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Un visiteur
3,5
Publiée le 27 octobre 2021
Bon film avec une bonne représentation de la vie des pionniers que je méconnaissais. Un rythme lent et calme mais l'histoire s'y prête et les relations entre les acteurs aussi. Je recommande.
Avant d’avoir des cow-boys, il faut avoir des vaches. Sans vache, inutile d’embaucher ces garçons vachers, guidant les troupeaux de bétail vers leurs pâturages. First Cow, le nouveau long-métrage de Kelly Reichardt présenté au Festival de Deauville 2020, et très largement salué par la critique, ne raconte pas l’histoire du premier cow-boy des USA. En quelque sort c’est un anti-western qui raconte l’histoire d’avant : celle de la première vache du territoire. C’est difficile à imaginer de nos jours, et je l’ignorais, les vaches n’existaient pas aux Etats-Unis avant leur importation par les colons européens, vers les années 1820. First Cow raconte précisément l’arrivée de ce noble animal dans une région reculée du Far West, l’Oregon, au milieu du XIXe siècle …les aventuriers venus de tous les coins du monde étaient jusqu’alors trappeurs et piégeaient les castors pour fabriquer les chapeaux des européens….Ils se regroupaient parfois autour des forts militaires de rondins, dans des comptoirs aux ruelles boueuses et aux cabanes en bois grossièrement travaillé…dans ce paysage, une bande de trappeurs mal dégrossis , crapahute sur la piste d’un fugitif asiatique qui a fui une bande de russes…Ils sont accompagnés d’un cuistot taiseux et doux rêveur qu’ils rudoient…les deux hommes , Cookie, le cuistot et King Lu l’asiatique, se retrouvent au fort et ne se quitteront plus…Cookie va avoir l’idée de proposer aux pionniers de tout poil, des beignets qui rencontrent beaucoup de succès …pour réaliser ses beignets, Cookie trait en douce la vache apportée d’Europe par l’administrateur local appelé Facteur Chef…la suite on la devine, la ruse des deux compères sera éventée et ils ne devront leur salut que dans la fuite… Le film de Kelly Reichardt peut se voir comme un western naturaliste, un film hors du temps, un poème visuel qui revisite d’un œil neuf le mythe des origines de Etats Unis…Avec un minimaliste déconcertant, il montre, qu’avant d’être ces héros de la Légende de l’Ouest, c’était un ramassis de pouilleux, accourus pour faire fortune…et au cœur de ce monde égoïste et sauvage, Kelly Reichardt fait émerger une paire d’amis, à l’amitié pure, sous le regard d’une vache quasi-affectueuse…. Christopher Blauvelt est chargé de la photographie, et délivre une composition naturaliste valorisant avec réalisme, les forêts et environnements pastoraux. Cette reconstitution bucolique du quotidien de ces pionniers de la Frontière, est la réussite remarquable du film, qui immerge facilement le spectateur dans cette époque de l’Amérique sauvage. Le recours au format 1,37 :1, qui restitue une image « carrée » rappelle les débuts du cinéma, et donne l’impression de voir quasiment un documentaire qui aurait été filmé directement dans ces années. En cherchant à coller au plus près du « vrai », Kelly Reichardt renonce à verser dans le spectaculaire. L’utilisation de la lumière naturelle, la lenteur du rythme, la quasi-absence de musique, accentue cette volonté de tenter de reconstituer le réel, ses silences et ses absences d’action. Ce parti-pris, durant les deux heures bien tassées que dure First Cow, finit pourtant par provoquer chez le spectateur une douce somnolence. C’est le seul bémol que je mettrais à ce film plein de délicatesse mais malheureusement à la distribution restreinte.
Je ne m'étais pas autant ennuyé depuis longtemps. Quelle lenteur ! Des gens se sont endormis dans la salle. On le sent venir dès le début avec ce plan inutile et interminable de péniche qui passe et qui m'a rappelé le début de la parodie de Star Wars par Mel Brooks, avec ce vaisseau spatial géant qui n'en finit pas de défiler. C'est comme si on avait étiré un court métrage de 15 mn sur un format long métrage sans ajouter aucun événement majeur ni aucun dialogue et qu'on avait fait du remplissage avec des scènes de cueillette de champignons, de promenade en pleine nature et de découpe de bois avec quelques notes de banjo pour faire poétique. Le film a certes des qualités visuelles, une certaine atmosphère, et cela change des westerns habituels de se retrouver parmi ces trappeurs bizarres dans la forêt, à la limite de la subsistance, mais le spectateur aussi aimerait bien avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Sans compter que le comportement des personnages est parfois à la limite de l'incompréhensible. Dans le même genre (western atypique, contemplatif et poétique), La Ballade de Buster Scruggs est beaucoup plus riche et mieux réalisé.
Petit film méditatif, western soft, maltraité: sorti l'an dernier, arrêté aussitôt pour cause de confinement, il ressort clandestinement dans un très petit nombre de salles - quel dommage. Tellement original, tellement différent de tout ce qu'on peut voir par ailleurs. Lent! et il y a si peu de suspense que dans les trois premières minutes, avant que l'action ne démarre, la fin en est exposée. La grande vedette c'est la nature, devant laquelle les acteurs font de la figuration. Bien sur, on pense tout de suite à Terrence Malick, sauf que chez Malick, la nature est magnifiée, déifiée, elle représente une sorte de bien absolu. Ici elle est présente, mais plutôt hostile; les sous bois sont embroussaillés; les chemins pleins de boue. Dans cet Oregon d'il y a deux siècles, les aventuriers viennent traquer le gibier à fourrure. Ils vivent dans des cahutes, comme des bêtes, ou itinèrent. Cookie Figowitz (John Magaro) est cuistot pour une bande de trappeurs, mais il ne fait pas l'unanimité.... à part des champignons, il n'a pas grand chose à proposer. Il rencontre alors un industrieux chinois, King Lu (Orion Lee) et les deux hommes vont se lier d'une amitié discrète, sans ambigüité et sans grande démonstration. Puisque Cookie est le roi des beignets, pourquoi ne pas faire fortune (King Lu se voir déjà achetant un hôtel à San Francisco) en vendant ces délicieux petits gâteaux? Mais pour faire la pâte, il faut du lait. Et justement, une première vache vient d'être apportée en Oregon, par le propriétaire du coin (Toby Jones). L'actrice est délicieuse, et joue très bien. Et c'est une française! issue une race bretonne, une Froment du Leon, vive nous! Il suffit d'aller la traire clandestinement, la nuit... Pensez vous que dans le Far West du 19e siècle, un voleur de deux litres de lait est mieux traité qu'un voleur de bétail ou un voleur d'or? Le film de Kelly Reichardt fait du bien. Il nous lave de toutes les vulgarités, toutes les banalités du cinéma habituel. Et puis, il nous montre ces tribus indiennes de l'Oregon, mutiques et nobles dans leurs étonnantes capes d'écorces. A voir!
Un film lent et silencieux qui propose une immersion dans la nature nourricière pour des gens qui ont faim ! histoire d'une amitié constructive entre deux hommes d'horizons si différents. La vie rude des pionniers et de leurs congénères indiens dans une Amérique où la domination blanche se met en place. Les acteurs restituent parfaitement cette humanité courageuse et souffrante.
Kelly Reichardt filme magnifiquement les paysages et la nature. D'un point de vue formel, first cow est une belle réussite d'autant plus que la beauté des plans entre en adéquation avec le récit qui, sous ses dehors très simple, raconte en filigrane la disparition des amérindiens et lame début du capitalisme. Reichardt livre un western minimaliste sur fond d'amitié et s'attardent longuement sur des gestes anodins du quotidien pour mieux donner l'impression au spectateurs de vivre avec ses personnages. Alors oui c'est beau mais cette épure tant narrative que stylistique tend parfois un peu à ennuyer le spectateur notamment lors d'une première demi heure qui tend à mettre trop longuement les enjeux du récit en place. Si cette lenteur peut, au départ , un peu agacé, elle finit par imposer au film son rythme de croisière et laisse le spectateur face à une oeuvre qui doit se laisser contempler. L'histoire d'amitié entre les deux protagonistes devient mêle touchante et une certaine émotion naît, comme c'était déjà le cas dans le très beau certaines femmes, des interactions entre les personnages. Bref, first cow est un beau film qui donne envie de s'intéresser de plus prêt au travail de Kelly Reichardt.
La rétrospective du Centre Pompidou pour la réalisatrice américaine Kelly Reichardt vient de finir. Et son dernier film First Cow est sortie en France le 20 octobre 2021. C'est l'occasion de retrouver un cinéma implanté dans un territoire encore sauvage, l'Orégon, bien connue de la réalisatrice.
First Cow décrit vers 1820 les conditions de vie de migrants qui fuient la misère et espèrent trouver dans un ailleurs les conditions d'une vie décente. Cookie Figowitz est un de ceux-là. Il sauve King-Lu, un émigré chinois poursuivis par des russes prêts à venger un des leurs assassiné par légitime défense.
De cette rencontre naît une amitié. La vente de beignets leur permet de connaître une vie meilleure et l'espérance d'un avenir plus lumineux. Seulement, leur succès attire l'attention du bourgeois de l'endroit, le Chief Factor local, qui va découvrir pourquoi les beignets sont si bons !
First Cow est tourné au bord du fleuve Colorado dans une forêt dense qui devient un personnage à part entière. La boue, l'humidité et la misère infiltrent tout. L'époque voit encore la coexistence de blancs avec une tribu d'indiens dont on pressent les derniers moments de liberté.
Ce récit d'une amitié, Kelly Reichardt la film avec les couleurs et la lumière de l'automne : les champignons ramassés par Cookie, ses bottes abandonnées car trouées, une nature à la fois enchanteresse avec une chouette qui me semble bleue mais aussi hostile avec les loups qui hurlent à la nuit.
Le mythe hollywoodien a vendu un Far-West avec des héros "testostéronés". Ici, la voix frêle de Cookie et sa sensibilité témoigne de son contraire. Alors, certes Kelly Reichardt choisit de représenter la période précédente à la ruée vers l'Ouest. Néanmoins ici, les héros sont des miséreux qui ne cherchent qu'à survivre. Leur solidarité les sort du chaos.
First Cow est tourné au bord du fleuve Colorado dans une forêt dense qui devient un personnage à part entière. La boue, l'humidité et la misère infiltrent tout. L'époque voit encore la coexistence de blancs avec une tribu d'indiens dont on pressent les derniers moments de liberté.
Ce récit d'une amitié, Kelly Reichardt la film avec les couleurs et la lumière de l'automne : les champignons ramassés par Cookie, ses bottes abandonnées car trouées, une nature à la fois enchanteresse avec une chouette qui me semble bleue mais aussi hostile avec les loups qui hurlent à la nuit.
Impossible de ne pas penser à la chasse aux migrants que se livre le monde occidental oubliant que leur histoire, comme celle des États-Unis, témoigne de ces vagues de métissage. Impossible de ne pas penser aussi à l'économie capitaliste qui s'implantera plus tard sur ces terres. Cette course au profit fait perdre toute prudence aux deux amis, devenus trop surs d'eux et confiants dans le succès de leur pâtisserie. Le rêve américain s’effrite, encore et encore !
la suite ici https://vagabondageautourdesoi.com/2021/10/25/kelly-reichardt/
Kelly Reichardt est une magicienne de l’image qui arrive à faire quasiment du Terrence Malick avec trois fois rien. Dans First Cow, deux marginaux, dans l’Oregon du 19ème siècle, décide de voler le lait de la seule vache de la région, pour faire de divines pâtisseries qui ont l’air simple, mais que Kelly Reichardt filme comme la quintessence de la gastronomie. La lenteur rend service aux personnages (interprétés par Orion Lee et John Magaro) et à l’atmosphère (magnifiques décors). Une immersion poétique formidable.
La bande son est superbe ! Les bruits de la nature sont sublimés. Les paysages sont très beaux mais le format trop carré ne leur rend pas justice sur un écran de cinéma... C'est vraiment dommage. La narration est réussie. Les personnages sont réalistes et sympathiques : ils apportent une jolie tendresse dans ce monde de brutes qui n'est pas du tout caricaturé. On est loin des clichés, de la violence et du goût moderne pour la perversion. Un beau film, qu'un format grand écran aurait rendu excellent.
Western minimaliste autour de quelques trappeurs, d’un notable, d’une vache et de deux amis. Voilà qui suffit à Kelly Reichardt pour évoquer la naissance d’une nation, pour sonder une histoire qui commence à s’écrire, composée de rêve de fortune et d’opportunisme. Une histoire naissante que la réalisatrice observe à la marge, auprès de petites gens, auprès de beautiful losers, dans la vraie vie d’un automne boueux de l’Oregon. Ni héros, ni héroïsme dans ce western. Pas de virilité exacerbée. L’un des personnages principaux cuisine, passe le balai dans une petite cabane, secoue un tapis, tandis que son compère rêve à haute voix, tranquillement, de bon business. Pas d’opposition passionnée. Un humanisme et un intimisme doux se diffusent via une relation d’amitié aussi pure que touchante. C’est simple, c’est lent, c’est beau. D’une empathie évidente. Et d’une poésie naturaliste qui a ses moments de grâce. Il y a bien aussi quelques petits moments soporifiques, mais toujours agréablement soporifiques, bercés que l’on est par une narration qui prend son temps et qui touche au zen. Humble et discrète, la mise en scène de Kelly Reichardt n’en est pas moins d’une remarquable précision. Attentive au détails. Chaque geste et chaque mot ont leur importance. Et parmi les mots prononcés, ceux qui le sont par l’acteur Orion Lee caressent l’oreille comme rarement. Une voix calme, chaleureuse, bienveillante. Un bonheur.
A peu de jours d’écart je découvre Old Joy et First Cow et leurs thèmes communs : l’amitié et le rapport à la nature. Et je trouve passionnant qu’en 2021 on puisse voir un Dune un James Bond mais aussi un Onoda et un First Cow. Ces deux films qui semblent au fond anachroniques disent beaucoup de notre besoin de retourner à l’essentiel, à l’épure, de vivre un temps long fait de petites choses et de silence. La mise en scène de First Cow est tout aussi époustouflante que celle d’Onoda avec également une superbe photo. Et l’amitié est chez Kelly Reichardt comme elle est dans la vie : discrète fidèle légère.
Une vraie purge ! Rythme ralenti à dessein, format 4/3 rébarbatif, beaucoup de plans tournés en clair-obscur où l'obscur domine, acteurs sans rayonnement, histoire minuscule.
"First Cow" est un petit miracle de douceur et d'évidence dans un monde de brutes, celui de la conquête de l'Ouest, si souvent montrée au cinéma. On est ici plus proche de "Pat Garett et Billy le Kid" que de l'univers des glorieux pionniers. La nature primitive de l’Oregon est un personnage important du récit, dont la cinéaste révèle la beauté mais aussi l'hostilité. Le film raconte l'amitié de deux parias que la société a rejetés au bout de cette terre lointaine et c'est avec une finesse, une économie de dialogues inouïes que Kelly Reichardt dépeint leur rencontre, les liens qui se tissent peu à peu, leur attachement mutuel. Leurs rapports à l'animal qui les fera un temps sortir de leur misère et bâtir des projets citadins, leurs relations avec leur grandiose environnement tiennent également une place importante.
Difficile de donner un avis pertinent quand on a craqué avant la fin. Ou est-ce justement ce qu'il y a de pertinent. C'est tellement lent, sans intérêt, décalé sans être intéressant. Nous sommes visiblement passés à côté mais il n'était pas possible de tenir une minute de plus..