Bruno Reidal, confession d'un meurtrier
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Pascal
Pascal

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4,0
Publiée le 25 mars 2022
Basé sur les mémoires de Bruno Reidal, rédigées en détention, le récit du premier long métrage de Vincent Le Port est tissé de flash-back, pour tenter de remonter aux origines de cet assassin de dix sept ans qui accomplit son crime en 1905 dans le Cantal et en capturer la personnalité trouble. Reidal issu d'une famille nombreuse de petits paysans est un élève doué et travailleur. Il fera un an au séminaire où il était un des élèves les plus brillants. Mais au fond de lui, l'envie de tuer quelqu'un qui survient dès son plus jeune âge. Cette idée irrépressible, il va la mettre un jour à exécution et ira se livrer immédiatement aux autorités. Il est évidemment difficile pour le tout-venant de comprendre ce qui pourtant advient. En effet entrer dans la tête d'un psychopathe est tout simplement impossible pour le commun des mortels qui associe généralement systematiquement et fautivement folie et idiotie. C'est ce que le très beau film de Vincent Le Port nous rappelle. Il faut saluer ce travail de réalisation rare de tout premier ordre de la part d'un cinéaste hexagonal. Le casting est formidable, la photo et les décors sont aussi très reussis, même si on regrettera quelques (rares) scènes qui manquent de rythme. Le film s'inscrit dans la veine du cinéma de Robert Bresson par son style ( Le Bruno Dumont de "Jeanne" n'est pas loin non plus ) et par " le juge et l'assassin " de Bertrand Tavernier pour le thème. On pense aussi bien entendu au film de René Allio " moi Pierre Rivière....". inspiré de l'ouvrage de Michel Foucault. On espère que ce réalisateur ambitieux, talentueux et prometteur pourra proposer rapidement un autre film. Par soucis d'honnêteté à l'égard du spectateur éventuel, il faut toutefois lui préciser que le film s'adresse avant tout, aux amateurs de cinéma d'auteur.
Kevin Chump
Kevin Chump

1 abonné 8 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 août 2022
Un film lent sans intérêt avec des monologues insupportables
Le film aurai pu duré 30 minutes sans ces silences de plusieurs secondes pour combler le manque d'imagination du réalisateur
Et je parle pas des scènes de masturbation qui ne servent à rien !
Argos Panoptès
Argos Panoptès

23 abonnés 215 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 août 2022
Ce film parle des débuts de la criminologie. Le scénario est unique. Les dialogues sont soignés. La réalisation est très bonne. Le film nous plonge dans la France de la fin du 19e siècle avec toute la rudesse et la cruauté qu'elle pouvait générer. Il s'agit du portrait d'un meurtrier depuis son enfance jusqu'à son crime.
Arthur Brondy

302 abonnés 1 490 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 avril 2022
Bruno Reidal, 17 ans tente d’expliquer son geste à ses médecins. Il a en effet assassiné un enfant de 12 ans et y a prit du plaisir. À travers son témoignage il se replonge dans son passé, de jeune garçon pauvre, boursier, brillant, timide, méprisé. La réalisation est plus que soignée. Un très beau film français.
Regine C.C
Regine C.C

46 abonnés 258 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 avril 2022
Au début du 20eme siècle, des psychiatres tentent de comprendre un crime abominable commis par un adolescent de 17 ans qui décapité un enfant de 12 ans dans la forêt. Pour cela, il lui demande des confessions écrites. Le film est basée sur l'histoire de cette narration qui est donc réelle. On comprend qu'il est submergé par des pulsions criminelles irrépressibles qu'il a de plus en plus de mal à maîtriser, un peu comme le personnage de la "bête humaine d'Emile Zola. Le pauvre garçon s'est trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment.
Résidu de notre lointain passé de chasseur cueilleur, cette "bestialité" existe probablement en chacun de nous mais on ne sait pourquoi elle peut se trouver réactivée voire exacerbée chez certains criminels.
Certains événements traumatiques, de même que sa condition sociale ont pu jouer un rôle mais le tout reste une énigme.
Ce film nous ramène à notre condition humaine et nous rappelle que la science, même si elle a considérablement amélioré nos vies, ne maîtrise et ne contrôle pas tout.
Le film a nécessité le recrutement de 3 enfants pour réaliser le biopic aux différentes étapes de la vie de Bruno Reidal et ont été magistralement dirigés.
Mafoipourquoipas
Mafoipourquoipas

13 abonnés 732 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 juin 2025
3,5 étoiles - Bruno Reidal, confession d'un meurtrier

Film atypique ... L'histoire (qui s'inspire d'un fait réel) est perturbante car malsaine. Elle est très bien scénarisée : il n'y a pas de voyeurisme déplacé ; on n'est pas dans le sordide et si une courte séquence suscite l'effroi (vers la fin, il y a une scène violente), le tout reste dans une grande retenue dramatique et psychologique. C'est d'ailleurs cette grande retenue qui distille au fur et à mesure ce sentiment de malaise. Ce qui est remarquable c'est la grande maîtrise cinématographique (pour un premier film ... c'est impressionnant ...) : maitrise du son, maîtrise de l'image (cadrage, sobriété de la mise en scène) et maîtrise du tempo. Grace à ce choix de mise en scène, on entre subtilement dans l'esprit d'une société et surtout d'un personnage (un acteur principal top ! des seconds rôles un peu moins réussis). Bref, ce film n'est pas un thriller mais un dramaturgie psychique. Il ne va pas vous distraire ; mais, intellectuellement, il est tellement surprenant qu'il va vous captiver.
Joselito
Joselito

35 abonnés 135 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mai 2022
Terrible drame d'un jeune dément abandonné de fait par la misère des siens et le dogmatisme et la rigidité des institutions de l'époque.
Interprétations et scénario remarquables.
Stan March
Stan March

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2022
Il m'est souvent difficile d'écrire sur un film aussitôt visionné. Sans doute lié au fait que je ne sais pas quoi en dire. Rien à voir avec la qualité de celui-ci d'ailleurs. Ni même avec le plaisir que j'ai eu à le regarder. Au point de le laisser filer et de ne rien en écrire, avec le risque de l'oublier - avec tous les autres - au fond de ma mémoire. S'ils sont au fond de ma mémoire, alors tout va bien. En réalité, il est très rare qu'un film me laisse totalement indifférent. Voire jamais. J'ai donc beaucoup de travail pour rattraper mon retard et partager cela.

Mais dans le cas précis de Bruno REIDAL - oui il s'agit bien d'un titre Prénom NOM que j'écris donc ainsi par habitude - il y a quelque chose de puissant qui me pousse à immortaliser mes sensations, quasi immédiatement, c'est à dire avant de laisser la place à la prochaine séance. L'occasion de les identifier, et peut-être de les comprendre...

Je ne peux pas m'empêcher de penser à un certain Pierre RIVIÈRE [Moi Pierre RIVIÈRE, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère - René ALLIO, 1976]... que je vais m'empresser de visionner. J'ai déjà eu le DVD entre les mains sans trouver le courage de le voir. Le titre ne m'a peut-être pas aidé à le trouver... Ou peut-être me suis-je laissé tenter par un autre de la série louée ce jour-là ? Un autre, un peu plus... un peu moins... quoi ? Je ne sais pas.

Serait-ce à ce moment que j'ai vu Lucien LACOMBE (Louis MALLE, 1974) ? Le lien n'est pas évident à expliquer mais mon cerveau l'a fait immédiatement. J'ai envie de lui faire confiance et d'en chercher les bonnes raisons. Serait-ce à cause de cet homonyme cité au début du film, par Bruno lui-même, qui explique avoir été loué par sa mère pour travailler chez les LACOMBE... ? Serait-ce dû à la proximité des deux personnages ? À leurs similitudes... Leur force, leur fragilité... Leur instabilité, et ce qu'elle génère de méfiance en nous, lorsqu'on les observe, comme à l'affût de ce qu'ils seraient capables de faire - pour exister - chacun à leur manière.

Dans cette série d'emprunts à la médiathèque, y avait-il Jeux Interdits ?! Là encore le lien n'est pas du tout évident. Mais je le fais malgré moi, à posteriori cette fois, c'est-à-dire après que ma mémoire ait elle-même fait les liens entre des éléments encore inconscients au moment du visionnage. Mais c'est assez logique. Le rapport à la mort évidemment. Le rapport à l’interdit (!). Le rapport au milieu social. À l'enfance. À l'enfance solitaire. Mais je crois que ce sont les animaux. Dans les deux cas, il n'est pas question de leur faire du mal. Un point commun qui me conforte dans l'idée que Bruno - contrairement à Lucien - ne ferait pas de mal à une mouche. Elle est bonne celle-là ! Je me comprends...

Grâce à ce postulat qui me sert peut-être de justificatif, je comprends alors que je n'arrive pas à le haïr. Et j'ai envie de penser que c'est le cas de Vincent LE PORT - réalisateur dont je ne connaissais pas le travail... Nous avons d'ailleurs le point commun d'être nés dans la même ville (et alors ?! rien, ça me fait plaisir !) - qui met en scène l'autoportrait d'un jeune homme attachant. Car il s'agit bien de cela ; le narrateur nous raconte factuellement sa propre histoire et nous parle de lui et de ses sensations-émotions.

Avec ce qu'il faut de plissement d'yeux - et une portion de main glissée devant la moitié gauche de l'écran - pour dissimuler au moment venu ce que je ne voulais pas voir frontalement, j'ai bien évidemment lutté et détesté voir la cruauté de cet assassinat, mais je ne parvenais toujours pas à le haïr.

Comment en suis-je sûr ? Car d'habitude une scène de viol ou de torture - par exemple - va me faire me tordre et bondir de colère, le poing serré, dans mon fauteuil ou mon canapé... Là, c'est comme si une sorte de consternation m'en empêchait.

L'occasion - si besoin il y a - de préciser la grande pudeur de la réalisation. Les questions sont posées, les faits - et les émotions - sont alors décrits avec précision. Les mots - justes et choisis - sont dits, repris et redits - avec la volonté sans doute d'être clairement entendus - car ils sont incontournables pour le récit du protagoniste qui s'explique puisqu’on le lui demande, précisément, assumant alors son caractère obsessionnel. Mais aucune image superflue n'est au montage. Celles qui seront choisies viennent confirmer que le récit n'est pas qu’un récit, ni une fiction.

Un jeune homme attachant.

Et c'est là toute l'ambiguïté - presque malsaine ? - dans laquelle nous plonge le film.

Voici sans doute une autre raison pour laquelle je tenais à écrire. Non pas pour remplacer une séance de psychanalyse personnelle, mais bien parce que ce film questionne. Il me questionne en tout cas. C'est je crois l'un des aspects intéressants d'un film réussi et dont le sujet est - contrairement aux apparences - très complexe.

Comment le juger ?! Comment jugeait-on ce genre d'actes en 1905 ? Comment les juge-t-on aujourd'hui ? Car même si le monde a évolué en tout point de vue, notre rapport - celui de l'humanité - au meurtre et à la violence reste intemporel, il me semble.

Mon lien est tout fait et j'ai failli oublier d'arriver à la scène que je voulais évoquer - sans dévoiler quoique ce soit ici - pour parler de la notion du jugement... La scène où ce policier décapite virtuellement le jeune meurtrier auto-dénoncé, resté muet, et lui assène discrètement des mots « coup de grâce » - peut-être les plus violents du film - en l’évacuant après la reconstitution des faits.

Je ne cherche pas à défendre son acte ni même à l'excuser. Je ne suis pas le parent de l'enfant qu'il a tué et pas non plus le juge qui décidera de la sentence. Je ne suis qu'un spectateur devant un écran et justement alors, je me permets de réfléchir. De me questionner. Je cherche à le comprendre. Certains diront sans doute que je me fais l'avocat du diable, mais il se trouve que c'est enrichissant. Tout comme il doit être enrichissant de se fondre dans l'interprétation d'un rôle comme celui-ci. Il est fort à parier que Dimitri DORÉ - dont la voix douce et le regard tendre contribuent à révéler toute l’ambiguïté d’un personnage qui ne sait simplement pas distinguer l’amour - sera l'une des révélations masculines des prochains CÉSAR.

Il est désormais indispensable de parler de cet homme, Alexandre LACASSAGNE (Jean-Luc VINCENT), le professeur qui - avec d'autres - le questionne et tente de comprendre. D’abord neutre, presque détestable, son œil brillant (!) est peut-être celui du spectateur que je suis, touché par autant d'intelligence et de recul de ce gamin sur lui-même.

Enfin, je pars de l’hypothèse que la narration du film est fidèle au réel récit de Bruno REIDAL. Mais après tout, qu'importe. Si Vincent LE PORT s'est appuyé sur la véritable narration, il en livre une retranscription fascinante. Si ce n'était pas le cas, il réussit alors de surcroît - en qualité de scénariste-dialoguiste - à l'enrichir avec brio.

Il ne me reste plus qu'à visionner le film de René ALLIO et lire Bruno REIDAL (ou les travaux de LACASSAGNE)... De belles soirées en perspective !
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BRUNO REIDAL - Vincent LE PORT, 2022 // Instantané 1
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[séance : 03 avril 2022 - version : 04-05 avril 2022 - publication : 05 avril 2022]
Fabien N.
Fabien N.

8 abonnés 70 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 avril 2022
Il est ici question de meurtre, mais on sait d'emblée qui a tué, et qu'il s'est rendu. Et pourtant, cette fascinante plongée dans l'esprit d'un meurtrier de 17 ans dans la France rurale du début 20ème tient en haleine d'un bout à l'autre.
Dimitri Doré incarne à merveille le jeune tueur cachant son âme tourmentée derrière sa silhouette gracile, sa voix flutée et son tempérament. Tuer pour jouir, tuer pour posséder ce qu'on s'interdit d'aimer?
Passionnant!
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 26 mars 2022
Les Intermittences de la masturbation ou Blondel l'a échappé belle ! Tels pourraient être les titre et sous-titre du film. Entre deux séances d'onanisme, il est toutefois l'occasion d'une belle reconstitution de la vie paysanne, dans l'Auvergne profonde, au début du XXe siècle. Cette reconstitution est très réussie. Mais l'aréopage de psychiatres manque singulièrement de nuances : pour eux tout repose sur les désirs sexuels masturbatoires qui poussent Bruno au meurtre, à moins que ce soient les envies de meurtre qui le poussent à l'onanisme répétitif, quoique soumis à de longues périodes de jachère. Pour le reste, quid de l'hérédité familiale, qui paraît pourtant chargée ? quid du viol qu'il a subi de la part d'un berger ? quid de son déclassement social, à peine effleuré, et qui le frustre d'une manière envahissante ? quid de la morale religieuse infligées aux gamins traînés vers le séminaire. Reste que l'acteur principal est tout à fait prodigieux et crève l'écran.
Brol le chat
Brol le chat

11 abonnés 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 avril 2022
Porté par Dimitri Doré, dont c'est la première apparition à l'écran mais qui est un comédien de théâtre accompli, le film est une subtile illustration du récit du meurtrier, dit en voix off par son interprète. C'est sobre, empathique et la mise en scène s'efface devant le personnage
Nadia T
Nadia T

7 abonnés 507 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 novembre 2022
Film dérangeant surtout la scène meurtrière... L'acteur est juste parfait dans son rôle même dans sa démarche. Tout y est. J'aime l'image de cette époque qui est retranscrite particulièrement bien !
Claude Huart
Claude Huart

6 abonnés 23 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juin 2025
La réalisation impeccable reproduit l'ambiance de l'époque tant dans les décors, les costumes et le casting des personnages "tronchés" à souhait. La bande son ténébreuse sans être lugubre, accompagne le propos. Il s'agit de l'analyse de la psychologie d'un pervers meurtrier fondée sur les confessions biographiques de l'intéressé qui était intelligent et instruit. Les films qui traitent de la psychologie des tueurs pêchent souvent par leur caractère purement fictif. Là on est dans la clinique. Et c'est beaucoup plus impliquant. Le conflit intime entre les deux parties du moi divisé est particulièrement bien rendu : la partie non pas normale, mais aspirant à la normalité, s'efforçant de lutter contre la partie perverse omnipotente : véritable relation bourreau-victime intérieure actionnant la menace suicidaire. Le film est malaisant. Il nous interroge (à moins de fuir dans le déni confortable). Et si nous étions nous-mêmes un demi-pervers neutralisé par notre partie normative ? Peut-être pas pervers meurtrier, mais il y a tant de forme de perversité...
Krimoshaka
Krimoshaka

8 abonnés 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 août 2022
Franchement film un peu compliqué au départ mais au fil du temps on comprend mieux l'histoire autour du personnage pourquoi il a commis ce meurtre.
noizet
noizet

7 abonnés 213 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 juin 2025
Je suis dans l'expectative, face à ce film . c'est très bien raconté et l'auteur nous fait vivre les tourments de ce garçon avec beaucoup de justesse mais, c'est parfois répétitif , car on revient trop souvent sur les explications de cette incapacité du meurtrier à lutter contre ses pulsions. .
Certes ça correspond bien à ce qu'apu ressentir ce garçon mais fallait-il eevenir autant de fois sur ces obsessilns ?
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