1177 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
92 critiques spectateurs
5
8 critiques
4
41 critiques
3
22 critiques
2
13 critiques
1
5 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Fleon 1
6 abonnés
17 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 13 septembre 2020
Belle surprise au dernier Festival de Deauville, un western comme on en voit jamais. Loi des traditionnels clichés, nous sommes ici plongés dans le monde de ces gens qui cherchent à s'en sortir en trouvant des idées originales pour gagner les dollars suffisants à une vie meilleure. A voir.
Principaux personnages de First Cow : un cuisinier taciturne, expert dans la confection de pâtisseries ; son acolyte d'origine chinoise, qui voit dans l'Amérique une terre d'opportunités ; une vache au doux regard, la première dont les sabots se sont posés dans un coin perdu de l'Oregon, aux alentours de 1820. Le film de Kelly Reichardt est un western, si l'on veut, à contre-courant de tout ce que le genre a donné depuis l'invention du cinéma, une chronique en apparence tranquille mais non moins violente en sous-texte, scellée par la cupidité humaine. Une citation de William Blake ouvre le film : "« L’oiseau a son nid, l’araignée sa toile, et l’homme l’amitié », nous préparant parfaitement à ce qui est effectivement une histoire d'amitié dans une harmonie naturaliste, marque de fabrique de la cinéaste américaine, qui n'a pas son pareil pour magnifier la nature et signaler, à sa manière, contemplative et lyrique, les dégâts occasionnés par l'activité humaine. Le scénario de First Cow a beau tenir sur un ticket de métro, l'ampleur quiète de sa réalisation est une splendeur, la direction d'acteurs une merveille et le film fourmille de détails qui nous transportent immédiatement dans un monde a priori éloigné du notre, aux racines de l'Amérique, mais qui en définitive lui ressemble beaucoup, tant les comportements humains n'ont pas beaucoup changé en deux siècles. First Cow est une bénédiction pour cinéphiles, du moins pour ceux qui préfèrent la délicatesse à la testostérone et la traite nocturne d'une vache à une fusillade sanglante. Comme le dit avec raison Kelly Reichardt, beaucoup d'histoires n'ont pas encore été racontées, y compris dans le domaine du Western. Et celle de First Cow est d'une pureté absolue, qui la rend ô combien précieuse aux amateurs de beauté un peu sauvage.