La Zone d'intérêt
Note moyenne
3,7
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822 critiques spectateurs

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Lhommelecture
Lhommelecture

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2024
Très grand film.
Peut-être deux trois choses m’ont dérangé : les scènes en négatif, manque de scène sur l’horreur à Ausxchwitz.
jroux86
jroux86

17 abonnés 47 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juillet 2024
Il s’agit donc de suivre le quotidien, "atrocement banal" a-t-on envie de dire, d’un commandant du camp d’Auschwitz et de sa famille. De hauts murs séparent le jardin soigneusement entretenu par la maîtresse de maison et l’endroit où se déroulent les atrocités que l’on sait. Mais de ces atrocités, on ne verra rien ou presque. Invisibiliser à ce point les victimes de l’Holocauste, voilà un parti pris risqué qui aurait pu faire de ce film le plus abject qui soit. Il n’en est rien. Jonathan Glazer, malgré le manque à l’image qu’il nous impose, parvient à ce que jamais l’on oublie le véritable sujet (ou plutôt objet) du film.

D’abord, il y a le son. Et durant l’écran noir introductif, tandis qu’une longue série de sons oppressants se fait entendre, on comprend d’emblée que cet élément va jouer un rôle important. Et le cinéaste de poursuivre par l’image : dans l’une des toutes premières scènes, le commandant nazi, lors d’une promenade dans la nature qui jouxte le camp, fait percevoir à son jeune fils le cri d’un héron qui résonne au loin : "Ecoute" lui dit-il. Mais cette injonction semble davantage s’adresser au spectateur. Car si l’on entend bien le cri de l’animal, ce qui s’impose surtout à nos oreilles – et donc à notre esprit – ce sont les hurlements sauvages des officiers SS en train de mener un convoi de juifs (derrière les hautes herbes, on ne verra rien). Les "sale rat" et autres insultes fusent. Ou comment traiter les humains comme de vulgaires… animaux. La "zone d’intérêt" est donc bien différente selon que l’on se place du point de vue du spectateur ou de celui des personnages. Une illustration on ne peut plus manifeste du déni de réalité dont sont frappés ces derniers.

Autre élément remarquable, la manière de filmer, justement, ces personnages. La caméra est la plupart du temps fixe, à distance. On ne verra jamais les visages en gros plan. L’œil de la caméra reste froid pour que le spectateur ne ressente pas d’empathie. Pour autant, les protagonistes ne sont pas présentés comme d’infâmes bourreaux sanguinaires. Leurs préoccupations pourraient être les nôtres : embellissement du jardin, éducation des enfants, vacances à la campagne, ambitions professionnelles… Pas d’empathie donc mais, tout de même, ces êtres nous ressemblent, ce qui ne manque pas de susciter des questions.

Les éléments du scénario ont également une grande importance, ils viennent sans cesse rappeler ce qui se joue derrière les murs. Même au plus fort des enjeux "dramatiques" pour le couple nazi ( spoiler: la séparation pour des raisons professionnelles
), les raisons qui font évoluer leur situation personnelle sont toujours plus fortes, tragiquement parlant, que les conséquences qu’elles impliqueront sur leur vie – et qui constituent l’intrigue apparente. Ainsi quand le commandant du camp, malgré l’efficacité et le rendement (!) que chacun semble lui reconnaitre, se voit contraint de muter ( spoiler: et donc de quitter sa femme qui veut rester dans leur maison
), c’est pour devenir inspecteur en chef de tous les autres camps d’extermination. Et l’on frémit à la pensée de ce que cette "efficacité" produira comme dommages sur les véritables victimes de ce changement de situation.

Enfin, il ne serait pas tout à fait exact de dire qu’il n’y a rien à l’image. On aperçoit quelques détails lugubres : de la fumée, une lumière dans la nuit provenant des cheminées, des personnes indisposées par l’odeur… Mais, fait notable, jamais Glazer ne s’attarde sur ces détails. Lorsque qu’ils apparaissent dans le cadre, la coupe arrive très vite et l’image ne s’attarde jamais pour ne pas sombrer dans la morbide complaisance.

D’un point de vue moral, La Zone d’intérêt déjoue donc bien des embûches car ce que l’on ne voit pas à l’image est toujours compensé par un élément nous ramenant à la véritable tragédie qui se joue. Tout en la maintenant dans le hors champ, Glazer parvient à rendre celle-ci visible par le biais de l’imagination. Puisqu’elles nous sont ici refusées, il nous revient de produire les images du drame nous-mêmes. Et si nous n’y parvenons pas, si notre esprit les rejette, c’est peut-être pour nous en révéler l’insupportable horreur. Le parti pris de Glazer est audacieux. Il a le mérite de susciter la curiosité et ravive "avec intérêt" le vieux débat sur la représentation de la Shoah à l’écran.
David Warnery
David Warnery

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 février 2024
Film que je n'hésite pas à qualifier d'extraordinaire tant il fait appel à l'intelligence et à la sensibilité du spectateur.
Rien n'est montré mais tout est dans la bande-son . Et comme toujours, comprenne qui pourra.
Paulin S.
Paulin S.

10 abonnés 46 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 octobre 2024
Glazer pose sur la table une proposition forte, qui perturbe et instaure le malaise. Difficile de rester de marbre face à ce film, sujet dur évidemment, mais son approche est plutôt fascinante.
Le PLAN FIXE, maître mot dans la réalisation de Glazer. On ne peut lui enlever son talent pour cadrer, c'est un cadreur, l'essence même du cinéma. Cadres desquels transpirent l'implicite par des suggestions certes furtives mais qui restent glaçantes et puissantes.
Formellement c'est brillantissime, c'est un grand cinéaste.
Cependant passé cette ingéniosité dans l'image, on se doit d'admettre que le film présente un certains ennui, une certaine répétition qui devient lassante au termes du visionnage.
Le film reste une réussite.
Constantin Caulet
Constantin Caulet

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 février 2024
Je voulais revenir sur La Zone d'Intérêt. Malgré ce que m'a dit mon ami en sortant de la salle : "C'est chiant" et sa compréhension parfois complexe (l'alternance noir et blanc/couleur, le fondu au rouge sang ainsi que les agents d'entretiens d'Auschwitz), je pense que c'est un excellent film pour sa réalisation exemplaire et sa beauté. Pour ilustrer mes dires, je vais utiliser deux points.
- Le premier, dans la dernière scène du film, ilustrera plus la réalisation. Dans cette scène, on voit Rudolf Höss tourner la tête puis, après un cut net, on voit une lumièrre au travers du judas d'une porte. Le fait qu'Höss tourne la tête nous fait penser qu'il voit ce que la caméra nous montre sur le plan d'après. De plus, l'image nous fait penser à la mort à cause de la "lumière au bout du tunnel". Or, il voit le futur de son camp, donc après sa mort : c'est donc une parfaite mise en scène que Jonathan Glazer fait.
- Le second : juste un très beau plan. On y voit le personnage principale se retourner, une cigarette à la main, créant ainsi du rouge dans l'image, or, ce rouge est reproduit dans l'image de l'autre côté de sa douche pour sa piscine par la cheminé de l'incinérateu.
Auré03
Auré03

4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 février 2024
Film original qui sort des classiques sur la seconde guerre mondiale. Tout se passe dans le son, dans les paroles et c'est ce qui en fait sa force. Il est difficile de le décrire, car il nous sort de notre zone de confort.
À voir, sauf si film de guerre rime avec images de sang et d'armes.
Galatée
Galatée

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 février 2024
Bon film.
L'idée de départ est très originale mais je n'ai pas pris la claque que j'attendais.
A voir néanmoins.
Didier PETIT
Didier PETIT

3 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 février 2024
Sans intérêt….après un démarrage tout en longueur et même si le sujet est intéressant, la réalisation manque de rythme et on n’arrive pas à apprécier ce film.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 février 2024
Scène de piquenique bucolique au bord d’un lac, suivant un écran vide gris foncé pendant plusieurs minutes, assez insupportable. Un chant d’oiseau et cette famille heureuse au bord du lac…ainsi débute « La zone d’intérêt » du réalisateur britannique Jonathan Glazer…retour du lac en Mercedes noire siglée SS dans une villa où un père de famille aimant reçoit ses cadeaux d’anniversaire…quand arrivent des ingénieurs glaçants, spécialistes de l’optimisation de l’extermination des déportés…Madame, Hedwig, veille sur sa petite famille, ses cinq enfants, fait admirer son jardin à sa petite dernière comme à sa mère venue d’Allemagne la visiter… Pourtant, si on regarde bien, si on écoute bien, il n’est pas certain que, concernant ce lieu d’habitation, l’on puisse retenir le terme « paradis ». En effet, de l’autre côté du mur qui borde un des côtés du jardin, il faut être aveugle pour ne pas voir un mirador, pour ne pas voir de la fumée s’échapper d’une cheminée, et il faut être sourd pour ne pas entendre un certain nombre de bruits qui ne présagent rien de vraiment sympathique : des cris, des coups de feu, des ordres, des chiens qui aboient, des trains qui partent ou qui arrivent. Tout cela n’a rien d’étonnant, puisque l’action se déroule dans ce que les nazis ont appelé « la zone d’intérêt », une zone de 40 km2 entourant le camp de concentration d’Auschwitz et que, de l’autre côté du mur, se trouve le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, qu’on est au début des années 40 et que, si la famille Höss a droit à une si belle demeure, c’est parce que le SS-Obersturmbannführer Rudolf Höss est le commandant de ce camp. Un camp d’Auschwitz, qui tourne à plein régime mais qui reste hors champ… à l’exception de quelques incursions dans le bureau de Höss, bureau dans lequel cet excellent mari, ce père de famille exemplaire, se permet quelques familiarités avec une jeune déportée, d’un côté la vie d’une famille modèle dans l’esprit du national-socialisme, plutôt petit bourgeois, de l’autre l’usine de la mort…d’un côté une image faussement innocente de colons aryens , de l’autre le son terrible de la réalité et ces panaches de fumée… Hedwig, vit à 50 mètres de l’horreur mais elle ne cherche pas à savoir ce qui se passe de l’autre côté du mur, un mur qu’elle s’est efforcée de cacher en plantant une vigne. Tout juste dira-t-elle à sa mère venue la visiter que, de l’autre côté du mur, il y a, peut-être, une femme chez qui sa mère faisait les ménages…. Ce couple Höss est magistralement interprété par Christian Friedel et Sandra Hüller qui réussit l’exploit d’être présente (et remarquable !) dans les deux films qui ont le plus marqué le Festival de Cannes 2023, « La zone d’intérêt » et « Anatomie d’une chute », mais qui a été privée du Prix d’interprétation féminine qui lui tendait les bras par le règlement relativement récent qui interdit de donner un prix d’interprétation à un ou une interprète du film ayant obtenu la Palme d’or. Là elle est parfaitement transformée en mutti allemande, blonde à la coiffure macarons, souliers plats, démarche gauche…si bien que je n’ai pas spontanément reconnu la Sandra de « l’anatomie d’une chute » … Quand son mari est promu quelques temps pour un autre job, Hedwig se bat pour rester à Auschwitz avec ses enfants et elle y parvient…Je n’ai pas tout compris dans ce film, notamment ces séquences en noir et blanc où l’on voit une jeune femme monter dans un terrain accidenté, cacher quelque chose dans un talus, veut-elle entrer dans le camp ? Sauvez les déportés ? Symbolise-t-elle la honte cachée d’Hedwig ? Mystère, comme cette disparition de la mère de Hedwig, a-t-elle perçu la réalité d’au-delà du mur ? Il n’empêche, « La zone d’intérêt » est un film remarquable, un film qui se voit, un film qui s’écoute, un film magistralement interprété et qui fait réfléchir quant au potentiel de cruauté et de négation dont peut faire preuve l’espèce humaine.
Françoise Gaty
Françoise Gaty

5 abonnés 2 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 février 2024
À éviter, aucun sentiment, rien ne passe à travers ce film, des écrans noirs ou rouge, des bruits mais qui laisse quasi indifferent
ana
ana

18 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 février 2024
Beau film bien tourné, mais je trouve l'histoire creuse. Ou je n'ai pas compris l'intérêt de montrer la vie ordinaire de cette famille qui vit à côté du camp d'Auschwitz. Beaucoup trop long à mon goût, du coup, je me suis ennuyée
T KSK
T KSK

2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 21 février 2024
On est allé le voir avec ma femme au cinéma et on a quitté la salle avant la fin. A force de trop vouloir montrer la "banalité du mal" on se retrouve avec un film... banal et fade. On est plongé dans la vie quotidienne d'une famille de nazis à côté d'un camps. Je n'ai vraiment pas accroché.
Aubeduvar
Aubeduvar

3 abonnés 44 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 février 2024
Longs plans qui n'apportent rien d'autre que la confirmation que le temps passe très lentement en regardant ce film soporifique. On comprend assez rapidement le propos et la méthode, tous les deux louables, mais la manière de faire s'enlise dans l'insignifiant. On est très loin de "la mort est mon métier".
naitsyrk
naitsyrk

23 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 février 2024
Film exceptionnel à voir absolument. Un chef-d'œuvre de justesse et finesse dans la suggestion de l'horreur.
marcandrez
marcandrez

11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 février 2024
Film terriblement dérangeant. C'était le but, j'imagine et c'est vraiment réussi. La banalisation de l'horreur. Mais plus qu'une histoire, c'est une ambiance qui nous gagne et qui s'imprègne. Tout se passe dans la tête. Il est vraiment à voir, surtout par les temps qui courent !
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