Paraît que c'est tiré d'une pièce de théâtre et que donc c'est pas inventif. Je m'en fiche. Parce que j'ai vu un huit-clos brillant, avec des acteurs certes un peu bavards (mais bon ils sont anglais, normal non?) qui rivalisent de malice. J'ai surtout vu un film avec 3-4 twist que l'on ne voit pas venir, qui se permet de te faire rire, puis te décontenance en 2sec quand tu comprends la supercherie. Le film dure 2h20 qui en paraissent 1h30, preuve que le suspens est rondement mené. Un chef d'oeuvre.
Ultime film de Mankiewicz, Le limier prend la forme d'un incroyable duel psychologique entre deux monstres sacrés du cinéma britannique, Laurence Olivier et Michael Caine. Très théâtral, ce huis-clos tragi-comique multiplie les surprises et les retournements de situations. Élégamment mis en scène, ce long-métrage fin et intelligent est aussi une réflexion sur le cinéma, la représentation, le jeu, la fiction, le faux-semblant tout autant que sur les rapports de classe et le sentiment de supériorité de l'aristocratie sur le "petit peuple". Brillant.
Un huis-clos joué magistralement par Laurence Olivier et Michael Caine, c'est vraiment épatant. Les dialogues sont très nombreux et certaine scènes sont très longues. Je pense que la performance des deux acteurs est presque aussi grande que celle de James Stewart dans "La corde" de Alfrad Hitchcock.
Long-métrage culte, "Le Limier" se dote en outre d'un scénario extrêmement bien écrit par ses rebondissements. L'histoire en est donc très intéressante. Par ailleurs, les acteurs sont excellents avec des dialogues qui font mouche tout le long. Quant à la réalisation, elle effectue une très bonne mise en scène. De fait, le film est captivant même s'il y a quelques moments de flottement.
Sans doute le film le plus manipulateur qui soit ! Mankiewicz tisse subtilement sa toile, avec l'aide du duo Olivier / Caine. D'une subtilité rare, Le limier restera une référence pour quiconque s'essaye à l'art dangeureux de la manipulation et du mensonge.
Si le cabotinage par moments excessif et le côté très théâtral peuvent un peu agacer, l'intrigue de ce Limier prend un tour magistral dans sa deuxième partie, rendant ce jeu du chat et de la souris franchement plaisant. Ajoutons qu'à un scénario astucieux et une mise en scène précise, se superpose un duel d'acteurs de première force. Laurence Olivier comme Michael Caine semblent se régaler de leur affrontement à fleurets pas très mouchetés, jouant remarquablement avec des dialogues fichtrement bien écrits. Dans un style très britannique, voici une satire impeccable du genre policier, avec manipulations et coups tordus jusqu'à la dernière seconde, orchestrée de main de maître par Manckiewicz.
Le Limier est un huit-clos extrêmement réussi à l’intrigue complexe et surprenante comme souvent dans ce genre de film, cependant le film se démarque par une prouesse : il n’y a que deux acteurs dans ce film. Deux acteurs, et pas des moindres car ce sont Laurence Olivier et Michael Caine qui mènent tambour battant et avec brio cette histoire de jeu, de meurtres et de manipulation. L’apport de l’excellente musique d’un certain John Addison n’est pas négligeable et plutôt efficace dans sa discrétion. Le Limier est de ses films qu’il est préférable de revoir plusieurs fois pour mieux en comprendre les rouages et c’est pourquoi ma critique de l’intrigue pourra paraître idiote. Lorsque Caine apparaît dans la peau de ce policier anglais le spectateur n’a aucun mal à le reconnaître malgré son maquillage alors pourquoi le personnage incarné par Laurence Olivier ne le reconnait-il pas (du moins pas tout de suite) ? Quand à la fin de cette histoire elle me semble un peu tirée par les cheveux, le personnage de Caine aurait organisé sa propre mort pour voir celui d’Olivier en prison ? Ou alors il ne pensait pas mourir mais alors pour quel motif aurait-t-il pu impliquer le personnage d’Olivier ? Des questions qui restent sans réponses. Mais ne boudons pas notre plaisir, Le Limier est un très bon film.
MANKIEWICZ en 1972 signa son chef d'oeuvre. Deux stars de l'époque Laurence Olivier, magistral et M Caine (déjà cabotin). s'affrontent...L'histoire peut faire peur sur la logeur (2h20), mais tout cinéphile qui se respecte doit avoir vu ce film (mise en scène, scénario, musique, jeux d'acteurs....). Pour les autres il faut entré dans ce labyrinthe machiavélique so kitsch
Dernier film et dernier coup de maître pour Joseph L. Mankiewicz. Avec "Le Limier", il met un terme à une longue carrière en nous offrant pour ultime cadeau un duel des plus machiavéliques et des plus jubilatoires qu’il m’ait été permis de voir. Adapté de la pièce de théâtre homonyme de Anthony Shaffer, l’œuvre met en scène deux mémorables personnages qui vont tour à tour s’admirer, s’intriguer, se haïr et se tromper dans un jeu du chat et de la souris parfois vertigineux. La mise en scène n’est pas proprement exceptionnelle en soi mais c’est plutôt du côté du scénario et des acteurs que les éloges devraient aller à mon sens. En effet je n’oublierais pas de sitôt les performances de ces deux génies britanniques du théâtre et du cinéma que sont Laurence Olivier et Michael Caine, au sommet de leur art (attendez vous cependant à un jeu très théâtral). Quant au scénario il alterne rebondissements et jeux de pistes si précipitamment que l’on n’a pas souvent le temps de souffler. Il est vrai que la durée du film aurait pu être plus courte car quelques temps morts sont perceptibles ; pour moi il n’a manqué qu’une petite touche côté mise en scène pour qu’enfin on assiste à une véritable symbiose théâtre/cinéma. Mais Mankiewicz et ses deux acolytes on l’air de s’amuser comme des fous. Ca tombe bien, moi aussi !
Critique de "Le limier". Titre de ma critique : [Mensonge ou vérité] Si vous vous attendez à un film d'action bourrin passez votre chemin, c'est bien mieux que ça. On est plongé dans un thriller mystère épaulé par deux comédiens qui nous offre des séquences de dialogue excellentes et une prestation éblouissant. Que dire de Michael Caine quel classe !!!. Le film va de rebondissements en rebondissements alors on se dit qu'on va plus se faire avoir, le scénario s'amuse à nous retourner la tête, on se fait avoir quand même. Un petit chef-d'oeuvre théâtral. 4/5
Dernier film de Manckiewisz, un duel fascinant et passionant, brillament écrit (hormis l'énorme invraisemblance de la balle à blanc), baigné dans un humour noir typiquement britanique, portrait saisissant d'un monstre de cruauté et d'orgueil piégé à son propre jeu, magnifiquement interprété par un Laurence Olivier au sommet de son art.
Un scénario absolument dantesque, des acteurs impressionnants, une mise en scène digne des lus grands. Bref, dans ce film à l'ambiance glaçante et au suspense permanent, on ne peut qu'apprécier la maestria de Mankiewitch et cette facilité à manipuler le spectateur. A n'en pas douter l'un des plus grands huis clos du Cinéma !
Ultime film de Joseph L. Mankiewicz qui avait laissé le public avec deux de ses plus mauvais films : «There was a crooked man» (1970) et «The Honey Pot» (1967), «Sleuth» (1972) s’avère favorablement l’un de ses meilleurs. S’il est l’un des zénith de l’art de Mankiewicz c’est bien davantage que pour sa très intelligente trame narrative. Les retournements de situation audacieux, bien mieux agencé que dans «The Honey Pot», s’entassent et s’accumulent jusqu’au crime cynique, note la plus acéré de tout le cinéma de Mankiewicz. Dans cette chute mortifère jusqu’au bas fonds de la fausse noblesse, le film dévoile une certaine accointance qui relie Mankiewicz à Kubrick. Il suffit notamment de voir le labyrinthe liminaire où se cache Laurence Olivier pour comprendre d’où Kubrick tient cette invention finale dans «The Shining» (USA, 1980). Summum de l’audace mankiewiczienne, le film-clôture de l’œuvre du cinéaste connote curieusement une très grande ouverture, tant que s’en est prophétique. Les tâches d’ombre de cette prophétie «apocalyptique» sont les automates qui jonchent le décor du film. Les yeux rivés sur les jeux perfides du film, le rire bruyant et résonnant qui répandent sur l’intrigue une étrange présence font de l’œuvre non plus un objet de regard mais un objet-regard. Le film nous observe bien davantage que nous l’observons. Le film se rit de notre complaisance à jouir des jeux pervers. L’éclat aveuglant de la réalité est déjà puissant, Mankiewicz le pressant. En général, c’est la télévision que met à mal le cinéaste en adaptant fort bien la pièce britannique d’Anthony Shaffer. La furtivité avec laquelle les automates s’insèrent entre deux dialogues nous rappelle à la présence de l’image. L’image n’est pas un objet de contemplation, elle est aussi dynamique que notre pensée. Pour le coup, nous sommes ceux qui sont regardés, nous sommes les objets, d’autant plus que la narration nous sublime. Un tel rapport n’existait plus depuis Ozu.
J'avais peur de regarder ce film. Ni l'affiche, ni le synopsis ne me donnait envie. Je me suis donc lancé, avec une confiance aveugle aux membres allociné. Et j'en suis ravi, on est plongé dans un jeu de rôle hyper emballant et convainquant. L'histoire est retour le et bien ficelée, j'ai tout simplement adoré !
Deux monstres sacrés face à face dans un duo mémorable pour des tas de raisons, mais surtout celle de parvenir à maintenir le spectateur captivé de bout en bout avec un lieu unique et deux acteurs qui le sont tout autant. Le Limier est avant tout un jeu sadique d'une cruauté folle qui mène ses deux protagonistes jusqu'au bout de leurs intentions les moins louables... Le film illustre parfaitement combien la torture mentale et la manipulation comme l'usage de certains mots font beaucoup plus de dégâts que toutes les violences physiques et autres séquestrations ! Le venin qui suinte de chaque échange fait mouche et les faux semblants qui dévoilent progressivement la terrible vengeance qui se fait jour font le sel de ce huis clos particulièrement brillant. Il faut s'incliner devant le talent de Mankiewicz qui au-delà de l'exercice de style appelle à se méfier des apparences, à ne sous-estimer personne... Un vrai brulot contre le racisme et toutes les formes d'ignorance qui le favorisent. Avec un message en filigrane : "Ne jamais faire à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse !.. A bon entendeur ...