Bruno Reidal, confession d'un meurtrier
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Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 268 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2022
Bruno Reidal est un sublime film bressonien d'une violence âpre qui débouche sur une scène d'une brutalité à la limite du supportable portée par un jeune acteur incroyable. Rude mais fascinant portrait du mal mis en scène avec une grande sobriété, ce film sublime dur d'accès, ayant fortement, peut-être trop, recours à l'imagerie religieuse et psychanalytique est, sans aucun doute, l'un de films français les plus dérangeants et singuliers de ces dernières années assez proches des premiers films de Dumont. A voir !
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 mars 2022
Brutal et subtil, glaçant et touchant, ce premier long-métrage – étonnant de maîtrise et de puissance – sonde des abîmes humains horriblement tourmentés et laisse dans un état de sidération, de fascination et de trouble. L’histoire relate un fait divers, crime monstrueux, et brosse le portrait du criminel, à la lumière des Mémoires qu’on lui a demandé d’écrire. La reconstitution visuelle, d’un réalisme factuel, opérée avec un sens austère et cru de l’essentiel, semble guidée par la seule voix du protagoniste principal. On est immergé dans une conscience et dans des souvenirs, sans interférence d’un jugement extérieur, ni de la part des personnages auditeurs de la confession, ni de la part du cinéaste qui opte pour une distance éthique louable. On écoute la voix de Bruno Reidal, donc. Son phrasé limpide et fluide, d’une belle qualité littéraire. Son récit d’une franchise confondante. Sa façon d’exposer simplement et précisément ses conflits entre raison et pulsion irrépressible, de détailler névrose et psychopathie. Le film donne à entendre l’intelligence derrière la folie criminelle, la lucidité derrière le sadisme (« Quoi que je fasse, les scènes de meurtre sont pour moi pleines de charme »). Et la matière du discours, certes déstabilisante, est passionnante sur un plan dramatique, psychanalytique, philosophique. Matière pétrie de désir, de jalousie et de frustration, de satisfaction et d’ennui, de religion et de culpabilité, et qui lie fondamentalement le meurtre à la jouissance sexuelle. Tout dans ce film est d’une justesse au millimètre : narration, mise en scène, montage, interprétation (Dimitri Doré et Jean-Luc Vincent en tête). Sur un plan thématique et/ou stylistique, on songe au film de René Allio : Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… On songe aussi à Robert Bresson. Ou à Georges Bernanos, côté littérature. Et puis au final, on ne songe plus qu’à Bruno Reidal. Qui laissera un souvenir impérissable.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 janvier 2023
Histoire de sperme et de sang. Soit un ado mal aimé, né dans un milieu dur (ruralité de dénuement du début du 20e siècle), perverti dès la prime enfance et, passé un apprentissage heurté en la matière, onaniste compulsif, pourtant doué intellectuellement... Et qui va commettre un acte ignoble, dont on ne nous cèle rien à la réalisation au début-même du film, avec réitération en point d'orgue ultime. Entre les deux temps, on nous propose une approche du pourquoi, en suivant l'examen psychiatrique de l'auteur présumé. Une "confession", annonce le titre. Voilà qui sonne opportun quand ce dernier, 17 ans, est pensionnaire au petit séminaire de St-Flour... Ce premier "long" de Vincent Le Port a des qualités esthétiques indéniables, façon chronique clinico-réaliste, voire vériste, mais est sérieusement gâté par le manque de perspective et finalement la complaisance. On en vient à se demander si, en "sous-texte", il ne faudrait pas débusquer quelque basse charge "anti-calotte" - après tout, l'affaire (réelle) a eu lieu en...1905. Remarquable incarnation (même si scénario roublard) du personnage-titre par le jeune Letton d'origine Dimitri Doré, "nominé" à juste titre pour l'édition à venir (février 2023) des César du cinéma ("Révélations").
Ufuk K

617 abonnés 1 719 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2022
"Bruno Reidal" acclamé par la presse, présenté l'an dernier au festival de Cannes (semaine de la critique) est un drame criminel puissant. En effet cette histoire tirée de l'histoire vraie de Bruno Reidal, qui a décapité un enfant dans le Cantal au début du XXe siècle hante l'esprit longtemps après sa vision . Le réalisateur du film nous décrit d'une manière minutieuse et qui fait froid dans le dos le parcours d'un jeune adolescent qui l'a mené à commettre un crime horrible à noter la magistrale composition de Dimitri Doré .
Gabith_Whyborn
Gabith_Whyborn

44 abonnés 842 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2022
Beau film inspiré de faits réels. C'est touchant et dur. Il y a une très belle mise en scène et narration, la bande son ajoute beaucoup à l'atmosphère. Dès les premières minutes j'ai su que ça allait être un film qui allait me marquer.
Arnaud KaDo
Arnaud KaDo

81 abonnés 257 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 mars 2022
Audacieux / surprenant et perturbant. Ce film est à la fois original au travers de son histoire mais aussi sur la forme avec une voix off tout au long du film .

Je souligne quelque longueur quand même et une difficulté à rentrer dans le film au début .

Âme sensible s'abstenir. Je ne dirai pas que c'est un super film mais c'est un film qui laisse pas indifférent en fait.

Film qui reste très correct .
Isabel I.
Isabel I.

50 abonnés 317 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 avril 2022
Déjà une semaine que j'ai visionné ce film et difficulté à rédiger cette chronique...
Sans doute car mon cœur balance.
Comment le détester ?
Impossible de l'aimer ?
Est-ce que je parle du film
Est-ce que je parle de Bruno Reidal ?
Là est ma question !
Il est rare que je ne ressente aucune empathie pour un personnage. Il est vrai que la narration très importante et nous maintient dans une forme de distance. Un texte véridique, lucide, intelligent, un texte très fort. Et pourtant ce garçonnet, cet adolescent, ce jeune adulte ne me laisse(nt) pas insensible malgré la froideur des sentiments, la violence des  actes , alors comment dire ? On peut le décrire comme  intéressant même captivant. Noir, sombre, introverti. Une folie poétique peut-être ? où
cruauté et beauté des images (superbes) se mêlent. Des scènes très rudes, j'avoue pour moi insoutenables. Impression étrange d'avoir aimé le film sans avoir apprécié cette histoire si dramatique, chargée de traumatismes. Bref indécise : je conseille pour la qualité de la photo,  pour la construction de l'histoire et pour le jeu des acteurs petits et grands mais je déconseille aux âmes sensible certaines images peuvent choquer.
jroux86
jroux86

17 abonnés 47 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 août 2022
Peut-être sans le vouloir, ce film nous invite à le comparer à Benny’s Video (Michael Haneke, 1992).
Dans les deux films, la pulsion meurtrière du personnage principal proviendrait de la fascination pour une même scène : la mise à mort d’un cochon – le geste létal, différent dans les deux cas, sera d’ailleurs reproduit à l’identique sur un humain par les deux jeunes meurtriers. Est-ce volontaire de la part de Vincent Le Port ? J’ai un peu cherché dans les différentes interviews qu’il a données et n’ai trouvé nulle part de référence au film d’Haneke.
Mais la comparaison est assez cruelle pour le réalisateur français. Car la mise à mort du cochon est surcadrée dans Benny’s Vidéo. C’est en fait la vidéo filmée de la scène que Benny se passe et se repasse. C’est une nuance importante. Benny n’est pas tant fasciné par la violence que par l’image de la violence. A une époque (le film date de 1992) où la jeunesse est de plus en plus exposée à des écrans, Haneke interroge le pouvoir de l’image – et la responsabilité des adultes, via les personnages des parents, vis-à-vis de cette surexposition.
Côté Bruno Reidal, le cinéaste semble ne jamais sortir de l’attrait qu’exerce sur lui le meurtrier, sorte de personnage-type de ces séries ou émissions très en vogue sur les tueurs en série. Un « spectacle du crime » dans lequel Le Port s’inscrit seulement en tant que contributeur fasciné – en attestent ces scènes de violence gratuite où l’on n’hésite pas à filmer en gros plan une scène de décapitation d’enfant tandis qu’on masque la saignée d’un cochon. Sans autre perspective que le récit du criminel lui-même (non dénué de qualités littéraires et qui constitue, à mon avis, le principal intérêt du film), on reste dans l’illustration, dans la recherche (vaine) des raisons qui l’ont poussé à passer à l’acte avec, au centre, cette dualité sexe/violence qui n’apporte pas grand-chose en 2021. Jamais le cinéaste ne sort du seul récit introspectif alors qu’il y avait, peut-être, à l’intérieur des mémoires véritables de l’assassin, des potentialités, des ressorts narratifs intéressants à exploiter, telle que la cohabitation entre doctrine religieuse, onanisme, pensées suicidaires ou meurtrières, laissée à l’arrière-plan.
HomoLibris
HomoLibris

37 abonnés 135 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2022
Autopsie de la jeunesse et des pensées d'un adolescent aux pulsions sadiques sanguinaires, tourmenté par ses désirs morbides, exténué par sa lutte pour les contenir, et ravagé par sa souffrance quand il cède.
D'aucuns auraient certainement aimé un peu plus d'interventions, d'explications de la part des analystes, plusieurs voies sont abordées en filigrane, mais aucune n'est développée. Il est vrai qu'à l'époque, la science dans ce domaine était balbutiante, les données parcellaires, et le jugement toujours faussé par le poids de la religion. Le réalisateur fait donc le choix assumé de présenter le récit du point de vue de l'adolescent, ce qui donne un film naturaliste, un récit froid, terrifiant, et absolument épuré. Un récit rythmé par la voix "off", porté haut par le jeu magistral de l'ensemble des acteurs, notamment les trois enfants/adolescents qui endossent le rôle titre à différents âges de sa vie, et surtout un magnifique Dimitri Doré, acteur à suivre, que j'ai eu la chance de voir sur scène dans "Retours/Le père de l'enfant de la mère" (2019, Théâtre du Rond-Point), qui se hausse au niveau de la prestation d'un Rod Paradot dans "La tête haute" ! La reconstitution de la France rurale de l'époque (1900 – 1907) est une parfaite réussite, costumes, lieux de tournage, etc. tout concoure à une photographie magnifique qui sublime ce film pourtant ténébreux.
Et même si on arrive à avoir de l'empathie pour cet adolescent luttant contre ses démons, solitaire, sans amour ni tendresse, et peu d'amitié, même si on peut être horrifié par l'acte criminel, à aucun moment Vincent Le Port ne tire sur la corde sensible, ni ne tombe dans le pathos ou le sensationnel.
CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

82 abonnés 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2022
Un film âpre, exigeant , qui essaye de répondre à la question “quelles sont les racines du mal” à travers le portrait de ce jeune meurtrier prisonnier de ses addictions. On est ici aux antipodes du voyeurisme tapageur des séries Netflix sur des serial killers. L action se déroule dans le Cantal au début du siècle dernier. On n’est pas encombrés par l’habituelle et pénible reconstitution historique, on est d’emblée au cœur de cette communauté paysanne. De même pas de star, un jeu dépouillé. Le fill croule sous les références : Bresson , Tavernier, et se permet via un plan rapide d’évoquer la cour des prisonniers de Van Gogh
Mais le plus passionnant est encore la voix off du jeune Bruno qui nous replonge dans son histoire, sur la base du récit que ses juges lui avaient demandé d’écrire pour leur permettre de mieux comprendre son acte de meurtrier.( car il s’agit d’un récit authentique) Très beau texte donc, qui fait tout le prix d’un film exemplaire.
Marie Breton
Marie Breton

83 abonnés 266 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 décembre 2022
On lit souvent, lorsque certains sujets sont traités au cinéma ou ailleurs, cette étrange expression : « âmes sensibles, s’abstenir ».
Et c’est ce que j’ai pu lire dans certaines critiques consacrées à ce film français diffusé en 2022 et passé inaperçu.

Cette expression est comprise par tout le monde, est entrée dans le langage commun, et pourtant.
Et pourtant, en effet, n’est-il pas étrange de considérer que, littéralement, des âmes puissent être insensibles ?

Si j’avais dû choisir le titre du film de Vincent Le Port, j’aurais choisi : « Bruno Reidal, confession d’une âme sensible ».

Il est tiré d’un fait réel très documenté pour des raisons que je ne partagerai pas, afin de ne rien livrer ici qui ne puisse nuire à l’expérience bouleversante que ce film propose.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2022
Premier long-métrage de Vincent Le Port, Bruno Reidal est une passionnante plongée dans la psyché d’un paysan de 17 ans s’étant rendu coupable de la décapitation d’un garçon de 12 ans, dans la France rurale de 1905. Se basant sur les mémoires du meurtrier, ce film à la maîtrise impressionnante brasse de nombreux thèmes intimes et passionnants, tels que la maîtrise de ses pulsions, la lutte contre soi-même, la possibilité d’expliciter ses sentiments, le rapport à la foi et la rhétorique religieuse, l’influence de son environnement dans la perception du monde et de la compréhension de son moi profond, la jalousie de classes… Avec un Dimitri Doré magistral dans le rôle principal. Un film sec et hypnotique, qui contient des séquences à la violence très crue, et qui retourne avec brio notre cerveau de spectateur. Époustouflant.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 776 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 mars 2022
Inspiré de faits réels s’étant déroulé dans le Cantal en 1905 ; Bruno Reidal est un jeune séminariste de 17 ans qui va tuer et décapiter un enfant de 13 ans. Mais comment en est-il arrivé là ? Plongé dans la psyché de ce jeune criminel, on assiste à tout l’examen psychiatrique mené par les médecins visant à savoir s’il doit être interné ou jugé.
Et durant 100 minutes, c’est Bruno Reidal qui nous raconte son histoire, né dans un milieu paysan pauvre et peu aimé, via une voix off monocorde déshumanisé. Celle-ci est omniprésente et vient surligner bien souvent ce que l’on voit ou que l’on verra à l’image ; procédé devenant pénible à la longue.
Ce film nous montre surtout comment peuvent naitre certains criminels ou serial killer ; d’une histoire personnelle compliquée, avec souvent peu d’amour voire étouffé d’amour et des maltraitances parfois. On n’apprend rien en fait. L’impact de la religion sur sa psyché est traité bien superficiellement comme bon nombre de pistes peu exploitées.
Ressorti bien déçu d’un film assez mécanique, mais qui démontre tout de même que l’insécurité que certains déplorent aujourd’hui a été bien plus prononcée par le passé.
TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mars 2022
De par sa puissance d'illustration et sa capacité à explorer les zones noires de l'âme d'un assassin d'enfant, Bruno Reidal suscite une certaine sidération, surtout pour un premier long-métrage. Entre Pialat et Bresson, dans une austérité d'images magnifiée par la palette d'un peintre, le film s'empare d'un fait divers du début du XXe siècle, qui s'est déroulé dans le Cantal, raconté par le jeune criminel qui confesse comment ses envies de meurtre (et d'orgasme) réprimées depuis l'enfance se sont concrétisées de la manière la plus horrible. Si Bruno Reidal fonctionne par le truchement de nombreux flashbacks, l'utilisation de la voix off, quasi constante, pour un texte simple mais remarquablement écrit, frappe par sa pertinence narrative, avec une certaine douceur qui contraste avec la violence des actes imaginés puis réels. Le réalisateur, Vincent Le Port, "gère" avec une grande maîtrise le malaise qui ne peut que s'installer devant cette confession d'un jeune homme dérangé et monstrueux, humanisé par sa lutte constante pour ne pas céder aux instincts bestiaux qui le minent depuis des années. Difficile de qualifier de "beau" un film aussi imprégné de l'esprit du mal mais c'est pourtant ce qu'il révèle être, avec la profonde lucidité de ce bourreau victime de ses abominables pulsions. Rarement on a vu au cinéma une telle radiographie de l'effroi illustrée avec une précision pareille.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 septembre 2022
Disons-le d’emblée : ce premier film de Vincent Le Port est vraiment singulier, particulier et difficile d’accès. On est dans du cinéma d’auteur pur et dur (sans pour autant que cela soit péjoratif), un cinéma pas facile d’accès et très exigeant de la part du spectateur. En gros, on n’est pas ici pour se divertir mais davantage pour réfléchir et découvrir une œuvre qui demande patience et abnégation de la part de son public. « Bruno Reidal, confessions d’un meurtrier » est basé sur un fait divers effroyable du début du XXème siècle qui voit un jeune paysan tuer et décapiter un adolescent dans un petit village du Cantal. Le film est basé sur ses mémoires écrites commandées par un collège de médecins de l’époque pour comprendre son crime. L’ossature narrative du long-métrage est donc astucieuse. On commence par le crime et l’incarcération du personnage titre pour ensuite revenir sur sa vie et les raisons de son acte par le biais du récit écrit qu’il en fait et des flashbacks qui en découlent. La voix off a donc ici une grande importance et condamnerait presque le film à être muet sans elle. Davantage donc que Dimitri Perron, dans une composition impressionnante pour son âge et ses débuts, c’est donc sa voix qui sera le personnage principal et qui va nous guider dans la psyché du jeune homme. Une psyché visiblement vouée à la violence, le péché et la tragédie.

Le Port, en tant que cinéaste débutant, fait le choix courageux d’une imagerie pastorale et bucolique très réussie et réaliste mais aussi d’une œuvre et d’une mise en scène clinique et presque ascétique. Comme si on avait décidé d’illustrer une autobiographie, ou plutôt des pensées personnelles, par des images aboutissant à un résultat âpre et froid. On se retrouve donc face à une œuvre que l’on pourrait qualifier de presque peu engageant sur la forme à force de monotonie et d’un ton tout aussi monocorde tout comme par son aspect dérangeant et presque malaisant sur le fond. « Bruno Reidal, confessions d’un meurtrier » est donc un long-métrage fort et ambitieux qui ne cède à aucune mode et va au bout de sa note d’intention. Si la reconstitution de l’époque, le jeu de l’acteur principal et la manière dont le film tente d’expliquer ce geste atroce sont louables et probantes, ce côté très pointu voire difficile à appréhender pour le spectateur pourra en rebuter beaucoup d’entre eux. C’est un peu longuet, répétitif et certaines scènes sont gênantes voire insoutenables. Comme pour beaucoup d’œuvres de cet acabit, en gros clivantes et qui en demandent beaucoup à leur public par leur étrangeté ou à cause de leurs thématiques interdites, on est en droit de trouver cela repoussant mais aussi passionnant. L’entre-deux est également une voie que l’on choisit ici...

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