Sony poursuit son exploration de l’univers Spider-Man avec ses personnages secondaires, souvent mal-aimés. Après un Venom inégal (sauvé par Tom Hardy) ou une Madame Web sans saveur, voici Kraven the Hunter. Le film revient sur les origines du chasseur légendaire, ennemi emblématique de Spider-Man, dans une origin story musclée et plus réussie qu’attendu.
Malgré une réception critique assez sévère (la moyenne tournant autour de deux étoiles), Kraven se révèle un divertissement solide. L’histoire tient la route, la mise en scène est énergique et les scènes d’action — notamment celles où Aaron Taylor-Johnson se déplace avec la puissance et la souplesse d’un prédateur — sont particulièrement bien exécutées. L’acteur, physiquement impressionnant et charismatique, incarne un anti-héros crédible, sauvage et tourmenté.
À ses côtés, Russell Crowe campe son père, un magnat mafieux brutal et glaçant, véritable figure d’autorité toxique. Cette relation père-fils, pleine de rancune et de blessures, apporte une dimension tragique bienvenue à ce récit de vengeance. C’est d’ailleurs dans ces moments plus intimes que le film trouve son souffle et sa profondeur.
En revanche, les ennemis secondaires — l’Étranger, doté d’un pouvoir hypnotique, et le Rhino, transformé par une carapace surpuissante — sont trop rapidement esquissés. Ils manquent d’impact et laissent une impression d’inachevé. Le film aurait gagné à se concentrer sur un seul adversaire fort pour renforcer la tension dramatique et la cohérence du récit.
Malgré ces faiblesses, Kraven the Hunter reste un divertissement efficace, visuellement percutant, rythmé et sans temps mort. Porté par un acteur principal totalement investi, le film s’impose comme l’une des meilleures tentatives de Sony pour enrichir son univers Spider-Man. Un film plaisant et généreux, qui, sans être inoubliable, offre un vrai bon moment de cinéma d’action.