Ultime film de Mankiewicz qui adapte ici une pièce de théâtre remplie de coups de théâtre justement. Si on sent bien le dispositif théâtral, cela n'empêche nullement le grand cinéaste de faire appel à toute la grammaire cinématographique pour en décupler le sens et les effets. Magistralement servi par deux acteurs au sommet, le film propose un jeu de pistes déroutant, déstabilisant, irritant et surtout diabolique. Le malaise est accentué par un découpage qui place en inserts des plans très rapides sur les poupées mécaniques qui peuplent le sombre manoir de L. Olivier. Un film brillant, qui se regarde d'une traite et qui nous balade joyeusement tout au long de sa projection. Un ultime chef d'oeuvre pour un des plus grands cinéastes du XXème siècle. D'autres critiques sur
Comment ça ? Encore une belle note pour un Mankiewicz ? Ben ouais, mais que puis-y faire si ce mec a foule de grands films à son actifs ? Par exemple, dans le cas du "Limier", est-ce de ma faute s'il est de cette race de film dont les années n'altèrent aucunement la saveur ? Est-ce de ma faute s'il existe ce scénario d'une perversion à la fois odieuse et jubilatoire ? Est-ce de ma faute s'il y a cette mise en scène éclatante ? Et est-ce de ma faute s'il s'offre les services de deux des plus grands acteur anglais ? Qui sont aussi parmi les plus grands acteurs du siècle dernier. Non, je ne suis en rien responsable de tout cela. Je ne suis qu'un simple spectateur qui, parmi tant d'autres et ce depuis longtemps, n'a jamais cessé d'être admiratif de l'oeuvre d'un des Maîtres du cinéma.
Mankiewicz étant pour moi le plus intelligent des grands cinéastes et ''Le limier'' son film le plus intelligent de sa vingtaine de réalisations ...Que dire de mieux! Que ce film est unique, qu'il donne l'impression d'être construit pour le théâtre en 3 actes alors que ce n'est au départ qu'un simple scénario, que la richesse des décors des costumes et des automates associés aux déplacement incessants des deux héros nous font croire à de multiples présences, que la profondeur des dialogues nous plonge un abîme de réflexions. On ne sort pas intact du Limier mais traumatisé par autant de perversité au service de mauvais sentiments. On se dit que si l'homme mettait son cerveau au service du bonheur de l'humanité, tout finirait dans un ennui profond. Bravo Mankiéwicz et merci pour cette leçon. Pour mieux nous la faire comprendre : deux comédiens exceptionnels et aussi opposés l'un à l'autre. Leur seul point commun étant leur nationalité qui a sans doute joué un rôle important dans leur réussite. Ils sont formidablement dirigés et la superbe mise en scène les met autant en valeur l'un que l'autre. Le labyrinthe du début tient toutes ses promesses et les fausses pistes sont continuelles; une des plus signifiantes étant la prise du pouls de Caine par Olivier: nous pensons tous que c'est pour vérifier sa mort alors que c'est tout le contraire. Exemplaire.
Joseph L. Mankiewicz nous offre là un thriller à huis clos pour le moins très bien mené et construit. Laurence Olivier et Michael Caine tiennent les rôles du mari et de l'amant, et ce avec une crédibilité remarquable, ils vont commencer à jouer à un jeu dangereux auquel on ignore qui gagnera, ou si quelqu'un gagnera. Le scénario est parfaitement bien ficelé, il y a pas mal de suspens et de rebondissements ! Bref ce film est d'un grand intérêt quand on le regarde attentivement, il vaut vraiment le coup d'oeil, ce n'est pas surprenant qu'un remake ait été réalisé. J'ai bien aimé les deux, mais j'ai ma préférence pour celui-ci. A découvrir très vite !
Un excellent thriller pour peu qu'on se laisse prendre au jeu. Le limier est une franche réussite. Evidemment, un de ses points forts est son scénario. Je n'en dévoile pas plus pour ne spoiler personne. Ensuite, l'ambiance huis clos donne vraiment bien. L'aspect pièce de théâtre ne se fait pas ressentir, alors que parfois ça vient un peu plomber certaines adaptations, un peu comme Jules César (1953) de Mankiewicz. A propos de Mankiewicz, parlons en. Il maîtrise sa caméra intelligemment et se permet de jouer avec le spectateur, de lui tendre pièges sur pièges, tout en lui proposant des plans techniquement très réussis, même si on pourra regretter une image qui a pas mal vieillie.
Je suis sidérée face à toutes ces louanges. Film honorable mais de là dire que c'est un chef d'oeuvre... Très long, j'ai par moment lâché mon attention face à ce duel très classique; première partie durant laquelle l'un a le dessus sur l'autre puis la seconde partie où c'est au tour de l'autre. Bon.Un jeu du chat et de la souris. A aucun moment, je n'ai senti un réel suspens seul les dialogues sont percutants par moments mais dans l'ensemble, je n'ai pas trop accroché.
Qu'on ne s'y trompe pas, le film "le limier" est bel et bien une adaptation de la pièce du même nom et non pas du simple théâtre filmé. Car la différence est de taille, l’auteur Anthony Shaffer a eu à cœur de différencier la pièce proprement dite d'une part et le scénario d'autre part, le génie de Joseph Mankiewicz faisant le reste. Tel un joueur d'échecs, le réalisateur avance ses pièces, un générique theatralisé qui n'aurait rien a envier à une œuvre d'Agatha Christie, une distribution d'acteurs fantômes (qui iront même jusqu’à être crédités sur l’affiche originale) auquel s'ajoute un prologue s'ouvrant sur un labyrinthe prémonitoire. Les acteurs sont en place, le rideau se lève, la farce peut commencer. L'interprétation magistrale de Sir Laurence Olivier et de Michael Caine achevant de fixer définitivement dans le temps la dernière réalisation de J.Mankiewicz comme un chef-d'œuvre.
Pour son dernier film, Joseph L. Mankiewicz met en scène la pièce d'Anthony Shaffer que le dramaturge a lui-même adapté pour l'écran. Le résultat est un huis-clos diabolique où le vieux singe Andrew Wyke, écrivain à succès sûr de lui et passionné d'automates apprend à faire la grimace à un jeune coiffeur blondinet d'origine italienne qui lui a piqué sa femme. S'ensuit un jeu de domination, de mensonges et d’humiliation pour déterminer lequel d'entre eux sera vainqueur. La mise en scène de Mankiewicz est impeccable, collant parfaitement à l'atmosphère du film renforcée par le décor et ses automates, les seuls qui seront les derniers à rire de ce jeu qui tournera forcément mal. Les dialogues sont ciselés et cinglants permettant à deux immenses acteurs de prouver leur talent que l'on connaît déjà. Laurence Olivier fait des merveilles en vieux cabotin et Michael Caine est parfait en jeunot qui apprend vite les règles du jeu. Rideau pour Mankiewicz mais certainement pas pour sa filmographie qui n'a pas fini de nous passionner.
La pièce de théâtre de d’Anthony Shaffer a inspiré à Joseph L. Mankiewicz un film qui lui permit de clore prestigieusement sa carrière. Le face à face entre le romancier machiavélique qu’incarne le toujours magistral Laurence Olivier et le jeune coiffeur interprété par le, alors, moins célèbre mais tout aussi charismatique Michael Caine repose sur un suspense intense et un scénario extrêmes astucieux. La sobriété de la mise en scène et la grandiloquence du décor ne font que renforcer la théâtralité de ce huis-clos qui, en plus d’être un jeu de manipulation psychologiquement retors, dénonce à sa façon le racisme des élites mais aussi et surtout pose les bases d’une réflexion profonde sur la création artistique et le métier d’acteur. Cette joute verbale, dont les mensonges, les provocations et les faux-semblants sont les principales armes, de plus deux heures a sa place dans le panthéon des thrillers les mieux écrits de l’histoire du cinéma.
Pour les amateurs d'intrigues retorses et machiavéliques, Le Limier est une merveille. La présentation du jardin labyrinthique, au début, est annonciatrice de développements alambiqués. Et celle des automates, dans le salon de Wyke, laisse présager quelques manipulations. Mankiewicz exploite parfaitement les décors, de façon ludique, pour mettre en place un petit théâtre de la cruauté, jeu de rôles/jeu de dupes, où l'élégance du verbe se conjugue à la science de l'humiliation. Orgueil et préjugés, pouvoir et jalousie, rapports dominant/dominé, comédie des apparences... Le réalisateur brasse des thèmes qui lui sont chers et fait de ce règlement de comptes feutré une métaphore cinglante de la lutte des classes. Sa mise en scène, en huis clos, est ébouriffante, et sa direction d'acteurs, impeccable. Michael Caine et Laurence Olivier livrent des prestations "monstrueuses", furieusement cyniques, tandis qu'Alec Cawthorne, Teddy Martin, John Matthews et Eve Channing brillent par leur discrétion dans l'unique rôle de leur vie...
Excellemment mené par Michael Caine [Laurence Olivier est + théâtral (mais ça fait partie de son rôle)], ce mélange de film d’enquête et comédie nous entraîne dans ses jeux, où est la part de vérité ? Le spectateur est presque acteur et complice de ce duel exquis, accompagné par les regards des automates et une mise en abîme du concept de “l’arroseur arrosé”. Belle question sur la gloire et l’estime de soi aussi.
Ah mais quel régal ! Ça c'est du huit-clos bien ficelé, bien écrit, plein de surprises, et merveilleusement interprété par Michael Caine et Laurance Olivier qui rivalisent de génie ! La mise en scène avec énormément d'inserts sur les automates renforcent ce côté tendu et étrange du huit-clos, qui gagne en intensité au fur et à mesure de sa progression (parce que le début peut sembler étrange, et on peut croire que le film ne tiendra jamais ses 2h20) et Mankiewicz s'amuse avec brio à brouiller les pistes. Pas de doutes, voilà un film qui n'a pas volé ses éloges !
Ce film de 1972 est tiré d'un roman policier d'Anthony Shaffer écrit à l'origine pour le théâtre. Il a été réalisé par le grand Mankievicz comme son oeuvre ultime. Les différents rôles sont interprétés par Laurence Olivier et Michael Caine qui offrent là une des meilleures interprétations de leur brillante carrière. Le résultat est parfaitement à la hauteur des attentes. Le cadre somptueux se passe dans un manoir anglais truffé de jeux et de trucages qui vont être utilisés à l'excès par le maitre des lieux dans le seul but d'humilier le visiteur indésiré pour le prendre au piège et se venger du tort qu'il fait à son honneur. Mais la situation évolue et c'est un vrai jeu de chat et de la souris qui se met en place. A la fin on a peine à y croire mais l'on aboutit bel et bien à un drame. Une histoire a multiples rebondissements, un humour très british, des dialogues inoubliables. C'est un moment de régal que j'ai du revoir plusieurs fois pour en capter toute la valeur. Mon seul regret est que ce film semble totalement oublié des chaines de TV françaises. Ce n'est d'ailleurs pas le seul chef d'oeuvre du cinéma qui n'est quasi jamais diffusé alors qu'on nous gave en boucle des mêmes navets... Le comble, il est même très difficile à obtenir en dvd sauf a des prix qui défient la raison. Le remake de K. Branagh de 2008 est quant à lui beaucoup plus facile a trouver mais malheureusement il n'arrive pas à la cheville de l'original.
Une mise en scène réussie doublée de très beaux décors avec des acteurs de très hauts niveaux aux dialogues millimétrés à la fois drôles et soutenus. Le scénario quant à lui est d'une grande ingéniosité fait de rebondissements et qui maintient en haleine. Pour un film à l'honneur de l'honneur.