Une éternité que je n'avais pas revu ce film, qui à l'époque m'avait mis une grosse claque. Le deuxième film de Darren Aronovsky réalisé en 2000, racontant les déboires de Harry (Jared Leto) dépendant à l'héroïne ainsi que de son meilleur ami (Marlon Wayans), de sa fiancée (Jennifer Connelly) et de sa propre mère (Ellen Burstyn), elle devenue involontairement accro aux amphétamines. Ce qui fait mouche dans ce film c'est clairement la réalisation qui est très inventive et expérimentale (split screen, caméra embarquée, jeu de focales ...), le rythme est très soutenu et monte très nettement crescendo dans la dernière demi heure, mettant en exergue le côté étouffant et fataliste du sujet de l'addiction aux drogues et ses répercutions. L'interprétation est excellente (notamment Ellen Burstyn) et la mise en scène prodigieuse, certaines scènes sont incroyablement maîtrisées et très marquantes. Si la volonté de Aronovsky était de nous dégoûter des drogues dures c'est on ne peut plus réussi, le film est très sombre voir parfois anxiogène, mais dans le bon sens du terme. La bande son joue un rôle prépondérant dans "Requiem for a Dream", comme ce thème musical inoubliable (bien que malheureusement trop souvent exploité), ce qui ajoute un plus à l'aboutissement global du long métrage. L'ultime séquence est bouleversante, venant conclure le film de la meilleure des façons, laissant tout de même l'espoir d'une reconstruction vitale. Un très grand film, une véritable expérience à découvrir et à redécouvrir.
Oui c'est un peu manichéen, "la drogue c'est mal m'voyez" mais en même temps je vois pas comment faire preuve d'optimisme sur une substance aussi dangereuse. Darren Aronofsky s'arme de cette horreur pour nous offrir un voyage assez flippant, une descente aux enfers certes très lourde en effets, mais redoutablement efficace. Le rythme s'accélère, porté par une bande son bouleversante, et si Jared Letho n'est pas l'acteur de la décennie, ça fait quand même l'effet d'un électrochoc. Cette sensation désagréable de pas parvenir à décrocher d'un truc qui nous fait autant de mal est plutôt unique.
"Requiem for a Dream" n'est pas un film qui cherche à montrer les causes ou les conséquences de la drogue. Il cherche plutôt à exposer le phénomène d'addiction comme une forme d'aliénation, de perte de tout sens commun et surtout de tout libre arbitre du "drogué". L'envie irrépressible, le besoin physique qui saisi le drogué étant supérieur à sa volonté. Cette aliénation (perte de maîtrise et de ses forces propres au profit d'un autre, ici la drogue) conduit irrémédiablement à la négation de l'être. Harry, sa mère, Marion et Tyrone existent mais ne sont plus. Ils n'ont plus rien d'humain. Ils n'existent et n'agissent qu'au travers de leurs addictions. Ils n'ont aucune volonté propre et leurs rêves (dernière part d'humanité en eux) ne sont introduits au début du film que pour mieux être annihilés (littéralement disparaître dans le néant) d'où le titre "Requiem for a Dream" (un Requiem étant une messe pour les âmes des défunts). Ce film est une œuvre particulièrement nihiliste et tragique. Les êtres étant pris dans une spirale infernale dont ils ne peuvent échapper et qui les conduira au néant. La forme répétitive et s’accélérant du schéma narratif et de l'enchaînement clipesque cuillère, seringue, œil accentue cet effet, bien aidé en cela par la musique de Clint Mansell. On notera qu'on retrouve l'idée de néant dans la pupille d'un noir absolu qui se dilate au point de prendre presque toute la place de cet œil censé être le miroir de l'âme.
Remarquablement filmé, monté et interprété, bouillonnant d'idées de mise-en-scène, Requiem for a Dream ne se contente pas d'être un film aux images chocs. C'est une véritable réflexion sur la nature de l'addiction vue comme une aliénation dont l'inéluctable fin est la négation de l'être.
Ce film est sans aucun doute l'un des plus marquants qu'il vous sera donné de voir, impossible d'en sortir tel quel, vous finirez complètement retournés et sonnés. Edgar a mis plusieurs dizaines de minutes avant de se sortir totalement de ce film, alors même s'il est certain que ce c'est pas le film le plus joyeux qui soit, loin de là, il est incontournable. Ne le ratez surtout pas !
Rien ne prépare à un tel choc. Ce n'est pas mon film préféré, il n'y a pas de quoi l'élever au panthéon comme certains le font. En revanche on ne peut que s'émerveiller devant l'impact qu'il crée sur le spectateur. C'est le film le plus choquant qu'il m'ait été donné de voir. Quand je dis choquant ce n'est pas parce qu'il est violent, c'est parce qu'il reste dans la tête pendant un bon moment, impossible de s'en dépêtrer. Au départ, le film commence doucement, on se dit que c'est pas mal mais que la réalisation clippesque est un peu chiante à la longue, puis on suit la descente aux enfers des protagonistes, on oublie le réalisation, on oublie que le thème principal de la bande originale est répétée jusqu'à l'usure tellement il colle de plus en plus aux images, pour arriver vers un final d'anthologie où tous les "défauts" du départ deviennent des qualités. C'est malsain, brut, viscéral, violent pour l'esprit. Là où le film est encore plus intelligent c'est qu'il ne parle pas que de la drogue mais de l'addiction en général (avec les médicaments). Les scènes avec le bras de Jared Leto sont répugnantes, c'est ce qui m'a le plus marqué. Ce n'est pas le meilleur film de tout le temps, mais assurément l'un des plus marquants et l'un de ceux qui traite le mieux le thème qu'il aborde.
Deuxième film de Darren Aronofsky après "Pi", "Requiem for a Dream" nous envoie dans le milieu de la drogue et notamment suivre Harry, un consommateurs de drogues dure ou douce qui passe ses journées à se droguer avec son meilleur ami et sa petite amie et dans le même temps sa mère, accro à la télévision et qui va elle aussi peu à peu tomber dans la dépendance involontaire, croyant prendre simplement des pilules pour couper la faim. Aronofsky nous fait suivre cette descente aux enfers d'abord lente, où il prend le temps de nous montrer le contexte et nous présenter les personnages puis de plus en plus accélérée et forte, montrant l'impact de la dépendance sur l'humain, ce qu'il est près à faire pour avoir une dose et il le fait de manière bouleversante et surtout efficace. L'atmosphère est souvent sombre, malsaine et torturée, avec une excellente bande-originale adéquat au récit. Pour nous montre cette dépendance, Aronofsky utilie un montage presque clipeesque et use de gros plan, split screen... et sa maitrise et originalité technique est impeccable vis à vis de l'ambiance qu'il donne à son film. Les interprétations sont excellente, Ellen Burstyn est bluffante et poignante dans le rôle de la mère qui sombre peu à peu dans la dépendance et la folie, le jeune Jared Leto est remarquable et Jennifer Connely impeccable dans le rôle de la petite amie prête à tout pour se droguer. Plus qu'un film, une expérience sombre et intense qui ne laisse pas indifférent, qui nous touche, nous fait réfléchir et nous captive, extrêmement bien réalisé et interprété.
Un long-métrage qui m'aura marqué jusqu'à la fin de ma vie et qui marquera d'autres personnes par sa dramatisation. Une claque cinématographique comme on en prend rarement.
Un film extrêmement choquant et réaliste, qui nous montre la drogue dans toute sa splendeur et ses différentes problématiques. Ainsi que les dégâts irréparables de cette dernière. Un scénario en béton armé, qui nous passionne jusqu'à la toute fin. Les acteurs jouent tous de manière juste et efficace leurs rôles. Un film vraiment violent et psychologiquement marquant (premier film où la fin m'a marqué pendant une semaine...), les âmes sensibles doivent s'abstenir s'ils ne sont pas prêtes. La bande originale de Clint Mansell est vraiment bouleversante. Une B.O sombre qui affiche le désespoir et la mort, elle nous envahis et nous angoisse, jusqu'à la dernière partition. Grosse mention pour le titre culte et connu '' Lux Aeterna ''.
Un film qui fait réfléchir sur la vie et sur la bêtise volontaire de certains adolescents inconscients des conséquences sur leurs jeunes vies mais aussi sur l'obsession psychologique des plus âgés. Un chef-d'œuvre culte et éternel, ne comportant aucun défaut. Un des meilleurs films de Darren Aronofsky avec '' Black Swan ''.
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5,0
Publiée le 8 octobre 2014
Adaptè d'un roman de Hubert Selby.Jr, "Requiem for a Dream" est une hallucinante descente aux enfers! Darren Aronofsky nous montre avec une grande efficacitè l'effet dèvastateur de toutes les addictions sur le comportement humain! Le film, bouleversant et extrêmement physique, est d'une virtuositè à couper le souffle et les sèquences finales sont absolument effrayantes! D'un seul èlan, et en quelques minutes, le cinèaste boucle la plus estomaquante des scènes de folie toxicomaniaque au cinèma! Les acteurs mèritent d'être saluès pour leur performance : Ellen Burstyn, gènèreuse et poignante ; Jared Leto, junkie à la fois fragile et dèterminè ; Jennifer Connelly èmouvante et sidèrante, nous montrant une fois de plus sa tènèbreuse beautè! La sèquence où on l'aperçoit de dos, seule, sur la jetèe de Coney Island, est d'une beautè visuelle sans pareil! On retiendra ègalement une partition musicale èpoustouflante de Clint Mansell, une musique qui joue un rôle presque primordiale! Intense, terrifiant et lyrique, voilà une oeuvre dont on ne ressort pas indemne tant le voyage au plaisir des sens est dur de dècoffrage...
Ce film est horrible, si on se met à toucher à la drogue après ça Il faut froid dans le dos, la plongé progressive en enfer Le jeu impressionant des acteurs, les quatres personnages sont touchants et même les plus agés peuvent s'indentifié et se sentir conserné par une des histoires. Un grand film qui parvient à nous marquer et nous sentir conserné.
Voilà encore un film que, l’espace d’un temps, j’avais dévalorisé dans mon esprit, car je me disais qu’en fin de compte, c’était juste un film qui se donnait un genre d’une part en abordant un sujet « cool » (« parce que la drogue c’est tellement un sujet puissant mec ») mais aussi en adoptant toute une série d’effet de style à la mode du moment… Mais bon, je l’ai revu depuis, et je dois bien reconnaître que la démarche d’Aronofsky va bien au-delà de ça. Sa réalisation est d’une modernité et d’une inventivité incroyable. Quant à son propos, il a une vision très large et pertinente de notre rapport au paradis artificiel et à son addiction. Le film se déroule comme un rouleau compresseur : sa forme devient vite oppressante et jouissivement malsaine tandis que sa conclusion est juste un coup de poing pris en pleine face qui laisse une trace indélébile. Décidemment, il n’y a pas à dire, moi ce film fait partie de mes films cultes.
Un choc. "Requiem for a Dream" est une œuvre qui ne laisse pas du tout indemne à la sortie du visionnage. J'avais entendu beaucoup d'éloges de la part de mon entourage donc aujourd'hui que je me suis lancé dans cette virée cauchemardesque de Darren Aronofsky ("Black Swan").
Le metteur en scène nous offre une claque énorme avec ce film, et livre un message sur la drogue des plus sombres et nihilistes. Si le film est très manichéen avec son propos "la drogue c'est pas bien", les thématiques sur les fautes, et la descente aux enfers des personnages sont néanmoins abordées avec plus contrastes.
Film Indépendant d'une ampleur incommensurable, ce "Requiem for a Dream" est l'œuvre la plus aboutie du réalisateur. Une EXPERIENCE qu'il faut vivre absolument selon moi. Un PERIPLE sur les dangers de la drogue intelligent et tout simplement horrible. Certaines scènes sont vraiment dures à supporter tant la mise en scène, le jeu des acteurs, le montage, la musique et les maquillages font parfaitement leur travail. La vie qui nous est montré à l'écran sous un œil noir et dénué d'objectivité est réellement éprouvante.
Chaque antagoniste est d'une force psychologique superbe, malgré un attachement peu présent. Jared Leto ("Dallas Buyers Club") livre une prestation parfaite, on est attendrit par son réalisme face à ses problèmes. La belle Jennifer Connelly ("Blood Diamond") est elle aussi excellente dans son rôle. Marlon Wayans ("Fifty Shades of Black") trouve parfaitement sa place aux côtés de ces comédiens de talent. Mais c'est surtout Ellen Burstyn ("Interstellar") qui crève l'écran. Son personnage torturé et parfois insupportable sombrant dans la folie se montre touchant au début et littéralement bouleversant par la suite. Darren Aronofsky maitrise ses acteurs au plus haut point, et se joue d'eux perversement. Aucune échappatoire ne leur est donnée, la descente est radical et démentielle.
L'histoire n'est en soi pas très originale, mais la façon qu'à Darren de la raconter est passionnante. Son montage est incroyablement rythmé, et la réalisation très bonne. Certains plans-séquences tournés subjectivement caméra à l'épaule, immergent le spectateur sans le faire décrocher. D'autres scènes sont très fortes dans leurs dialogues et répliques. La dépendance que nous présente le réalisateur provocateur est anxiogène et pesante, les morales du film sont puissantes dans leur forme.
Œuvre choquante et qui fait réfléchir, cette critique du rêve Américain autodestructeur est un coup de maître. Tant de questions posées le long du déroulement du film, que cela en devient sensoriel et magnifiquement mis en scène. Le rythme est de mon point de vue prenant et les longueurs ne sont pas tout le temps présentes.
Les compositions de Clint Mansell nous accompagnent dans notre immersion. Chaque morceau est unique en se ressemblant, et va à merveille avec l'ensemble réalisé. Extrêmement poignante, la musique insuffle au film une ambiance rythmé lors des shootings à la seringue et lors des scènes rapidement montées. Comme si la vie, une fois dopée, passe à la vitesse supérieure (2 fois plus vite) dans la quête du bonheur des personnages. Ou bien se dérègle lors des moments de transe comme avec les instruments qui sonnent faux.
Ce drame intense, blessant et remarquable est effrayant, douloureux mais superbe, un film choc, noir, profond et poignant avec quelques émotions ; un film qu'il faut regarder au moins une fois dans sa vie.
Voilà un film coup de poing comme je les aime : attention film choc, âmes sensibles s'abstenir….et cela, que ce soit pour le scénario ou la réalisation car une chose est claire : ''Requiem For A Dream'' est le bébé d'Aronofsky et il en fait ce qu'il veut, c'est-à-dire un véritable clip épileptique et sombre. J'ai dit clip ? Et oui un clip : Aronofsky utilise des techniques de clips pour renforcer sa narration et cela est très bien visuellement. On pourra voir des scènes avec écran splitté en deux comme lors de la première scène entre Harry et sa mère, des successions d'images rapides lors des injections de fix ou des prises de rail, des accélérations des images ou des visions de lors des trips, des tremblements de caméra ou encore l'excellent plan/séquence où la caméra suit Jennifer Connelly spoiler: lorsqu'elle sort de chez son "amant" pour finir dans la rue en vomissant sous une pluie battante ….pas mal de petites trouvailles visuelles qu'on utilise plutôt dans les clips ou les pubs (le petit déjeuner de la mère est un bon exemple : très marrant !!), mais ici c'est ce qui donne à ''Requiem For A Dream'' sa consistance, son essence même ! En plus tout est accompagné d'une B.O. renforçant le côté "speed" des séquences avec de nombreux morceaux électro-techno-dance. Ce genre d'images peuvent déstabiliser les gens qui ne sont pas habitués à ce genre de spectacle. Dans ce style, il ressemble pas mal à ''Trainspotting'', d'autant plus qu'ils abordent tous les deux le problème de la drogue. Alors, me diriez-vous, qu'est-ce qui démarque ''Requiem For A Dream'' du film culte de Danny Boyle ? Et bien c'est simple : son côté réaliste et sombre. Car si dans ''Trainspotting'' , l'histoire se finit par une touche d'espoir car le héros décide enfin de reprendre sa vie en main, il n'en ai point question dans ''Requiem For A Dream'' : on est dans un cercle vicieux, on est dans la merde et on s'y enfonce de plus en plus et jusqu'à l'apothéose finale dont personne ne sort indemne. D'ailleurs on sent au fur et à mesure du film que quelque chose ne va pas, qu'on va droit vers quelque chose de pire qu'un drame : au début les plans sont souvent lumineux avec même du soleil flamboyant….puis on bascule vers l'ombre jusqu'à atteindre dans les dernières scènes des plans ténébreux rarement vu dans un film…et puis le film (enfin, les scènes) sont souvent de plus en plus speeds, avec au milieu une pause (seul moment véritablement calme du film d'ailleurs) spoiler: lorsque Harry revient voir sa mère et qu'ils s'avouent leur amour réciproque….scène très poignante car on se met à la place d'Harry qui se rend compte que quelque chose ne va pas avec sa mère et on accepte ses larmes lorsqu'il repart en taxi, parce qu'on aurait les même larmes si on était à sa place …..puis le film recommence sa descente dans l'obscurité dans un speed continuel. Côté acteurs, les quatre principaux sont absolument délicieux : Jared Leto s'est fait reconnaître grâce au rôle d'Harry et il est époustouflant….mais encore moins que sa maman, j'ai nommé Ellen Burstyn, incroyable de réalisme, attendrissante puis bouleversante….on souffre avec elle : monstrueuse, elle crève l'écran !! Marlon Wayans s'en sort aussi avec les honneurs car il est bien loin des rôles potaches qu'il a pu jouer dans les deux ''Scary Movie'' , dans ''Donjons & Dragons'' (quel personnage inutile) et dans ''Spoof Movie'', nous prouvant qu'il peut-être un bon acteur…..puis je terminerais avec la sympathique Jennifer Connelly, qui nous prouve une fois de plus qu'elle est la petite muse des films indépendants et c'est dans ces films qu'elle resplendit le plus !! (''Rocketeer'', ''Phenomena'', ''Labyrinthe'', ''Dark City''). Voilà, malgré son côté plus que pessimiste, ''Requiem For A Dream'' est un Film choc qui vous rentre dedans : véritable petit bijou cinématographique. Vive Darren Aronofsky !!
Un film coup de poing qui rend complètement marteau.C'est assez rare d'avoir une expérience de cinéma qui mette autant mal à l'aise.Une descente aux enfers infernale.L'addiction à la drogue.Jamais aussi bien retranscrite que dans "Requiem for a dream"(superbe titre).Un dealer de crack se retrouve privé de marchandise.Sa copine s'enfonce dans la prostitution pour payer sa dope.Sa mère devient accroc aux pilules amaigrissantes en s'imaginant passer à la télévision.Un trio ravageur,qui va droit dans le mur.Une déchéance qui ne nous est pas épargnée,et qui provoque limite la nausée dans un dernier quart d'heure désespéré,en pleine folie.Darren Aronofsky accentue le malaise ambiant avec des effets de style tapageurs,laissant place à l'imagination débridée de ces toxicos.Le rêve n'a pas sa place ici.Juste des visions d'un bonheur impossible.La musique inoubliable de Clint Mansell prend aux tripes,avec ses accords assourdissants.Si la démonstration est parfois excessive,tout nous entraîne au coeur de cet enfer bien réel.Jared Leto tutoie les anges.Ellen Burstyn se fait berner par un prêcheur de bas étage et un médecin charlatan.Jennifer Connelly électrise les foules.Une oeuvre profondément dérangeante dont on ressort groggy,lessivé.
Cinéaste à forte personnalité au style souvent très original, Darren Aronofsky s'est fait remarquer avec une première œuvre si hermétique qu'elle pouvait finalement sembler un peu prétentieuse ("Pi" en 1998). Depuis Aronofsky a acquis une grande notoriété en propulsant à nouveau Mickey Rourke sur le devant de la scène avec "The Wrestler" (2008). Mais "Requiem for a dream" son deuxième opus demeure encore après neuf films réalisés son chef d'œuvre. Film misant essentiellement sur une approche esthétique choc, « Requiem for a dream » s’avère être un véritable plaidoyer contre toutes les formes d'addiction. Comme Larry Clark son aîné et ses films chocs sur les mœurs adolescentes, Aronofsky est sans illusion sur l'état de déliquescence de la famille américaine et d’abandon par les pouvoirs publics des citoyens démunis de plus en plus rejetés vers la marge. Harry vit avec sa mère (Ellen Burstyn) qui ne s'est jamais vraiment remise de la mort de son époux, s'enfonçant doucement dans une solitude morbide. Lui (Jared Leto) avec sa petite amie Marion (Jennifer Connely) et son pote Tyrone (Marlon Wayans) découvrent les joies de la cocaïne pendant que sa génitrice en déshérence s’est mis en tête de participer à un jeu télévisé, se lançant dans une course effrénée après sa jeunesse envolée. Pour Sara, jouée par une sublime Ellen Burstyn, commence la longue descente aux enfers de la dépendance aux amphétamines, prescrites par un médecin peu scrupuleux. Ce qui frappe et fascine en premier lieu dans ce film incandescent, c'est le mode de narration qui au moyen d’effets stroboscopiques, nombreux split screen et divers autres effets optiques (Matthieu Libatique à la photographie) intensifie à l’extrême les parcours chaotiques suivis par le fils, sa mère, Tyrone et Marion, montrant la terrible substance pénétrant toujours plus profondément dans le corps de ses futures victimes avec toujours le fameux billet vert présent d’un bout à l’autre de la chaîne. Des effets parfois certes éprouvants décuplés par la musique hypnotique de Clint Mansell mais toujours employés à bon escient dans le souci d’une efficacité jamais démentie tout au long de ce film unique. L'euphorie des débuts est très bien relatée à travers la découpe du scénario en quatre saisons du printemps primesautier où le chapardage pour s’offrir ses premiers joints donne à la perfide initiation un aspect ludique diaboliquement trompeur, suivi de l’été où le cap vers les drogues dures est franchi , accompagné de la sensation euphorisante de pouvoir tout contrôler tout en ayant l’espoir de s’enrichir, l’automne ensuite où les désillusions pointent le bout de leurs nez avec l’entrée dans l’irréversible dépendance, l’hiver enfin où la déchéance physique et mentale mène au pire. spoiler: La mère devenue un zombie à force d’électrochocs, Harry ayant perdu son bras gravement infecté par les seringues, Tyrone incarcéré et Marion marquée à vie par les turpitudes qu’elle s’est infligée pour accueillir Madame héroïne. Facture d’évidence bien trop lourde pour un voyage souvent sans retour . Le spectateur ne peut pas sortir indemne d'un tel film qui devrait être montré à tous les jeunes qui doutent trop souvent des discours sur la prévention. Il faut noter enfin la parfaite symbiose entre Darren Aronofsky et son compositeur Clint Mansell. Rarement une partition n'aura autant été porteuse du message d'un réalisateur. Enfin le travail des acteurs doit être salué tant leur investissement personnel a dû lui aussi être éprouvant.