant dans une quête désespérée de vérité. Fernanda Torres, telle une prêtresse moderne, insuffle à Eunice une force tranquille, mêlant vulnérabilité et détermination. Son regard, miroir d'une âme tourmentée, capte l'essence même de la résilience face à l'injustice. À ses côtés, Fernanda Montenegro, légende vivante du cinéma brésilien, incarne une Eunice âgée, portant le poids des années et des souvenirs avec une dignité inébranlable. Le duo Torres-Montenegro offre une symphonie d'émotions, où chaque note raconte une histoire de douleur, d'espoir et de courage. La mise en scène de Salles, telle une toile impressioniste, juxtapose les couleurs vives de la vie familiale aux teintes sombres de la répression politique. Les scènes de bonheur domestique, filmées avec une chaleur enveloppante, contrastent brutalement avec les moments d'angoisse et de désespoir, créant une tension palpable qui hante le spectateur bien après le générique de fin. La musique, véritable protagoniste silencieux, accompagne cette odyssée émotionnelle avec une délicatesse envoûtante. Les mélodies, tantôt douces, tantôt déchirantes, servent de fil conducteur, reliant les fragments d'un histoire fragmentée par la douleur. "Je suis toujours là" n'est pas seulement une chronique historique ; c'est une méditation sur la mémoire, la perte et la persévérance. Salles, en maître conteur, nous rappelle avec une pointe d'ironi que, même dans les moments les plus sombres, l'esprit humain possède une lumière intérieure indomptable. Et tandis que les vagues continuent de caresser les rivages de Rio, l'écho des Paiva résonne, nous murmurant que, malgré tout, ils sont toujours là. Bravo !!
Je suis toujours la, «nous sommes tous en danger, Eunice! »
Par Michele Cristina Fogaça, étudiante en Lettres Française, L’Université l’état à Londrina, au Brésil.
« Je suis toujours là » est considéré par la critique internationale comme un film passionnant, minutieux, bien écrit, bien réalisé. Ce film du réalisateur brésilien Walter Salles a été présenté dans les cinémas au Brésil en 2024, réunissant trois millions d’entrées. Le film raconte l’histoire d’Eunice Paiva et son mari Rubens Paiva en pleine dictature militaire. Ce drame biographique, très bien écrit, s’inspire du livre “Ainda estou aqui� écrit par Marcelo Rubens Paiva, le fils de Rubens Paiva. Mais dans le passage de l'œuvre écrite à l'audiovisuel, certaines informations ont été modifiées, ce qui change la manière de montrer cette histoire. Même si vous regardez le film, peut-être, vous vous intéressez à l'œuvre écrite. Tous les deux racontent brillamment, de manière touchante la vie d’une femme burgeoise qui a perdu son mari à cause d’un régime opposé à la démocratie. La bande-annonce plonge le spectateur dans un Rio de Janeiro des années 1970, où l’on découvre une famille complète et heureuse, confiante et souriante, un père aimable enversses enfants et sa femme, sans aucun problème apparent. Un jour, la police interpelle un groupe de jeunes et tout le scénario précédent disparaît. Au compte-goutte, les dialogues des protagonistes traduisent la peur suscitée par les crimes commis par l’État brésilien sous le régime militaire: « ça va passer»; «c’est devenu trop dangereux ici »; « je reviens bientôt »; «mon mari est en danger »; «NOUS SOMMES TOUS EN DANGER, Eunice» Nous sommes Brésiliens, enfants et petits-enfants de ceux qui ont vécu ces événements. Même si nous n’avons pas connu la dictature, nous en sommes conscientes, c’est pour cela que « Je suis toujours là » est un film sur la résistance d’un peuple dont certains mebres sont morts pour sauver la démocratie. Walter Salles et toute son équipe de travail ont réalisé un film extraordinaire, émouvant, touchant, bouleversant, grâce à la magnifique performance de Fernanda Torres, prix Globe d’or et espérons que nous serons également récompensé au Oscar! C’est une grande réalisation cinématographique montrant au monde qui est Eunice, Dilma et tant d’autres familles marquées par la torture et par le silence de cette époque-là.
Parler d’une époque est toujours plus poignant par le prisme de l'intime. Le cœur de cette famille, c’est Eunice, incarnée par l’excellente Fernanda Torres (Golden Globe de la Meilleure actrice pour ce rôle), se battant sans relâche pour la vérité.
Comment survivre dans l'ignorance ? Réconforter ses proches, quand on ne sait pas soi-même ce qui arrive ? Cultiver ce petit brin d’espoir, qui nous attache à la fois à la vie mais au plus grand des malheurs quand le silence est notre unique réponse ?
Essentiel, captivant, poignant, ce thriller sociétal est un reflet du Brésil plongé autrefois dans l’ombre du savoir. Des années plus tard, les médias s’empareront de tous les crimes de l’armée.
Film testamentaire : lorsque la dictature s'installe, tout devient possible, on passe du statut de quidam à celui d'accusé et la vie peut basculer sous le fait de discrimination incontrôlés. Processus identique partout où elle s'installe par la force des armes. Très belle description.
1971 au Brésil, c’est la dictature militaire, les opposants réels ou supposés sont arrêtés ; certains disparaitront sans certificat de décès. C’est dans ce climat que Walter Salles, avec un roman adapté comme source d’inspiration, plante le décor d’un film bien personnel sur une période sombre de son pays. Une famille très aisée vit à Rio dans une belle et grande maison en bord de plage ; lui est ancien député, chef d’entreprise, et ne donne jamais l’impression de pouvoir être inquiété. La première partie du film est magique ; Salles filme superbement cette famille heureuse, entre fête, vie amicale et familiale ; on aimerait tellement vivre au cœur de tout ce bonheur insouciant alors que le tonnerre gronde autour d’eux. En effet, d’un récit léger dans son entame, Salles convoque petit à petit à l’écran : des militaires, des chars, des hélicoptères,… On sent bien que la pression autoritaire monte et que des événements gravent se préparent. Dans sa seconde partie, beaucoup plus sombre mais surtout très classique, on va essayer de comprendre avec cette famille ce qui s’est passé pour ce père disparu et assister à leur reconstruction sur des décennies. C’est donc un film politique condamnant le régime criminel mais c’est aussi un film tellement humain. Concentré sur le personnage de mère courage interprété par une formidable Fernanda Torres, droite et combative, le film ne se veut jamais larmoyant, comme son héroïne ; elle fait preuve de beaucoup de dignité pour faire face. Elle est la mémoire d’une famille brisée. Comme bien d’autres films du genre, rien de neuf, les mécanismes de la terreur politique sont disséqués ; Costa Gavras l’avait très bien fait des décennies auparavant. De fait, cette seconde partie revêt un intérêt plus limité, scénaristiquement et cinématiquement. Aurélien Cabrol : « Pour décrire cette page noire de l'histoire du Brésil, Walter Salles choisit de mêler chronique intime et récit collectif, destins individuels et aspects politiques. Le tout avec une redoutable efficacité narrative, sans que jamais l'émotion trop facile ne prenne le pas sur la description glaçante d'un pays sous dictature. » Ce film est donc destiné à devenir un classique au Brésil; une catharsis de son histoire; pour nous, la distance est malgré tout présente. PS : dans la dernière ligne droite du film ; j’ai trouvé si juste de faire jouer la même comédienne pour incarner le personnage principal au crépuscule de sa vie ; le maquillage tellement juste et réussi. En rentrant, j’ai constaté que c’est la maman de Fernanda Torres, elle-même comédienne, qui jouait le rôle de la nonagénaire. Troublant. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Histoire poignante. Une éloge du bonheur familial, une dénonciation des violences de la dictature. Très belle photo. Mais qu'est ce que c'est long ! On aurait pu au moins économiser 20 minutes.
Un beau film expliquant, et racontant la famille, vivant dans la dictature des années 1970.. Sous tension et intéressant on passe un vrai bon moment ! Fernanda Torres est juste géniale, glamour et incarne son rôle parfaitement, un grand beau film, qui est quelques fois long quand même..
Ce film est une pépite. Il nous plonge dans un Brésil méconnu, celui des années 70 ans sous la dictature. On y découvre une famille joyeuse et aimante qui va être marquée à tout jamais par un drame. Les acteurs, les décors et les musiques nous transportent dans cette magnifique histoire pleine de délicatesse et de retenue.
Je me suis barbée dès le début et j'ai vraiment lutté pour rester jusqu'à la fin. Beaucoup trop lent, sans surprise, se délectant de torturer les spectateurs....bref, pour ma part je ne recommande pas et ne comprends pas cette pluie d'éloge...certes c'est bien fait et informatif sur les réalités de cette période mais franchement à la fin, toute cette longue histoire qui aurait dû être émouvante et révoltante, ce combat pour la vérité m'ont laissée complètement de glace...Je suis passée totalement à côté.
Et bien, on resort bouleversé de cette projection qui nous raconte l’historie vraie dune famille brésilienne qui s’étale sur 40 ans et démarre pendant la dictature militaire des années 70, une famille tellement attachante qu’on ne veut pas quitter, j’ai eu du mal à sortir de la salle d’autant que des photos de la famille réelle sont intégrées au générique de fin, un film inoubliable
Un beau film bien interprété avec des acteurs de choix. Surtout un film historique durant la dictature trop méconnue du Brésil achevée en 1985 seulement. Et M. Bolsonaro (grand admirateur de cette période) qui menace toujours de revenir au pouvoir. Un film à voir absolument. Sans mélo. La réalité crûe.
Un film à voir absolument. La réalisation est très réussie, le jeu des acteurs excellent. Tout cela donne un relief magnifique à une histoire tragique qui nous rappelle la barbarie des régimes autoritaires en Amérique Latine.
Vu le 14/2/2025 en VOSTFR Si tu n’aimes pas le pointillisme, ne regarde pas Je suis toujours là car Walter Salles décrit en image, par petite touches, des émotions et des ambiances.
Il nous peint un famille aisée des années 70 à Rio de Janeiro. Il y a les couleurs ensoleillées de Copacabana, les couleurs musicales du Brésil et d’ailleurs, les tâches obscures des véhicules militaires puisque nous sommes à la période de la prise de pouvoir par les militaires. On revient vite à cette famille avec ses enfants insouciants mais avec une ombre qui traîne toujours. Le basculement s’opère, beaucoup d’éléments sont suggérés notamment en plaçant le spectateur dans la tête de la mère. Le cinéma que propose Walter Salles passe par le langage de l’image et le langage du corps des acteurs. Ce n’est qu’après cette peinture que le spectateur va comprendre par les dialogues certaines subtilités, certains non-dits.
Si certains reprochent la fin du film, il faut bien comprendre que le fil rouge, je me répète, c’est la mère, c’est elle qu’on suit. Walter Salles va au bout de son idée et prend le risque de perdre certains spectateurs. Il ne veut pas faire du Costa-Gravas, car il est un cinéaste qui tente de faire une autre approche. C’est pour cette raison que Walter Salles n’est pas bavard en parole, c’est un cinéaste de l’image : la première scène est une évidence : un corps nage dans l’eau et un hélicoptère passe, le tout le contexte est présenté sans une seule parole. Même les scènes d’intérieur parlent plus que les dialogues. Il pousse le bouchon encore plus avec toutes les chansons qu’il insère dans ce film.
Je ne suis pas étonné que ce film soit nommé dans plusieurs cérémonies, notamment pour son actrice principale Fernanda Torres qui joue le même personnage que sa propre mère. J’espère qu’il sera nommé aussi pour sa photographie.
Mes deux scènes préférées : la scène de la photo prise avec le reflex bi-objectif ; la plus belle scène pouvant interroger le spectateur : « tu l’as su à quel moment ? ». Ce film est une peinture.
Le film nous montre un saisissant tableau de l'effroyable machine répressive de la dictature brésilienne bruyante une famille heureuse et prospère au début des années 70. Salutaire et indispensable à l'heure où Bolsonaro et consorts réhabilitent les tortionnaires.