Bruno Reidal, confession d'un meurtrier
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Lynebonnaud
Lynebonnaud

2 abonnés 135 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 octobre 2023
Le 1er septembre 1905, dans le Cantal, Bruno Reidal, jeune paysan séminariste de 17 ans, s'accuse du meurtre d’un enfant de 12 ans, François, dans la forêt de Raulhac. Le Meurtre est atroce.
En prison, pour tenter de comprendre son geste, le professeur Alexandre Lacassagne, l’un des fondateurs de l’anthropologie criminelle et deux autres médecins, lui font raconter sa vie.
Le film est très froid, l’époque est reconstituée de manière naturaliste, en lien avec les restitutions intellectualisées du meurtrier. L’image que nous voyons à l’écran, alterne entre les entretiens et la trame de son récit. Aussi loin que remontent ses premiers souvenirs, c’est toute sa vie qu’il livre crument aux trois adultes, de manière analytique et complètement dépassionné.
L’ambiance familiale est rude, sans joie ni affection. Les scènes marquantes de la vie de Bruno se déroulent sous nos yeux, spectateurs voyeurs de tout ce qui va constituer sa jeune personne - un abus sexuel dans un champs par un vieux berger de passage, l’égorgement du cochon à la ferme et les rituels du partage des bons morceaux juste après la mort de l’animal, le décès trop précoce d’un père aimé, la confession des pulsions meurtrières au curé du village, son attirance mêlée de haine pour ses camarades mieux nés que lui - Bruno se livre sans fards, de manière clinique.
Les faits divers exercent un pouvoir de fascination, surtout ceux pour lesquels on ne perçoit aucune explication. On voit à l’écran un jeune homme, fervent croyant, qui lutte désespérément contre lui-même. Avoir un intellect brillant, n'empêche aucunement ses pulsions dévastatrices, ça semble juste lui permettre de formaliser de manière très littéraire son parcours de vie, avec une grande acuité, et ça jette d'autant plus le trouble chez les autres qui l’écoutent se raconter, aux confins de l’humanité.
Le jeune meurtrier encore adolescent confesse au curé ses pulsions érotomanes-meurtrières face auxquelles il se sent totalement démuni. Il lui avoue penser au suicide, mais ça ne peut être une solution pour lui, il ne pourra se repentir pour expier son péché.
L’homme d’église condamne la masturbation à laquelle Bruno s’adonne frénétiquement et lui propose d’entrer au séminaire, pour devenir curé. Quand le jeune homme réclame de l’aide désespérément, bien avant de passer à l’acte, il n’a pour unique réponse de canaliser ses pulsions sauvages qui font trembler ses mains, à travers les études. Aux déviances de Bruno la seule proposition est mystique.
On peut alors se demander, si cela n’aura pas contribuer au morcellement de sa pauvre psyché encore adolescente, en quête désespérée de réponses face à ses démons intérieurs. Il fût des époques d’une grande cruauté humaine.
Bruno Reidal, dont l’histoire est inspirée de faits réels, est mort en 1918, à l’âge de 30 ans dans un asile d’aliénés.
Le réalisateur de 36 ans, Vincent Le Port, dont c’est ici le premier film, montre à travers les mots de Bruno, qu’il parvient parfois davantage à écrire qu’à dire, les prémices de la psychiatrie moderne, face à la genèse d’un serial-killer.
Et c’est bien là toute la puissance du film, de parvenir à scénariser et à imaginer en images cette histoire terrifiante, d’un enfant qui en tue un autre.
La première et la dernière scène du film, sont celles du crime. Dans la première, on ne verra que le visage de Bruno, sous l’emprise de son acte, son visage défiguré par ses pulsions, alors que la jeune victime est hors-champ. Dans la dernière, c’est l’hors-champ du début, qui est restitué sous nos yeux, après la confession du jeune meurtrier. Entre les deux, de manière irréversible, l’image remonte le fil de la courte vie des 17 années de Bruno Reidal, jusqu’au drame inéluctable.
Le procédé cinématographique est extrêmement adroit, la scène est horrible, mais nous y avons été préparés tout le long du film, par la confession.
Freud est mort en 1939, deux années après Lou Andréas Salomé, les pionniers de la psychanalyse. L’avènement de la pharmacopée date de 1950, avec les premiers traitements de psychotropes et neuroleptiques. Assurément, Bruno Reidal est bien mal né, à la mauvaise époque, pour pouvoir conserver sa part d’humanité, face à l'éclosion de toute sa monstruosité.
Ann Ponthieu
Ann Ponthieu

5 abonnés 47 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 mars 2022
la narration subjugue dès me début, acteurs ambiances tout y est excellent et ce en retenue et sobriété parfaites
Guillaume
Guillaume

2 abonnés 31 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 mai 2022
L'ambiance est austère et malsaine. Difficile à regarder malgré le bon jeu de Dimitri Dore. Le genre de film qu'on aime ou qu'on déteste.
issanissa2017
issanissa2017

2 abonnés 40 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 décembre 2022
Bruno violé maltraité par sa mère, pourtant très intelligent confond ses pulsions ou l'une l'empêche " d' exécuter " l'autre ? Ou l'une est invasive mais laquelle l'emporte vraiment ? Rien n'est moins sûr dans cette complexité qui règne dans la tête de Bruno. Une étude psychanalytique va être faite pendant tout le film pour essayer de le comprendre.
Le film a une esthétique ahurissante dans sa reconstitution, scènes paysannes magnifiquement reconstituées.
La présence de Dieu est constante mais ne nous trompons pas, Bruno semble bien avoir quelque chose en lui qui est dominant malgré ses explications. Ou alors.
Un film violent, désespéré, on a de la pitié pour ce jeune personnage.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 2 avril 2022
Un copier/ coller sans finesse du récit par l'auteur d'un sordide fait divers perpétré par un perturbé du bulbe....et d'ailleurs !!! La seule prouesse est d'être arrivé à lever des fonds pour financer cette "chose".
Letaupin1951
Letaupin1951

27 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 décembre 2022
Voisin par le sujet et par le traitement du Moi Pierre Rivière... de René Allio, ce film est une œuvre magistrale où tout est maîtrisé, le scénario, le filmage, les dialogues, l'interprétation, le montage. Bien sûr sa lenteur, sa volonté de raconter sans être un film à thèse, la place laissée aux silences comme à la beauté des paysages, ne peuvent que défriser les imbéciles qui croient que faire un bon film c'est forcément aller vite et mettre en scène beaucoup d'action. Je lis que c'est un premier long métrage et j'espère déjà le suivant, les suivants.
Emmanuelle Verhoeven
Emmanuelle Verhoeven

2 abonnés 198 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 août 2022
film austère comme la vie du protagoniste. Les plans et la photo sont très beaux. scénario très linéaire qui manque de souffle, d'aspérités.
Oeuf4419
Oeuf4419

87 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juillet 2026
Film froid, ultra realiste, derzngeant mais qui interroge sur plein de sujet : les pulsions, le suicide, le plaisir, le pardon, le mal, le bien, le destin et comment la religion chrétienne catholique française traitait ces thèmes début 1900...
Un peu comme dans M Le Maudit, la psychologie du tueur est mise à nue sans aucun jugement.
Thierry M.
Thierry M.

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 août 2022
Petit rappel pour les personnes reprochant au scénariste d'avoir tracé un portrait assez monotone du jeune criminel

Une personne aux prises avec des troubles de santé mentale est rarement très "coloré" (en dehors des personnes souffrant de bipolarité, ou de trouble de personnalité).


Ici, on dirait bien que le personne souffre d'un trouble de personnalité antisocial.

Pour avoir travaillé plus de 30 ans avec ce genre de patient, dans une unité médico-légale, laissez-moi vous sire que le personne rend très bien la réalité que vive ces personnes.
Ils sont dans leur monde, ils répondent aux questions sans trop élaborer.

J'ai personnellement trouvé que ce film est hallucinant, vraiment.
De montrer qu'au début du XXeme siècke, des psychiatres étaient déjà aussi bien formés pour poser des questions sur la masturbation, l'orientation sexuelle, les pulsions meutrières est tout simplement incroyable. Les psychiatres de nos jours ne semblent guère avoir bien évolués quant à leur méthode d'investigation diagnostique.
La seule amélioration réside probablement plus dans les traitements, les molécules pharmaceutiques à prescrire selon le diagnostic posé.

Donc un énorme bravo au scénariste, et que dire du jeu de tous les Bruno, jeune et moins jeune.
Quel talent de faire ce qu'ils ont fait devant une caméra, devant une équipe.
C'est prodigieux.

Seul bémol qui est totalement subjectif et personnel.
Suite aux décapitations par l'État Islamique il n'y a pas si longtemps, je me serai passé de voir des images aussi cru du meurtre.
Acide Noir
Acide Noir

1 abonné 66 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 décembre 2022
Pour son premier long-métrage, le cinéaste Vincent Le Port nous livre un très grand film, proche du chef-d'oeuvre: reconstitution sobre et glaçante d'un crime ayant réellement été commis en 1905, il s'aventure dans la psyché torturée de l'assassin, grâce à des confessions circonstanciées à la portée à la fois intime et sociale. Dans le rôle-titre, le jeune Dimitri Doré, tout en intériorité et au regard inoubliable, est absolument remarquable.
Dieu, le nature et le sexe y sont omniprésents, et l'on se prend souvent à songer au Pialat de "Sous Le Soleil De Satan" et à Robert Bresson. Impressionnant.
ESKAL 13
ESKAL 13

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4,0
Publiée le 22 juin 2025
La lenteur et la torpeur qui s'installent dans ce morne récit est contrecarré par la dérive sans obstacle des pensées démentes du personnage.
Il manque une humanité, la thèse veut que l'homme livré à lui lmême soit un monstre.
Le film est efficace car sans aucun artifice jusqu'au geste qui semble inexorablement annoncé,inévitable.
L'église a l'influence sourde recouvre le film d'une improbable tenue morale de sa communauté.
Le film est assez inssuportable qui fait glisser l'esprit dans l'ombre malade de plus en plus opaque du criminel jeune et fou.
Pas pour tout le monde.
Tchoug
Tchoug

10 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 mars 2022
Film retraçant le cheminement meurtrier d'un jeune homme. Très belle interprétation de Dimitri Doré, très convaincant dans le rôle de ce garçon tourmenté. De même, les Bruno Reidal jeune sont très bon. Bravo à eux, et à la réalisation juste.
Cinéphile5959
Cinéphile5959

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0,5
Publiée le 3 avril 2026
Non seulement le film est très très lent, monotone avec des scènes complètement inutiles qui n'apportent rien au récit mais cette scène de violence animale est insupportable et complètement inutile. Il devrait y avoir une alerte pour savoir ce qui nous attend. On nous bassine avec des avertissements concernant le sexe, la droite, les propos vulgaires mais la violence et cruauté animale n'est jamais prise en considération, c'est franchement écœurant...
FABIENNE
FABIENNE

15 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 juin 2025
Totalement irréaliste. Très éloigné des théories psychanalytiques.
La voix androgyne laquelle narre est irritante.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 mai 2022
Thème intéressant mais ça tourne un peu en boucle de A à Z et c'est bien dommage car il y avait les ingrédients pour en faire quelque chose de plus complexe et intéressants autour de cette histoire de sainteté d'esprit et de meurtre en pleine conscience
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