Sophia Antipolis
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Stéphane C
Stéphane C

75 abonnés 389 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 1 novembre 2018
Après avoir évoqué l'errance dans "Mercuriales", j'ai trouvé ce film ennuyeux, sans intérêt et tout aussi destructuré... Je n'aime définitivement pas le cinéma de Virgil Vernier qui tente de radiographier la société sans jamais y parvenir...
Robin M
Robin M

84 abonnés 283 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 novembre 2018
Lien : https://lecinemaduspectateur.wordpress.com/2018/11/01/sophia-antipolis-le-present-et-le-territoire/

Le cinéma de Virgil Vernier se caractérise par le territoire dans lequel il s’inscrit, comme espace se définissant à la fois par son histoire (Orléans en 2013), son urbanisme (Mercuriales en 2014) ou sa sociologie (Sophia Antipolis en 2018). Cinéaste-topographe, il sonde le paysage, et la communauté qui le façonne et qui en subit les pressions, afin d’en extraire une cartographie des imaginaires, collectif et intimes. Simulant et reproduisant une réalité « documentaire » – dans le sens qu’elle repose sur un fondement extradiégétique –, le réel cinématographique de ses œuvres se forge dans la mystification d’un lieu dans lequel se déplacent et s’entrecroisent des destinées individuelles. Petit précis d’ethnographie fictif, Sophia Antipolis se livre à travers les échos et les surgissements de ses différents personnages : ces jeunes femmes sorties de l’adolescence voulant se refaire la poitrine, ces deux femmes esseulées qui se lient au travers d’une secte, ces vigiles qui forment une milice, cette jeune Sophia/Sonia dont le meurtre teinte l’œuvre, cette amie qui (se) raconte l’histoire de cette dernière.

Technopôle fondée en 1969, Sophia Antipolis est un lieu sans historicité – ni vestiges d’un quelconque passé, ni possibilités d’un autre futur même abstrait. Assujettis à un présent dont la pesanteur est palpable, les personnages errent dans un espace sans mythologie ou imaginaire. Perdu dans cet temporalité sans rêve, l’un d’eux (Bruck) ne parvient pas à inventer une histoire pour endormir la petite fille de son collègue. Il ne se rappelle alors que de celles des Trois Petits Cochons que l’enfant connaît par cœur. Le choix de ce conte n’est pas anodin, tant il renvoie à cette nécessité d’un monde protégé, la maison, de toutes turbulences extérieures, le loup. Chacun construit ses propres remparts, bien souvent illusoires, pour s’accorder à la recherche généralisée de stabilité, nouvel eldorado laissé par la recherche, dénaturée et dénaturante, de perfection du siècle précédent. Emprisonnés dans un présent comme seul repère, les habitants de Sophia Antipolis cherchent à effacer les traces de changement : qu’il s’agisse de nier la fuite de sa fille, de remettre à neuf le lieu d’un crime ou d’être dégouté(e) puis interloqué(e) par le fait qu’un homme brûlé à 92 % puisse continuer à vivre comme avant.

Sophia Antipolis pourchasse les stigmates d’une apocalypse sociétale. Sans recourir à la fiction, il filme simplement les titres des différents articles de la presse qui témoignent de cette montée d’une peur pathologique et collective. Virgil Vernier interprète la perte de sens et le sentiment de vide qui gangrènent les sociétés contemporaines. Énonçant les caractéristiques d’un obscurantisme postmoderne, le cinéaste expose dans ce décor de « toc » deux tendances alarmantes. D’un côté, le choix d’un mysticisme de pacotille – reposant sur un numéro d’hypnose – créant un nouveau lieu social entre des personnes isolées, une mère dont la fille a fui, et désemparées, une femme vietnamienne errant depuis la mort de son mari français « qui avait le double de [son] âge ». De l’autre, l’exacerbation d’une violence hypothétique, peut-être même fantasmée, à l’instar de ces fausses scènes d’agression durant un cours de krav-maga. Un goût pour la violence qui s’affirme à travers les agissements de cette milice improvisée, symbole d’un retour de la loi du plus fort (ou du plus intégré socialement), dont l’un des membres porte un gilet pare-balles dont l’utilité semble spéculative.

Néanmoins, Virgil Vernier traque un reliquat d’utopie dans cette réalité morose, voire sinistre. Il s’enquiert des miettes d’un paradis onirique là où l’individu, et par extension le spectateur, s’y attend le moins : dans une zone industrielle où des paons sauvages laissent derrière eux des plumes ; dans le fond d’un bus où un petit garçon propose des tours de magie ; dans une expérimentation cosmique qui se dissout dans la pellicule. En refusant tout schématisme ou misérabilisme, le cinéaste convoque les chimères du présent et renoue avec l’idéal pasolinien d’une œuvre d’intervention politique qui l’est, justement, parce qu’elle est son propre manifeste poétique.
Ladyoscar L.
Ladyoscar L.

6 abonnés 50 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 3 novembre 2018
j’avais adoré « Mercuriales » et tenais à découvrir le nouveau film de Virgile Vernier... quelle déception, quel ennui,... ce film transpire le pessimisme et dresse des portraits de personnages se perdant dans des idéaux creux voir extrémismes et violents. Ici l’Homme ne croit plus en grand chose. Le réalisateur multiplie les personnages et les situations. On passe d’un récit à l’autre brutalement et sans vraiment saisir le pourquoi (et du récit et de la coupe brutale). Bref dommage.
djams
djams

38 abonnés 124 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 13 novembre 2018
Film absolument inutile car on ne comprend absolument pas où on veut nous emmener. J'ai vu des scènes décousues négatives qui n'apportent rien à ma réflexion. Dommage.
Chris CD
Chris CD

11 abonnés 20 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 novembre 2018
Un mixe de problèmes sociétaux : la quête absurde d’une fausse perfection, la violence, le sentiment d’insécurité, la solitude, la recherche de spiritualité dans une ville artificielle et inquiétante. J’ai aimé l'hésitante construction du puzzle ou chaque histoire construit peu à peu l’image de la ville. Malheureusement, le scénario est incomplet et je suis restée un peu sur ma faim.
innocom
innocom

5 abonnés 32 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 novembre 2018
Magnifique, excellent !
Grand silence après la dernière image, grand silence qui se poursuit tout le long du générique et jusqu’à la fin complète et même encore au-delà lorsque la salle se rallume : impressionnant ! Un public comme sous le choc …Effectivement le film est étonnant, puissant, déconcertant, surprenant et tout à la fois simple, clair et limpide. Les scènes sont captivantes ou intrigantes et/ou donnant naissance à réflexion. Le plaisir est immense de voir un réalisateur puissant tenir la barre et nous mener dans des contrées encore jamais vues au gré des surprises et des tensions !
Nicolas06600
Nicolas06600

2 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 janvier 2021
Film nullissime... Sans queue ni tête... Prétexte pour pomper quelques subsides aux régions, au CNC, etc. et peut-être même se faire payer un séjour sur la côte d'azur aux frais des contribuables... Aucun intérêt social, culturel, historique, technique...
Quand aux lieux, j'ai passé plus de 40 ans à arpenter les collines de Sophia Antipolis, je ne reconnais presque rien.... Et pour cause, le générique est clair, une grande partie semble avoir été tournée à Bordeaux. Alors pourquoi Sophia Antipolis.... ?
Bref, on se moque du monde....!!!!!!
alouafi
alouafi

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3,5
Publiée le 23 mars 2026
Virgil Vernier filme à Sophia Antipolis, un endroit qui s'est déjà retiré de lui-même, une technopole construite dans le vide pour abriter le vide. Le nom de Sophia, une sagesse grecque appliquée sur le béton d'une utopie libérale, désigne une disparition fondamentale. Quelque chose s'est effacé avant même que la caméra n'arrive. C'est cet effacement que le film tente d'approcher patiemment, sans jamais le résoudre.

Le grain du 16 mm rend l'image moins claire au moment où elle se dévoile. Chaque plan devient une surface résistante. Voir semble toujours impliquer de ne pas voir tout à fait. L'image porte en elle l'impossibilité de sa propre transparence. Le corps carbonisé d'une jeune fille, encore Sophia, dépasse toute logique de signification et d'enquête. Il reste irréductible, autour duquel le film orbite, sans jamais l'atteindre. Ce qui est brûlé à ce point appartient à un espace entre la vie et la mort. Vernier filme ce neutre dans chaque visage errant.

Il y a l'adolescente dont on dessine les seins au feutre noir, comme pour marquer les contours d'un territoire à conquérir sur son corps. Il y a la femme vietnamienne que la secte prend en charge dans sa solitude, sans la guérir. Il y a aussi le grand brûlé sur le parking de l'hôtel qui continue à se tenir debout, d'une manière étrange, avec ce qui aurait dû disparaître. Ces personnages cherchent à appartenir, c'est-à-dire à disparaître dans quelque chose de plus grand qu'eux, que ce soit une milice, une communauté ésotérique, une chirurgie ou une hypnose. Peu importe la forme, tant qu'elle les libère de l'extérieur, de cette exposition sans abri que Sophia Antipolis leur inflige sous un soleil qui ne réchauffe rien.

Lorsque la voix énonce, dans le moment le plus étrange du film, la liste des catastrophes réelles et imaginaires, des apocalypses juxtaposées dans la même phrase avec la même gravité, le soleil se couche à l'ouest, vers la direction interdite. On comprend alors que Vernier a filmé quelque chose de plus ancien qu'une société : la rumeur d'une fin qui ne commence pas, toujours en train de se produire. L'image en 16 mm, opaque et résistante, brûlée elle aussi, en est le seul témoin possible.
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