Je suis toujours là
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Je suis toujours là" et de son tournage !

Une histoire vraie

Dans Je suis toujours là, Walter Salles met en scène l’histoire d'Eunice Paiva et de sa famille. Après l'enlèvement de son mari, Paiva est devenue avocate et militante du mouvement anti-dictature militaire au Brésil. Interprétée dans le film par l'actrice Fernanda Torres, Eunica Paiva est décédée le 13 décembre 2018.

Proximité

Walter Salles a connu la famille Paiva, Rubens, Eunice et leurs cinq enfants Veroca, Eliana, Nalu, Marcelo et Babiu, à la fin des années 60, alors qu'ils étaient venus vivre à Rio. Il fréquentait même régulièrement la maison des Paiva à l'adolescence, et était particulièrement proche de Nalu, qui avait le même âge que lui. Il y a découvert des courants musicaux et assisté à des débats passionnés sur la situation politique du Brésil. Il se souvient : "La maison des Paiva, comme aussi, différemment, le cinéma, m’a permis de comprendre que le monde était bien plus vaste que je ne pouvais l’imaginer à partir de la réalité de ma propre famille."

Reconstituer la maison des Paiva

L'équipe n'a pas pu tourner dans la vraie maison des Paiva car elle n'existe plus. La maison choisie avait une architecture des années 40 proche de celle que la famille Paiva louait à Rio, dans le quartier de Leblon. L'une des filles Paiva, Nalu, a envoyé à la production des photos et des informations précises sur la disposition des chambres, l’emplacement et la couleur des meubles issus du modernisme brésilien.

Ainda estou aqui

Le titre original de Je suis toujours là est Ainda estou aqui. Il s'agit aussi du titre de la biographie d'Eunice Paiva, écrite par son fils Marcelo. Cependant, ce n'est pas la publication seule de ce livre qui a poussé Walter Salles à mettre en scène cette histoire : "Le film est d’abord issu de mon rapport personnel à cette histoire: la disparition de Rubens a été un choc, le premier père d’amis porté disparu. Je ne l’ai jamais oublié." S'il a été très touché par le livre, il lui a fallu sept ans pour se décider à sauter le pas : "La proximité avec la famille, la perception que la reconstruction du passé dépend des fragments de mémoire si différents pour celles et ceux qui ont vécu ces faits, ces éléments dans leur diversité m’ont fait réfléchir longtemps avant de commencer cette aventure."

C'est finalement la participation de Marcelo au scénario de Murilo Hauser et Heitor Lorega qui a achevé de convaincre le cinéaste : "Cette collaboration a été marquée par son regard exigeant mais aussi par sa capacité à prendre une certaine distance, parce qu’il est lui-même écrivain et scénariste."

Un projet qui s'est fait attendre

Walter Salles a entrepris Je suis toujours là en 2017 mais la production cinématographie brésilienne a été paralysée par le gouvernement Bolsonaro de 2019 à 2023. Une attente de quatre ans qui a permis au réalisateur de pleinement réfléchir au film : "c’est peut-être providentiel dans le sens où ce film demande une maturité que je n’avais sans doute pas. Le temps, l’attente, la lente reconstruction des vies de cette famille, tout cela demandait du recul pour mieux comprendre."

Fernanda Torres

Walter Salles considère Fernanda Torres comme l'"une des grandes actrices de sa génération". Il l'a connaît depuis Terre Lointaine, que lui et Daniela Thomas ont écrit et réalisé en 1995. Il dit : "J’aime l’intelligence de son jeu, qui vient de la compréhension profonde que Fernanda a de ses personnages. Elle est également écrivaine et une voix importante des débats politiques et culturels au Brésil."

Récompense

Fernanda Torres a obtenu le Golden Globe de la meilleure actrice dans un drame pour sa performance dans Je suis toujours là.

Retrouvailles

Fernanda Torres a auparavant été dirigée par Walter Salles dans Terre Lointaine et Le Premier jour. De plus, dans Je suis toujours là, l'actrice et sa mère, Fernanda Montenegro, jouent le même personnage à deux âges différents. Mère et fille avaient déjà joué ensemble dans La Maison de sable et 4 jours en septembre. Et ce n'est pas tout puisque Fernanda Montenegro tenait le rôle principal de Central do Brasil de Walter Salles.

Point de vue

Walter Salles a choisi de raconter son histoire du point de vue d'Eunice Paiva, à l'instar du livre que lui a consacré son fils Marcelo. Le réalisateur explique : "Le livre et le film peuvent être vus comme un récit sur la reconstruction d’une mémoire individuelle mené par cette femme (la mémoire d’une famille brisée), qui se superpose à la quête de reconstruction de la mémoire d’un pays, le Brésil."

Formats

Le cinéaste revient sur son choix de tourner en 35mm et en Super 8 : "Le Super 8 amène la texture et les imperfections des films familiaux dont on se souvient immédiatement. Un support léger qui est donc mémoire, avant tout. Le 35 mm amène la matière et le grain qui nous projettent dans une époque, sans la facticité du grain artificiel inséré dans les images numériques."

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