Un film policier au scénario pour le moins inhabituel, ingénieux et bluffant. La mise en scène, quant à elle, est magistrale et parfaitement maitrisée. On est subjugué par la qualité de l'intrigue et le talent des acteurs. Un épatant huis-clos ! Un fin combat psychologique !
16 164 abonnés
13 120 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 7 mars 2014
Ultime film de Joseph L. Mankiewicz et chef d'oeuvre absolu du 7ème art qui mêle avec une habiletè diabolique Noel Coward, Van Dine et Brecht! Tirè de l'oeuvre policière d'Anthony Shaffer "Sleuth" est un affrontement verbal comme on n'en a jamais vu au cinèma! Juste deux acteurs èblouissants (Lawrence Olivier en richissime et aristocratique auteur de romans policiers so british et Michael Caine en coiffeur londonien) qui occupent l'ècran pendant plus de deux heures dans un exercice de style admirable! La rèsidence de Wike est somptueuse et le labyrinthe particulièrement beau, un lieu magnifique entre la magie et la fascination qui traverse littèralement l'ècran par son ètrangetè! il semble qu'en dehors de quelques rares rèussites comme "Sleuth", l'inspiration des rèalisateurs de films policiers de type classique s'èpuise de plus en plus, et ne se renouvelle guère que par une surenchère de violence ou de gadgets techniques! Dans la mesure où cette production est soutenue par l'ènorme appareil èconomique du cinoche amèricain, on peut s'attendre à voir prolifèrer ce genre de films quelques annèes encore, y compris en Europe! Remake dispensable de Kenneth Branagh avec Jude Law et Michael Caine qui a vu le jour trente-cinq ans après cette version mythique de Mankiewicz! Inoubliable moment de cinèma...
Même s'il y a toujours un léger risque, je n'étais pas vraiment inquiet à l'idée de revoir « Le Limier », tout en sachant que je n'aurais pas droit aux délicieuses surprises du merveilleux scénario écrit par Anthony Shaffer. Qu'importe, tant Joseph Mankiewicz donne absolument tout pour ce qui est certainement l'un des plus beaux chants du cygne de l'Histoire du cinéma. Adapté d'une pièce de théâtre, mais ici j'ai vraiment envie d'écrire qu'importe. Tout est tellement précis, pensé, calculé au millimètre que cela en devient très vite étourdissant. Chaque objet, chaque meuble, chaque pièce a un rôle à part entière, enrichissant constamment le cœur du récit, soit l'affrontement grandiose et d'une rare intelligence entre deux personnages écrits à la fois avec une finesse et une cruauté en disant long sur le regard que porte le cinéaste sur les hommes. Laurence Olivier et Michael Caine y sont splendides, sublimant un texte brillantissime où chaque phrase, chaque mot est une arme, un poison, une volonté de déstabiliser, d'affaiblir l'adversaire, le réalisateur en profitant pour aborder tout les sujets qui le passionnent : lutte des classes, littérature, théâtre, cinéma, sexe... Le tout encore et toujours avec le même brio. Alors tant pis pour l'effet de surprise, « Le Limier » reste une de ces œuvres intemporelles, d'actualité quelle que soit l'époque et surtout un vertigineux chef-d'œuvre, le plus bel adieu que pouvait faire Mankiewicz au septième art. Un seul mot : merci.
Peu subtil et bancal d'un point de vue psychologique (les revirements de caractère sont trop brutaux). La "revanche" est téléphonée ; le dénouement faxé. Et puis c'est trop long et trop bavard. Bref, loin d'être indispensable. A lire peut-être la pièce d'Anthony Shaffer dont est tiré le scénario.
Le Limier est un magnifique jeu du chat et de la souris entre 2 immenses acteurs qui nous offrent une époustouflante prestation, Laurence Olivier et le génial Michael Caine qui trouve ici sans doute un de ses meilleurs rôles au cinéma. Je dois avouer que pendant le 1er quart d'heure j'étais un peu perplexe face à ce film au ton proche du théâtre mais finalement je me suis rendu compte que je regardais un chef-d'oeuvre et je fus totalement absorbé par ce Le Limier au point d'oublier l'environnement qui m'entourait pour plonger à 100% dans l'histoire. L'intrigue mais surtout le jeu des acteurs est un véritable régal, un film splendide.
Blindé de fausses pistes ce limier aux dialogues hilarants,est rondement mené.Un huit-clos étendu sur 2h30 que l'on ne voit pas passer.Cependant il reste tout de même des défauts,comme une réalisation sans risque.Et des rebondissements que l'on voit pour la plupart arriver dès la mise en situation.Le tout est impeccablement interprété par Laurence Olivier, Michael Caine qui excelles chacun dans leur role.
Un jeune tenant de salon de coiffure est convié par un vieil auteur à succès de romans policiers, dans sa demeure reculée. Ce dernier abat cartes sur table, sachant que son invité n'est autre que l'amant de sa femme, et lui propose une combine qui les arrange prétendument tous les deux. Va alors débuter un jeu du chat et de la souris aussi dangereux que machiavélique... "Sleuth" frappe en premier lieu par ses dialogues absolument excellents, mêlant cynisme, humour noir à l'anglaise, et double sens à foison. Mais le film a bien d'autres atouts, notamment son tandem impérial : Laurence Olivier, qui semble beaucoup s'amuser en incarnant un adepte des jeux morbides et des histoires policières, qui méprise la plèbe. Et Michael Caine trouve sans doute là l'un de ses meilleurs rôles, avec ce dandy arriviste qui se prend (trop) vite au jeu. Deux personnages qui ne supportent pas l'échec, nuancés et développés par un scénario en huis-clos redoutable, qui propose des rebondissements diablement efficaces, mais également une réflexion très intelligente sur la lutte des classes (racisme et élitisme des aristocrates, contre agressivité et arrivisme des parvenus). Sans compter un mélange habile de comédie (le film démarre presque comme un vaudeville !) et de thriller. Enfin, pour sa dernière réalisation, Joseph L. Mankiewicz s'avère inspiré, exploitant au départ quelques extérieurs de jardins (dont un labyrinthe particulièrement vénéneux), puis des intérieurs inquiétants bourrés d'automates sinistres. Un classique du cinéma britannique.
Soulignons dentrée lexcellent titre français : le mot anglais "sleuth" désigne en effet un détective, même si un terme vulgaire y ressemble fortement (en enlevant le E et le H bien sûr). Mon esprit décidément bien mal tourné y a dailleurs vu une coïncidence puisquon démarre lhistoire autour dune femme qui mène un train de vie dispendieux avec deux hommes. Son mari lui préférant nettement sa maîtresse, on ne la blâmera certainement pas ! Ce film réputé a quasiment tout pour lui, si ce nest quil prend le risque de perdre momentanément quelques spectateurs observateurs (lors de la visite de linspecteur Doppler). Mis à part cela, on se délecte de cette joute ludique exécutée avec maestria (Michael Caine tient la dragée haute au mythe Laurence Olivier). Elle souvre dans un labyrinthe (la progression peu assurée de Milo pour rejoindre Andrew au centre comme un symbole dun statut social que ce dernier ne veut pas quil atteigne). Dès les premiers instants, chaque réplique est une invitation à la suivante, le jeu de manipulation a commencé. Une précédente critique évoque "The Game" dont le principe se rapproche un peu du film ci-présent, constatons rassérénés que Mankiewicz naura pas été détrôné par Fincher dans ce registre ! "Le limier" a létoffe du Cinéma de grande qualité, on en perçoit constamment la maîtrise. Très bien filmée, la propriété devient un véritable terrain de jeu qui nous semble rapidement familier. Dans la cave, on entrevoit des scènes de théâtre miniatures illustrant les intrigues littéraires sorties de limagination de Wyke. Avec une remarquable fluidité, les étapes narratives se succèdent tels les actes dune pièce. La bâtisse se transforme en quelque sorte en lun de ces théâtres. Afin de générer le malaise, de nombreux plans sont entrecoupés dimages des objets de décoration (souvent des automates exaspérants). Pour un métrage de cette durée (2h12), on ne voit pas le temps passer !
Un pur chef d'oeuvre, intense, surprenant, très bien joué, le suspense est présent durant tout le long, on est captivé par l'écran durant plus de deux heures à suivre cette histoire pour le moins inhabituelle. Huis clos magnifiquement bien mené.
Bluffant, grandiose, phénoménal, immense film noir, le film de Joseph L. Mankiewicz dépasse tous les clivages en mettant en scène deux grands acteurs Anglais, Laurence Olivier et Michael Caine. Les deux acteurs sont remarquables dans leurs rôles, dès le début on sent que le long-métrage, car il dure quand même plus de deux heures, va développer un thème cher et redoutable, la vengeance. Ce n'est pas pour rien que le début consiste à trouver la maison de l'homme interprété par Laurence Olivier qui, pendant ce temps discute avec quelqu'un d'inconnu. Un labyrinthe pour entrer dans le cloître de l'enfer et si le début ressemble à une comédie parodique telle une grande scène théâtrale à provoquer le rire et la moquerie chez le spectateur, chaque détail importe et c'est tout l'intérêt que porte ce long-métrage, tenter de ne laisser aucune trace d'un crime prémédité. Dans ce petit jeu pervers auxquels s'emploient les deux protagonistes y ressort une humiliation totale. Chaque scène devient une surprise, plus on avance dans ce duel aux magnifiques joutes verbales des deux acteurs, plus la fonction de limier apparaît, plus celui qui tient les rênes use d'un sadisme envers l'autre d'une façon peu commune en guidant celui qui cherche selon les indices des petits détails qui donnent à réfléchir selon la description des objets à retrouver corroborant un meurtre. Le premier qui a fait subir à l'autre ses talents de limier à l'autre devient dès lors l'arroseur arrosé. Il faut noter que le réalisateur décore très bien l'intérieur de cette maison qui servira intégralement de seul lieu entre les protagonistes. Au fur et à mesure que le film progresse, on se demande qui va gagner et qui va perdre. Les nerfs sont tellement pris d'assaut dans ce jeu de pervers gentilhomme que l'on se pose la question suivante, qui gagnera? Qui aura le dernier mot? Qui frappera le premier sachant que pour eux deux, le premier qui lève le poing démontre son manque d'imagination. Au final, le réalisateur Mankiewicz écrit et réalise le plus grand huis clos et le plus grand des duels d'acteurs qui se trouvent au sommet de leur art. Un thriller psychologique remarquablement bien écrit et réalisé. En un mot, génial!
Mais c'est chiant ! Pas accroché du tout, plat, lent, irréaliste..... on y croit pas un instant. Ok pour la performance des deux acteurs, monstres sacrés du cinéma britannique mais pour le reste........ l'amant va benoîtement au rendez vous fixé par le mari..... ben voyons ! Le théâtre filmé avec en plus des automates partout, on se dirait en 1880.......
Alors que la semaine dernière nous avions droit au remake de Sleuth (1972), cette fois-ci réalisé par Kenneth Branagh avec la présence de Jude Law & Michael Caine (qui endosse le rôle de l’écrivain contrairement à l’original où il interprétait le coiffeur, différence d’âge oblige !). Cette nouvelle adaptation fut décevante malgré la présence d’acteurs irréprochables. La question qui nous taraude est la suivante : l’original est-il "le" chef d’œuvre dont tout le monde parle ? Très franchement non ! Le scénario (adapté d’une pièce de théâtre) n’a rien de palpitant, en sommes il n’arrive pas à retenir l’attention du spectateur. Joseph L. Mankiewicz cherche à rendre une mise en scène labyrinthique, mais le résultat est raté. D’une durée excessive de deux heures vingt, l’ennuie et la fatigue nous rattrape plus vite que nous ne l’aurions envisagé. Si les acteurs sont sensationnels : Laurence Olivier & Michael Caine (tous deux respectivement nommés aux Oscar dans la catégorie Meilleur Acteur pour un premier et second rôle). Simplement, la présence d’un tandem efficace n’est pas suffisant pour nous tenir captivé, le reste est relativement plat, finalement, on a l’impression de ne voir aucune évolution entre l’original et le remake.
Sorti en 1972, « Le Limier » sera l’ultime film de Joseph L. Mankiewicz après plus de 40 ans de carrière dans le cinéma et 26 ans après sa première réalisation. Il meurt finalement 20 ans plus tard… Avec « Le Limier », il adapte la pièce d’Anthony Shaffer qui nous fait suivre Andrew Wyke, un riche auteur de roman policier qui va inviter chez lui l’amant de sa femme pour lui proposer de simuler un cambriolage pour toucher l’argent de l’assurance.
Pour une dernière, c’est une grande réussite, Mankiewicz nous passionne de bout en bout dans ce huis-clos où l’on trouve que deux personnages qui vont diaboliquement s’affronter à coup de joutes verbales, manipulations, humiliations, mensonges, ils vont cacher leur jeu et tenter de prendre le dessus sur son adversaire. Mankiewicz s’amuse à nous perdre dans ce scénario très bien écrit, méticuleux et où plusieurs rebondissements souvent inattendus vont apparaitre.
Mankiewicz sublime aussi le cadre de l’histoire, un manoir bourgeois avec un grand jardin comprenant un long labyrinthe, des automates aux rires inquiétants et dans l’ensemble des décors extrêmement minutieux.
Que dire aussi des deux fabuleuses performances d’acteurs que nous offrent Michael Caine et Lawrence Olivier, ils rentrent à merveille dans leur personnage, le premier en coiffeur et amant de l’épouse de Wyke qui semble sous-estimé par le second, un riche et sadique auteur de romans policiers.
Un brillant exercice de style qui force le respect et l’admiration (s’il y en avait besoin…). Au revoir et merci pour tout Mr Mankiewicz.
Pas la peine de chercher bien longtemps ce qui a pu charmer Joseph L. Mankiewicz dans la pièce d'Anthony Shaffer. Un huis-clos, peu de personnages, une intrigue délicieusement retorse. Et surtout le défi de devoir faire tenir tout cela sans que l'ennui pointe. Le réalisateur va donc s'amuser à dégraisser la mise en scène pour ne conserver que les plans signifiants. Surtout dans ces brusques et rapides points sur les divers pantins disséminés à chaque recoins. Il fallait s'en douter, le jeu est au centre de l'attention. Il hante chaque séquence, de manière littérale (cf. les miniatures du générique, le labyrinthe en introduction,...) ou figurée. De ces mouvements de caméra précis au jeu des acteurs - entre exubérance et finasserie - tout concours à faire du Limier un piège méta dans lequel son spectateur tombera avec grand plaisir. Ce qui n'empêchera pas de trouver le déroulé et ses rebondissements abracadabrants. Mais voir Laurence Olivier et Michael Caine s'adonner à de si bonnes joutes verbales permet de faire passer la pilule d'autant mieux qu'elle s'accompagne d'une relecture de la lutte des classes avec toute l'élégance requise.
Un brillant jeu de dupes où faux-semblants et leurres révèlent des vérités psychologiques et sociétales parfois contre la volonté des protagonistes eux-mêmes. Dans une mise en scène symbolique fort habile et une mise en abîme d'une grande richesse réflexive se manifestent la subtilité et la densité d'un duo de comédiens luttant avec complicité. Huis clos ouvert sur des considérations artistiques et humaines, cette enquête à tiroirs emporte dans son tourbillon rythmique et langagier: génial!