Ne tournons pas autour du pot, Le Robot sauvage, c'est bien !
Là où des films comme Le Petit Dinosaure et la Vallée des merveilles ou encore Le Tombeau des lucioles ont déjà évoqué de la mort de façon sérieuse, il semblerait que Le Robot sauvage soit le premier à autant traiter du sujet, dans un film à destination des enfants, de façon aussi frontale et décomplexée.
Cette force est peut-être également sa limite, usée par son comique de répétition. À trop vouloir jouer la carte du détachement, la mort en est réduite à son simple état naturel. On passe alors à côté du fait que les animaux eux aussi se construisent autour de liens familiaux et de l'impact émotionnel qui les accompagnent.
Pas question ici de chercher des poux à un métrage si généreux tant dans le fond que la forme. J'ai d'ailleurs été ému à plusieurs reprises et émerveillé par certains plans qui, même s'ils semblaient parfois démonstratifs n'en étaient pas moins sublimes.
Aussi, impossible de ne pas évoquer l'ombre de Wall-E, immense, qui plane sur l'ensemble du métrage qui va puiser également dans des œuvres telles qu'Interstellar, L'Envolée sauvage ou encore Bambi. On retrouve également une formule chère à Dreamworks, croisement entre Shrek et Dragons (réalisé par Sanders et DeBlois) qui revisite de nouveau le voyage du héros.
Dès que le métrage entre dans cette phase, tout s'accélère, déborde d'énergie et prend un virage bien plus orienté pour le jeune public, quand bien même des films comme Wall-E, Là-haut ou encore son contemporain Flow ont prouvé qu'avec moins, on pouvait procurer plus ! Il en va de-même pour l'interlude musicale construite sur chanson ouvertement tubesque.
On retrouvera également d'autres motifs qui font écho à la saga aux dragons comme le contexte insulaire, la question de l'acceptation, du rejet ou encore l'esprit de communauté.
Le film comporte aussi quelques étrangetés :
- La civilisation semble décimée et la nature reprend ses droits. Pourtant, le fief sphérique des robots est constitué de parcelles agricoles et de vergers. R&D ?
- J'ai également trouvé dommage de ne pas avoir su utiliser sa thématique à son plein potentiel et d'avoir fait le choix, ne serait-ce via un plan d'ensemble, de ne pas montrer la mort de long-cou. Le courage et la décision de poursuivre afin d'évacuer sa nuée auraient consolidé le message global et l'arc narratif de Joli bec.
Au final, rien qui ne va en faire un mauvais film, mais autant d'éléments qui différencient les très bons films des Grands films.
Reste que Le Robot sauvage est un film qui fera passer un beau moment aussi bien aux enfants qu'aux adultes et qui réactualise des sujets et émotions ancestrales, qui nous animent tous.
Quel plaisir de retrouver un Kris Bowers en pleine forme qui nous livre des épopées musicales, tantôt intimes, tantôt homériques.
Allez Dreamworks ! Ne succombe pas aux sirènes de la firme aux grandes oreilles !