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fabrice d.
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3,0
Publiée le 26 avril 2023
Film de J. Gremillon mettant en scène J. Gabin et M. Morgan un des plus beaux couples du cinéma français nous invite à voir une histoire de marins bretons pris dans la tempête. Au sens propre et figuré! Le film a vieilli. Il est sombre, les dialogues sont un peu difficiles à capter parfois malgré la restauration effectuée et les effets spéciaux sont dépassés. Mais ça reste un beau film d'amour, celui de la mer, de son métier et le plus beau, l'amour fou.
Ah, Gabin, Morgan, les mots de Prévert... autant d'atouts rassemblés pour un drame romantique épuré et classique. Le contexte de l'histoire en milieu maritime donne une certaine saveur au film, qui a quand même globalement vieilli, d'autant que sa durée ne plaide pas pour un approfondissement des situations ou des caractères. Pas inintéressant cela dit.
Remorques réussit le petit miracle de rendre belle une œuvre houleuse, agitée par le sac et le ressac de vagues déchaînées contre un bateau de sauvetage comme remue la passion tempêtueuse qui unit, un temps, Catherine dite Aimée et André. Cette beauté est d’abord visuelle, issue de l’alchimie entre une mise en scène maîtrisée et stylisée d’une part, qui surprend d’ailleurs par un plan virtuose qui commence dans la chambre pour la quitter en passant par le carreau de la fenêtre, et une photographie signée Armand Thirard d’autre part, habitué de cinéastes majeurs tels Julien Duvivier, Marcel L’Herbier ou Maurice Tourneur. Chaque plan mériterait qu’on s’y attarde des heures, tant la contemplation seule rendrait compte de la subtilité des jeux de lumière, de la perfection des cadrages qui saisissent magnifiquement les paysages ou les visages, en gros plans. Le film pourrait être muet tant l’image dit tout, et pourtant la langue de Jacques Prévert, tout à la fois poétique et réaliste, rend la parole essentielle et envoûtante. L’intelligence de Jean Grémillon tient à redistribuer le spectaculaire des opérations de remorquage, efficacement réalisées par une alternance entre tourage en studio et maquettes, dans la vie civile, changeant une simple déambulation au bord de la mer suivie d’une visite immobilière en un chaos sentimental que nous, spectateurs, éprouvons le souffle coupé. Le cinéaste accorde un soin particulier au rythme de son récit, accéléré par un montage virtuose qui nous plonge au cœur de l’enfer mécanique – technique rappelant La Roue d’Abel Gance (1923) – et par un mixage intégrant le bruit des machines aux instruments de musique ; le chant religieux qui scande l’ultime départ clôt l’ensemble avec gravité, point d’acmé qui a l’audace de ne pas exploiter ce qui pouvait s’apparenter à un fusil de Tchekhov, l’issue de l’étoile de mer que Michèle Morgan charge de signification restant incertaine. Une telle clausule rejoint l’affirmation prononcée au début, que « chaque marin a deux femmes, la sienne et puis la mer », ce qui changerait Catherine en allégorie de la mer qui aura l’ascendant sur l’épouse, rapprochement explicité par l’association de Catherine à deux entités : la femme invisible et l’étoile de mer. Un chef-d’œuvre sur l’amour fou porté par des acteurs au sommet, qui atteste une actualité surprenante sur les relations entre hommes et femmes.
La force d'un scénario exaltant la virilité des marins et dévoilant la sensibilité d'un homme fait de "Remorques" un film d'une poésie unique, pour lequel Jacques Prévert, également dialoguiste, exploite habilement le jeu nuancé de Gabin. Face à lui, Morgan est irrésistible tandis que Madeleine Renaud est d'une émouvante fragilité. En revanche, on regrettera un lyrisme artificiel, où des chants d'un autre temps, paraissent aujourd'hui bien surannés.
Film terriblement ennuyeux. La majorité des scènes sont ratées, à l'instar du mariage et du bal en scène d'ouverture. C'est d'une platitude innommable. C'est terne. Jean Gabin est très mauvais dans les scènes sentimentales. Madeleine Renaud sort son épingle du jeu, mais Michelle Morgan joue toujours mal, il faut dire qu'elle est filmée en certains gros plan en vamp. Les nombreux raccourcis rendent le scénario peu crédible au niveau des sentiments et de nombreuses situations tombent comme un cheveu sur la soupe. Je ne parle pas des scènes de tempêtes, qui sont ridicules.
Très bonne surprise. Gabin a la classe avec des dialoguistes talentueux. Le dénouement est inattendu. S'attendre lors des scènes du bateau en pleine mer a un gros coup de vieux. Mais sinon, à voir.
Film d'action de mer et film sentimental qui a mal vieilli. Les effets spéciaux sont peu convaincants voire ridicules par rapport à ce que l'on fait aujourd'hui. Le remorqueur dans la tempête donne l'impression d'être un jouet dans une baignoire avec remous. Le jeu des acteurs marque son époque avec de l'emphase. On ne parle plus ainsi aujourd'hui. Et la musique de fond est insupportable. Bref, c'est quasi impossible de s'identifier à un seul personnage, quatre vingt ans plus tard
Film de 1941 assez démodé mais qui mérite d être vu ne serait ce que pour Gabin, Morgan et Renaud. Où l on voit à quel point la place de la femme a changé, son oisiveté était source de bcp de maux : agressivité envers l homme qui est son seul univers et ennui mortel d une vie qui n en est pas une, enfermée par sa dépendance à l homme. Ouf les temps ont changé !
Il est peut-être encore temps de récupérer le souvenir de ce film porté depuis des décennies par des hommages appuyés. Pour l’histoire du cinéma il demeurera donc une illustration du réalisme français , avec des techniciens hors-pair (Jacques Prévert aux dialogues, André Cayatte à l’adaptation, le grand Trauner pour les décors …) et le couple Gabin-Morgan, indéfectible à l’époque. Bien que la dame arrive un peu tard dans l’aventure, c’est encore une romance taillée sur mesure pour ce duo qui n’éclipse cependant pas l’intérêt porté par Grémillon sur le monde des marins et particulièrement des sauveteurs en mer. Plusieurs séquences leur rendent hommage, et indirectement il faut saluer la réalisation de ces scènes, dans des conditions modestes à l’époque. On n’avait pas encore créé des studios marins à Malte ! Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Remorques est un classique du cinéma français. Pourtant son auteur, Jean Grémillon, demeure encore aujourd’hui un cinéaste peu connu ou, plus exactement, marginalisé par la critique face à d’autres metteurs en scène comme Julien Duvivier, Jean Renoir ou Marcel Carné. Dans Remorques, Grémillon reprend de ce dernier le duo principal formé dans Quai des brumes (1938), à savoir Jean Gabin et Michèle Morgan. Ici, ce couple de légendes se fait trio avec Madeleine Renaud dont le jeu, ici, est lumineux et déchirant. L’alchimie entre les trois acteurs fonctionne à merveille impulsée par Gabin dans le rôle principal. Un rôle complexe où l’acteur peut déployer toute sa panoplie de comédien allant de l’homme en colère à l’amant attendri et en passant par l’époux déchiré et abattu. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/lumiere/lumiere2022/#R
Et voilà, j'en ai terminé avec les films majeurs d'avant-guerre de Jean Gabin. Enfin, en ce qui concerne "Remorques", avant-guerre est à la fois vrai et faux. Vrai car une partie du film a été tournée en 1939, avant l'entrée en guerre contre l'Allemagne Nazie, tandis que l'autre a été tournée après la démobilisation suite à la déroute de 1940. Ajoutez à cela une partie du scénario ayant du être modifiée à la va-vite par Jacques Prévert et vous obtenez un film qui a tout du bébé sorti au forceps. Et ça se ressent sur l'écran. Le film étant tout ce qu'il y a d'inégal, soufflant tout le temps le chaud et le froid tout le long de ses 80 minutes. Le film est même à l'image de la prestation de Gabin lui-même, parfois très inspiré, parfois très en-dedans. Heureusement, on peut compter sur une Michèle Morgan clairement au-dessus du lot. Si "Remorques" avait vu le jour dans un contexte normal, il aurait été un chef-d'oeuvre total mais tel qu'il existe, il est un film très regardable mais auquel on ne peut adhérer qu'à moitié. Dommage.
"Remorques " est un des plus importants films français des années 30/40..Réalisé par jean Gremillon est aussi un des plus importants réalisateurs de cette époque.Dans "remorques " Jean Gabin, Michèle Morgan, sont parfaits. Adaptation du livre de Vercel, prix Goncourt. Il s'agit de la rencontre entre un capitaine de remorqueur marié et une jeune femme.La photo est magnifique et la réalisation parfaite. Les amateurs de cinéma du patrimoine ne le manqueront surtout pas. Le film inspirera le début de "Casablanca " de Michael Curtiz.
Remorques est un bon film français des années 40, qui aurait pu mérité un plus grande notoriété avec le temps, surtout au vu du casting. J'ai bien aimé l'intrigue et le triangle amoureux qui se tisse entre les trois personnages principaux, même si ce n'est pas forcément le plus original de l'histoire du septième art, fonctionne plutôt bien et chacun des trois personnages est attachant. Les dialogues signés Jacques Prévert sont très beaux. Le cadre du sauvetage en mer est pour le coup assez original (je ne crois pas connaître d'autres films se focalisant là-dessus) et pour le coup bien mis en avant et pertinent par rapport à l'intrigue (valorisant notamment l'héroïsme désintéressé des remorqueurs, pourtant pétris de vulnérabilités). Les séquences en mer sont dans l'ensemble plutôt crédibles. Les acteurs sont très bons. Le trio Jean Gabin (au sommet de sa forme) – Madeleine Renaud (remarquable en femme trompée et aimante) – Michèle Morgan (qui tout juste la vingtaine, joue impeccablement) marche parfaitement. Plutôt un bon film.
Il faut prévenir : c'est un mélodrame! Un vrai! De ceux qui font pleurer dans les chaumières. A éviter donc les soirs de tristesses, voire de dépression. Le scénario est très basique entre amours et passions. Il vaut le coup pour les scènes de bateaux dans la tempête filmés dans une très grosse baignoire. Malgré tout, même après tant d'année, cela fait encore sa petite impression. Les acteurs sont bons, mais est ce nécessaire de le dire. A voir par les amateurs de drames...anciens!