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Attigus R. Rosh
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3,0
Publiée le 2 août 2020
Remorques est un bon film français des années 40, qui aurait pu mérité un plus grande notoriété avec le temps, surtout au vu du casting. J'ai bien aimé l'intrigue et le triangle amoureux qui se tisse entre les trois personnages principaux, même si ce n'est pas forcément le plus original de l'histoire du septième art, fonctionne plutôt bien et chacun des trois personnages est attachant. Les dialogues signés Jacques Prévert sont très beaux. Le cadre du sauvetage en mer est pour le coup assez original (je ne crois pas connaître d'autres films se focalisant là-dessus) et pour le coup bien mis en avant et pertinent par rapport à l'intrigue (valorisant notamment l'héroïsme désintéressé des remorqueurs, pourtant pétris de vulnérabilités). Les séquences en mer sont dans l'ensemble plutôt crédibles. Les acteurs sont très bons. Le trio Jean Gabin (au sommet de sa forme) – Madeleine Renaud (remarquable en femme trompée et aimante) – Michèle Morgan (qui tout juste la vingtaine, joue impeccablement) marche parfaitement. Plutôt un bon film.
Il faut prévenir : c'est un mélodrame! Un vrai! De ceux qui font pleurer dans les chaumières. A éviter donc les soirs de tristesses, voire de dépression. Le scénario est très basique entre amours et passions. Il vaut le coup pour les scènes de bateaux dans la tempête filmés dans une très grosse baignoire. Malgré tout, même après tant d'année, cela fait encore sa petite impression. Les acteurs sont bons, mais est ce nécessaire de le dire. A voir par les amateurs de drames...anciens!
J'ai trouvé intéressant le film pour la description du milieu maritime à l'époque, ou on se rend compte que certaines pratiques douteuses ne datent pas d'aujourd'hui. Le reste du film souffre de la comparaison avec Quai des brumes pour la rencontre Gabin Morgan. On notera l'apport d'un élément dramatique par le biais de la femme du capitaine Madeleine Romain. L'ensemble n'est pas très convaincant 2 étoiles pour la patine.
Jacques Prévert a participé à l'adaptation et les dialogues de Remorques et ça se sent. Gabin et Morgan interprétation remarquable, mais les "plans" tempête...bof (je sais on est en 1939). Ça reste un film à voir si l'on aime le duo mythique.
Jacques Prévert. Un Dieu du dialogue. Mon idole en ce qui me concerne. Bref c'est cool. Je reste impressionné par l'effort fournit. C'est une belle performance. Les scènes de mer ne tromperont plus personnes. Cependant, il s'agit de plans fait par maquettes et en intérieur avec des décors contextualisé dans leur époque reste très charmant. Puis la poésie, c'est joli, voilà. Le thème de la relation conjugal entre le marin et sa femme reste quelque chose qui fait bien réfléchir. La notion de propriété étant au centre, on y voit des situations universel à la notion de couple. Qui a tort qui a raison? Le mal que se fait celui qui dépend de l'autre. La négligence de celui qui décide. La chute une fois que l'on a perdu ce qui compte vraiment. Je ne sais pas trop comment conseiller ce film. Il s'agit en ce qui me concerne d'un film qui est très dépressif et beau. La beauté de la tristesse qui n'a rien a envier au bonheur si l'on sait y voir ce qui nous parle. Autrement c'est un film bavard car il sait bien les faire parler ses marionnettes. Donc on s'attendrai à un film bruyant. Ça n'est pas le cas. On assiste à un film qui ne préfère pas tomber dans la brutalité pour toucher son spectateur. Tout s'écroule doucement.
Seulement je suis un petit con arrogant, et je ne me sent trop proche ni touché par ce film. Alors il ne me percera pas.
Très inégal, ce film vaut presque à lui seul pour le duo Gabin/Morgan et on en oublie presque Madeleine Renaud, Blavette en second rôle n'est pas mal aussi, par contre la tempête reconstituée dans un bassin vaut son pesant d'or !
Très bonne surprise. Gabin a la classe avec des dialoguistes talentueux. Le dénouement est inattendu. S'attendre lors des scènes du bateau en pleine mer a un gros coup de vieux. Mais sinon, à voir.
La scène finale a marqué les esprits. Le film est sorti en 1941 et l'atmosphère de tempête pouvait évoquer la menace puis l'occupation de la France par l'Allemagne nazie. La priere aux agonisants de cette scène est prononcée en voix off sur un ton très théâtral, lugubre . La prière semble inspirée d'une prière que l'on trouve dans le formulaire des prières des pensionnaires religieuse des Ursulines (1830) , notamment pour la partie centrale où le mot delivrez revient en leitmotiv. La prière de 1941 fait plus référence à l'ancien testament qu'au nouveau , et le mot delivrez peut évoquer une prière pour libérer la France de l'occupation allemande.
Film de 1941 assez démodé mais qui mérite d être vu ne serait ce que pour Gabin, Morgan et Renaud. Où l on voit à quel point la place de la femme a changé, son oisiveté était source de bcp de maux : agressivité envers l homme qui est son seul univers et ennui mortel d une vie qui n en est pas une, enfermée par sa dépendance à l homme. Ouf les temps ont changé !
Un scénario poignant, des dialogues fins et naturels, le tout, servis par des acteurs d'envergures, entre Gabin et Morgan l'interprétation est remarquable...le film a donc tout d'un chef d'oeuvre tel "le quai des brumes". Malheureusement, à mon humble avis, la réalisation est parfois tout à fait étrange et réussit à désservir le film; la scène du remorquage (magnifique aux premiers abords) est ainsi tout à fait alourdie par l'utilisation des prises de vues de la maquette du bateau, non que ces dernières soient entiérement superflues puisque démontrant la violence de la tempête mais leur utilisation intempestive, censée donc rythmer la scène n'a finalement aucun intéret du moment que l'on a compris (et ce à priori, dés les premières minutes de cette scène), le danger oppressant de la mer et le déchainement des eaux contre les bateaux. La seconde partie du film est donc bien moins rythmée (dualité mer/terre et également entre le travail du remorqueur et sa vie sociale, amoureuse) ce qui renforce le scénario, mais l'on en arrive à des têtes à têtes de dix minutes qui, bien qu'emplies de sentiments et de romantisme, n'apporte que peu au scénario si ce n'est ce que l'on attend depuis le début du film. Loin d'être le meilleur Gabin, mais cependant tout à fait honorable (et même un peu plus), au vue de la qualité du travail d'écriture et d'interprétation, ce film reste tout de même un bon film de la toute fin des années 30.
Certes, le film, réalisé en 1941, a beaucoup vieilli, ne serait-ce qu'à travers ses dialogues, qui peuvent aujourd'hui paraître surannés. Ils peuvent parfois agacer, mais ils peuvent aussi lui conférer un charme particulier, à condition de le replacer dans son contexte de l'époque. Les rapports entre les personnages ont eux aussi profondément vieilli. La relation entre Gabin et Madeleine Renaud appartient à un autre temps : celui d'une femme soumise, attendant patiemment le retour du mari parti affronter les dangers de la mer pour secourir les bateaux en détresse. Sa manière de se dévaloriser, de s'effacer derrière l'homme qu'elle aime, témoigne d'une représentation féminine aujourd'hui largement dépassée, mais révélatrice des mentalités de l'époque.
Si la rencontre entre Gabin et la jeune femme incarnée par Michèle Morgan, dans le cadre spectaculaire d'un sauvetage en pleine tempête, peut sembler aujourd'hui quelque peu convenue, voire relever du cliché mélodramatique, le basculement final du récit apporte une profondeur inattendue. La prise de conscience progressive spoiler: de la maladie de son épouse, dont l'état s'aggrave brutalement, provoque un véritable retournement émotionnel, à la fois touchant et surprenant chez Gabin et donc chez le spectateur C'est finalement ce contraste qui fait tout l'intérêt de ce film : une œuvre désuète et marquée par son époque, mais traversée par des moments d'une réelle intensité dramatique. Sans atteindre la force narrative de certains chefs-d'œuvre de la filmographie de Gabin comme Pépé le Moko ou La Belle Équipe, dont la puissance demeure encore aujourd'hui, Remorques conserve une émotion singulière, liée autant à son mélodrame qu'au regard qu'il porte sur un monde disparu.
Le duo de Quai des brumes réuni dans un nouveau mélodrame. ça sent quand même le réchauffé, et les trucages "marins" sont tellement mauvais qu'il aurait sans doute été préférable de s'en passer, et consacrer ainsi plus de temps et de détails à la psychologie des personnages car on reste sur notre fin. Le film est tout de même un témoignage de son époque, et l'année de réalisation (1941) nous incite à une certaine indulgence car on imagine les difficultés de faire de film en pleine guerre et occupation.
Avec Remorques, Jean Grémillon mêle mélodrame et chronique maritime dans une atmosphère constamment battue par les vents et les tempêtes. Le duo Jean Gabin / Michèle Morgan incarne une passion contrariée, empreinte de fatalité et de retenue. Grémillon privilégie les ambiances et les élans lyriques, parfois au détriment d’une progression dramatique plus affirmée. Le film séduit par sa puissance visuelle et son climat émotionnel, mais peut aussi sembler s’étirer dans ses hésitations. Reste une œuvre poétique et singulière, mais dont l’intensité demeure inégale.