La Vie scolaire
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poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 septembre 2019
Avec son compère de cinéma Mehdi Idir, Grand Corps Malade s’était lancé, en 2017, dans l’aventure de la réalisation d’un film en adaptant son propre livre autobiographique intitulé Patients qui racontait le quotidien, dans un centre de rééducation, de jeunes gens traumatisés à la suite d’un accident. Cette première incursion du côté du cinéma, plutôt réussie, non seulement se confirme mais se bonifie avec la sortie de La Vie Scolaire. Certes, à nouveau, les deux réalisateurs ne prennent pas de gros risques puisqu’ils mettent en scène les propres souvenirs de collège de Mehdi Idir aux Francs-Moisins, un établissement sensible de Saint-Denis, souvenirs auxquels se rajoutent quelques autres témoignages. Ils ne se hasardent pas hors de leur propre sphère, mais ne cèdent pas pour autant à la facilité et proposent un film bourré de qualités.
La première et la principale qualité du long-métrage, c’est qu’il adopte un point de vue. Ce qui impressionnera probablement tous ceux qui verront ce film, c’est le personnage de la conseillère principale d’éducation (CPE), qui en est, clairement, le centre. Toute nouvelle arrivée dans ce collège, alors qu’elle vient d’une toute autre réalité que celle de Saint-Denis puisqu’il s’agit de l’Ardèche, elle se prénomme Samia (Zita Hanrot) et n’en prend pas moins à cœur sa mission. C’est par son regard, c’est de son point de vue, que l’on découvre les enseignants, les surveillants ainsi que les élèves du collège. Or ce regard ne cesse de s’affiner au long du film, donnant à ce personnage une épaisseur et une humanité qui ne peuvent laisser indifférent. D’autant plus que quelque chose d’elle, de sa vie en dehors du collège, se dévoile : si Samia a quitté l’Ardèche pour la Seine-Saint-Denis, c’est pour pouvoir visiter régulièrement son compagnon qui, lui, est incarcéré, non loin de là, dans un établissement pénitentiaire.
Or, l’une des ficelles scénaristiques du film, qui n’a d’ailleurs rien d’extravagant mais, au contraire, s’accorde à merveille avec le propos, c’est que, dans la même prison, est détenu, depuis deux ans, le père de Yanis, un des élèves du collège. Ce Yanis, garçon perturbé (on le comprend) et perturbateur, ne croyant pas que ses études puissent lui servir à grand-chose, se détache du groupe des élèves pour devenir l’une des figures centrales du film. Disons qu’il fait partie des collégiens qui, par la force des choses, ont le plus affaire à la CPE. C’est, entre autres, et, peut-être, de manière privilégiée, par sa relation avec Yanis que l’on perçoit le mieux les qualités d’écoute de Samia ainsi que sa volonté de donner des chances sinon de réussite, en tout cas d’une vie sociale apaisée, à chacun des élèves, y compris, ceux qui, comme Yanis, semblent déjà faire partie des laissés-pour-compte.
Samia apparaît comme un personnage exemplaire, il faut le dire, et je ne doute pas une seconde qu’on puisse en trouver de semblables dans l’éducation nationale. Elle ne se laisse pas détourner de sa mission, pas même par ses problèmes personnels. Quand elle se doit de sanctionner l’un des surveillants pour faute grave, elle le fait de la manière la plus discrète possible pour ne nuire ni à ce dernier ni à l’établissement. Et quand elle apprend qu’un des élèves qui dérobe de la nourriture à la cantine et qu’elle a donc dû sanctionner ne le fait que pour venir en aide à ses proches dans le besoin, à sa famille dont les membres ne mangent pas tous les jours à leur faim, elle en tire aussitôt la leçon et adopte une mesure qui puisse donner une aide précieuse aux élèves issus de familles en grandes difficultés sans, pour autant, leur donner le sentiment d’être des assistés. C’est un exemple, parmi d’autres, qui me permet de souligner la beauté de ce personnage de CPE, superbement écrit et interprété à la perfection par Zita Hanrot. Ce qui me conduit, pour finir, à faire l’éloge de tous les autres acteurs et actrices du film, la plupart non professionnels, avec une mention particulière pour les adolescents qui jouent, de manière bluffante, leur propre rôle.
Fargo Boy
Fargo Boy

104 abonnés 185 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 septembre 2019
Sur le fond et la forme c'est un très bon film avec une excellente interprétation de tous les acteurs.
Mais si vous avez vu "entre les murs "film palme d'or à Cannes en 2008, il s'agit là d'une copie conforme à l'original. Rien de bien nouveau.
Steefen Z
Steefen Z

8 abonnés 53 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 septembre 2019
Très vulgaire ! Un peu trop à mon goût
Si c'est ça le milieu scolaire en banlieue, je dis chapeau au CEP et aux enseignants. Bon film mais très vulgaire
Justine M
Justine M

1 abonné 1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 2 septembre 2019
Ennuyant, vulgaire, décousu ... Le film ne présente à mon sens aucun intérêt. Il est totalement cliché et donne une image désespérante de la vie scolaire. Affligeant !!
MaCultureGeek

1 164 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 octobre 2019
A peine ont-ils sorti deux films en duo que Grand Corps Malade et Mehdi Idir ont déjà confirmé leur statut d'auteurs réalisateurs français. Nouvelles têtes d'affiche de la comédie française populaire et sociale (mais pas trop), les deux réalisateurs/scénaristes reprennent des codes de leur excellent coup d'essai, Patients, en les mettant au goût du jour version jeun's dans un collège de banlieue en décuplant l'humour, quitte à virer parfois dans une abondance de gags pas toujours aussi fins que ceux de leur première collaboration, bien moins sociale et pathos.

On en retrouve d'ailleurs trois acteurs toujours aussi complémentaires : Alban Ivanov toujours déchaîné, Moussa Mansaly tourné en dérision quand il émouvait dans l'oeuvre précédente, et l'excellent Soufiane Gerrab, révélation de Patients dans un rôle à contre-emploi largement plus sérieux et pince-sans-rire, auteur de la majeur partie des répliques cinglantes marquantes de cette Vie Scolaire qu'il tient à bout de bras.

C'est aussi grâce au charme et au charisme de Zita Hanrot qu'il est autant mis en avant; de cette relation d'adversité qui évolue peu à peu sur un désir d'apprendre à mieux connaître l'autre (idée qui concerne autant les profs entre eux que la CPE face aux élèves) s'insinuent dans l'intrigue des moments intimes et charmants entre deux adultes perdus dans cette ville qui leur semble étrangère, entre le religieux pas bien sérieux sur ses pratiques et la pauvre femme perdue d'avoir trop aimé.

Elle même évolue principalement à l'image par le biais de la relation d'éducation qu'elle partage avec la surprise du film, l'amateur Liam Perron extrêmement humain et touchant, constamment juste et professionnel, parfois plus que certaines stars françaises des comédies populaires actuelles (la majorité du casting de Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu, Camping, les Dany Boon ou Les Profs). Perron, seulement venu pour accompagner sur le chemin du casting son ami Moryfere Camara, aura apporté à l'oeuvre sa plus grande profondeur.

Lorsqu'Hanrot amène l'idée qu'il pourrait faire un BTS cinéma au sortir du brevet, La Vie scolaire, par le choix de casting d'un amateur comme acteur principal, propose au spectateur une mise en abîme très juste à la base posée sur l'avenir de ces jeunes de cité délaissés par des professeurs désabusés/en burn-out, puis qui se précise jusqu'à finalement devenir un film autobiographique de ce jeune à l'avenir basé sur tout autre chose, et qui s'il n'était aucunement intéressé par le métier d'acteur au moment de croiser la directrice de casting, aura été engagé pour cette sincérité dans le comportement, cette authenticité qu'on perdu trop d'acteurs français formés au théâtre de manière professionnelle et maniérée, représentant en sorte le cliché de la Comédie française bourgeoise.

Homme du peuple, Pierron suit dans La Vie scolaire l'inverse de son parcours de vie, comme si le film représentait un miroir de son existence spoiler: , jusqu'à faire disparaître, en fin de bobine, la source de son arrivée dans le milieu du cinéma;
l'oeuvre épouse alors l'artiste, donne une vision personnelle de sa destinée inattendue au travers de quelques scénettes tantôt désespérées tantôt réjouissantes, n'évitant jamais les prédictions faîtes longtemps auparavant.

A voir le comportement de certains personnages, les liens qu'ils partagent, l'évolution de la personnalité de chacun, on devine tout comme si l'oeuvre ne cherchait plus à surprendre comme le faisait si bien Patients. D'un côté trop commun, la nouvelle oeuvre du duo oscille étrangement entre le long-métrage à l'humour rafraîchissant et le film social français aux jugements de valeur habituels, avec les mêmes dénonciations balancées à la truelle qu'on peut toujours prévoir un quart d'heure avant.

Même la dernière scène, terrible et belle à la fois, manque d'impact du fait qu'on comprend, dès le premier plan de l'épilogue, où voulaient nous conduire GCM et Idir pour le grand final. Il n'empêche qu'on espère une suite en s'attendant déjà aux scénarii possibles, aux nouvelles dénonciations de comportements immatures et forcés par la pauvreté, qu'on reconnaît finalement tous comme très communs mais plutôt justes, puisque filmés avec talent monstre et interprétés avec un naturel rare dans les comédies actuelles.

C'est peut-être aussi pour cela que ce duo marque autant : loin de la formation des cinéastes les mieux produits et les plus rentables de France, ils représentent à l'écran un naturel rarement croisé depuis des lustres (aucun exemple égalable ne me vient en tête, à part Patients) et l'imagent avec une simplicité sublime, le point d'orgue de cette réalisation fine se déroulant sur un plan séquence d'aller vers le collège, avec multiplication des personnages en guise de présentation du cercle d'ami de Pierron sur fond de musique rap montant crescendo dans le volume et la puissance de frappe.

Mis en forme de manière très talentueuse, La Vie scolaire amène de nouvelles manières d'imager l'humour à l'écran, et même s'il souffre de quelques critiques sociales moins finement amenées que précédemment, il n'en demeure pas moins une très bonne comédie française qui donne de l'espoir pour la suite de leur carrière, tant ils représentent avec une grande simplicité la réalité folklorique des banlieues de Paris et, à plus grande échelle, de la France entière.

Une oeuvre qui parle et apporte à toutes les générations issues de toutes les origines ethniques, sociales et culturelles de France et qui, dans sa manière d'uniquement caractériser ses personnages par les rapports sociaux qu'ils entretiennent, défend jusque dans son affiche l'idée que c'est la différence du nombre qui fait que l'on est humains, français. Dans La Vie scolaire, les personnages n'existent pas seuls et ne s'élèvent qu'en se serrant les coudes, en acceptant les autres. Par le dialogue vient l'introspection, la remise en question, et de cette remise en question découle l'acceptation des différences de l'autre, et l'espoir d'un avenir possiblement réussi pour ces jeunes de quartier aussi perdus que les adultes qui les gardent.

Une oeuvre qui laisse le sourire et prouve que Grand Corps Malade, pas seulement talentueux en musique, et Mehdi Idir s'imposeront, dans les années à venir, comme faisant partie des réalisateurs français de référence de toute une époque. Un plaisir simple, léger qui laisse le coeur léger et le sourire aux lèvres. Remercier une comédie populaire d'être drôle est tout de même catastrophique, vous ne trouvez pas?
stallonefan62

375 abonnés 2 925 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 mai 2020
Une bonne comédie dramatique servi par de bons acteurs, notamment Zita Hanron que j'ai trouvé très juste !! J'ai trouvé l'ensemble rafraichissant et bien rythmé
circusstar
circusstar

168 abonnés 732 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 septembre 2019
Un film réussi pour moi, une jolie sensibilité, un bon rendu, on sourit plus que l'on ne rit mais le sujet est intéressant, le casting est bien choisi. Un film que je conseille.
Henning P
Henning P

82 abonnés 283 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 septembre 2019
Après patients, le nouveau film de Grand corps malade et d'Idir, ne déçoit pas. Il est moins drôle que ce dernier mais il décrit avec réalisme une année scolaire dans un collège de banlieue. Les jeunes acteurs sont parfaits, notamment celui qui joue Yanis. Un film optimiste qui décrit un quotidien pas toujours facile mais qui grâce à des hommes et des femmes bienveillants permet à des jeunes en difficulté de trouver un cadre stabilisant. La banlieue en ressort grandit.

17/20
Wylan
Wylan

20 abonnés 169 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 septembre 2019
J'ai adoré ce film. Qui montre la réalité dans les ZEP et oui la vie n'est pas toujours aussi facile et simple pour tout le monde et ce film le montre et le traitre parfaitement bien sous forme de comédie dramatique. On en redemande, les acteurs adultes sont bons et les acteurs enfants sont tellement juste dans leurs jeux d'acteur pour la plupart novice chapeau à vous gamins.
Rourkewhite
Rourkewhite

107 abonnés 968 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 mai 2020
Agréable chronique scolaire et sociale, le film est plaisant à suivre et bénéficie d'un bel effort d'écriture et d'une bonne réalisation. Il s'avère souvent drôle et même très pertinent, notamment dans le parallèle évident entre profs et élèves! Alors même s'il ne déjoue pas tous les clichés du genre, ni les scènes convenues ou situations attendues, il fournit un effort constant de sincérité qui finit par emporter l'adhésion! Il doit beaucoup à la sublime Zita Hanrot et à la galerie de personnages secondaires hauts en couleurs qui mériteraient néanmoins des enjeux plus conséquents qui donneraient au film davantage de consistance. Léger mais pertinent et sympathique!
On regarde quoi ce soir ?
On regarde quoi ce soir ?

62 abonnés 868 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2019
Une comédie hyper attachante, spontanée et fraîche qui ne tombe jamais dans la caricature !
Samia Zibra débute comme conseillère principale d'éducation (CPE). Originaire de l'Ardèche, elle a demandé un poste en région parisienne. Elle découvre ainsi le collège en zone d'éducation prioritaire (ZEP) de la cité des Francs-Moisins, à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis. Elle y rencontre de nombreux problèmes, notamment le manque de discipline et la réalité sociale du quartier. Elle découvre cependant l'incroyable vitalité et l'humour (des élèves comme des surveillants) qui règnent dans l'établissement. Dans l'équipe des surveillants, Samia peut notamment compter sur Moussa, le « Grand » du quartier, et Dylan, le chambreur. Samia va peu à peu s'adapter à ce nouvel univers. Sa situation personnelle la rapproche de Yanis, un élève vif et intelligent avec un potentiel gâché par son insolence et mis dans la classe des « SOP » (sans options). Samia va cependant essayer de le sortir de son échec scolaire pour lui proposer un avenir meilleur.
C'est très ingénieux et super bien construit : filmer des moments simples de vie dans un collège tout sauf normal comme Moussa accrochant son manteau sur le porte-manteaux, les élèves descendant ou montant les escaliers... Une BO absolument géniale qui colle parfaitement au climat morose et mélancolique qui règne dans la vie de ces jeunes. Et que dire des acteurs, amateurs pour la plupart, qui sont exceptionnels. Une galerie de personnages tantôt attachants, tantôt tête à claques, le quotidien du 93 quoi ! Que ce soit le personnel encadrant ou les élèves, chacun apporte sa touche d'humour et d’affection : spoiler: Zibra la CPE s'investissant à 200% autant dans sa vie personnelle que professionnelle, Dylan le surveillant roi du Simpson challenge, Yanis ce collégien loin d'être bête mais à l'environnement peu propice à la réussite ("Madame, vous êtes belle"), Dewey le clown de service, Issa le géant doué en maths, Seikou dans une scène à mourir de rire avec sa gomme, Messaoud le sage prof de maths, Farid le mytho notamment la scène où il traduit des mensonges à sa mère ou encore le retard à cause d'un chien de la taille d'une antilope, Cindy (il y en a toujours une dans un collège ou lycée) la jeune fille précoce et sexy, Redouane le prof de sport au langage châtié et aux idées incongrues (ou novatrices c'est selon), Mamadi (?) le marathonien qui adore rappeler à Moussa que c'est le mec de son bâtiment, Driss (je sais plus exactement le prénom) le fan de musique qui a un réel talent...

Une conclusion de Yanis lucide et particulièrement vraie lors de son conseil de discipline sur la logique de regroupement des gens à problèmes en général : "et vous votre idée c'est de regrouper tous ces fous ensemble, c'est ça votre projet pour nous ?"
Benito G

760 abonnés 3 167 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2020
Un film certes, légèrement cliché mais avec justesse montrant une certaine réalité. La ou d autres films vont accentuer le côté quartier et compagnie. Ici cela sonne juste et l ensemble tient le rythme avec une CPE jouant brillamment son rôle. Certains verront que les gens "visés " pour faire court. Sont avec des origines de base pas tous française. Mais musulman, français... Font partie intégrante de la population et non seulement une minorité de quelques pourcents. Tout comme les problèmes rencontrés. De la façon, le sujet tape un peu plus que si cela avait été dans le sens inverse meme si cela avait peut-être emmené à moins d echange de la part du public. Tout le monde interprète leur prestation avec justesse. Meme si la finalité s avère assez facilement prévisible. Mais le but n etait sans doute pas de nous sortir un twist final psychologique. C est dernier temps plusieurs films ont touché de près ou de loin (les misérables dans les derniers sortie par exemple mais d autre également ou le sujet des problèmes de société sont récurrents). La on ne tombe pas dans l exces a base de wech wech toute les 5 minutes et fort heureusement. Pour le coup, cette thématique que l on voit dans des productions françaises, fonctionnent pour le coup. Contrairement à d autres abordant des thèmes réussi plus souvent par des productions US ou autre. Bref on passe un moment sympathique que l on soit déjà au courant ou non du mauvais fonctionnement. Bref une bonne surprise ou je m attendais a quelques chose de toi much. A voir sans attendre !
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

231 abonnés 1 511 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 septembre 2019
Ce film n'a aucun mal à surnager parmi les nombreuses comédies traitant de l'éducation, toutes souvent médiocres. Sans complaisance ni angélisme La Vie Scolaire porte son regard sur ce bureau finalement peu connu ou se côtoient la peur et la frustration des professeurs, les rêves et les larmes des élèves, les doutes et la sollicitude des CPE et des pions. Naviguant facilement entre comédie et drame ce film laisse entrevoir la lumière d'un avenir moins sombre qu'il n'y parait et n'oublie pas d'être politique quand il s'agit de dénoncer les manquements de l'école de la République. A voir.
S-Kayp
S-Kayp

178 abonnés 1 254 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mai 2020
Un mélange entre comédie et drame réussi pour parler de la vie scolaire dans un collège réputé difficile. Les dialogues sont top et font mouches.
Fêtons le cinéma

857 abonnés 3 693 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 février 2020
La très grande force de La Vie scolaire réside dans sa propension à ménager pour chaque cliché mis en scène un retournement dramatique qui nous invite à questionner nos préjugés et à réviser nos convictions préconçues : voir un élève se saisir de plus de pommes que le règlement de la cantine ne l’autorise apparaît de prime abord comme un affront fait à l’autorité et à l’équité, mais devient rapidement le signe manifeste d’une situation familiale précaire ; subir les insultes proférées par un élève conduit à l’exclure, alors que ces attaques verbales traduisent un profond mal-être, un désarroi qui ne peut s’exprimer autrement que par la vulgarité. Nos personnages sont des êtres tiraillés entre une situation professionnelle exigeante et une vie de famille mouvementée : petit-ami et père sont des ombres à la fois absente physiquement et omniprésente dans leur conscience ; entre l’école et la rue, entre Saint-Denis et l’Ardèche, on ne sait que choisir. Nos deux protagonistes principaux fonctionnent en miroir l’un de l’autre ; nul hasard par conséquent s’ils s’épaulent comme ils le peuvent, en restant dans le cadre scolaire. De la même manière, le groupe des élèves et celui des professeurs se ressemble à plus d’un titre : des soirées similaires – en témoigne le plan-séquence un peu trop long et pompeux qui juxtapose les deux milieux – aux mêmes bassesses langagières, tous sont renvoyés dos à dos, ce qui a le mérite de renouveler en partie l’image véhiculée sur l’école. Pas de misérabilisme, mais une énergie qu’incarnent le corps de la conseillère principale d’éducation, le corps enseignant (notamment le professeur de mathématiques) et celui des élèves : une énergie de la discorde, de la chamaillerie, du heurt mais qui laisse voir en creux les difficultés à trouver un vivre-ensemble, les compromis à accepter, les limites à ne pas franchir. Le film montre très bien la fracture qui sépare les enseignants et les élèves : un sincère désir de transmettre et d’aider anime les uns, un besoin farouche d’indépendance et un refus de se soumettre à l’autorité guident les pas des autres. Au milieu, un mur d’indicible, de tensions qu’il faut canaliser, encore et encore. Alors on pourra reprocher un optimisme parfois proche du meilleur des mondes – le cours de musique se transforme en table de mixage son – et une tendance fâcheuse à gonfler artificiellement la voix des adolescents de propos à thèse que l’on sait ne pas émaner d’eux, mais on ne pourra pas enlever à La Vie scolaire sa vitalité et la qualité esthétique de sa mise en scène, redoublées par un acte de foi en l’école républicaine qui rappelle si besoin que celle-ci est une chance.
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