9863 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
822 critiques spectateurs
5
121 critiques
4
269 critiques
3
162 critiques
2
136 critiques
1
72 critiques
0
62 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Fkf
22 abonnés
141 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 16 avril 2024
Un film magistral d'une force rare. Comment évoquer l'horreur sans la montrer, dire l'indicible. De ce qui se passe dans le camp on n'a que les sons. On ne voit que le bonheur apparent d'une petite famille. La maison est belle, jardin, piscine, potager, personnel (des témoins de Jéhovah en captivité), tout respire le bonheur alors que le pire est là, juste de l'autre côté du mur. La mise en scène est tout aussi glaciale que cet exterminateur en chef, passionné par son "métier" spoiler: au point de dire, lorsqu'il se retrouve dans une grande salle de réception avec du beau monde, "le plafond est trop haut pour que je puisse les gazer tous" . Pratiquement que des plans fixes, avec plusieurs caméras placées comme des caméras de surveillance. La vision de ce film ne laisse pas indemne et nous hante ensuite.
Dix ans après son fascinant Under the skin, qui marqua les années 2010, le cinéaste britannique Jonathan Glazer signe son grand retour dans cette adaptation du roman de son compatriote Martin Amis. Tourné en langue allemande, La zone d’intérêt prend pour cadre la maison familiale de Rudolf Höss, commandant du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, qui a pour particularité d’être mitoyenne de l’usine à mort dans laquelle périrent plus d’un million de personnes, en grande majorité des Juifs. Œuvre construite sur la puissance du hors-champ – le film raconte la vie quotidienne et banale de Höss (Christian Friedel), sa femme (Sandra Hüller) et leurs enfants dans leur maison comprenant un immense jardin fleuri, à quelques mètres de l’horreur absolue. Mis en scène avec maestria, sans fioriture aucune, ce film qui marie musique angoissante et montage au cordeau offre aussi quelques séquences d’inspiration expérimentale, qui illustrent la face B de la mainmise des nazis sur les esprits, à savoir les actes de résistance. Malgré une dernière demi-heure au cours de laquelle Glazer s’éloigne de son dispositif, l’affaiblissant un peu, ce film bouleversant et nécessaire nous rappelle la tentation humaine de l’aveuglement, y compris devant l’ignominie, pour créer ou préserver son petit confort.
"Zone d'Intérêt" offre une perspective singulière sur l'histoire de l'Allemagne nazie, se démarquant des récits conventionnels sur la Shoah. Plutôt que de se concentrer exclusivement sur les événements historiques, le réalisateur plonge au cœur du quotidien des hommes et femmes nazis, révélant ainsi une dimension jusqu'alors peu explorée au cinéma. Cette approche subvertit la notion d'impossibilité de représenter la Shoah, en démontrant que ce qui semble indescriptible peut être exprimé à travers le son, notamment par le biais de bruits de fond oppressants. La mise en scène déploie une mécanique fascinante, offrant une expérience sensorielle inédite qui évoque un sentiment de sidération et d'électrochoc chez le spectateur. Par un minimalisme symbolique, le film parvient à susciter l'horreur sans recourir à des images choquantes, préférant explorer les mécanismes du déni et de la perception au sein de la machine nazie. Cette fresque familiale est à la fois splendide et fascinante, transcendée par des moments expérimentaux qui repoussent les limites du genre du biopic. À travers une maîtrise parfaite, le film expose avec un réalisme glaçant la banalité du mal, plongeant le spectateur dans l'ordinaire déconcertant d'une société déshumanisée.
Ce film méritait la Palme d'Or à Cannes. Du vrai grand cinéma, où chaque élément fait sens: le son, les décors, le cadrage... Implacable et vertigineux.
Un film qui ne vous laisse pas indifférent. Les jeux de sons nous plonge dans l'horreur de cet époque mais aussi la banalité de cette famille. spoiler: Les plans fixent instaure un climat pesant et observateur, on est pas avec eux dans la maison mais on les regarde on observe leur vie dans cette maison. Par moment très dur à regarder.
Encore une fois le festival de Cannes m'a bien eu ! Une très bonne idée de base Mais trop de longueur...d'accord on va me dire que c'est un "genre de cinéma" style a la Gus Van Sant ou autres mais non merci pour moi trop ennuyeux j'ai décroché.
C'est le paradis. Ce n'est pas moi qui le dit c'est Hedwig la gentille et dévouée épouse de Höss, le zélé cadre SS qui veut réussir sa carrière. Tout est bucolique sauf les petits détails comme des os humains dans la belle rivière, la fumée des cheminées et des trains, les cris, les hurlements, et l'odeur que l'on imagine. Car il y a le lieu, Auschwitz et la date, 1942. C'est le lieu et le temps de l'enfer créé par l'homme.
Un film contemplatif qui pour autant ne vous fait pas lâcher un seul bâillement. L'image est très intéressante, mais c'est surtout la bande sonore en contraste avec l'image qui marque. Un film sur la dissonance cognitives comme on a rarement vu. L'ambiance glauque vous laisserais sans voix à la sortie de la salle. À revoir!
La Zone d'intérêt est un film radical dans le dispositif qu'il souhaite mettre en place. Relegant l'horreur d'Auschwitz hors champ, cette dernière imprègne pourtant tout le film. Et ce grâce à une bande son incroyable, et a une construction des cadres et mouvements de caméra millimétrés. Jonathan Glazer montre comment la déshumanisation permet de justifier et d'accepter toutes les monstruosités. La lourdeur du dispositif en rebutera certain·es, notamment certaines séquences en négatif ou la partie finale qui laissent songeur. Mais La Zone d'intérêt n'en demeure pas moins un film majeur et toujours autant d'actualité.
Quel film vraiment spécial ! L'idée principale du film, mettre en scène la vie de famille du responsable du camp d'Auschwitz, est plutôt intéressante et originale, mais très mal menée. Dès le départ on est prévenu sur l'originalité du film avec les longues minutes d'écran gris/noir puis les bruitages bizarres, les scènes en noir et blanc, les gros plans sur les fleurs...Ce choix est particulier mais on peut aimer, le problème est qu'il amplifie ce sentiment d'incompréhension, d’ennui du film car le scenario est vide. Des scènes s'enchainent à la vue du spectateur, parfois de manière incompréhensibles. Alors oui il y a de l'implicite et les avis 5 étoiles vous diront qu'il y en a beaucoup mais il est très très bien caché. J'aurais aimé en savoir plus sur Rudolf Höss, sa personnalité et ses motivations, sa femme Hedwig et leurs enfants, ce qu'ils sont devenus...finalement en sortant du film je ne sais rien de tout ça et c'est bien dommage d'aller voir ce film pour cette famille mais de devoir en apprendre plus par soit même.
Maison avec vue à Auschwitz Une vision inédite et implacable où la Shoah n’est que process logistique et où la maison du Commandant collée au camp fait le bonheur « naïf » de sa famille. Ça fait froid dans le dos. Primé à Cannes. Oscar 2024 Meilleur film étranger
Et dire que c'est l'oscar du meilleur film étranger ! Qu'ils ne l'ont pas donné à salle des profs mais à ce film où tout est dit (ou rien?) en 15 minutes et où on s'ennuie mortellement. Les intellos se cacheront volontiers derrière certains critères de mise en scène pour défendre ce film, je ne dis pas qu'il ne doit pas exister mais de là à le couronner d'un tel prix. Cinéma froid tranche de vie qui à mon sens parvient à faire passer son message au spectateur, le train train indifférent d'une famille allemande au milieu de l'horreur, le tout sans émotion et on ressort plutôt indifférent soit même. Vive la Liste de Schindler!
Après ses nombreuses distinctions, il me fallait découvrir ce film. Malheureusement, j’ai trouvé ce film mauvais ; certes, la réalisation est d’une grande qualité remplie de symbolisme mais le scénario ne montre rien d’intéressant.
Après mon visionnage, je peux affirmer que la mise en scène ne fait pas l’intégralité de la qualité d’un film ; la composition de l’image est vraiment millimétrée, tout est très propre. En fait, la photographie est très belle et maîtrisée. Néanmoins, j’estime que certains plans sont trop explicites et d’autres trop implicites ; par conséquent, le film paraît trop expérimental. L’univers sonore est omniprésent, ce qui va avec le propos du film. Par contre, je trouve que la musique se laisse un peu trop oublier. Quoi qu’il en soit, l’Oscar du meilleur son est évidemment mérité ; Jonathan Glazer a une réalisation d’une grande qualité.
Cependant, j’ai trouvé que le scénario était d’un ennui profond. Selon moi, le film montre le quotidien d’une famille presque banale à un détail près : le métier du père. Dans son ensemble, il n’y pas beaucoup de développement, donc je n’ai pas trouvé d’intérêt dans l’intrigue. Au global, les personnages ne sont pas très attachants ; ils n’ont aucun développement. La narration reste correcte mais ce qui est montré dans l’histoire n’est absolument pas prenant.
Je ne conseille pas ce film car il traite de la même manière le sujet que le film “L’île rouge” ; cela reste trop un développement de surface. En tout cas, le film est assez frustrant dans son intrigue.
Le commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss, et sa femme Hedwig s’efforcent de construire une vie de rêve pour leur famille dans une maison avec jardin à côté du camp. Ce regard sur une apparence de normalité, en réalité corrompue et cynique, provoque le malaise et confère au film toute sa force. On sent la présence du camp près de la maison sans jamais enjamber le mur. On voit seulement le rougeoiement et les fumées de la grande cheminée.
A voir absolument pour comprendre comment en détournant son regard on peut se créer un monde fictif à côté de l'horreur humaine. Mais certains voient et fuient d'une façon ou d'une autre