First Cow
Note moyenne
3,9
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92 critiques spectateurs

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Octavio Gry
Octavio Gry

32 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mai 2026
L’ambition archéologique est affichée dès la première séquence : en déterrant deux squelettes anonymes, K. Reichardt reconstitue minutieusement la vie des pionniers et questionne les mythes fondateurs américains. A l’intérieur du cadre, humains, animaux, végétation cohabitent dans un Eden magnifiquement photographié. Mais l’utopie finit mal : les propriétaires construisent l’enclos autour de la vache et éliminent ceux qui veulent leur part du rêve américain.
CloakBack
CloakBack

9 abonnés 379 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mars 2026
First Cow suit deux hommes qui tentent de trouver leur place dans un territoire encore en construction. Un western discret et contemplatif qui m’a intéressé par ses idées et son atmosphère, même si son rythme m’a parfois tenu à distance.

Avant de le voir, il faut savoir que l’œuvre s’inscrit dans le cinéma indépendant de Kelly Reichardt, connue pour ses récits minimalistes ancrés dans l’Ouest américain. L’histoire se déroule au début du XIXᵉ siècle dans l’Oregon, alors territoire de frontière fréquenté par trappeurs et commerçants. Tourné en grande partie dans des paysages naturels, le récit privilégie une mise en scène très sobre faite de silences, de gestes et d’observation, loin des codes spectaculaires du western classique.

Le film explore avant tout l’amitié et la solidarité entre deux hommes qui tentent de survivre dans un monde encore instable. Leur relation repose sur l’entraide dans un environnement où les ressources sont rares et où chacun cherche sa place. À travers ce duo, le récit montre aussi l’apparition des premières formes d’initiative économique dans un territoire encore en formation.

First Cow propose également une réflexion sur les débuts du capitalisme et sur les inégalités liées à la possession des ressources. En suivant des personnages modestes plutôt que des figures héroïques, le film déconstruit en partie le mythe de la conquête de l’Ouest et montre un monde fragile, fait de tentatives et d’équilibres précaires.

J’ai globalement apprécié l’ensemble pour ses thématiques, notamment cette critique des inégalités liées à la possession des biens, ainsi que pour son atmosphère très immersive. L’Ouest encore sauvage est très bien restitué et les paysages, les costumes et le sens du détail historique rendent cet univers crédible. J’ai aussi aimé la mise en scène discrète et cette manière de revisiter le western à travers un regard plus intime et quotidien.

Cela dit, j’ai longtemps hésité sur la note. Le film adopte un rythme très lent, parfois presque trop contemplatif. L’intrigue reste volontairement minimaliste et repose souvent davantage sur l’atmosphère que sur une véritable progression dramatique. Par moments, j’ai ressenti un certain manque de tension qui m’a empêché d’être totalement emporté.

Au final, First Cow propose une relecture originale du western, qui privilégie l’observation et la simplicité plutôt que le spectaculaire. Un film singulier et intéressant, même si son rythme très contemplatif peut parfois tenir à distance.
Lujsharkzz
Lujsharkzz

14 abonnés 697 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 février 2026
Un peu difficile à noter, le film est très très lent et raconte peu de chose, mais n'est pas pour autant inintéressant. La première heure est très très longue et lourde à regarder, par contre à la deuxième le cœur du récit démarre et devient intéressant. Au final l'acting est bon et le récit sympathique, mais rien qui soit exceptionnel, si ce n'est la fin qui est très sympa. Dommage que la première heure vienne gâcher le tout.
Pascal
Pascal

256 abonnés 2 476 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2026
Prix du jury ( Deauville 2020 ) , présenté en CO à Berlin (2020 ), " First cow" (2019 ) est généralement considéré comme un des meilleurs opus de la cinéaste indépendante américaine Kelly Reichards.

" First cow " me semble être à la fois un retour sur l'origine violente de la civilisation des États-Unis, mais aussi sur l'amitié comme possibilité de réponse individuelle, traversée, alimentée par la bienveillance sans faille, l'honnêteté face à un monde dont on n' épouse pas la philosophie sous jascente.

Relevant du slow cinéma ( plans longs, peu de dialogues, univers parfois hypnotique ) la filmographie de Kelly Reichards s'attache surtout à exprimer l'univers intime et émotionnel de ses personnages.

A l'intention du spectateur éventuel, " First cow " m'a vaguement fait penser à l'univers de " John Mac Cabe" signé de celui qui est peut-être le maître du cinéma choral, j' ai nommé Robert Altman.
Cadreum
Cadreum

62 abonnés 804 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mai 2025
Il y a dans First Cow quelque chose d’un film d’avant l’histoire. Une sorte de Genèse inversée, où le paradis serait boueux, les gestes premiers hésitants et les corps à la traîne. Reichardt, cinéaste des silences denses, ne filme pas ici l’Amérique qui se construit, mais celle qui aurait pu ne pas advenir, ou advenir autrement.

Ici, Deux hommes, deux errants (Cookie et King-Lu) se rencontrent dans une forêt sans savoir si l’autre est réel. Ici, rien n’est encore figé : le territoire n’est pas quadrillé, les lois flottent, les rapports de force n’ont pas encore leurs costumes définitifs. Et pourtant, tout est déjà écrit.

Dans cette Amérique pré-mythologique, les germes de la dépossession sont là, tapie dans le lait volé à une vache immobile. Premier crime, premier commerce : le capitalisme commence. Reichardt fait de ce vol un acte de fondation aussi tendre que tragique. Le péché originel n’a rien de spectaculaire : il a le goût d’un gâteau frit.

Le film tout entier se construit à partir de cette fracture : une vache, un bol, un geste répété. Ce n’est pas un détail : c’est une cosmogonie.

Une économie souterraine se dessine, fondée non sur la conquête, mais sur le soin, le temps long, l’attention portée à l’autre. Une économie de l’amitié, de la réciprocité. Cookie pétrit, King-Lu vend, ils espèrent. Et puis, lentement, l’étau se resserre. L’ordre du monde s’installe : brutal, vertical. Ce qui aurait pu être une utopie s’effondre dans le silence d’une forêt.

Le format 4:3 enferme les personnages dans un cadre presque pictural, comme si Reichardt voulait préserver cette amitié de l’extension conquérante du monde. Le paysage américain, au lieu de se déployer comme un appel d’air, se referme autour d’eux.

Le film avance au rythme des gestes, pas des intrigues. Il y a là quelque chose d’akermanien : une rigueur, une foi dans le presque rien, une manière de dire que tout ce qui compte est déjà là, dans l’épaisseur du quotidien, dans le trouble des gestes qui se cherchent.

Mais il ne faut pas se tromper : First Cow est un film politique. Profondément. Non pas parce qu’il dénonce, mais parce qu’il révèle. Ce qu’il montre, c’est une autre possibilité. Cookie et King-Lu ne sont pas des héros, pas même des résistants : ce sont des rêveurs, des figures marginales qui essaient autre chose. Leur commerce est artisanal, éphémère, presque naïf. Et pourtant, il dérange. Parce qu’il repose sur une entente, une économie affective, une manière de faire communauté sans violence.

Le prologue, dans le présent, agit comme un sceau mélancolique : deux squelettes côte à côte, ensevelis dans la terre. Ce n’est pas une fin, c’est une survivance. Ils sont là, encore. L’histoire les a oubliés, le monde les a recouverts, mais quelque chose persiste.
riverainpsy
riverainpsy

45 abonnés 433 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 décembre 2024
Comme toujours avec cette réalisatrice , on part d'un rythme lent , d'une nature sauvage filmée sans apprêts particuliers , revêche plutôt, et on entre tranquillement dans une fable puissante sur l'humain : ici une métaphore américaine de l'esprit d'entreprise . Comme cela fait du bien , dans le néant de bêtise dans lequel semble sombrer l'Amérique , d'avoir un message progressiste, fin et subtil , qui n'y va pas lourdement avec les gros sabots de l'inclusion militante mais avec une vraie intelligence humaniste qui rejoint les Jarmusch, Eastwood , Zhao du cinéma INDEPENDANT , dans tout ce que ce terme peut avoir de noble . Merci Kelly.
Rourkewhite
Rourkewhite

107 abonnés 968 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 novembre 2023
Kelly Reichardt restera un mystère pour moi! Je ne comprends pas l'enthousiasme que suscitent systématiquement ses films, que je trouve d'une mollesse repoussante! C'est certainement son refus total du cinéma comme divertissement qui me dérange le plus et son acharnement à faire de chaque scène un moment pénible pour le spectateur! Reichardt est une pénitence! Ici elle fait évidemment le choix de laisser l'Histoire hors-champ, pour se concentrer sur le parcours de deux marginaux qui vont illustrer les balbutiements d'un capitalisme naissant. Ce parcours sera, bien entendu, le plus minimaliste possible, naturaliste même, fera preuve de la plus grande économie d'effets, de mots, de plans, de style, d'émotion, de sens... Au fond, Reichardt ne veut pas faire du cinéma! Je suis d'avis qu'elle ne devrait plus se forcer!
Pierre C
Pierre C

65 abonnés 59 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 31 août 2023
Ennuyeux, je n'ai rien contre les films lent ... mais là c'est extrêmement mal filmé.... Quand je vois Babylone à coté .... il y a un gap énorme...
An ELuar
An ELuar

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 juillet 2023
Ici la cruauté côtoie la tendresse. Magnifique parabole du capitalisme, dans une histoire ancrée dans le territoire américain contemporain, avec une scène d’ouverture sui donne le ton.
Sorte de western des origines, First cow est une très belle histoire d’amitié masculine, où déploie plusieurs sentiments d’une grande finesse. Rythme lent et contemplatif auquel on se laisse volontiers aller.
Marc L.
Marc L.

69 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juillet 2023
Si le Western est une influence fondamentale qui irrigue toute sa filmographie, Kelly Reichardt ne l’a jamais abordé sous l’angle de l’épopée héroïque et de l’hommage à la volonté obstinée qui façonna la légende américaine mais a au contraire toujours privilégié ce qui se situait aux marges, ou plutôt dans les interstices de cette légende : des destinées ordinaires, banales ou tragiques, dont l’imaginaire n’a rien retenu mais qui, mises bout à bout, constituent simplement l’histoire réelle, sans fard, des Etats-unis. Une fois de plus avec ‘First cow’, la réalisatrice développe les thèmes qui lui sont chers, la capacité à tenir compte de ce qui rassemble plutôt que ce qui sépare, l’abnégation de ceux qui sont situés au bas de l’échelle, le caractère foncièrement prédateur et inégalitaire du capitalisme dès l’origine, à travers un récit d’une simplicité limpide. Au départ, il y a une amitié fortuite entre deux immigrants : l’un est Européen, l’autre Chinois, ils ont du mal à trouver leur place sur ce territoire où tout reste à inventer mais continuent à y voir une mythique “Terre des opportunités”. Associés pour le meilleur et pour le pire dans les régions sauvages de l’Oregon des années 1820, ils s’efforcent de monter une petite entreprise de beignets, choix aussi incongru que potentiellement porteur dans une micro-société peu habituée aux (et à la) douceurs, en allant traire clandestinement la vache - la première de la région - du notable local. A vrai dire, la conclusion du récit, qui se laisse deviner dès les premières images, ne constitue pas l’intérêt central de ce western mutique, paisible - certains diront léthargique - où même le fait de fuir pour sauver sa vie reste anti-spectaculaire et anti-hollywoodien au possible, c’est à dire qu’on n’assiste pas à un concentré d’événements et de péripéties coincées dans un tout petit laps de temps, et que les fugitifs prennent simplement le temps de se reposer, de réfléchir, de souffler. ‘First cow’ fait par ailleurs preuve d’une remarquable économie de moyens pour (parfaitement) caractériser ses personnages, ses enjeux et ses idées, et fait preuve d’un science de l’immersion visuelle - on sent littéralement l’humidité de ce coin d’Amérique! - dont pourraient se montrer jalouses bien des productions financièrement plus nanties. Il y a surtout que le cinéma de Kelly Reichardt, plus que jamais, est fait de petits rien : un homme mutique qui confie ses rêves et ses craintes à l’animal qu’il trait, la touchante madeleine de Proust d’un antagoniste, de la pêche, du troc, de la marche dans les bois, des méditations solitaires en attendant que le sommeil vienne. D’habitude, ce genre d’images , qui semble n’avoir d’autre objectif que de gonfler la durée du film, m’irrite fortement, mais quand elles sont aussi raisonnées et en accord avec l’esprit du film, elles en deviennent indispensables !
GéDéon
GéDéon

139 abonnés 727 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 octobre 2023
En 2019, la réalisatrice américaine Kelly Reichardt propose un western épuré dans lequel la lenteur du propos engourdit totalement les émotions. D’autant plus que le scénario repose sur une intrigue pouvant contenir sur un timbre-poste. Malgré tout, le caractère naturaliste et poétique du récit finit par rendre attachant le quotidien de ces deux faux héros. En effet, dans l’univers sombre et sauvage de l’Oregon du début du XIXème siècle, la survie de nos aventuriers ne repose pas sur le maniement des pistolets mais sur la création d’un petit commerce de pâtisseries. On a vraiment le droit à la description du rêve américain dans son opportunisme le plus minimaliste. Bref, une vision originale de la conquête de l’Ouest.
Martine R.
Martine R.

15 abonnés 65 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 novembre 2022
Un chef-d'œuvre inattendu, tourné dans le clair-obscur de forêts profondes, où les seuls éclats de soleil sont les girolles cueillies dans la mousse sombre des bois, les beignets dorés grésillant dans une poêle de fonte et l'amitié entre deux trappeurs en loques qui rêvent d'improbables jours meilleurs. Magnifique et poignant.
TUTUR29
TUTUR29

48 abonnés 1 344 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 13 novembre 2022
Malheureusement, je n'ai pas du tout accroché à First Cow. Cette oeuvre prend le parti pris de suivre deux gars dans la nature, mais avec un rythme tellement lent que ça m'a presque donné envie de dormir. Ça donne la sensation qu'il ne se passe rien dans le film, de ce fait je n'ai tenu que 45 minutes devant je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout. Cette manière de filmer sans artifice une histoire, je trouve l'intention louable mais je n'accroche pas du tout.
Nicolas L.
Nicolas L.

118 abonnés 2 085 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 septembre 2022
D'un ennui... l'histoire archi simplette est prétexte à des plans interminables pas forcément tous esthétiques. Pas de rebondissement mais une planitude constante. J'ai pas vu l'intérêt et pas compris l'engouement des critiques sur ce film..
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 août 2022
"L'oiseau a son nid, l'araignée sa toile, l'homme l'amitié."
Un western sobre et touchant mais un peu lent à démarrer, sur l'amitié entre deux marginaux tentant de survivre et leur espoir d’une vie meilleure, enfouis à jamais dans la terre.
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