Très belle surprise. Dialogues sicelés, montage dynamique et maîtrise, le film parle tendrement mais aussi de façon mordante du temps qui passe et de la nostalgie. Daniel Auteuil est merveilleux comme d'habitude débordant de désespoir et de tendresse. On voit naître en lui l'espoir dans ses yeux quand il revit son histoire d'amour passée. Le tout dans une mise en abîme poétique du cinéma lui-même. C'est drôle touchant. Bref super film. Bravo Bedos !,
Voilà encore un comédien, Nicolas Bedos, plutôt doué en substance, qui se met à la réalisation. Et quelle réalisation ! Elle déborde de moyens qui s'étalent dans les décors, les costumes, et la brochette d'acteurs célèbres. Le générique de fin fait tourner la tête, tant la liste des comédiens, des techniciens est longue. Cela laisse rêveur dans un contexte où nombre de réalisateurs inconnus ne parviennent pas à trouver des producteurs ou des distributeurs pour prendre le risque de les suivre. "La belle époque" confirme le triste adage qu'on ne prête qu'aux riches. Mais l'abondance de moyens ne fait pas le talent et c'est bien là tout le problème de ce film.
Naturellement, le sujet est ingénieux. Bedos mélange les temporalités à travers un homme d'affaires dont le métier est de reconstituer pour ses clients des périodes historiques de leur choix. En l’occurrence, Antoine que sa femme vient de quitter est replongé artificiellement dans le bar des années 70 où il a rencontré son épouse. Tout le film alors emporte le spectateur dans une série de quiproquos, rarement drôles, où les comédiens en font des tonnes pour les rendre crédibles. La longueur du film, au lieu de provoquer de l'intérêt, en rajoute dans la surenchère et les effets de style. Même Fanny Ardant joue Fanny Ardant dans ce qu'elle peut avoir de pire. Daniel Auteuil parvient, lui, au contraire, à sauver le récit de ce qui aurait pu être un véritable échec.
Ne passez pas à côté de "La belle époque". C'est drôle, émouvant, tendre et le tout sur un rythme soutenu. On ne s'ennuie pas une seconde et on sort de la salle avec un grand sourire
Un chassé croisé entre deux couples en souffrance que trois décennies séparent. D’un côté, Ardant-Auteuil alias Marianne et Victor, un tandem à bout de souffle après 40 ans de vie commune. Elle, psychanalyste snob, installée, veut exorciser la vieillesse. Pour ce faire, elle s’accroche, sans y croire vraiment, à son fils unique, (producteur de séries populaires, grisé par la réussite ) à son amant sans saveur et à la modernité ( même dans ses modes technologiques les plus absurdes ). Lui, dessinateur de presse et de BD en panne d’écriture, désabusé, s’isole au contraire dans la nostalgie et refuse totalement la société numérique. Malgré lui, il s’inscrit en double par défaut, en miroir de sa femme. Et à ce titre, Marianne le méprise, le maltraite et au final le chasse de leur luxueux domicile conjugal. De l’autre côté, Tillier-Canet alias Margot-Guillaume, des amants trentenaires infernaux, enfermés dans une passion destructrice, qui enchaînent ruptures et réconciliations. Lui self-made man autoritaire, narcissique et manipulateur, a créé avec succès La Belle Époque. Cette société offre à un public de nantis des expériences immersives sur-mesure, dignes des meilleures productions cinématographiques, pour découvrir ou revivre un moment du passé. Quand Victor, éconduit et triste, vient revivre sa rencontre avec Marianne dans les studios de La Belle Époque, ce sera l’occasion de dialogues tripartites, de mises en abîme, et d’une succession d’allers-retours entre fiction et réalité. Des coulisses aux studios, des studios à l’envers du décor - qui, paradigme inversé, est ici la vraie vie -, les personnages se livreront et se retrouveront.
Ce film questionne avec sensibilité la complexité de la vie conjugale souvent régie par des rapports de force, par une guerre des narcissismes en jeu de miroirs. Sans y prendre gare, les protagonistes, s’enferment peu à peu dans leurs rôles jusqu’à la caricature - dominant-dominé, manipulateur-manipulé... - et perdent leur vie, focalisés l’un sur l’autre de manière stérile voire destructrice. La Belle Époque interroge également la psychologie des réalisateurs et des acteurs qui se livrent de manière intime au public à travers leurs scénarios et interprétations. Les seconds deviennent les jouets des premiers, le temps d’un tournage où fiction et réalité s’entremêlent. Profondément nostalgique, Nicolas Bedos jette enfin un regard tendre sur les années soixante-dix qui apparaissent bien désuètes et douces vues de notre temps hyperconnecté, en voie de déshumanisation et d’asservissement à une technologie trop souvent utilisée sans discernement. Au final, une alchimie très réussie avec un scénario astucieux et original, des acteurs au meilleur de leur art pour deux heures de cinéma prenantes et impliquantes. On sort de la salle émus et retournés. Merci !
Un film subtil, intelligent, drôle, mené par des acteurs talentueux . Bravo à Nicolas Bedos qui rentre dans le cercle des grands réalisateurs. Un très grand film français !!!
avec du recul, on imagine Nicolas Bedos et ses potes parler de films et de séries, et d'arriver à l'idée loufoque de croiser le film Inception et la série L'île fantastique dans un même film. passée cette blague, Nicolas Bedos a de réels talents d'écriture et de mise en scène. il sublime ses acteurs. Daniel auteuil est à son meilleur, quand à Fanny Ardant, je trouve que c'est un des plus beaux rôles. La dernière scène est bouleversante. Elle est belle, elle rayonne. Quelle actrice ! Les autres sont également au niveau : le couple tillier / canet est très réussi, quand à pierre arditi, il s'amuse comme un petit fou. j'étais tombé sous le charme de sa réalisation de M et Mme Adelman, et là il a fait encore mieux. son humour est omniprésent, ça donne un plus au film.
Un film décalé, poétique et épatant, encore une vraie belle réussite de la part de Nicolas Bedos qui confirme la justesse avec laquelle il est capable de mettre en scène et filmer le temps qui passe, mais surtout l'amour. Le scénario est subtilement génial et soutenu par un superbe casting. Foncez.
Daniel Auteuil parfait mais dans ce qui aurait du être un téléfilm sur la 3 à 3h du matin : scénario improbable ,brutal aux dialogues parfois inutilement vulgaires. Tout tombe mal y compris le sentimentalisme raté. Dommage que bedos fils ait pu convaincre des acteurs connus de se commettre dans cette entreprise insipide. Regrets...
Des dialogues grossiers, un scénario grossier, un mauvais jeu d’acteurs (Tillier et Ardant principalement). On est soulagé quand ça s’arrête , merci N. Bedos