"Scandale" s'impose comme une révolte féministe, une dénonciation importante et nécessaire. A l'aube de l'affaire Weinstein et de l'élection de Trump, les studios de télévision américains de Fox News, ruche pleine de présentatrices vedettes à la merci d'un vieillard impotent, implosent suite aux accusations sexuelles de l'une d'entre elles. Au début, "Scandale" revient sur ces faits réels en empruntant une forme alambiquée, au montage explosé et complexe pour mettre en place le cadre. Un peu comme avec "The Big Short" ou "The Social Network", je me suis senti assailli sous une montagne d'informations, désorienté par un flot d'images alors que le sujet est finalement clair en restant concis. Mais après ces adresses caméra inutiles et cette mise en place longuette, on voit de quoi il en retourne, notamment grâce au personnage de Margot Robbie qui, c'est important, est le seul qui soit fictif. Dans cette tour d'ivoire, un magnat des affaires s'auto-proclamant défenseur des femmes, règne selon ses règles. Le silence se brise suite à la démission d'une star du talk-show jouée par Nicole Kidman, grimée à l'extrême mais néanmoins percutante. S'ensuivent des scènes intenses, dures, dérangeantes accompagnées de vrais témoignages qui marquent la fin d'un ère, la chute d'un monstre. Tout ça dans un rythme trépidant et haletant, nous plongeant au coeur d'une affaire cruciale. L'urgence est palpable tout comme la peur de l'inconnu de ces femmes. La bande originale y contribue efficacement. Mais ce n'est rien face aux trois piliers de cet engrenage : troublants dans leurs métamorphoses physiques et dans leurs justesses. Charlize Theron, encore une fois transformée, se révèle impériale et troublante. Il ne faut pas oublier le gros dégueulasse, impeccablement interprété par John Lithgow, qui rend perceptible les failles de l'homme. Donc oui, ce film est assourdissant de vérité et s'inscrit dans une ère de révolte. Mais c'est aussi une prouesse osée comme on les aime à Hollywood. Comme toutes les oeuvres très factuelles, pas sûr que "Scandale" laisse une empreinte indélébile dans nos mémoires de cinéphiles.