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5,0
Publiée le 22 novembre 2020
Brillante et subtile mise en image dans la canton de Vaud avec cette touche suisse faite de sensibilitè et de goût du travail soignè, qui est mise au service de l'histoire que le rèalisateur raconte admirablement! il est difficile d'oublier le visage de cet acteur au physique très ordinaire de vieux bonhomme qu'est l'immense Michel Robin! En valet de ferme, il est juste formidable et trouve là son plus beau rôle au cinèma! Car, si le vèlomoteur (BATAVUS, toute une èpoque à jamais rèvolue) est dangereux pour son entourage, il le mène vers ce qui passionne le plus Yves Yersin : les petits plaisirs de la vie, plaisirs simples, plaisirs inoubliables pour nous amoureux du 7ème art! Les paysages sont magnifiques, vus du ciel ou sur la route, et on n'en prend plein les mirettes avec des images envoûtantes spoiler: (le planeur). Demeure ici la nostalgie de retrouver aussi des souvenirs d'antan comme ècouter un simple 45 tours en se dorant la pilule sur le son des Moody Blues, « Nights in White Satin » , ou en mangeant simplement une boite de chocolats en famille! Un très joli moment de cinèma...
Plongée support à la nostalgie des pantalons "pattes d'eph'"... L'histoire se passe dans une ferme suisse francophone. Ce n'est pas un film d'action, mais l'intrigue et les personnages grandissent au fur et à mesure que l'on avance. Qu'un cyclomoteur devienne ainsi le support à la liberté d'un vieux monsieur, c'est une jolie trouvaille émouvante. Sous la houlette d'un patriarche acariâtre incarné par Fred Personne, chacun va peu à peu s'émanciper. Les petites fugues, c'est un hymne à la conquête de la liberté. Liberté de se mouvoir, liberté de penser, liberté d'agir, de rencontrer, de s'opposer, de dire, de s'insurger. Et puis, c'est aussi l'occasion de visiter le magnifique mont Cernin dans des conditions inhabituelles. Un petit bijou cinématographique peuplé de personnages ordinaires, qui prennent leur valeur au fil de l'histoire.
Une fantaisie légère et amère. Film où les personnages s'inscrivent avec une réelle épaisseur. Les rêveries naïves et tardives du vieux Pipe entraînent ceux qui vivent à la ferme, ainsi que le spectateur, dans des questionnements sur le travail, la vie, le temps qui passe et se gâche.. et dans un plaisir qui se construit de séquences en séquences jubilatoires. Si le film a normalement vieilli aux entournures, et a aussi ses longueurs, il n'en reste pas moins une belle qualité de l'image et du cadre, je dirais même une certaine grandeur du cadre : Pipe avec son vélomoteur sur la cime... ainsi qu'une saisissante envolée de la route, entre les arbres du sous-bois, pour atteindre au ciel et au panorama de la campagne vaudoise, bien des décennies avant les drones... Bref, un petit bijou.
Petite histoire sur un grand destin. Pipo découvre l’émerveillement de l'enfance et de l’adolescence à travers un polaroïd et une mobylette. Un MAMMUTH le talent en plus. Mon film référence !!!
Le cinéma suisse est assez méconnu en France. Tout juste Claude Goretta et Alain Tanner sont-ils parvenus à se faire un nom ayant beaucoup travaillé en France notamment pour la télévision. Ces deux là soucieux de faire vivre le cinéma de leur pays avaient formé en 1968 avec trois autres collègues genevois (Jean-Louis Roy, Michel Soutter et Jean-Jacques Lagrange) le "Groupe 5" qui par le biais d'accords avec la télévision suisse romande ambitionnait de produire des films indépendants. En 1971, Yves Yersin remplaçait Lagrange dans le groupe. Réalisateur de documentaires ethnographiques, il réalise en 1979 "Les petites fugues", son premier film de fiction. Mais l'ethnographe est toujours bien présent en filigrane et c'est pendant deux heures que la caméra de Yersin regarde vivre une petite communauté familiale agricole au moment de la délicate transmission de la ferme au fils de la famille. Le père (Fred Personne) approchant de la retraite a du mal à se rendre à l'évidence qu'il va devoir laisser son fils orienter le futur de l'exploitation à sa manière forcément plus moderne. spoiler: La tension est d'autant plus palpable que la fille aînée est revenue vivre sous le toit familial avec son jeune fils . Le tempérament suisse fait peut-être que les choses restent tapies derrière une bonhommie de façade.spoiler: C'est le comportement erratique soudain de l'employé de ferme Pipe (Michel Robin) qui va servir de révélateur mais aussi de dénouement à la crise familiale qui couve. Présent à la ferme depuis plus de trente ans, Pipe qui sent lui aussi la retraite arriver vient d'acheter une mobylette neuve (une Batavus) qu'il va chercher toute rutilante à la gare du pays. Symbole de la modernité qui entre dans la vie de Pipe et en même temps frappe à la porte de la ferme. L'engin qui stationne dans la chambre de Pipe va transformer le rude travailleur désormais un peu fatigué en jeune adolescent qui repousse toujours un peu plus les limites de son territoire. Ces petites fugues comme les appelle Yves Yersin qui se terminent quelquefois au poste de police vont détourner un moment l'attention de tout ce petit monde affairé autour de la crise juvénile de Pipe . C'est tout un monde qui disparait que Yersin parvient à capter un peu à la manière des cameramen aventuriers d'Albert Kahn qui au début du XXème siècle parcouraient le monde pour saisir à la demande du riche banquier alsacien les mœurs de civilisations ancestrales peu à peu gagnées par le progrès. L'exploit est certes limité au canton de Vaud mais la prouesse consiste ici à restituer une part de vérité via des acteurs professionnels. Fred Personne et Michel Robin seulement âgé de 48 ans sont confondants de vérité à l'image de la troupe d'acteurs suisses moins connus qui se sont mis au diapason des deux grands acteurs. Le rythme est bien sûr de sénateur et sur près de 2h20 le film pourra paraître un peu long à ceux qui ne parviendront pas à adopter le tempo helvétique. L'effort vaut pourtant la peine d'être mené, notamment pour voir John Duperrey (Fred Personne) tirer à la toute fin la conclusion qui s'impose et s'imprégner de la poésie avec laquelle Yersin filme les paysages et les moeurs des habitants qui les peuplent.
Le quotidien d'un vieil homme qui s'est offert un vélo (moteur) pour s'évader de la vie monotone qu'il mène en temps qu'ouvrier agricole dans une ferme familiale suisse, dans laquelle travaille également un immigré italien. L'action semble se situer entre les années soixante et soixante dix, mais des anachronismes apparaissent (comme par exemple la course de motocross ou les machines ont une suspension arrière monobras typique des années 80. J'ai dis" l'action" mais le mot est fort tant les scènes de ce film long (plus de 2 heures) sont lentes et répétitives. Presque un film contemplatif, C'est dire si l'on baille souvent. L'idée est sympa mais le traitement laisse dubitatif. Une chronique de la vie simple et tout de même rustre de la campagne suisse à quelques kilomètres des montagnes, ce qui donne lieu a de belles prises de vues. Entre le propriétaire fermier irascible, l'italien volubile et sympathique, et les quelques autres personnages de cette histoire au jour le jour, il y a notre héros vélo-motorisé qui va là ou son (non)sens des réalités le mène. Et ça finit comment. Comment au fait ? Comme un joli film qui n'a pas grand intérêt.
Essentiellement auteur de documentaires ou bien de films ethnographiques, le réalisateur suisse Yves Yersin signe en 1979 un long-métrage singulier. Sans contenir de véritable intrigue, cette fiction aborde avec sensibilité les conflits générationnels marqués entre tradition et modernisme. Employé dans une exploitation agricole, un vieil homme vit une deuxième jeunesse en découvrant les joies du vélomoteur puis d’un appareil photo. Le regard qu’il porte sur son environnement est tout autant amusé que nostalgique. Dans ce rôle, Michel Robin, acteur sous-estimé, livre une partition pétillante. Il faut accepter la lenteur du récit pour apprécier le caractère contemplatif de cette société en pleine évolution. Bref, une œuvre touchante car sincère.
Film d'un ennui interplanétaire avec des plans fixes à n'en plus finir. En fait, tout le long métrage est d'une longueur inégalée pour des scènes parfois niaises qui n'auraient sans doute pas méritées autant.
Les comédiens ne sont pas mauvais mais ils ont sans doute été mal dirigés. Je ne connaissais pas le protagoniste principal Michel Robin (ah si, tiens, il a joué le curé dans Rabbi Jacob !) mais en faux vieux (il n'a que 59 ans sur le tournage), il paraît plus ridicule qu'enjoué. On peine à rire. Seules 2/3 séquences sont marrantes sur les 2 heures de la comédie.
Bref, film subjectif qui n'a de plaisant que revoir les modes des années 70 à travers des paysages de campagne, magnifiques au demeurant.
Un regard acerbe sur le monde rural de toute une génération de papy bommers. Un film d'une très (trop) rare poésie. Je ne saurai donc que vous recommander d'ajouter cette perle à votre tableau de chasse ; d'autant que les occasions pour le visionner sont très exceptionnelles.