Chained for Life
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Ewen Blake
Ewen Blake

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3,5
Publiée le 14 juin 2021
Un Ovni absolu sur l'art, la beauté et la différence.

Je réclame régulièrement des acteurs aux physiques "standards" ou "moyens" regrettant que le moindre second rôle soit désormais occupé par des tops models en puissance, autant vous dire que j'ai été servi : Chained for Life explique pourquoi et choisi de proposer des physionomies très atypiques.
Je me plains régulièrement de la standardisation des ressorts scénaristiques, là aussi on m'a servi du différent : une mise en abime d'un tournage de film d'horreur dramatique à faible budget dans un film d'horreur dramatique à faible budget dans lequel rode un meurtrier et où les acteurs proposent leur propre version d'un film d'horreur dramatique à faible budget. spoiler: On joue sur les codes : les "affreux" ne méritent pas l'hôtel et dorment dans l'ancien hôpital. Nous ne verrons de leur première nuit qu'une silhouette mystérieuse à la fenêtre avant de passer la seconde avec eux. On y découvre alors la normalité, la banalité même des situations, à l'opposé des fantasmes que déclenchaient le plan "spectre à la fenêtre" initial. Mais la créativité du cinéaste ne se réduit pas à retourner les codes, la scène "Picassienne" du miroir brisé est une œuvre d'art malaisante à elle seule. La réalisation elle aussi frappe par son originalité : la caméra furète comme une voyeuse ou se concentre sur un visage. Les plans fixes, dans le taxi ou le mémorable "step into the light" (et non pas walk into the light, enfin) s'étendent de longues minutes.

Plus qu'un film une expérience, un cinéma qui dérange et met mal à l'aise à ranger délicatement entre Mickael Bay et High School Musical.
Vareche
Vareche

44 abonnés 197 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 novembre 2025
Chained for life pourrait être une idée, entre la Nuit Américaine et les Yeux sans visages, ou un pas ouvert entre deux pôles, le film celebrant un sorte d'harmonie heureuse de la dualité (deux films deux groupes, deux actrices). Car si le tournage d'un film est une manière pour le cinéaste de dessiner des personnages dans une relation à la fois intime et professionnelle, qu'advient il lorsque cette relation touche à l'essence même de ce qu'est une représentation, un corps en mouvement et son désir de le filmer ? De manière très maline Aaron Shimberg ne dresse jamais les personnages dans des conflits trop explicites, il réserve à sa fiction dans la fiction, le rôle d'une excroissance malade et kitch qui surexpose les enjeux sentimentaux et dramatiques de personnages "stylisés". Il s'interesse aux aspirations simples et humaines et joue au jeu de troubler (un peu) les espaces de représentation (qu'est ce qui appartient au film ou à son double) mais sans sophistications. Ce qui l'interesse et qu'il fouille dans une forme de surface bienveillante c,'est la naissance d'un sentiment plus que d'un trouble, dont on ne saura jamais si il née ou si il demeure enfouie sous le poids d'une convention de jeu (la scène d'amour à l'image de la scéne de la projection, offre en mirroir l'image de la naissance d'un amour). Peut être n'est ce qu'une fausse piste, Shimberg se permet une apparté ou chaque acteurs secondaires, s'empare d'une camera pour créer une histoire collective. Cette utopie heureuse qui s'oppose à la vision créatrice hystérique d'un réalisateur allemand, permet au film d'avancer sur une piste plus généreuse, ou chaque individu peut filmer son histoire et rêver à une forme de reconnaissance de ses "désirs". Mais qu'en est-il du sentiment ? Mabel, sans jamais tomber amoureuse, porte en elle un germe latent, indéfinissable, de la confrontation (heureuse) qui l'oppose à Richard. Ce dernier va jouer lui même un mari, tel qu'il est, désireux de vivre une histoire de jalousie "normale" sans que sa difformité ne sois cachée. Ces deux acteurs devenant par le jeu du cinéma redoublé, deux individus mettant à nu leur vérité. Le film dessine le portrait d'une relation brumeuse, et sur sa scène finale d'une actrice plongée dans une sorte de perte de contrôle subtile, ou filmer devient toujours une emprise sur un corps en mouvement. Si il était moins obligé de tenir les bouts de son intrigue par un incessant va et vient avec son double maléfique et grotesque, la matière mis en forme par Shimberg pourrait sans doute promettre d'avantages d'audaces. Mais en l'état, elle offre tout de même de beaux instants de délicatesse et de subtilité.
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 juin 2019
Un bel hommage au septième art, à la manière de confectionner un film, et également à la différence et au vivre ensemble.

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