Alithea Binnie rencontre un génie qui lui propose d’exaucer 3 vœux en échange de sa liberté. Mais Alithea est bien top érudite pour accepter les yeux fermés la proposition de cet inconnu. Ce dernier décide alors de plaider sa cause en racontant son passé extraordinaire…
Après le colossal succès rencontré par Mad Max : Fury Road (2015) et avant son spin-off avec Furiosa (2024), George Miller repasse enfin derrière la caméra, après 7ans d’absence. Avec Trois mille ans à t'attendre (2022), il adapte la nouvelle d'A. S. Byatt, "The Djinn in the Nightingale's Eye" (parue en 1994) et en restitue une œuvre d’une remarquable beauté visuelle. Pourtant, ça n’était pas gagné d’avance, le pitch de départ étant on ne peu plus convenu (la rencontre entre une narratologue britannique et un Djinn (une créature surnaturelle) piégée dans une bouteille) aurait pu prêter à sourire mais finalement il n’en sera rien.
Le film est essentiellement composé de flashs back à travers lesquels on découvre l’histoire tumultueuse du Djinn, le tout, superbement agencé grâce à un montage soigné, de magnifiques reconstitutions en CGI, de très beaux décors & costumes et le clou du spectacle, la magnifique photo signée John Seale. Un conte de fée moderne qui prouve (une fois de plus) les talents de conteur du cinéaste grâce à un élégant sens de la narration visuelle.
Bon c'est une histoire qui raconte l'histoire d'une femme qui raconte l'histoire d'un djinn qui lui raconte ses histoires. Pas vraiment folles ni fantastiques ses histoires d'ailleurs. Par moment on a le sentiment que tout cela va basculer dans une intrigue classique de guerre où un humain intervient dans un conflit magique...mais non. Des pistes non exploitées. C'est presque une comédie romantique ! Par contre décors, costumes, animations sont fantastiques.
Jamais un film n'avait aussi bien parlé de la déréliction des bons génies enfermés dans des bouteilles. Par ailleurs, Trois mille ans à t'attendre montre aussi qu'ouvrir un flacon de djinn ne devrait s'effectuer qu'avec modération. Galéjades à part, c'est un film très original que nous offre George Miller, ludique et poétique, qui rappelle que avant de proposer un spectacle, le cinéma est avant tout l'art de raconter une/des histoire(s), un précepte que la plupart des blockbusters oublient au profit de la pyrotechnie. Certes, le film propose son lot d'effets spéciaux, comme ce djinn haute taille, mais ils sont au service de récits qui s'enchâssent parfois les uns dans les autres, toujours dans un amour de la narration et de l'exotisme, dans une veine orientaliste qui rappelle évidemment Les mille et une nuits. Que ce soit dans ses échappées visuelles ou dans les simples conversations entre les deux principaux héros de ce conte à multiples facettes, Miller ne perd jamais une grâce évidente de mise en scène, dans un univers coloré et volontiers naïf. Tilda Swinton et Idris Elba composent un couple bizarrement assorti mais finalement romantique, qui se rejoint dans une inadaptation à s'insérer dans ce monde cruel, payée en années de solitude. Au fond, George Miller n'impose rien aux spectateurs, qu'il ne traite pas comme des consommateurs, si ce n'est le goût du jeu et de la fiction, considérés comme des sources d'émerveillement perpétuel.
J’ai beaucoup aimé ce film, surtout la première moitié qui est vraiment captivante. On ne s’ennuie pas, le rythme est bien maîtrisé, et Idris Elba est un excellent choix puisque sa voix se prête très bien à la narration de contes. J’ai trouvé Tilda Swinton un peu fade en comparaison, mais rien de tragique. Les jeux de couleurs et de lumières sont excellents, ce qui fait de 3000 ans a t’attendre un film est immersif, et agréable a voir. La dernière demi-heure est un tout petit peu lente, mais c’est une bonne expérience malgré tout. C’est une jolie histoire sur la solitude qui s’avère assez émouvante et qui m’a d’ailleurs donné envie de lire le livre dont elle est tirée.
C'était très intrigant de voir le cinéaste George Miller s'attaquait à un projet qui n'a aucun lien avec Mad Max. Le fait qu'il n'est dirigé que des films issus de cet saga me laisser un doute sur la capacité de Miller à réaliser quelque chose de totalement différent. Mais je peux d'ores et déjà vous dire que l'adaptation du livre d'A.S. Byatt est une franche réussite. On découvre un univers fantastique assez unique issu du livre couplée à la patte visuelle de Miller qui donne un tout vraiment spécial et agréable à suivre. J'adore ces plans qui me font penser à du Terrence Malick représentant quelque chose d'à la fois cosmique et organique. On retrouve également quelques touches d'Amélie Poulain d'abord par le caractère introverti du personnage principal incarné magistralement par Tilda Swinton, une actrice que j'apprécie de plus en plus, mais aussi dans sa maniére d'être mise en scène : on est toujours très près d'elle, elle entretient presque intime avec son spectateur. Ces éléments permettent de s'attacher très rapidement au protaglniste. En outre, la durée d'1h48 peut faire peur au vue du synopsis alors que c'est tout l'inverse : malgré l'aspect théâtral du métrage, c'est un voyage saisissant à travers l'Orient durant différentes époques avec des plans à vous fendre la rétine. Une autre raison pour laquelle je me suis laissé tenter par le film est que Junkie XL était à la composition : même si le son est très bien travaillé, spoiler: notamment dans la séquence où Alithéa s'évanouit sur scène à la vue du Dieu colérique, ce n'est pas ici qu'il signe sa mailleure bande-son. Cependant, l'utilisation du fantastique peut un petit peu gêner : certains êtres mythiques tombent dans le récit comme un cheveu sur la soupespoiler: juste pour emprisonner Djinn alors qu'ils auraient pu le remarquer bien plus tôt. Le film traite avec brio les thèmes de l'amour et des ravages qu'il peut causer avec ces deux personnages antynomiques : spoiler: l'un qui échoue à accomplir son unique désir alors qu'il vit éternellement, et l'autre qui les a déjà tous accompli en l'espace d'une vie humaine.
C'est donc une agréable surprise de voir le célèbre réalisateur de Mad Max à l'oeuvre de quelque chose de très différent, même si Trois mille ans à t'attendre garde un visuel très marqué. Je le recommande vivement car ce métrage saura parler à tout le monde.
La rencontre entre une narratologue et un djinn dans une chambre d'hôtel, et l'amitié amoureuse qui va naître entre ces deux âmes solitaires.
Accompagné d'une esthétique rappelant certains films de Tarsem Singh, George Miller nous parle de mythologies orientales et de questions existentialistes, de vœux et de désirs, tout cela à travers une narration qui tantôt nous accroche tantôt nous perd (notamment dans sa dernière partie). À l'image des histoires et des contes qu'on se raconte depuis la nuit des temps.
Le goût du merveilleux au cinéma ne fait plus recette.
Il est d'autant plus intéressant de voir le patriarche Georges Miller proposer une relecture des Mille et une nuits arrangée à la sauce moderne : le génie Idriss Elba est confronté à des problématiques qu'on comprend parfaitement (se rendre utile, socialiser, ne pas passer quelques milliers d'années sans activité !) et Tilda Swinton, égale à elle-même (c'est à dire intelligente), en narratologiste.
Alors, bien sûr, le scénario est fait de bric (des resucées de classiques) et de broc (des inventions souvent inspirées, comme celle des instruments de musique du roi Salomon), mais au final, le savoir-faire de sieur Miller emporte le morceau : le film se laisse regarder avec gourmandise, et pour peu qu'on ait gardé son âme d'enfant, il est même parfois régressivement jouissif. La mise en scène imaginative et le montage nerveux y sont pour beaucoup.
Un film de divertissement de bonne qualité, ode à l'altérité, qui nous change de la soupe insipide servie par les usines à super-héros.
Beau récit et beaux retours en arrière... Mais les transitions entre vie présente et vies passées m'empêchaient d'être totalement prise. Je ne regrette pas ma place mais je ne conseillerais pas spécialement ce film (sauf pour l'univers fantastique qui était plutôt agréable).
Un film à ranger dans la catégorie "psychanalyse" puisque qu'il raconte la guérison d'une femme atteinte de névrose. Les deux premiers tiers sont ludiques et joliment mis en scène. La dernière partie se perd dans son propos très cérébral.
Si vous aimez comme moi les belles histoires...d'amour, les comtes des milles et une nuit, du fantastiques fait avec génie, et vivre un moment féérique qui tord le coup d'une certaine philosophie de la solitude...Alors George Miller mérite ces cinq étoiles. Un film d'une grande beauté. MAGNIFIQUE.
Epoustouflant imagemment parlant. Les histoires racontées sont malheureusement plus intéressantes que celle sensé être au cœur du film spoiler: et malgré le trait mis sur les sentiments, il est impossible a croire de cet amour réciproque naissant en même temps je ne suis pas friand du genre qu'est la romance.
Entre deux Mad Max George Miller délaisse les voitures et l'essence pour le vent et un tapis volant et nous emmène dans un conte fantastique où la solitude contemporaine côtoie l'opulence sirupeuse des Mille et Une Nuits, plutôt bien rendues si on aime les Cornes de Gazelle. Il signe une œuvre convaincante sur le pouvoir des histoires, écrites ou filmées, et sur la manière de les raconter. La partie romantique elle est tellement sucrée qu'elle pourrait faire crever une personne souffrant d'un diabète sévère. Allez le voir à jeun vous en sortirez repu.
J'ai adoré. Un conte de contes, du sens, un regard sur l'Humain, l'amour, le désir et le non désir moderne et ancien, et drole. Une belle œuvre et des acteurs fantastiques.
Des histoires dans l'histoire, des voyages dans le temps et dans l'espace, de très belles images. Un film céleste et romantique qui fait du bien en ce moment, en cette triste époque.