8618 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
360 critiques spectateurs
5
51 critiques
4
173 critiques
3
112 critiques
2
17 critiques
1
4 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Nicole M
13 abonnés
15 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 2 mars 2020
Très bon film qui par sa lenteur met en avant la longueur de cette enquête /procès, mais quellle enquête !!! S'attaquer au géant Dupont de Nemours .... Ça donne envie de jeter ses poêles en rentrant chez soi
Dark Waters est un film lent, méthodique et minutieux, à l’image de son protagoniste principal : les événements s’enchaînent dans l’ordre, étiquetés par des dates qui introduisent chaque nouvelle étape dans le procès à l’encontre de Du Pont, responsable de la pollution au carbone des eaux de Virginie Occidentale ainsi que celle, plus large, véhiculée par les accessoires de cuisine dont la fabrication a utilisé du carbone. Todd Haynes retrouve ainsi les thématiques qui façonnèrent ses premiers longs métrages, Poison et surtout Safe, en 1995 ; le regard qu’il porte sur le drame environnemental et humain est pourvu d’un pessimisme qui dégrade les quelques halos de lumière que font émerger çà et là des espérances. Pourtant, après moult procédures et moult procès, c’est un cri de révolte et de désespoir qui résonne et triomphe : « le système est pourri ». Le film épouse la dynamique d’une contamination progressive qui part d’un foyer localisé – la petite exploitation agricole, le bureau d’avocats – pour se répandre partout et gangrené tous les milieux. Toutefois, il reste attaché à la forme du huis clos et prend le soin de s’enfermer dans des espaces clos, dans des cuisines avec sa famille, dans la salle de réunion avec ses collègues, dans le parking. Même la nature apparaît oppressée, cloisonnée : sa beauté est ailleurs, son âme est devenue essence, pétrole, carbone, pollution. La photographie du film privilégie une désaturation des couleurs, si bien que plane sur les personnages le spectre du confinement et d’un désastre dont seules les prémices sont ici visibles et rapportées. Porté par le personnage de Robert Bilott, qu’interprète à la perfection par un Mark Ruffalo qui trouve certainement ici l’une de ses meilleures prestations, Dark Waters pousse un cri d’alerte, un de plus dans notre monde en état d’urgence perpétuelle. Mais l’originalité de ce cri d’alerte est qu’il ne va pas de soi, qu’il se construit à mesure que Bilott prend lui-même conscience de la gravité de la situation, qu’il quitte sa passivité première – il s’excuse auprès du fermier, n’est pas l’homme qu’il faut – pour démasquer l’hypocrisie ambiante et confondre les coupables. À voir.
Excellent, j'aime voir ces endroits des Etats Unis dont on parle peu, un sujet tout à fait d'actualités, malheureusement international, et quel plaisir de revoir TIM ROBBINS.
Un thriller haletant sur un scandale écologique et sanitaire qui reste pourtant trop peu connu ! C'est un film nécessaire, qui nous force à regarder en face les conséquences désastreuses d'une économie néolibérale, dominée par des multinationales, donc la recherche de profit se fait au détriment des populations.
Un film qui nous rappelle un constat simple : les industries, quelles qu'elles soient, cherchent à maximiser leurs profits avec une minimisation des couts/risques (règles économique et financière de base) sachant que toutes les données utilisées sont considérer comme immatérielles et insensibles (données non quantifiables et subjectives) Ce film est mené comme un thriller en montrant l'évolution des mœurs vis à vis des progrès (sciences, technologies...) et la perception temporelle selon les acteurs en présence : une grosse entreprise peut repousser dans le temps les actions alors que les hommes ont une durée d'action plus courte. Le cas pose aussi le problème de la dépendance économique des acteurs en jeu : les habitants d'une ville, d'une région, prisonniers de la manne financière (emplois) même si cette entreprise détruit pour des générations la manne financière future (la base du débat écologique qui demande de penser à nos descendants au lieu de juste prnsrg à nous) Le film est construit sur un canevas classique sans surprise mais nous emporté malgré tout dans les méandres des complications économiques et judiciaires au pays du billet roi. C'est maîtrisé sans grandiloquence, on ressent le stress monté par rapport à certains enjeux, une empathie avec certains pendant qu'on comprend le désarroi et le rejet des autres qui se retrouvent "piégés" par l'action en justice sans chercher à comprendre que le but final est l'intérêt général et non pas un intérêt financier ou personnel. David contre Goliath.
Ses grands films, Todd Haynes les a réalisés dans le genre mélodramatique (Loin du Paradis en 2002 ou Carol, son chef d’œuvre, en 2015). On ne l’attendait pas, à priori, dans un registre très différent, celui du film-dossier, mais, sans atteindre des sommets, il s’en tire avec un indéniable savoir-faire. Certes, comme dans la plupart des films de ce type, on peut déplorer quelques longueurs et quelques redondances, mais on reste suffisamment captivé et l’on se sent suffisamment interpellé pour ne jamais risquer de perdre le fil de l’histoire. Il faut dire que ce film met en évidence un scandale planétaire car, sans possiblement en être conscients, nous sommes tous contaminés, empoisonnés à plus ou moins haute dose par un produit qui sert, entre autres, à fabriquer le téflon. Or qui ne s’est jamais servi d’une poêle composée, au moins en partie, de cette matière ? Une matière hautement toxique fabriquée à grande échelle par les industries DuPont qui, tout en étant averti de la nocivité de leur produit, n’en continuent pas moins de le mettre sur le marché. Cette infamie méritait bien un film, d’ailleurs basé sur des faits réels se déroulant du côté de Pakersburg en Virginie-Occidentale, une région que Todd Haynes montre comme figée dans de pâles couleurs d’hiver. Là se trouve un fermier qui assiste, impuissant, à l’hécatombe de toutes ses vaches. L’une après l’autre, elles deviennent comme folles, au point qu’il est obligé de les abattre. Il en a perdu 190. Or sa ferme se trouve non loin des usines DuPont et à proximité d’une décharge où les industriels enfouissent des déchets toxiques. Toute la région de Pakersburg en est affectée, l’eau des robinets étant elle-même contaminée. Par un concours de circonstances, le fermier en question, débouté par tous les avocats de sa région, tant ils craignent de s’en prendre à un géant de l’industrie, adresse sa requête à Robert Bilott (Mark Ruffalo), pourtant très mal placé, puisqu’il fait partie d’un cabinet d’avocats spécialisé dans la défense des industries chimiques. C’est pourtant cet homme, dont le rôle a été confié par le réalisateur à l’acteur idéal, qui se laisse toucher par la détresse du fermier au point de se résoudre à le défendre. Il s’engage alors dans une procédure au long cours, parsemée de divers rebondissements, une procédure harassante, qui n’est pas sans conséquences ni sur sa santé ni sur l’harmonie de sa vie de famille. Il faut être doté d’une volonté de fer, d’un acharnement peu ordinaire, pour tenir bon pendant des années, persévérer, envers et contre tout, à mener la lutte du frêle David contre le géant Goliath. Il faut le voir, cet avocat, épluchant des masses de dossiers remplissant des dizaines de cartons, comme un insecte s’attaquant à une montagne ! Ne serait-ce qu’à cause du portrait de cet homme allant jusqu’au bout de sa quête de vérité et de justice et mettant à jour tout un système économique et politique corrompu, ce film mérite sans nul doute qu’on fasse son éloge.
Ennuie profond avec un léger mieux à la fin (ouf, que c’était long !). Jeu des acteurs assez fade et convenu. Le sujet est certes passionnant mais la sauce famille et bien-pensance américaines qui l’englue n’est pas à mon goût.
DARK WATERS revient sur la découverte d'un substance chimique toxique rejetée dans les eaux publiques, et tout le travail sur plusieurs années d'un avocat pour les controler qui originellement travaillait pour ces multinationales rejetant ces déchets toxiques. Le film est un "David et Goliath" assez classique mais prenant, servi par quelques plans à la Todd Haynes et surtout un Mark Ruffalo très inspiré.
Un film prenant sans excès. malgré plus de 2h cela ne se sent pas . cela fait réfléchir à notre dépendance aux grandes sociétés. À ne manquer sous aucun prétexte.
Wouah, c'est tout ce qui me vient pour d'écrire ce film. J'ai adoré du début à la fin. L'histoire de cet avocat pour des milliers d'américains est juste incroyable.
On ressort pas de la salle sans une remise en question. Surtout de nos jours où on nous parle de plus en plus de la planète, de nos santé etc
Film fracassant ! De plus avec une affaire encore en cours de cette importance (du jamais vu !). Nul doute que cela va faire des remous. Quand au film, bio bien maîtrisée, compréhensible et dénonce encore qu'au nom de l'argent, tout est possible. 4/5 ! A voir !!!
Dans la tradition des films américains dénonçant des scandales à la sauce fiction-documentaire, ce "Dark Waters" nous emporte en Virginie-Occidentale à la fin des années 1990 avec l'avocat Robert Bilott entrant dans un combat audacieux contre le géant de la chimie DuPont. Ce biopic, porté par un très bon Mark Ruffalo, réussi totalement son défi de nous informer et de nous alerter sur ce malaise mondial (que je ne connaissais pas) concernant la dangerosité du Téflon. Même si l'efficacité est atteinte, j'ai trouvé cette oeuvre un large ton en dessous des très bons "Spotlight" (2016) ou "Pentagon Papers" (2018) proposant également des affaires judiciaires révoltantes. Instructif mais presque trop académique : à voir tout de même pour le côté informatif. Site www.cinemadourg.free.fr
Aujourd'hui encore, Révélations de Michael Mann ou Erin Brockovich de Steven Soderbergh (sortis la même année, en 2000) demeurent imprenables. Ce n'est pas une raison pour ne pas tenter de grossir les rangs du thriller dramatique "basé sur une histoire vraie", un genre d'autant plus nécessaire à l'heure où les voix dissonantes sont fréquemment muselées pour ne pas éclabousser certaines grosses entreprises (ou institutions). Mark Ruffalo en est conscient. L'acteur n'a jamais caché ses convictions écologiques, Dark Waters arrive donc à point nommé alors que l'action de l'Homme sur l'environnement est plus que jamais au centre des inquiétudes. D'un didactisme exemplaire, le film expose toute l'horreur d'un système aux fondations branlantes, pourries à leurs bases par un gouvernement apathique face à l'impunité de groupes industriels, qui négligent la santé de leur concitoyens/travailleurs. Le constat est sans appel : face à la politique de l'entre-soi et du cynisme, seules la solidarité et la persévérance peuvent faire la différence. Désabusé certes mais pas désespéré. Et la piqûre de rappel est nécessaire. Au delà de son propos, Dark Waters se montre un peu chiche au niveau du l'expérience cinématographique. S'il parvient à ne jamais être ennuyeux, il échoue cependant à rendre sa narration fascinante. De même, il cale sur un point, souvent problématique dans les films à dossier, et il concerne sa gestion des séquences familiales. Étaient-elles nécessaires ? J'en doute, en tout cas pas traitées comme cela. En l'état, leur apport est contestable. Autre anicroche : la structure finalement répétitif de l'intrigue (un carton, un rebondissement, un carton, un rebondissement). C'est étonnant, surtout de la part d'un Toddy Haynes d'habitude plus inspiré (cf. Loin du paradis, I'm not there). Face à ses modèles, Dark Waters ne fera pas de vagues. Il serait néanmoins injuste de ne pas considérer sa bonne volonté et son discours.
Dark Waters de Tod Haynes est plus qu'un simple film : c'est une véritable diatribe qui nous est proposée ici sur les effets dévastateurs de la consommation excessive et de la croissance. Le spectateur est plongé dans le quotidien sombre de Robert Biliott et d'un événement méconnu comme étant le premier initiateur d'un vaste mouvement de contestation sur l'utilisation abusive de PFOA. Ici, ce n'est pas seulement l'environnement où les animaux qui sont touchés, mais avant tous les habitants, déshumanisés par la socité DuPont. On saluera la prestation exceptionnelle de Marc Ruffalo, ainsi que de Anne Hathaway, mais également Tim Robins, Victor Garner et Bill Camp. Enfin, ce biopic vise à nous faire réfléchir sur notre rôle : personne ne fera à notre place ce que nous pouvons faire, à nous d'agir tant qu'il est encore temps.
Rien à ajouter sur le fond, l'histoire est vraie, mais dommage qu'elle contée à plat, tel un documentaire d'investigation. Une nouvelle fois, on y raconte le combat perdu d'avance du pot de terre contre le pot de fer. Malgré belle performance d'opiniâtreté de Ruffalo, en avocat opiniâtre, la mise en scène manque de relief, et ne valorise pas son combat. Curieusement, on entrevoit un brin de sens moral chez le directeur associé du cabinet d'affaires, dans lequel il travaille: chercherait-on à dédouaner des méchants? cinema - mars 2020