Remorques
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vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mai 2020
Un de ces chefs d’oeuvre « vintage » que l’on se doit de voir pour réaliser d’où vient le cinéma, quels sont les acteurs qui ont compté il y a maintenant 80 ans, comment on réalisait un film d’action avec de faibles moyens et sans effets spéciaux. L’immense et magnifique Michèle Morgan en amante qui sait s’effacer, le fruste Jean Gabin, marin en costume, cravate et Borsalino, la si juste Madeleine Renaud en épouse délaissée constituent un trio éclatant de talent et d’émotion. Alors bien sûr, on pourra penser que les dialogues - de Jacques Prévert quand même - sont un peu trop écrits, que la mise en scène est plutôt pépère et que le scénario est cousu de fil blanc, mais n’oublions pas l’époque et les tonnes de navets qui n’ont heureusement pas survécu.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 décembre 2022
Remorques est un classique du cinéma français. Pourtant son auteur, Jean Grémillon, demeure encore aujourd’hui un cinéaste peu connu ou, plus exactement, marginalisé par la critique face à d’autres metteurs en scène comme Julien Duvivier, Jean Renoir ou Marcel Carné. Dans Remorques, Grémillon reprend de ce dernier le duo principal formé dans Quai des brumes (1938), à savoir Jean Gabin et Michèle Morgan. Ici, ce couple de légendes se fait trio avec Madeleine Renaud dont le jeu, ici, est lumineux et déchirant. L’alchimie entre les trois acteurs fonctionne à merveille impulsée par Gabin dans le rôle principal. Un rôle complexe où l’acteur peut déployer toute sa panoplie de comédien allant de l’homme en colère à l’amant attendri et en passant par l’époux déchiré et abattu. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/lumiere/lumiere2022/#R
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 13 mars 2014
Gabin retrouve Morgan dans un film sombre, tant par l'image que par l'histoire, l'ambiance est pesante du début à la fin, les acteurs sont bons, l'émotion est là, on savait faire des films à l'époque, et ce cinéma à amené beaucoup par la suite pour des décénies.

Et à signaler aussi qu'il ne dure pas longtemps, aujourd'hui il faut au moins 15 à 20 mn pour installer les personnages et l'histoire, ici c'est accrocheur, un film réussi.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juillet 2021
"Remorques " est un des plus importants films français des années 30/40..Réalisé par jean Gremillon est aussi un des plus importants réalisateurs de cette époque.Dans "remorques " Jean Gabin, Michèle Morgan, sont parfaits. Adaptation du livre de Vercel, prix Goncourt. Il s'agit de la rencontre entre un capitaine de remorqueur marié et une jeune femme.La photo est magnifique et la réalisation parfaite. Les amateurs de cinéma du patrimoine ne le manqueront surtout pas. Le film inspirera le début de "Casablanca " de Michael Curtiz.
Critique Facile
Critique Facile

109 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2023
https://leschroniquesdecliffhanger.com/2023/04/19/remorques-critique/

Remorques", réunit à nouveau le couple iconique de Quai des brumes (1938), Jean Gabin et Michèle Morgan. Autre poésie filmique avec un certain Jacques Prévert aux dialogues.

"Remorques", c’est tout de suite la beauté magnétique et le charisme fou de Jean Gabin. Il écrase l’espace. Le regard de Michèle Morgan sur lui est un miroir de celui du spectateur. Celui de Jean Gabin sur elle est pas mal non plus !! Surtout au moment où il comprend le mépris qu’elle nourrit pour son mari. Le trouble du capitaine face à elle est d’autant évident que sa virilité jusque-là volcanique fond comme neige au soleil. La tempête est autant sur les mers que sous les crânes et dans les cœurs.

Les métaphores et le symbolisme sont permanents dans "Remorques". La mer, c’est la vie qui soudainement décide de se soulever, nous agiter et emporte tout sur son passage. La tempête, c’est l’amour qui vient faire chavirer les navires et les cœurs dans son caractère immuable et irrémédiable.

"Remorques", c’est aussi une affaire de contrastes dans la mise en scène entre les tourments marins, la quiétude terrestre et la passion amoureuse naissante. La force des dialogues du poète Prévert, quant à la fenêtre, évidemment vue sur mer, elle lui dit : … « Ceux qui sont simples ne font pas tant de bruit pour cacher ce qu’ils pensent. Vous n’êtes pas simple, vous êtes comme les autres, comme les hommes, vous êtes plein de scrupules, de délicatesse, et vous n’arrêtez pas de réfléchir, et en ce moment, vous pensez des choses que personne ne saura jamais ». Il en est de l’anthropologie amoureuse dans "Remorques". De Musset n’est pas si loin.

A hauteur de l’évolution de l’amour impossible et interdit de Catherine et d’André, les éléments se déchaînent… « Si tu savais ce que j’ai changé depuis que je t’ai rencontrée » lui dit-il, à mesure que l’orage dehors se déchaîne. Elle lui répondra : « Je t’ai amené par l’orage, rappelles toi, et maintenant il revient me chercher ». Tout est dit et tout est vu dans ce noir et blanc puissamment mélancolique où Morgan et Gabin partagent les mots des amoureux, les gestes des amants et le sentiment que la tragédie est inexorable.

Gabin le magnifique, tout en contrastes et en juxtapositions, dans cette dureté du capitaine, ses homériques colères et cette douceur de l’amoureux transi, avec en commun cette authenticité des plus grands, ce pouvoir comme surnaturel de captation de la caméra et de l’œil du spectateur. Michèle Morgan, ici, ce sont des yeux. Son regard nous envahit et incarne l’inconditionnalité d’un sentiment amoureux de celle prête à s’oublier et à disparaître pour un soupir de son amant, ce celui qu’elle aimera plus que tous les autres. Ses yeux nous le disent et incarnent la folie amoureuse comme rarement le cinéma offre à contempler. Un chef-d’œuvre de passion dans tout ce qu’elle dit et fait.
ManoCornuta

359 abonnés 3 068 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 avril 2023
Ah, Gabin, Morgan, les mots de Prévert... autant d'atouts rassemblés pour un drame romantique épuré et classique. Le contexte de l'histoire en milieu maritime donne une certaine saveur au film, qui a quand même globalement vieilli, d'autant que sa durée ne plaide pas pour un approfondissement des situations ou des caractères. Pas inintéressant cela dit.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 juillet 2017
Commencé en 1939, "Remorques" vivra de plein fouet les troubles de son époque. Interrompu suite à l'entrée en guerre (Gabin et Grémillon ayant été mobilisés), le tournage ne reprendra que plusieurs mois plus tard et le film sortira finalement pendant l'Occupation. Avec "Remorques", c'est un peu un monde qui s'éteint, celui du réalisme poétique qui ne renaîtra pas après-guerre. On y retrouve le couple phare de "Quai des Brumes", à savoir Jean Gabin et Michèle Morgan, tous deux impériaux. Il y a aussi Jacques Prévert au scénario, appelé à la rescousse par Gabin et Grémillon, peu convaincus par l'adaptation du romancier Roger Vercel. Le long-métrage parvient à se démarquer de ses congénères, en raison de sa tonalité beaucoup plus sombre. Spectaculaire également, au gré de scènes de tempêtes en mer impressionnantes. Le script de ce marin tiraillé entre sa femme gravement malade et une naufragée envoutante s'avère moins costaud que d'autres mastodontes du genre mais demeure un classique solide et plaisant de cette époque à découvrir.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 décembre 2021
Et voilà, j'en ai terminé avec les films majeurs d'avant-guerre de Jean Gabin. Enfin, en ce qui concerne "Remorques", avant-guerre est à la fois vrai et faux. Vrai car une partie du film a été tournée en 1939, avant l'entrée en guerre contre l'Allemagne Nazie, tandis que l'autre a été tournée après la démobilisation suite à la déroute de 1940. Ajoutez à cela une partie du scénario ayant du être modifiée à la va-vite par Jacques Prévert et vous obtenez un film qui a tout du bébé sorti au forceps. Et ça se ressent sur l'écran. Le film étant tout ce qu'il y a d'inégal, soufflant tout le temps le chaud et le froid tout le long de ses 80 minutes. Le film est même à l'image de la prestation de Gabin lui-même, parfois très inspiré, parfois très en-dedans. Heureusement, on peut compter sur une Michèle Morgan clairement au-dessus du lot. Si "Remorques" avait vu le jour dans un contexte normal, il aurait été un chef-d'oeuvre total mais tel qu'il existe, il est un film très regardable mais auquel on ne peut adhérer qu'à moitié. Dommage.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 mars 2018
Première découverte de Grémillon par le biais d'un cycle Prévert à l'Institut Lumière. Résultat inégal , malgré la rénovation récente du film. Les faibles moyens pour tourner pendant la guerre sont trop visibles dans les scènes de sauvetage en mer et rendent ces passages un peu ringards. Restent les dialogues de Prévert, le couple gagnant Gabin-Morgan, et quelques belles scènes, dont celle de la plage bien entendu, et cadrages bien ciselés. Conclusion pessimiste sur fond de description sociale d'un monde rude et désabusé. GE - mars 2018
Caine78

7 756 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 février 2012
Oulala, que c'est gris tout ça ! Considéré comme un des grands classiques du cinéma français, j'avoue n'avoir qu'à moitié adhéré à ce « Remorques » certes bien réalisé, mais quand même un peu pesant. C'est que j'ai eu beaucoup de mal à m'identifier totalement aux personnages. Non pas que ces derniers soient antipathiques, mais leurs réactions sont parfois peu crédibles, à l'image de dialogues assez inégaux. Tout est d'ailleurs un peu comme ça dans le film : un bon moment puis un autre moins inspiré. Yvonne (Madeleine Renaud, moyenne) est d'ailleurs symptomatique de cela : elle manque de subtilité, et même si on compatit un minimum, difficile de vraiment nous captiver pour ce qu'elle ressent. Heureusement, Michèle Morgan est superbe (bien meilleure que Jean Gabin) dans son rôle de femme mystérieuse et fataliste, sans aucun doute l'un des plus beaux rôles de sa riche carrière. A elle seule elle justifie le déplacement de ce film aux qualités réelles, mais à qui il manque la passion et la justesse qui lui aurait permis de tout emporter sur son passage.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 février 2018
Le capitaine André Laurent (Jean Gabin) commande Le Cyclone, un remorqueur basé à Brest qui secourt les navires en perdition en haute mer. Sa femme Yvonne (Madeleine Renaud) lui cache la grave maladie qui la ronge. À l'occasion d'une opération de sauvetage, le capitaine Laurent rencontre Catherine (Michèle Morgan) et en tombe éperdument amoureux au point de délaisser et sa femme et son équipage.

"Remorques" est un grand classique du cinéma français dont l'entrée en guerre de la France en septembre 1939 et la mobilisation de Gabin (qui obtiendra une permission spéciale pour achever ce film) et de Grémillon avaient retardé de deux ans le tournage : réalisation de Jean Grémillon, dialogues de Jacques Prévert (qui avait déjà signé pour Gabin ceux de "Quai des Brumes" et de "Le Jour se lève"), scénario de André Cayatte inspiré d'un livre de Roger Vercel (qui avait décroché le Goncourt quelques années plus tôt pour "Capitaine Conan"). Et Gabin-Morgan le couple le plus photogénique de l'époque qui répète à l'identique la scène mythique de "Quai des brumes" : "T'as de beaux yeux tu sais / Embrassez moi". On a tous vu, sans l'identifier toujours, leur photo sur la plage du Vougot à Guissény, les cheveux battus par les vents.

"Remorques" s'inscrit volontiers dans une veine naturaliste - comme le cinéma de Renoir qui filmait la vie du rail dans "La Bête humaine". Ici c'est la vie ô combien héroïque des sauveteurs en mer que Grémillon entend dépeindre, une activité qui perdure jusqu'à nos jours dans le port de Brest avec le remorqueur Abeille Bourbon. Mais les moyens de l'époque - qui reconstituent une tempête aux studios de Billancourt avec des maquettes dérisoires noyées dans un seau d'eau - prêtent aujourd'hui à sourire à supposer qu'elles aient semblé crédibles aux spectateurs de l'époque.

"Remorques" a donc vieilli. Mais il a bien vieilli. Ses artifices désuets, ses personnages mélodramatiques portent la marque d'une époque révolue. "Remorques" enchantera les cinéphiles qui aiment les films de cette époque. Pas sûr en revanche qu'il enthousiasme les autres.
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 octobre 2018
On retrouve dans Remorques ces personnages aspirant à une autre vie qui caractérisent le cinéma de Jean Grémillon. Ici, le trio amoureux au centre du film est condamné au malheur car leurs rêves ne concordent pas. Gabin a rarement été aussi émouvant. Dommage que les interruptions de tournage pendant la guerre donnent au récit un côté heurté en son milieu (il manque des scènes initialement prévues par le découpage) et que la scène de tempête, tournée en studio avec une maquette, ne soit pas à la hauteur du reste du point de vue de la mise en scène. Reste la fin, très belle et noyée dans la brume. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 avril 2023
Remorques réussit le petit miracle de rendre belle une œuvre houleuse, agitée par le sac et le ressac de vagues déchaînées contre un bateau de sauvetage comme remue la passion tempêtueuse qui unit, un temps, Catherine dite Aimée et André. Cette beauté est d’abord visuelle, issue de l’alchimie entre une mise en scène maîtrisée et stylisée d’une part, qui surprend d’ailleurs par un plan virtuose qui commence dans la chambre pour la quitter en passant par le carreau de la fenêtre, et une photographie signée Armand Thirard d’autre part, habitué de cinéastes majeurs tels Julien Duvivier, Marcel L’Herbier ou Maurice Tourneur. Chaque plan mériterait qu’on s’y attarde des heures, tant la contemplation seule rendrait compte de la subtilité des jeux de lumière, de la perfection des cadrages qui saisissent magnifiquement les paysages ou les visages, en gros plans. Le film pourrait être muet tant l’image dit tout, et pourtant la langue de Jacques Prévert, tout à la fois poétique et réaliste, rend la parole essentielle et envoûtante.
L’intelligence de Jean Grémillon tient à redistribuer le spectaculaire des opérations de remorquage, efficacement réalisées par une alternance entre tourage en studio et maquettes, dans la vie civile, changeant une simple déambulation au bord de la mer suivie d’une visite immobilière en un chaos sentimental que nous, spectateurs, éprouvons le souffle coupé. Le cinéaste accorde un soin particulier au rythme de son récit, accéléré par un montage virtuose qui nous plonge au cœur de l’enfer mécanique – technique rappelant La Roue d’Abel Gance (1923) – et par un mixage intégrant le bruit des machines aux instruments de musique ; le chant religieux qui scande l’ultime départ clôt l’ensemble avec gravité, point d’acmé qui a l’audace de ne pas exploiter ce qui pouvait s’apparenter à un fusil de Tchekhov, l’issue de l’étoile de mer que Michèle Morgan charge de signification restant incertaine. Une telle clausule rejoint l’affirmation prononcée au début, que « chaque marin a deux femmes, la sienne et puis la mer », ce qui changerait Catherine en allégorie de la mer qui aura l’ascendant sur l’épouse, rapprochement explicité par l’association de Catherine à deux entités : la femme invisible et l’étoile de mer.
Un chef-d’œuvre sur l’amour fou porté par des acteurs au sommet, qui atteste une actualité surprenante sur les relations entre hommes et femmes.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 mars 2009
L'immense Jean grémillon pas assez reconnu pour son génie selon moi met en scène le grand Jean Gabin et la Divine Michèle Morgan dans une romance aucunement à l'eau de rose mais plutôt à l'eau de vie,celle des marins justement.La vocation de la mer emportant un homme ayant retrouvé le goût de l'amour passion en sacrifiant son amour faussement serein avec son épouse qu'il aime certes mais comme une soeur.L'autre femme,celle qui réveille un feu sous la cendre le rappelle à la vie mais malheureusement aux larmes salées de la mer,il repars la mort dans l'âme en ayant fait le choix ou plutôt se laissant prendre par la fatalité comme les loups solitaires.Grémillon a développé d'autres aspects psychologiques plus profonds encore et je pourrais faire une tirade sans m'arrêter.Grémillon recherche l'ultime dans la complexité humaine par des chemins escarpés et souvent peu traités au cinéma.Le travail du son est très riche,l'image avec ses truquages d'une poésie de grand roman.Un grand réalisateur à découvrir ou a redécouvrir au sens large .
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 janvier 2016
Un film qu'on peut difficilement ne pas comparer à l'apogée d'une montée en puissance d'avant-guerre dans les rôles cumulant technique et romance dans lesquels excelle Jean Gabin. De beaux dialogues et une mise en scène loin d'être piètre pour les moyens de l'époque dont on ne peut s'empêcher de s'ennuyer car tout a déjà été fait, ce film ne le fait que mieux et on attend la rupture.
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