Le cinéaste Britannique Jonathan Glazer, surtout connu pour ses films publicitaires et ses clips musicaux, balance un sérieux pavé dans la mare cinématographique avec « La zone d'intérêt ». On y suit le quotidien d'une famille de la petite bourgeoisie allemande qui s'épanouit dans sa maison cossue et son grand jardin, superbement entretenu et savamment fleuri. Les enfants jouent dans la piscine et la maman reçoit ses amies pour le thé... pendant que le papa commande le camp d'extermination d'Auschwitz, dont le mur d'enceinte jouxte la propriété. Cette terrible prison, symbole de la barbarie Nazie et de la Shoah est d'ailleurs plus suggérée que réellement montrée à l'écran... ce qui accroît encore le malaise du spectateur. On ne distingue, par moment, que les immenses cheminées des crématoires vomissant une épaisse fumée noire et les sons lointains et diffus provenant des prisonniers et de leurs gardiens. Inutile de préciser que le parallèle entre la petite vie tranquille des personnages principaux et l'horreur qui se déroule à quelques mètres seulement est glaçant d'effroi ! Il en résulte un film âpre, difficile à supporter et particulièrement dérangeant... c'est sans nul doute ce que souhaitait le réalisateur et son message est reçu cinq sur cinq !
Film totalement unique, qui surprend, déstabilise, qui met très mal à l'aise, qui à l'intelligence de tout suggérer. Et la musique expérimentale n'aide vraiment pas à rendre le spectateur à l'aise, c'est bien entendu voulu. Le message, sur la banalisation de l'horreur, la déshumanisation, est finalement assez convenu. Mais Jonathan Glazer l'assène d'une manière tellement trouble, esthétique et pertinente que son œuvre devient directement une des références du genre. On peut même se questionner sur les intentions réelles de Galzer : inviter son spectateur à réfléchir sur la notion de déshumanisation ou bien esthétiser un sujet ne doit pas être rendu beau à des fins commerciales ? En tout cas son œuvre à le mérite de poser tout un tas de (bonnes) questions.
L’intention est bonne dans ce film mais le réalisateur a rempli son pari: comme la famille gardienne du camp, à force de ne pas voir les souffrances du camp, mon ressenti principal après avoir vu ce film est l’indifférence. Le fils de Saul m’avait en revanche bien marqué.
Un chef d’œuvre. Rien à dire. Je l’ai vu deux fois à tel point il m’a marqué. La réalisation et la façon dont le sujet est traité, tout est génie. Ce film m’a fait réfléchir pendant 1 semaine au moins, alors que d’habitude un excellent film me marque 2 jours au plus. Il méritait le Grand Prix. Je me suis délectée pendant 2 heures. Le sujet de fond est inhumain, bien sûr, mais justement la manière de filmer fait ressortir toute cette horreur d’une main de maître.
Ce film est comme une claque immense que reçoit le spectateur. Il secoue et il le fait en profondeur mais en même temps il le fait non pas brutalement mais par touches successives. Il peut se voir de plusieurs manières : pas seulement comme un témoignage sur la monstruosité de ce qui s'est passé dans les camps de la mort mis en place par les nazis mais sur l'adhésion de nombreux Allemands jusqu'alors tout à fait normaux à ce qui était en train de se passer. Mais évidemment, ce film nous porte aussi à nous interroger sur à tout le moins notre passivité sur ce qui est en train de se passer derrière la clôture de notre jardin de l'Europe communautaire, aujourd'hui du côté par exemple de l'Ukraine, de la Géorgie, de la Bande de Gaza et demain de la Moldavie, de Taïwan, entre autres. Un film puissant.
L’innommable (camps de concentration) reste constamment hors champ. C’est toute l’originalité et la limite du procédé qui laisse l’émotion à distance. Certaines scènes sont toutefois marquantes et le film laisse une empreinte dans la mémoire.
Un film à l'esthétique remarquable, qui a l'intelligence d'utiliser l'arrière-plan et le hors-champ pour suggérer l'horreur des camps de concentration, plutôt que de sombrer dans un étalage barbare. Qu'on ne s'y trompe pas, c'est difficile et dérangeant à voir. L'horreur psychologique et la tension font autant, sinon plus, que le ferait une confrontation directe avec les images.
Mais c'est à double tranchant. Déjà, représenter la vie normale d'une famille bourgeoise juste à côté des camps a son intérêt, mais que dire au bout d'une heure ? D'une heure trente ? La situation n'évolue pas, et si l'idée de départ est audacieuse, les élans esthétiques peinent à justifier le manque de progression narrative.
Le pire, dans tout ça, c'est l'attitude du réalisateur. Je cite: "Le plus important était de ne rien esthétiser. Il ne faut pas faire ça. Même durant l’étalonnage, nous avons fait en sorte que tout reste plat. Nous avons essayé de ne pas manipuler l’image." C'est de l'ironie ? Si ce film a rien d'esthétique, je veux bien manger la pellicule avec du ketchup. Citons la constante symétrie, les travellings, le négatif, le style brutaliste et géométrique, et autres vues du dessus. Je pourrais aussi mentionner la signature sonore associée aux plans en négatifs. Je connais peu de films avec un parti pris esthétique aussi prononcé, ce qui le place donc dans la position délicate de l'esthétisation de la violence, euphémisme pour les pires heures de l'histoire, et malgré tout il prétend ne pas manipuler l'image ? Les bras m'en tombent.
Heureusement, le travail documentaire de 3 ans au préalable permet de rattraper un minimum cette communication douteuse. Somme toute, un point de vue original sur Auschwitz, qui rappelle le fils de Saul dans son esthétique (non, ce n'est pas tout plat), ou bien les Gardiennes pour l'aspect oublié, quotidien de la guerre.
un film à voir et qui dérange ou pose des questions ! La banalité du mal .... se renseigner de la page d histoire de cet homme au préalable pour mieux comprendre les enjeux.
Vu La Zone D'intérêt Film narcoléptique, ou il ne se passe mais absolument rien. Néanmoins sa restitue bien cette froideur, Qu'on les Caméras de Filmer presque détaché de se qu'il peut se passer devant le Champ. Dommage cependant que se soit long et chiant ⭐️⭐️
Chef d’œuvre absolu. La zone d’intérêt est une leçon de cinéma. Comment raconter l’horreur sans la montrer. Sandra Hueller est comme à son habitude absolument parfaite.
Du concentré d'Horreur par des artifices cinématographiques implacables! De la force du hors-champ nous sidérant sur place! De l'oxymore visuel-auditif plaquant des scènes bucoliques au premier plan et des horreurs suggérées spoiler: (fumées noires du camp de concentration ou cris d'enfants et de femmes) en arrière plan. Elle se vante d'être la reine d'Auschwitz (rose fraichement éclose) et la belle-mère s'esclaffe! Et de + en + de fumées noires! A vous donner froid dans le dos...
il y avait pourtant matière à faire un très bon film ,si le réalisateur avait un tant soit peu scénarisé son récit , il a préféré la forme au fond ...au bout d un quart d heure ,on a compris le propos du metteur en scène et on s ennuie ferme le reste du temps ,
Adoré le choix du point de vue mais un peu dérangé par la représentation des SS dans leur quotidien assez froid, comme si on ne voulait pas filmer leur vie de famille avec trop d'empathie, ce qui à mon avis aurait été aller au bout de la démarche en un sens. Mais reste un grand film
C'est long.. chiant et ennuyeux Passé les premières minutes ou on comprend bien qu'il s'agit d'une maison à côté d'un Camp de concentration ça tourne en rond. Alors oui..le méchant nazi qui vit tranquille.. bah perso j'apprends rien..on le savait ( malheureusement..) Les intello bobo de gauche parisien et les juifs vont certainement adorer.. mais je ne suis ni l'un ni l'autre.. donc