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Kriss
2 critiques
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5,0
Publiée le 20 mars 2024
Ce film est certainement l'un des meilleurs sorti dernièrement. La réalisation est exceptionnelle d'intelligence et de finesse dans un univers aussi effroyable. La bande son est d'une importance énorme. Ce film aurait du avoir la Palme d'or, c'était largement mérité. A ne pas manquer.
Voilà un film qui peut lever le débat sur les alentours des camps de concentrations habité par les Allemands qui vivent en famille, une vie normale ou les officiers , leurs femmes, élèvent leurs enfants , jardinent, cultivent, entretiennent leurs maisons et pourtant, des Juifs sont prisonniers à côté. Le cinéaste Jonathan Glazer signe un long métrage alerte ou il nous dit de ne sûrement pas l'aimer mais de nous interroger. La qualité de ce film, c'est qu'on voit aucune horreur devant l'écran, juste les bruits et l'Oscar 2024 du meilleur son d'ici est amplement mérité. Les comédiens Allemands, Sandra Huller en tête, sont remarquables dans leurs personnages qui jouent normalement mais en particuliers détestables. Cette œuvre m'a secoué, on en sort avec un malaise profond.
Quelle claque ! Voici enfin l'envers du décor, voici tout ce que l'on ne nous montre pas dans les films de guerre: la vie normale d'un commandant d'un camps de la mort et de sa petite famille. Le drame absolu, l’horreur, sont ces belles photographies d'une vie paisible d'un petit coin retranché du camp où la femme et les enfants du commandant Heuss s'amusent dans la joie et l'amour d'une grande famille normale. La maison, le jardin magnifique avec piscine sont juste séparé par un mur des premiers baraquements et des fours crématoires du camp d'auschwitz, improbable...La force du film est avant tout la bande son qui, tout au long de la journée et des activités de chacun renvoie cris, hurlements, exécution d' hommes, femmes et enfant que l'on dirige vers les chambres à gaz. Les enfants jouent dans le jardin, les prisonnières juives et polonaise s'affairent dans la maison du commandant, tout semble harmonieux, même les discussions sur les meurtres de masse semblent normales... Puissant, profond et émouvant, le film bouleverse et montre enfin ce que l'on ne voit jamais et qui a bel et bien existé.
C’est un film éprouvant, souvent glaçant. Les scènes de vie quotidienne de cette famille qui vit une existence « normale » de l’autre côté du mur derrière lequel sont exterminés des milliers d’êtres humains ont quelque chose d’insupportable. D’autant plus que le sort de tous ces malheureux pénètre dans ce cocon familial par les objets sortis du camp (les vêtements, les dents avec lesquelles s’amuse le petit garçon), et en permanence par les bruits révélateurs de l’horreur. La bande son tient d’ailleurs un rôle essentiel dans la perception du film. Le choc procuré aux spectateurs est d’une grande force, d’autant cette situation reste incompréhensible, les deux pistes esquissées ne suffisant pas : la conjonction des intérêts particuliers de cette famille et de la forme que prend la politique génocidaire du pouvoir, l’absence de tout sentiment de culpabilité du fait que les ordres viennent de haut, d’un système parfaitement, voire admirablement, huilé et organisé. Au débit du film quelques choix de construction et de mise en scène qui visent plus à l’originalité qu’au service du propos.
Je n’ai pas du tout adhéré à ce cinéma qui se veut clairement intello. On a presque mauvaise conscience tellement on manque de sentiment en résonance à un film froid sans profondeur .
Des années que je n’avais pas vu un film aussi impressionnant. Il restera longtemps dans ma mémoire. Une expérience cinématographique inédite, terrible, cauchemardesque. Incroyable.
Ce film, réalisé avec une intelligence rare, décrit parfaitement, à travers l’évocation du mode de vie du directeur du camp d’extermination d’Auschwitz durant la seconde guerre mondiale, le fonctionnement de la société d’aujourd’hui. De brillants capitaines d’industrie mettent toute leur énergie à développer des concepts technologiques à l’efficacité redoutable sans s’inquiéter le moins du monde des dégâts collatéraux qu’ils génèrent. Le bruit et les odeurs engendrés par l’élimination physique de ceux qui n’appartiennent pas à la catégorie de ceux à qui ils daignent accorder le droit de vivre, ne parviennent pas à atteindre l’intérieur de leurs luxueuses villas. Coupés du monde réel ils sont, et pourtant ils le dirigent avec l’assentiment des populations concernées. C’est incroyable et néanmoins vérifiable par tout un chacun et à chaque instant.
On a tout compris au bout de 5 minutes et ensuite il ne se passe rien de plus. Pourtant le réalisateur insiste, et déroule sa technique, un peu scolairement et ça devient carrément lourd. Certains crient au génie, d'autres constatent que le roi est nu... Car on aurait attendu davantage autour de cette idée intéressante (mais pas du tout originale, cf. Le Jardin des Finzi-Contini par ex), mais c'est convenu, c'est vide et on s'ennuie ferme....
On alterne entre monotonie et soubresauts de vérités, tout en restant sur une longueur calamiteuse de complaisance.
Les écrans noirs, rouges, sont là pour alarmer et rendre un peu moins bucolique le propos présumé soutenu. J'insiste sur le présumé puisque ce film ne soutient rien, n'apporte même pas un devoir de mémoire hormis le cut - à débattre - sur le personnel qui s'occupe du musée du mémorial d'Auschwitz à notre époque.
Bref, un groupe complet de spectateurs à la sortie se sont accordés à être insurgés d'avoir passé plus d'une heure trente à regarder des nazis se complaire à faire pousser des fleurs et des légumes, tout en incarnant un tantinet l'horreur d'être des mauvais employeurs pour personnel de maison.
Un film qui ne remplit ni le devoir de mémoire, ni l'émotion chez le spectateur. Musiques stridentes ne suffisent clairement pas.
La vie familiale du directeur du camp d'Auschwitz. Le contraste saisissant entre l'extérieur visible et l'interieur jamais montré du camp fait travailler l'imagination. C'est filmé de façon chirurgicale, sans pathos. On se demande vraiment comment cela a été possible. A voir.
Malgré un angle d’approche intéressant et des moments forts qui rythment le film, sinon ennuyeux, on aurait pu insister sur le côté beaucoup plus mécanique de Hoss (ce qu’on voit très bien dans "La mort est mon métier" de Merle). Néanmoins, c’est tout l’objet de cette banalité du mal. spoiler: Les scènes où la petite fille plante des pommes dans la terre pour les prisonniers auraient pu être beaucoup plus claires.
On aurait pu insister davantage sur l’endoctrinement des enfants, qui n’ont aucun intérêt dans le film, sinon de jouer, de se chamailler.
Ce film demeure intéressant lorsqu’il s’agit de montrer plus explicitement la Shoah : traces de sang, os, fumées noires, alertes sonores. Les dernières minutes du film sont fort surprenantes et nous apparaissent sans aucune transition avec ce qui précède, ce qui constitue à mon avis la meilleure scène de ce film.
Je n'ai pas été emballé par ce film, j'attendais plus d'interactions entre les habitants de cette maison proche du camp et ce qui se passe dans les camps. J'attendais qu'ils posent des questions au père (époux), mais ils sont dans l'absence de questions et de réaction par rapport aux bruits des coups de feux, fumée des crématoires, aboiements des chiens. Mais aucune question, aucune réaction. Du coup pas de partie humaine sensible dans ce film. Intéressant mais pas émouvant.
Inattendues mais heureuses retrouvailles avec le cinéma de Jonathan Glazer, 11 ans après le choc Under The Skin. À l'époque, je m'étais jeté corps et âme dans la gueule de son brûlot de science-fiction abstraite et sensorielle sans la moindre information à son sujet.
Grand Prix du festival de Cannes en poche, cette Zone d'intérêt porte depuis bien son nom tant l'effervescence à son sujet relève de l'exploit pour un film indépendant comme celui-ci. Fait notable, le livre de référence, à priori foncièrement mauvais et qui se basait sur un triangle amoureux, n'a servi que de caution et de prétexte à Glazer qui n'en a conservé que l'unité de lieu.
J'avais choisi d'attendre le bon moment avant de donner sa chance à ce nouvel essai, nourri par un espoir mais aussi une crainte :
L'espoir de revivre un geste de cinéma radical comme avec Under The Skin d'une part, mais aussi une crainte, celle d'un dispositif si fort, qu'il s'essoufflerait trop vite tout en étouffant le reste d'autre part. Fort heureusement, il n'en est rien.
Nous retrouvons quelques éléments familiers, propres au cinéma de son auteur, comme l'entrecoupement de la trame principale par des moments d'abstractions récurrents, en rupture avec le reste du métrage, tous bâtis autour de cartons noirs, rouges et blancs, pas sans rappeler un certain drapeau. Dès le début du métrage, le rythme nous est imposé. Glazer ouvre le bal sur un monochrome surplombé par la musique expérimentale rallentendo de sa compositrice attitrée, Mica Levi.
Verdict ? Le film réussit l'exploit, de par sa narration, l'épaisseur donnée à ses personnages ou encore l'approche voyeuriste dans la disposition des caméras, toujours à distance, à nous faire regrettablement oublier, par moments, le contexte dans lequel nous évoluons. Ainsi chaque irruption du hors-champ, qu'elle soit visuelle ou auditive, est un électrochoc, un rappel à l'ordre brutal et répulsif pourtant dépourvu de toute violence graphique. Ces incursions venant rompre la partition (en surface) millimétrée, suivie tambour battant par la famille Höss.
Renforcée par la sublime, mais tout autant clinique photographie de Łukasz Żal, la sensation de vase clos, mis à part quelques excursions en nature, réduit malgré eux les protagonistes et leurs environnements à leurs strictes fonctions : travail, rôle familial, maison comme forteresse. Cette illusion trouvera un point de rupture en la personne de la mère de Mme Höss.
Sans jamais diaboliser, Glazer choisit de poser son regard sur les bourreaux et présente la vision Nazie dans toute son implacable froideur, évoquant frontalement sa portée industrialiste, réduisant ses victimes à de vulgaires ressources, vidées de toute substance et d'humanité. La mise en garde vis-à-vis de toute forme de rédemption salvatrice termine son propos sur une régurgitation qui ne viendra finalement jamais.
Par légères touches, le film laisse entrevoir les failles et paradoxes de ce codex de fantasmes faussement purs sur lesquels se fonde cette idéologie : Comme l'acceptation aveugle de la solution finale qui reste malgré tout, gardée à l'étage, derrière des rideaux soigneusement fermés. Représentation filmique des Singes de la sagesse ? Ou encore l'exacerbation du côté carriériste des individus dans un contexte fasciste qui prône pourtant, l'union sacrée autour de valeurs et de rejets communs.
Enfin, en sous-texte parcourant le métrage, on nous rappelle que l'Histoire, si elle est oubliée, ou simplement considérée comme passée, est vouée à se répéter. Pour total avertissement, le mimétisme sourd des enfants qui répètent et conçoivent par habitude.
Même si le scénario est original de mettre en parallèle la vie tranquille et agréable de la famille juste à côté du camp de concentration ce film est assez ennuyeux, il ne se passe rien! Et puis ces interruptions du film par des écrans noirs sont pénibles! J'ai cru qu'il y avait un problème technique au début du film!