Requiem for a Dream
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2 283 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 23 octobre 2025
Un moment de pure bonheur pour ce qui est une réalisation magistrale qui mériterais des palmes académiques pour la force du jeu d'acteur néanmoins il laissera froid les indécis.
Lenny
Lenny

1 abonné 18 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 octobre 2025
On est sur le genre de visionnage que l’on évite de se re infligé tout de suite.
Je suis obligé de parler du rythme en premier lieu. Ça m’a tout bonnement brassé, je ressort du film presque écœuré. La bande son, le montage, la mise en scène, tout est frénétiquement sale et gore. Les sujets traités y sont pour beaucoup évident même si le glissement de la maman ( Sara ) reste de loin le plus difficile à regarder. Ceci étant dit, j’avoue qu’on m’a toujours vendu Requiem For a dream comme un chef d’œuvre, je ne le pense malheureusement pas. Je trouve que l’empathie est absente du film. Je n’ai aucune attache envers ces personnages si ce n’est Marion envers qui j’éprouve de la pitié compte tenu du nombre d’atrocité qu’on lui fait vivre. Mais au final, le manque de back story ou de motivation ainsi que le traitement de la mise en scène clairement axé sur l’aspect sensoriel et parfois stylistique quitte à délaissé complètement la construction des personnages, et bien tout ça me laisse un peu de marbre quant au péripéties de nos héros. Je n’éprouve même pas de sentiments malsain de voyeurisme tant ce sentiment est assouvi très vite et que l’on continue d’abreuver « l’horrible » au point où on ne veux juste plus voir ça. Je suis finalement bien plus effrayé par ces gens qu’en empathie. Je trouve ça dommage car le fond est tristement emprunt de véracité. J’ai plus l’impression d’avoir eu affaire à un long cauchemard qu’à un film maîtrisé. J’avoue aussi que le rythme et le côté très 2000´s du montage et du cadre serré ainsi que le besoin à chaque séquence de faire un nouveau plan « bizarre » (POV, caméra au corps, top shot, glitch d’image, trou de serrure…) ça m’a plus fatigué qu’autre chose. En conclusion je retire beaucoup de chose positive et je suis certain d’apprécier d’autre film dans l’illustré filmographie de ce très cher Aronofski, mais, trop de choses m’ont déranger pour en faire un film que je recommanderai pour ce lancer dans son cinéma.
CloakBack
CloakBack

14 abonnés 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 octobre 2025
Sous le soleil blafard de Coney Island, quatre êtres poursuivent des rêves trop grands pour eux. Requiem for a Dream n’est pas un film sur la drogue, mais sur l’illusion, celle de croire qu’il existe une issue à la solitude, une porte de secours vers le bonheur. Darren Aronofsky signe une œuvre totale, brutale et hypnotique, où chaque image semble crier la détresse d’une génération perdue dans ses propres mirages.

Sorti en 2000, à l’aube d’un millénaire obsédé par la performance et l’image, le film capture l’esprit d’une époque qui fait des écrans ses nouveaux dieux. Aronofsky hérite du désenchantement des années 90 et le pousse jusqu’à la transe. Il fait exploser le cinéma psychologique pour le transformer en expérience sensorielle, à mi-chemin entre trip visuel et opéra du désespoir.

Dès les premières minutes, le film impose son tempo, haletant, viscéral, presque musical. Le montage, syncopé comme un battement de cœur, transforme la dépendance en chorégraphie. On ne regarde pas Requiem for a Dream, on le traverse. Chaque son, chaque clignement, chaque respiration traduit la mécanique du manque. L’effet est à la fois fascinant et terrifiant, car Aronofsky filme la destruction comme une symphonie.

Ce qui bouleverse ici, c’est la sincérité du désespoir. Le réalisateur ne cherche jamais le choc pour le choc, mais l’émotion pure. Il montre comment la quête du bonheur se dégrade en obsession, comment le besoin d’aimer et d’être aimé devient un poison aussi ravageur que la substance. Chaque personnage se forge une illusion pour échapper au vide, et c’est cette illusion même qui les dévore. Derrière la violence des images, il y a une infinie tendresse pour ceux qui chutent. Personne n’est jugé, chacun se perd en voulant simplement exister.

La mise en scène, d’une précision chirurgicale, magnifie le tragique sans l’enrober. La caméra épouse les corps comme pour sonder leurs âmes, tandis que la musique de Clint Mansell, lancinante et circulaire, enferme le spectateur dans une boucle d’angoisse et de fascination, comme une prière sans fin. Le thème Lux Aeterna est devenu l’un des motifs les plus reconnaissables du cinéma moderne, véritable hymne funèbre d’une génération tout entière.

Mais Requiem for a Dream dépasse la simple tragédie individuelle, il parle de nous. Il évoque la dépendance sous toutes ses formes, cette faim de reconnaissance, d’amour ou de pouvoir qui nous consume lentement. Il dépeint un monde où télévision, pilules, sucre ou réussite répondent à la même angoisse, celle de se sentir vivant, même artificiellement.

Rarement un film aura mêlé à ce point virtuosité formelle et désespoir humain. C’est une œuvre qui hante, qui brûle, qui dévore la mémoire. Un film qui, derrière son cauchemar visuel, cache un immense cri d’amour pour les êtres perdus. Requiem for a Dream n’est pas seulement une œuvre marquante, c’est une brûlure, un requiem au sens premier du terme, une prière pour les vivants qui ne savent plus comment vivre.

Un chef-d’œuvre absolu, dérangeant, inoubliable.
DAMSKNIGHT
DAMSKNIGHT

25 abonnés 454 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 septembre 2025
"Requiem For A Dream" est un film dramatique , qui nous met une claque visuelle en nous montrant les ravages de la drogue dure sur les personnes . Darren Aronofsky ( deuxième film après le très réussi "Pi" ) nous réalise un long métrage efficace et radical sur la dangerosité de la drogue . Ellen Burstyn nous présente une prestation incroyable et nous prouve encore une fois son talent d'actrice , Jared Leto , Jennifer Connelly et Marlon Wayans ( qui d'ailleurs m'a franchement surpris dans le bon sens dans un rôle comme celui-ci ) on prouvés en grande majorité par ce film leurs talents d'acteurs . La réalisation est excellente , les plans et la photographie sont très réussis et la musique est tellement bien réalisée qu'elle nous tient en haleine tout en nous mettant dans l'ambiance du début à la fin . "Requiem For A Dream" est un film que je conseille vivement avec grand plaisir sans problème pour voir du vrai cinéma . Bon film à vous , bonne soirée et profitez bien .
Jacknappier
Jacknappier

9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 septembre 2025
Requiem for a Dream » est moins un film qu’une immersion vertigineuse dans les abîmes du désir et de l’illusion. Aronofsky orchestre une symphonie visuelle et sonore où chaque plan, chaque battement de montage, résonne comme une pulsation de vie qui s’effrite. La caméra épouse l’euphorie, la chute, la douleur, créant une expérience sensorielle qui hypnotise autant qu’elle bouleverse. L’interprétation, intensément incarnée, donne chair et âme à ce voyage : Ellen Burstyn irradie une fragilité déchirante, tandis que ses partenaires livrent une vérité brute, presque viscérale. Porté par la musique obsédante de Clint Mansell, le film devient une élégie moderne sur la fragilité des rêves et la dévastation qu’ils laissent derrière eux. Plus qu’un drame, c’est une transe cinématographique qui marque le spectateur au fer rouge et le hante longtemps après.
Alex Allart
Alex Allart

7 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 août 2025
Ce film est un véritable supplice tellement il est un il n'y a pas d'histoire , rien sur les personnages, tout est sans intérêt , il ne se passe rien. Je lis des tas de commentaires:un film choc,un électrochoc etc...pour moi c'est du vide ,oui un électrochoc j'en aurais eu besoin pour rester éveillé.Mais quel ennui ...c'est filmé,on dirait un clip sauf qu'un clip çà dure quelques le pire film que j'ai ne sais même pas en parler tellement c'est du déclasse Holly Motors de Leos Carax tout aussi nul mais au moins bien filmé.Et y'a des gens qui mettent 4 sur 5????incompréhensible.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 21 août 2025
Un film d’horreur extrêmement qualitatif que je ne recommande vraiment pas aux dépressifs, ni aux plus jeunes (ce en dépit même d’un aspect préventif). Ce film et sa bande son sont traumatisants.
Stéphane Cuppari
Stéphane Cuppari

2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 août 2025
Film coup de poing. Un début ou le le décor est posé, puis la machine a engrenage se met en route, faisant son travail jusqu'à l'achèvement.

Ici, les 3 conséquences d'une addiction sont exploités :
-Conséquences sur la santé physique : spoiler: amputation du bras suite a une surconsommation d'héroïne.

-Conséquences sur la santé mentale : spoiler: la folie de la maman du a son obsession

Conséquences sur l'honneur d'une personne : spoiler: Marion allant jusqu'à se prostituer et s'humilier en publique pour obtenir sa dose

La mise en scène est mise au service du propos. Les acteurs sont performants.

Un petit bémol sur le rythme du film, relativement saccadé mais qui n'enlève en rien l'effet qu'il est supposé nous transmettre à la fin.
Cadreum
Cadreum

88 abonnés 849 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 août 2025
Qui est le film ?
Requiem for a Dream, réalisé par Darren Aronofsky en 2000, est son deuxième long-métrage après Pi (1998). Là où le premier explorait la folie d’un mathématicien en quête d'une vérité ultime, ce second film se plonge dans la logique de l’addiction. Tiré du roman de Hubert Selby Jr., il suit quatre personnages dans leur descente progressive vers la destruction : Harry, sa petite amie Marion, son ami Tyrone et sa mère Sara. En surface, le récit semble simple : des jeunes se droguent, une femme s’accroche à son fantasme de minceur et de passage à la télé, tous s’enfoncent dans la dépendance. Mais Aronofsky promet plus qu’un simple drame social. Il fabrique une machine de cinéma où le montage, le son et l’image deviennent eux-mêmes addictifs, épousant le rythme même de l’obsession.

Que cherche-t-il à dire ?
Le projet du film ne consiste pas à décrire la drogue, mais à traduire la logique de l’addiction comme structure du monde contemporain. L’obsession n’est pas seulement chimique : elle est culturelle, économique, médiatique. Les drogues sont multiples (héroïne, amphétamines, télévision, fantasme de réussite) mais toutes conduisent au même piège. Le rêve américain, tel qu’Aronofsky le met en scène, n’est qu’une autre drogue, promesse illusoire d’élévation qui mène inévitablement à la chute. La tension principale du film réside dans cette ironie : ce qui nourrit le désir des personnages (réussir, être aimé, être vu) les enferme inexorablement dans une logique de perte.

Par quels moyens ?
Aronofsky fragmente le récit en quatre saisons, du soleil éclatant de l’été à l’hiver glacial de la déchéance. Mais plus que le passage des saisons, c’est la répétition qui gouverne le film : chaque prise de drogue suit la même chorégraphie de plans ultra-rapides (flamme, poudre, seringue, pupille dilatée). Cette répétition transforme l’acte en rituel. Le temps n’avance plus : il boucle, il enferme. La dépendance est ainsi représentée comme une boucle dont les personnages ne peuvent sortir. Ce dispositif enferme le spectateur dans la même temporalité que les personnages : celle d’un présent qui s’épuise, sans horizon possible.

Le montage est la signature d’Aronofsky. Plus de deux mille coupes en 102 minutes : le spectateur est happé dans une tempête sensorielle. Gros plans sur les pupilles, snorricam attaché aux corps, bruitages sourds et musique obsédante de Clint Mansell. Aronofsky multiplie les visions hallucinées, les travellings accélérés, les surimpressions sonores. Ce n’est pas une description extérieure de la dépendance, mais son incarnation. Le spectateur n’observe pas un drogué, il vit l’emballement de ses perceptions.

Harry, Marion et Tyrone rêvent d’argent facile et d’un avenir meilleur. Mais c’est Sara, la mère, qui révèle l’ambition la plus forte du film : son obsession pour un régime, son désir d’apparaître à la télévision, son recours aux amphétamines médicales ne sont pas des déviances, mais les symptômes d’une société où le bonheur se confond avec l’image et la marchandise.

Le film s’ancre d’abord dans le corps. Aronofsky filme la chair, le sang, les plaies infectées, comme autant de stigmates visibles d’un mal invisible. Harry, injectant dans une blessure gangrenée, incarne le moment où la dépendance ne produit plus de plaisir mais sert à calmer la douleur. Marion, quant à elle, abandonne son corps comme monnaie d’échange, offrant son intimité pour une dose. Tyrone subit la déchéance sociale et carcérale, prisonnier du racisme institutionnel. Chaque corps devient ruine, preuve tangible que l’addiction n’est pas qu’un état psychologique : elle est une écriture dans la chair.

Le film se construit comme une lente montée vers la chute. À mesure que les personnages cherchent à s’élever, à se rapprocher de leur rêve, ils se précipitent dans leur propre déchéance : la mutilation physique, la prostitution, la prison, la camisole. Aronofsky impose une logique implacable : l’ascension promise par la société est indissociable de la régression.

Sous la surface, le film raconte surtout une décomposition des relations. La cellule familiale (Sara et Harry) explose sous la dépendance ; l’amour (Harry et Marion) se désagrège en rancœur ; l’amitié (Harry et Tyrone) ne survit pas à l’incarcération. Chacun finit seul, replié sur son manque, comme si la drogue érigeait des murs invisibles. Ce motif de la solitude traverse tout le cinéma d’Aronofsky : des personnages enfermés dans leur obsession, incapables de partager leur chute. La drogue n’isole pas seulement les corps, elle dissout l’idée même de communauté.

La dernière séquence, où chaque personnage est filmé replié en position fœtale, scelle cette idée. Le fœtus n’est pas ici une renaissance, mais une régression définitive, comme si le monde ne laissait d’autre alternative. La quête de l’avenir se conclut par une impossibilité de futur.

Derrière l’addiction, Aronofsky filme un rêve collectif qui se fissure. L’obsession de Marion pour sa boutique, de Sara pour la télévision, de Harry et Tyrone pour la richesse rapide, incarne un désir universel : transformer sa vie, s’élever. Mais le film rappelle que ce rêve est miné : la réussite promise s’effondre dans l’échec, la maladie et la prison. Requiem ne montre pas seulement quatre destins individuels, mais une Amérique tout entière fragilisée, hantée par un rêve devenu cauchemar.

Où me situer ?
Je suis fasciné par la cohérence du dispositif : Aronofsky a construit une œuvre qui ne se contente pas de raconter une histoire, mais qui pense le cinéma comme expérience de l’obsession. C’est là sa force, mais aussi sa limite. Car si le spectateur ressent physiquement l’aliénation des personnages, le film peut parfois écraser leur complexité au profit du schéma. Tout est tellement systématique que la mécanique finit par devancer l’humain. Pourtant, je crois que cette rigidité fait partie du geste : Aronofsky ne cherche pas à sauver ses personnages, il veut montrer la logique infernale d’un monde où le rêve se retourne toujours en cauchemar.

Quelle lecture en tirer ?
Ce qui détruit Harry, Marion, Tyrone et Sara, ce n’est pas seulement la drogue, mais le rêve d’un bonheur standardisé, vendu par la télévision et la consommation. Son titre le dit : pour un idéal qui n’a jamais tenu ses promesses.
coco borde
coco borde

1 abonné 23 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 août 2025
Un grand oui pour moi, ce film nous met dans un état de décomposition au fil qu’il avance. La musique, les effet de caméra et scenaristique nous plonge droit dans l’horreur petit à petit avec un fin signant le désespoir et montre les dangers de la drogue. J’ai été pris complet et on en ressort différant après. Rien à dire hormis 5/5
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 août 2025
Un film percutant sur l’addiction, sublimé par une mise en scène inventive et une intensité dramatique qui hante longtemps après le générique.
JokSix
JokSix

5 abonnés 56 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 août 2025
Désillusion

Un chef-d’œuvre sombre et hypnotique qui explore la dépendance sous toutes ses formes et la descente aux enfers de ceux qui s’y abandonnent. À travers quatre destins brisés – Harry, Marion, Tyrone et Sara – Darren Aronofsky nous plonge dans un tourbillon de rêves, d’illusions et de désespoir. La mise en scène virtuose, le montage frénétique et la musique obsédante de Clint Mansell transforment chaque instant en une expérience viscérale et inoubliable. Douloureux, beau et perturbant, ce film laisse une marque indélébile dans l’esprit et le cœur.
Wolfy Du bled
Wolfy Du bled

15 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juillet 2025
Horrible mentalement. C'est un choc, un film de prévention anti-drogues. Mais cinématographiquement c'est un chef d'oeuvre avec un style visuel que l'on retrouve très rarement. C'est un film qui t'embrouille le cerveau et qui te choc. A regardé une seule fois dans sa vie.
Taahz
Taahz

3 abonnés 322 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 août 2025
Requiem for a dream dénonce les conséquences d'addictions en tout genre grâce à une mise en scène atypique nerveuse et sonore.
Louka_dsn
Louka_dsn

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 juin 2025
Requiem for a Dream est le film le plus spécial qui m’ait été donné de voir. Un film complet, qu’on ne peut pas regarder puis oublier. Il marque, il prend aux tripes. On y suit Harry Goldfarb, un jeune homme accro à "la came" la drogue n’est jamais précisée, mais on parle clairement de cocaïne et d’héroïne. Avec son ami Tyrone et sa copine Marion, ils passent leurs journées à se shooter et à monter des plans pour trouver de l’argent. C’est un enfer dont ils ne se rendent pas compte, car ensemble, ils sont vraiment heureux. "Avec toi, j’ai vraiment l’impression d’exister" ce genre de phrase ponctue chaque discussion entre Marion et Harry. Ce trio est un prétexte pour parler de l’enfer de la drogue, surtout aux États-Unis où beaucoup de jeunes, parfois mineurs, se détruisent avec des drogues dures. Le réalisateur reste objectif, il ne juge pas, il montre juste la vie de ces trois personnes perdues dans un monde qui ne veut pas d’eux et qu’eux-mêmes refusent. Le dernier personnage est Sara Goldfarb, la mère de Harry, veuve, qui n’a plus que son fils et sa télé. Elle incarne une autre facette de la drogue, plus discrète, plus cachée : une femme perdue qui, dans l’espoir d’une vie meilleure (un passage à la télé), commence un traitement d’amphétamines prescrit par un médecin. Là encore, c’est une critique cinglante du système médical américain, capable de prescrire des drogues dures à des patients qui, dans la majorité des cas, exagèrent, deviennent dépendants, et finissent drogués à leur tour, enfermés dans une boucle sans fin. Marion, elle, subit une descente encore plus sombre. Pour continuer à financer sa consommation, elle passe par la prostitution, un passage presque inévitable pour les jeunes femmes camées dans le monde entier. Ce n’est jamais montré de manière voyeuriste, mais d’une façon froide et presque mécanique, soulignant la brutalité et la déshumanisation que cela implique. La réalisation de Darren Aronofsky est d’une puissance visuelle rare caméra nerveuse, montage ultra rapide, effets de split-screen, répétitions hypnotiques. On est plongé dans leur trip, pris dans une spirale de désespoir et de folie. Le rythme est haché, presque oppressant, et ne laisse jamais souffler, renforçant cette sensation d’urgence et de chute inéluctable. La musique, elle aussi, joue un rôle crucial. La bande-son, lancinante et obsédante, colle parfaitement à l’état mental des personnages et accompagne la dégradation progressive de leurs vies. La scène finale, une petite dizaine de minutes montrant a quoi a mené ce mode de vie est une succession d'image choquante et profondément immonde qui donne une envie de vomir et un malaise très profond. Requiem for a Dream est une plongée brutale, réaliste et sans concession dans l’enfer de la dépendance. C’est dur, violent, mais surtout inoubliable.
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