La proposition de Bykov est intéressante puisqu’il entend mêler le film de braquage mâtiné de polar avec un propos éminemment politique et social. Pour se faire il utilise le kidnapping d’un oligarque russe dans sa propre usine par des employés mécontents. Sauf que ce genre de pratique d’immobiliser un patron en période de conflit social n’a pas du tout le même modus operandi en Russie qu’en Europe de l’ouest. Et ce type d’enlèvement va remuer beaucoup de monde et être bien plus brutal et dramatique. « Factory » est limpide dans son propos anticapitaliste et sa critique virulente de la société russe actuelle. Au travers de dialogues parfois redondants, les visées du cinéaste sont martelées de manière claire et cinglante. Le propos nihiliste est violent et assumé de bout en bout et fait montre d’un malaise social profond dans e plus grand pays du monde.
C’est étonnement du côté du film de genre que ça finit par coincer. Parce que le film est trop long, parce qu’il devient répétitif et parce que la tension mise en place avec maestria finit par retomber, surtout dans le dernier quart. Et le scénario se veut beaucoup trop et inutilement malin sur la fin à en devenir trouble. Il développe des rebondissements pas vraiment nécessaires qui complexifient pour rien l’intrigue en rendant bien trop opaques les réelles motivations des différents protagonistes. D’ailleurs, en sortant de la salle, on n’est plus vraiment sûr d’avoir tout compris. Notamment en ce qui concerne le personnage principal, ce qui est tout de même problématique. C’est le vrai talon d’Achille du long-métrage surtout qu’au milieu ça commence à tourner un peu en rond.
En revanche, « Factory » permet de mettre en exergue la naissance d’un cinéaste à suivre, particulièrement pour la maîtrise formelle de son sujet. Bykov excelle à créer une vraie atmosphère de cinéma et on se délecte de sa mise en scène qui nous plonge directement dans le vif du sujet. Que ce soit dans les premières images de cette campagne russe décharnée suivie de celles de l’usine, forcément déprimante, ou encore dans la présentation des personnages qui fait suite, parfaite de concision, même si leur psychologie ne sera pas assez creusée par la suite. Le film affiche de vraies gueules de cinéma qui débitent des dialogues acérés. C’est donc brut et ça démarre fort. Au niveau de la réalisation pure et dure, les plans sont très travaillés et le cinéaste optimise l’espace original que constitue cette vieille usine délabrée. La scène de fusillade, point d’orgue du film, est un exemple de gestion de l’espace et de la tension et elle n’a rien à envier à celle des meilleurs films américains. Enfin, l’atmosphère anxiogène et l’ambiance délétère qui se dégagent de « Factory » flirtent admirablement avec le film d’horreur ou d’angoisse. La bande son discrète mais efficace et une photographie grisâtre sont d’ailleurs du meilleur effet. Une révélation d’un metteur en scène mais qui n’est donc pas exempt de défauts.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
un très bon thriller qui démontre s'il en était besoin, qu'il n'y a pas tjrs besoin de gros budgets et d'effets spéciaux pour captiver le public....ça démarre en drame social pour se transformer progressivement en thriller et tjrs avec cette touche sociale russe assez hard et sans chiqué, bref ça vaut le déplacement !
Il pleut. Il fait froid. La lumière est rare. A cela s'ajoute une entreprise sinistre, vieillotte, où les hommes, souvent vulgaires, sont occupés à tordre de la ferrure. Voilà à peu près le décor de ce "Factory" annoncé comme un thriller. Pourtant, à premières vues, on pencherait plutôt pour une chronique sociale russe, égarée dans un espace totalement triste et misérable. Nous sommes pourtant dans un pays émergent, cette Russie de Poutine qui est parvenue à passer le cap du capitalisme. En fait, nous sommes dans la Russie des petites gens que la réussite économique relaye à toujours plus de pauvreté.
Le propos général est bien sûr juste et terrible. Demeure le vrai problème, celui d'un récit alambiqué, cousu de fils blancs, sensé raconter la prise d'otage très violente du patron de l'usine annoncée comme bientôt fermée. Alors vont s'opposer deux groupes, celui des ouvriers qui séquestrent le patron et celui des gardes du corps. Il règne un vague esprit de corruption sans que l'on en saisisse vraiment les origines et les conséquences. Le film s'égare alors dans une série de scènes, complètement hors sol, peu ou pas crédibles, avec pour fond scénaristique, le face-à-face entre le chef des ouvriers et le chef des gardes du corps du patron. On rajoute la police et on obtient ce film ennuyeux, surprenant et peu convaincant.
un film noir dans l'ex URSS , un scénario classique de séquestration qui tourne mal.seul 2 a 3 personnages sont développés , ce qui casse le rythme et réduit la psychologie de l'histoire .la fin pessimiste donne un côté noir inhabituel et un peu dérangeant..
Dans une usine métallurgique perdue au milieu de la toundra, une poignée d’ouvriers désespérés prend en otage leur oligarque de patron... Un thriller social sombre et ravageur pour dresser un portrait tragique et sans concession de la Russie d’aujourd’hui, gangrénée par un capitalisme sauvage aux mains d’une élite dirigeante corrompue. Yuri Bykov grossit sans doute un peu trop le trait, entre dialogues emphatiques, personnages stéréotypés, musique appuyée, mise en scène trop démonstrative,...Il n’empêche, même s’il nous perd un peu entre parabole politique et suspense, il se dégage de ce huit clos industriel et viril une véritable maitrise formelle, une tension palpable, dont une longue séquence de fusillade dans la pénombre qui n’a rien à envier aux meilleurs films de guerre...
On ne vient pas voir ce film pour se détendre, pour s'amuser ni pour rigoler mais quand même ! Quelle noirceur, quelle tristesse, quelle horreur, quelle violence ! Même si le film est bien réalisé, qu'il y a un style, je n'ai vraiment pas aimé toute cette noirceur complètement déprimante.
En fait Yury Bycov pose "LA" question: Dans un ex pays organisé selon le système capitaliste-bureaucratique d'état et qui a fini par vendre ses moyens de production aux privés de l'ex nomenklatura, COMMENT se trame la lutte des classes? Cette Russie géré désormais par les mêmes mais devenus patrons privés par le rachat au rabais des entreprises étatisées, ne ressemble toutefois pas aux autres pays capitalistes .La nouvelle classe n'a pas le dynamisme du capitalisme occoidental. Elle est dans la jouissance des revenus sans chercher à développer - améliorer, ses entreprises. Et du coup paie ses ouvriers quand elle veut...avec des mois de retard qui les oblige ceux-ci à rester en attendant des rappels à la GODOT! Les grèves classiques n'ont plus aucun effet sur des patrons s'empressent de fermer l'usine sans états d’âme, et sans payer les mois impayés C'est dans ce cadre que la lutte de classe s'intrigue: pour amorcer un début d'action ouvrière radicale il ne reste plus que le kidnapping.du patron. Exiger ainsi une grosse rançon à partager pour un mieux vivre certes ce n'est pas la lutte de classes pour combattre le capitalisme! C 'est même une colère justifiée mais qui d'inscrit dans ce système où chaque individu ne cherche q'un mieus vivre pour lui et les siens. Point; c'est là que Yury Byvov devient passionnant C'est que cette radicale action est organisée par un personnage magnifiquement campé. Ce " Le Gris" lui , est conscient de tout cela pac'que lui est mu non par l'intêret privé mais par la vengeance contre tout le système.Qui i règne à travers ce patron là . La personnalisation de l'ensemble du système avec ses oligarques capitalistes -maffieux, corrompus et corruptibles et qui ont la police et le reste sous leur puissance Et a partir de là les conflits individuels , pac'que le kidnaping ne se déroule pas comme promis et prévu, et si professionnellement filmées ,vont commencer à brouiller l'action et le film ., dans un premier temps seulement Et Yry Bycov avec une saisissante fin qui n'a pas cessé de nous tenir en alerte nous oblige à poser cette question: :c'est quoi une lutte de classe qui n'est ni recherche d'un mieux privé ègoïste ni une vengeance salvatrice...c'est quoi au juste la lutte des classes, dans ce pays qui a fait prosperer les tsars et les bureaucrates staliniens,? Que peut -elle devenir aux temps de l'établissement et le renouveau du système capitaliste actuel On ne sait . Byvov non plus! Et c'est peut-être ça la grandeur de ce film. que je suis allée voir une seconde fois Et encore et encore, merci Yury Bycov!
Film magnifique. Il témoigne de la situation sociale en Russie et dans les ex-republiques soviétiques. Très bien joué, la fin inattendue. Le spectateur est toujours en haleine.
Je suis allée voir ce film un peu par hasard pour échapper à la canicule parisienne et j'ai été très agréablement surprise. Les personnages sont attachants, la tension est là, il n'y a pas de ventre mou, les acteurs sont convaincants, l’atmosphère de cette usine en perdition est très bien plantée et l'émotion est au RDV. C'est très maitrisé et juste.
suite a la fermeture d une usine, les ouvriers décident de kidnappé leurs patron.." ça donne des idées " non je plaisante lol.. très bon film dans l ensemble qui montre la vie plutôt misérables des employés russes qui travaillent d arrache pieds pour gagner un salaire insignifiant, dans des conditions vraiment pas facile… le film se passe intégralement dans l usine" pour ceux qui visité un peu la russie c est raté" ,mais j ai trouvé intérèssant de voir le dénouement de la situation..
Un riche oligarque russe décide de fermer l'une de ses usines qui tombe en ruine, les ouvriers sont désespérés, aucune perspective pour s'en sortir, un groupe décide de commettre l'irréparable par désespoir voilà le point de départ de ce film qui tire à boulets rouges sur le régime russe et est à fond dans la lutte des classes.
Film efficace, bon suspens, belles images d'un pan de l'économie en chute libre et d'une partie du peuple écrasé.
Dans cette prise d’otage d’un patron par ses ouvriers, il y a vraiment un point intéressant et presque novateur au regard de tout ce que l’on sait déjà sur le sujet : la manière qu’ont les uns et des autres de ne pas correspondre forcément à ce que l’on peut en attendre… Le commando patronal qui encercle l’usine se méfie de la police(,mais qui l’a prévenu ? ) très en retrait de la situation, quand le chef de la milice parait tout à fait conciliant à l’égard des preneurs d’otage. Mais Bykov n’utilise pas vraiment cet aspect au profit d’un récit assez classique et manichéen sur l’opposition entre le bien et le mal, les faibles et les puissants, les riches et les pauvres. Avec ces attendus ( mésentente entre les ouvrier, mais aussi les membres de la milice .. ) et ces situations convenues. On y mêle la corruption des élites, la manipulation instituée, le pouvoir discrétionnaire des oligarques, et l’asservissement populaire face à leur richesse indue. Malgré une mise en scène très directive, c’est assez confus… Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Lorsque le patron d’une usine métallurgique met la clé sous la porte, six de ses employés décident de le prendre en otage pour lui soutirer une rançon. Mais rien ne se passe comme prévu.
"Factory" (bizarre traduction française du russe "Zavod") joue sur deux tableaux.
D’un côté, il raconte, quasiment en temps réel, un braquage. Le sujet n’est pas nouveau, qui a donné au cinéma quelques chefs d’œuvre inoubliables de "Un après-midi de chien" à "Reservoir Dogs". Car il est puissamment dramaturgique : unité de lieu, unité de temps, unité d’action. Tous les protagonistes sont réunis dans un même lieu – ici une usine décatie – l’espace d’une nuit qui s’achèvera dans un petit matin blême. Les employés de l’usine veulent échanger leur otage contre le pactole qui leur permettra d’aller finir leur vie au soleil tandis que les hommes de main appelés à sa rescousse, et bientôt rejoints par les forces spéciales de la police, ont pour mission de le libérer par tous les moyens.
De l’autre, "Factory" s’inscrit dans un contexte social : celui de la Russie post-communiste où les biens de production ont été vendus à l’encan à des oligarques sans scrupule. Non sans caricature, "Factory" raconte le fossé qui s’est creusé entre les plus riches et les plus pauvres. On y retrouve la patte de Yuri Bykov, dont le précédent film, "L’Idiot !" dénonçait déjà, avec une belle énergie, la corruption des élites russes.
La combinaison de ces deux registres s’annonçait stimulante. La promesse n’est qu’à moitié tenue. Si le film d’action commence sur les chapeaux de roue, son rythme se ralentit et les rebondissements attendus (les motivations des protagonistes ne sont peut-être pas celles qu’on croyait) font long feu.
Quant à la critique sociale, elle reste très convenue : les riches sont pourris et les pauvres condamnés à souffrir. Le même message est asséné avec autrement d’efficacité par Zvianguintsev, Serebrennikov, Khlebnikov ou Balagov (dont on attend avec gourmandise son "Grande fille" qui sortira le 7 août).
Pour donner une idée de Factory de Yuri Bykov, il faut imaginer ce que pourrait donner un film coréalisé par Ken Loach, John McTiernan et Andreï Zviaguintsev. Un film de genre, avec un aspect social très fort, dans un décor on ne peut plus marqué, à savoir une usine déjà vétuste à l'époque soviétique, rachetée par un oligarque dans les années 90 pour une bouchée de pain. Le mélange d'action et d'une thématique "gilets jaunes russes" est des plus détonant mais il n'échappe pas tout de même à une certaine surenchère sur des sujets, la corruption des élites et la misère du peuple, que Yuri Bykov a déjà traité, avec plus de subtilité dans ses opus précédents : Le major et L'idiot. Si le cinéaste pousse le bouchon un peu loin avec son scénario (Bykov a écrit, coproduit, réalisé et composé la musique du film), sa mise en scène est impressionnante de puissance visuelle, dans une atmosphère de citadelle assiégée. Le film aurait pu éviter un lourd symbolisme où le bien et le mal semblent s'affronter avec la victoire inéluctable de l'on devine qui. Non, vraiment pas nuancé, le dernier film de Bykov, réalisateur que l'on a cru un moment capable de rivaliser avec Zviaguintsev. Il l'a fait avec L'idiot mais démontre avec Factory que s'il n'est pas capable de rester à ce niveau-là d'un film à l'autre, il demeure un metteur en scène d'une efficacité redoutable, apte à produire un spectacle de haute volée. Et très, très russe !