Reconnue par l'ONU comme "la capitale mondiale du viol", l'Est de la République Démocratique du Congo est une région cauchemardesque. Où sévissent depuis des décennies des violences sexuelles d'une barbarie sans nom. Médecin local devenu célèbre (et célébré), Denis Mukwege a opéré des milliers de femmes, afin de les reconstruire physique et psychologiquement. Ce qui l'a conduit à recevoir, entre autres, le Prix Nobel de la paix en 2018. "Muganga - Celui qui soigne" revient sur quelques années de son combat médical, alors qu'il est épaulé par Guy Cadière, un chirurgien belge venu au Congo avec de nouvelles techniques. Le début du film est aussi osé que saisissant, montrant une famille occidentale lambda semblant sortie d'une pub pour du mobilier. C'est alors que débarquent brutalement des soldats occidentaux eux-aussi, qui vont violer la femme et la fille avec une violence prononcée. La transition avec une femme congolaise victime de supplices similaires révèle que le volet occidental n'était qu'un reflet : "et si ça se passait chez nous ?". Une manière d'impliquer immédiatement les spectateurs que nous sommes. La suite sera moins choquante, et beaucoup plus sobre. On verra très peu les violences en elles-mêmes, mais plutôt leurs conséquences sur plusieurs patientes qui débarquent à l'hôpital tenu par le Dr. Mukwege. Marie-Helène Roux trouve l'équilibre juste entre cette sobriété presque policée, et l'horreur qui se cache derrière. Elle n'oublie aucunement les émotions, et elle a le mérite de pondre un film qui a une grande valeur politique. Je reprocherai toutefois un aspect parfois superficiel, notamment dans la résolution de certaines sous-intrigues (la femme qui attend un enfant issue d'un viol, par exemple). Ou un portrait qui se veut immensément flatteur pour Mukwege. Non pas que je doute du courage et de la noblesse de l'homme, mais à force de le montrer presque sans faille, on déshumanise un peu le personnage. Pour autant Isaach de Bankolé est très digne et charismatique dans ce rôle. Face à Vincent Macaigne en chirurgien belge à l'état d'esprit très différent, qui va compléter notre homme. Leurs différences culturelles créant parfois des frictions. Malgré ses défauts, "Muganga - Celui qui soigne" demeure un film fort et noble, sur un sujet atroce.
Muganga, l’homme qui soigne est un film poignant, profondément humain, qui s’appuie sur l’histoire vraie d’un médecin congolais tentant de réparer, au sens propre comme au figuré, des femmes victimes des crimes de guerre dans l’est du République démocratique du Congo. Un conflit d’une brutalité inouïe, héritier direct des tensions issues du génocide des Tutsi au Rwanda, et dont les conséquences résonnent encore aujourd’hui.
Le film capte avec justesse cette réalité lointaine, presque irréelle depuis notre confort européen, et parvient à la rendre tangible, parfois même difficilement soutenable. Mais c’est justement là sa force : ne jamais détourner le regard.
La mise en scène de Marie-Hélène Roux, pour un premier film, impressionne par sa sobriété et son efficacité. Sans effets inutiles, elle laisse toute la place aux émotions et aux témoignages.
Côté interprétation, Vincent Macaigne est d’une grande justesse dans le rôle du chirurgien belge venu prêter main forte. Tout en retenue, il apporte une humanité touchante. Face à lui, Isaach de Bankolé impose une présence forte et digne, donnant au film une profondeur supplémentaire.
Au-delà du récit, le film interroge aussi, en filigrane, notre propre responsabilité dans ces conflits, liés notamment à l’exploitation des ressources nécessaires à la fabrication de nos batteries de portable.
Un film nécessaire, dur mais essentiel, qui mérite d’être vu par le plus grand nombre.
Un film percutant, mais qui m’a laissé à distance : je suis resté simple spectateur, sans parvenir à ressentir toute l’émotion attendue. Macaigne, lui, est une fois de plus juste et impeccable.
Film qui m'a peu émue, malgré une certaine appréhension à aller le voir. Certes les faits de violence sont indéniablement condamnables mais les personnages sont trop lisses et assez caricaturaux dans leurs dialogues. Les scènes s'enchainent maladroitement parfois.
Ce film est un choc, un gros choc et des la première seconde du film, vous êtes agressé par la violence sexuelle gratuite par des malades mentales, impuissants et ensuite vous avez une histoire bouleversante de femmes violées. Ce film doit être vu pour que chaque personne dans ce monde se rendent compte de ce qui se passe sur cette planète. 
Un film de bons et louables sentiments mais qui peine à dépasser son côté programmatique. Le jeu approximatif des acteurs et une réalisation plate n’arrange rien à l’affaire
La réalisatrice nous offre là un pépite cinématographique. Un seul regret ? Que le film ne soit pas présent dans plus de salles. Des scènes poignantes, des acteurs formidables et une histoire qui démontre qu’il existe encore quelques îlots d’humanité et d’amour.
Ce film est d’une nécessité absolue. Si vous hésitez à aller le voir dites vous tout simplement que vous ressortirez de la salle complètement bouleversé.e et choqué.e de découvrir ce sujet seulement maintenant. Ne passez pas à côté de ce film, son message est bien trop important pour être ignoré.
Une réalité bouleversante. La scène d’ouverture est un véritable choc. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant pleuré devant un film. Les acteurs jouent juste. C’est le genre d'histoire qu’on met du temps à digérer, tant il reste en nous bien après la séance. Si vous aimez les récits intenses, portés par des sujets forts et inspirés de faits réels, Muganga est fait pour vous.
Saisissant , une histoire incroyable sur les femmes de RDC Interprétations d’une justesse qui vous fait entrer de cette histoire ! On en sort pas indemne …..
C'est du pillage, et un pillage raté. En effet ce film pille éhontément le documentaire "L'homme qui répare les femmes" sorti en 2016 : il lui prend des personnages, des scènes, des dialogues... Non seulement ces extraits sont parfois tronqués ou transposés jusqu'à changer de sens (ce qui trahit la réalité), mais la fiction échoue à faire ce qu'elle aurait dû faire : nous émouvoir davantage. Le documentaire de Thierry Michel et Colette Braekman était déjà un chef d'oeuvre de sensibilité, qui nous prenait aux tripes tout en montrant la complexité de la situation, et qui était illuminé par la présence bienveillante et bonhomme de Mukwege. Le film "Muganga" quant à lui, parvient très rarement à l'émotion, car soit il met en images la violence (alors que les témoignages des victimes sont déjà terribles), soit il plaque des répliques maladroitement explicatives, soit il n'est pas à la hauteur de la réalité qui était d'une intensité bien supérieure. Je pense par exemple à l'accueil réservé à Mukwege à son retour d'exil : dans le documentaire on voit l'ampleur extraordinaire de la foule qui l'acclame autant alors que dans la fiction c'est tout petit (et à l'heure de l'IA qu'on ne vienne pas dire qu'on a manqué de figurants !). Par ailleurs ce film offre une vision simplifiée des choses, en escamotant entre autres tout ce qui concerne la justice en RDC, et en laissant entendre que le problème majeur est la cupidité des pays occidentaux. Ainsi s'explique la scène choc initiale : comme s'il suffisait que nous ouvrions les yeux pour que tout s'arrange. De plus, le récit s'arrête vers 2013, comme le faisait déjà le documentaire de 2016, comme si rien de nouveau n'était advenu, ce qui nous laisse un peu frustrés. Enfin Bankolé est beaucoup trop guindé et rigide dans son jeu pour évoquer Mukwege. Je conseille de voir ou revoir documentaire, qu'on trouve facilement sur internet.
Une découverte de ces personnes si bienveillantes et si humbles qui restera en tête. Denis Mukwege, par ses actions et sa force mentale, est un médecin incroyable, et merci de me l’avoir fait découvrir ! Il est justement joué, ainsi que les autres personnages, et nous assistons à une plongée dans la souffrance mais aussi la guérison de ces femmes violées. Le regard aussi des expatrié(e)s et de la presse est bien mis en scène. Le film nous pousse à vouloir en savoir davantage quand on en sort.
L'histoire vraie est dingue et mérite toute la lumière possible, mais malheureusement le film n'est pas à la hauteur, trop classique dans sa construction et dans sa narration. Les acteurs font bien le travail mais les personnages ne sont pas assez étoffés c'est bien dommage. Il n'empêche que cet avis est très personnel et le film mérite d'être vu parce que le sujet ne peut pas rester dans l'ombre.
La sujet est si puissant qu’on aurait peur que le film sombre dans un didactisme mièvre et academique. Non, la mise en scène est sobre et certaines idées brillantes notamment la scène d’ouverture marqueront les esprits pour longtemps.
Le sujet, très délicat, aurait du être abordé de façon différente, avec des acteurs différents, avec des dialogues différents et surtout avec une approche idéologique différente. En clair rien ne fonctionne dans ce film ou plutôt, téléfilm plat et insipide. Fuyez