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insomnia35
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2,5
Publiée le 27 janvier 2014
Georges Franju nous livre un film plutôt réussi sur l’univers de la psychiatrie. Très abouti dans la description du mal-être des personnages secondaires, notamment celui d’Heurtevent joué par l’excellent Charles Aznavour. Je trouve toutefois que Georges Franju rate le cœur de la cible avec le personnage principal. Là où le roman d’Hervé Bazin arrive à nous suggéré la folie qui s’installe insidieusement en François Gérane (Prénommé Arthur dans le roman), le film a bien du mal à la mettre en évidence. Dommage, puisqu’il s’agit là du point essentiel du scénario…
J'ai vu un film... tiré d'un roman d'Hervé Bazin, qui traite de l'enferment psychiatrique, comme moyen, non pas de soigner, mais de punir, et de protéger la société... Il y a la thèse de 2 médecins, complètement à l'opposé dans leur méthode... Une approche, soutenue par Paul Brasseur (énorme) que susciterait l'adhésion des asiles psychiatriques, tels qu'on peut les imaginer dans toutes les dictatures (roman écrit en 1949, film de 1959) et une autre méthode plus humaine portée par Paul Meurisse (impeccable)...
De là, Jean-Pierre Mocky, jeune rebelle, enfermé dans cet asile par son père qui veut lui faire payer son comportement en marginalité de son mode de vie bourgeois... Et il découvre des fous qui n'en sont pas, des personnes faibles dans cette société, des personnes "différentes"... Charles Aznavour joue un rôle très impressionnant... Et Anouk Aimée éclate de beauté. Un film extrêmement bien réalisé qui préfigurera le spectaculaire "Vol au-dessus d'un nid de coucous" de Milos Forman...
Le film, qui a obtenu en 1960 le grand prix de l’Académie du Cinéma (à laquelle succédera l’Académie des César en 1976) est passionnant à plus d’un titre. Il raconte l’histoire de François Gérane (Jean-Pierre MOCKY), 25 ans, rêvant d’être peintre, dont le père, avocat et veuf depuis 17 ans, fait interner spoiler: car lui ayant volé de l’argent (suite à 200 000 F de dettes de jeux) et détruit des documents officiels . Le piège se referme sur lui. Il reste d’actualité car c’est une réflexion sur la folie et son approche, soit médicale, soit sécuritaire (largement utilisée par les régimes totalitaires à destination des opposants politiques. Il est contemporain de « Folie et déraison. Histoire de la folie à l’âge classique » (1961), thèse de Michel Foucault (1926-1984) et même précurseur, le documentaire « 12 jours » de Raymond Depardon, sur l’internement psychiatrique sans consentement, date de 2017. C’est aussi un témoin du cinéma français avec une belle brochette d’acteurs confirmés (Pierre BRASSEUR, 54 ans et Paul MEURISSE, 47 ans, qui interprètent 2 professeurs de médecine dirigeant un hôpital psychiatrique aux conceptions différentes : le premier préférant les enfermer pour protéger la société, punir n’est pas guérir pour le second qui essaye d’innover) ou débutants (Jean-Pierre MOCKY, 30 ans, qui a aussi participé au scénario, Anouk AIMÉE, 27 ans, Charles AZNAVOUR, 35 ans, Edith SCOB, 22 ans dont c’est la 1ère collaboration sur 5 avec le réalisateur). Sans oublier la musique de Maurice JARRE (1924-2009) dont c’est la 2e musique de film (angoissante) et 1ère des 5 collaborations avec Franju.
Jacques (Mocky) , après avoir giflé et volé son père, se retrouve enfermé à l'asile... "La tête contre les murs", film engagé contre les abus de la psychiatrie à la dure incarnée par le Dr Valmont (Brasseur) et une prise en charge plus libre représentée par le Dr Emery (Meurisse) s'engouffre dans le cliché et l'emphase (le méchant toubib diagnostiquant sans égard et sans discrétion, le père avocat sans morale clamant que la vie est un jeu, la volière dans la cour...) . La BO tapageuse et envahissante de Maurice Jarre plombe certaines scènes. Le personnage de Heurtevent (Aznavour est exceptionnel), patient qui rêvait d'être marin, est le portrait le plus crédible, vivant et percutant.
Un film à message qui marqua son époque . Un jeune garçon ne veut pas accepter l'ordre "psychiatrique " en cours dans les années 50. Il va se révolter contre le concept de la bourgeoisie bien pensante qui veut cacher sous le tapis ses enfants malades . Le film est assez noir et naturaliste . Georges Franju aux manettes est très efficace. Les acteurs sont tous excellents , le tout jeune JP. Mocky , qui fera la carrière de réalisateur que l'on connait, Anouk Aimée, Paule Meurisse , un très grand , un peu oublié aujourd'hui